LE ROMAN DUJRENARD. — LES FABLIAUX, — LE ROMAN DE LA ROSE
L’esprit satirique en France au moyen âge. — Pendant que les Chansons de geste , les Homans de la Table ronfle et lu poésie lyrique satisfont le besoin d’héroïsme ou d’idéal de la société, d’autres auditeurs (et parfois les mêmes, dont les dispositions ont changé), sc délectent à la raillerie, à„ la parodie, à la satire. On appelle souvent esprit gaulois cette tendance des Français vers la plaisanterie poussée jusqu’à l’excès : n 'oublions pas cependant que gaulois et celtique sont équivalents, et que les plus délicats sentiments de notre littérature chevaleresque sont d’origine celtique plutôt que gallo-romaine ou germanique. — Toujours est-il que la satire apparaît, au moyen âge, sous toutes les formes : elle se glisse dès le xmc siècle dans les Chansons de geste ; elle se pose, sur nos cathédrales, dont certaines sculptures de chapiteaux et de gargouilles nous paraissent aussi choquantes qu’inutiles ; elle sc développe surtout dans les fables , les fabliaux, les romans satiriques , les romans allégoriques, des farces de théâtre, etc... C’est en partie une revanche des petits contre les puissants ; en partie, un retour au réalisme, par réaction contre l’idéalisme mystique du xiîi* siècle.