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PLUSIEURS ESCLAVES CHRETIENS LUSIGNAN

Du séjour du trépas quelle voix me rappelle ?

Suis-je avec des chrétiens?. . . Guidez mes pas tremblants. Mes maux m’ont affaibli plus encor que mes ans.

(En s'asseyant.)’

Suis-je libre en effet ?

XVIIIe SIÈCLE

ZAÏRE

Oui, seigneur, oui, vous l’êtes.

CHATILLON

Vous vivez, vous calmez nos douleurs inquiètes. * 5

Tous nos tristes chrétiens...

LUSIGNAN

. . O jour! ô douce voix!

Chatillon, c'est donc vous? c’est vous que je revois ! Martyr, ainsi que moi, de la foi de nos pères,

Le Dieu que nous servons finit-il nos misères ?

En quels lieux sommes-no.us ? Aidezmes faibles yeux. 10

CHATILLON

G est ici le palais qu'ont bâti vos aïeux :

Du fils de Noradin c’est le séjour profane.

ZAÏRE

Le maître de ces lieux, le puissant Orosmane,

Sait connaître, seigneur, et chérir la vertu. *

[En montrant Néreslan.)

Ce généreux Français, qui vous est inconnu, 15

Par la gloire amené des rives de la France,

Venait de dix chrétiens payer la délivrance :

Le Soudan, comme lui gouverné par l'honneur,

Croit, en vous délivrant, égaler son grand cœur.

' LUSIGNAN

Des chevaliers français tel est le caractère : 20

Leur noblesse en tout temps me fut utile et chère.

Trop digne chevalier, quoi ! vous passez les mers Four soulager nos maux et pour briser nos fers ?

Ah . parlez, à qui dois-je un. service si rare?

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