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La Place (1149-1829), célèbre astronome et mathématicien

LES GRANDS ÉCRIVAINS FRANÇAIS

félicité qu'il y cherchait? L'humanité abreuvée de passions, est-elle contente d’elle-même, et le Dieu qui la regarde du haut d'une croix lui donne-t-il un spectacle de misère qui lui soit inconnu, ou bien est-ce la représentation fidèle de ses maux qu'il a prise sur lui-même pour l'instruire et la rappeler ?

Voyons donc le monde et pesons son bouilleur. Voilà des siècles qu'il y travaille. La nature,, à la longue, n’a rien pu lui dérober de ses secrets ; il les a tous pénétrés, expliqués tous à son profit, et, quant aux passions, il est manifeste que, malgré la différence des temps et des moeurs, aucune ne lui a manqué jamais. Le monde est à l'âge d'homme ; on peut lui promettre des siècles plus fortunés que ceux dont il a joui, mais non pas une autre âme, un autre corps, une autre terre ni un autre ciel ; et par conséquent le sort que lui ont fait tous ces éléments de sa vie entre les mains de ses passions ne saurait différer essentiellement du sort qu'ils lui feront dans l'avenir. J’écoute donc le bruit du monde. Gomme un pâtre errant, dans une forêt profonde et silencieuse entend quelquefois, sous l'effort du vent qui se lève, un gémissement se produire, ainsi le monde a des voix qui sortent de ses générations, et chacun de nous, enfant? perdus de la foule, peut écouter dans sa pensée le bruit de ses pères et de ses contemporains. Quel est-il ? Est ce une plainte ? Est-ce un cantique? Dites-le-moi vousmêmes, vous, partie de ce monde, dites-moi le son que rend la vie dans le secret de votre conscience. Mai? peut-être en êtes-vous les heureux, et, si vaste que soi* cette assemblée, peut-être à cause du rang et de la fortune, n'a-t-elle pas le sens des maux de l'humanité, parce qu'elle n'en a pas le poids. Sortons d’ici, non poui voir l’homme, mais pour le voir dans tout le naturel de sa destinée. Le voilà ! ah 1 oui, le voilà \ c est bien celui que le proconsul romain montrait au peuple, il y a dixhuit siècles, les êpfêfules couvertes de sang et de pourpre.

XIXe SiÈCLE

les mains liées sur un sceptre de roseau, la tête ornée d’épines tressées en couronne; je le reconnais. Les siècles ne t’ont pas changé, mon fils ; lu portes le même manteau, le même sceptre, la même couronne, et si la croix ne t’attend plus, c’est que -tu n’as pas cessé d’y être attaché.

( Conférences de Toulouse, 1854, Poussielgue frères, éd.)

2. Autres prédicateurs. — On peut signaler encore au xix siècle : le Père de Ravignan, jésuite, plutôt disciple de Bourdaloue que de Bossuet; — Mgr Dupanloup, évêque d’Orléans, dont les ouvrages pédagogiques jouissent encore d’une légitime autorité ; — le Père Monsabré , dominicain ; — le Père Didon, du même ordre.

L’Eglise protestante s’honore également d’un grand nombre d’excellents prédicateurs, parmi lesquels on peut citer : Athanase Coquerel qui prêcha d’abord à Amsterdam, puis, de 1832 jusqu’à sa mort, à Paris. Ses sermons sont remarquables par leur élévation morale et leur onction. — Adolphe Monod est plus véhément. Il unit à la logique du raisonnement une imagination toute biblique.

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