PA S QUI N
Oui, Monsieur, le voici.
{Le co mie se lève nonchalamment , et fait, un pas an devant de Lis i mon, qui V embrasse .j
XVIIIe SIECLE
LISIMON
Cher conüe, serviteur.
le comte, à Pasquin
u Cher comte ! » Nous voilà grands amis, ce me semble'
LISIMON
Ma foi, je suis ravi que nous logions ensemble.
le comte, froidement .
J’cn suis fort aise aussi.
LISIMON
Parbleu I nous boirons bien. 5 Vous buvez sec, dit-on ; moi, je n’y laisse rien.
Je suis impatient de vous verser rasade,
Et ce sera bientôt. Mais, êtes-vous malade?
A votre froide mine, à votre sombre accueil...
le comte, k Pasquin qui présente un siège. Faites asseoir Monsieur... Non, offrez le fauteuil. 10 Il ne le prendra pas, mais...
LISIMON
Je vous fais excuse :
Puisque vous me l’offrez, trouvez bon que j’en use;
Que je m’étale ajissi, car je suis sans façon,
Mon cher, et cela doit vous servir dé leçon ;
Et je veux qu’entre nous toute cérémonie, 15
Dès ce même moment, pour jamais soit bannie.
Or çà, mon cher garçon, veux-tu venir chez moi ? Nous serons tous ravis de dîner avec toi.
10. Le fauteuil; à celte époque, Vctiqueile réservait le fauteuil aux gentilshommes^ et aux dames. Aux bourgeois, on oITrait une chaise ou un tabouret. — 17. Mon cher garçon. Cf. Le Gendre de Monsieur Poirier tacte III, sc. ii) : M. Poirier, irrité de voir que son gendre ne veut pas aller à la cour du roi Louis-Philippe, réforme sa maison afin de faire des économies. Il en informe son gendre : « Poirier. Ma première réforme, mon cher garçon... — Gaston . Vous voulez dire mon cher Gaston, je pense? La langue vous a fourché. — Poirier. Cher Gaston, cher garçon,., c’est tout un... De beau-père à gendre, -la familiarité est permise... »
LES GRANDS ÉCRIVAINS FRANÇAIS
LE COMTE
Me parlez-vous, Monsieur.
LISIMON
A Pasquin ?
A qui donc, je te prie
LE COMTE
Je l'ai cru.