VJ
Gautier cle Mauny, qui les mena tout droi t vers le palais du roi, et messire Jean de Vienne rentra en la ville de Calais.
Leroi était à cette heure dans sa chambre, en grande compagnie de comtes, de barons et de chevaliers. 11 entendit que ceux de Calais arrivaient en l’équipage qu’il avait prescrit et ordonné ; alors il sortit et vint sqr la place devant son hôtel, et tous les seigneurs a,près lui... Èt même la reine d’Angleterre avait suivi son seigneur. Voici venir Monseigneur Gautier de Mauny et à côté de lui les six bourgeois qui le suivaient ; il descendit sur la place, puis s’en vint vers le roi et lui dit : « Monseigneur, voici la représentation s de la ville de Calais, selon votre ordonnance. » Le roi resta silencieux et immobile, et les regarda avec fureur ; car il haïssait beaucoup les habitants de Calais pourdes grands dommages que jadis ils lui avaient faits sur mer.
Ces six bourgeois se mirent alors à genoux devant le roi, et, les mains jointes, lui dirent : « Gentil seigneur et gentil roi, vous voyez en nous six bourgeois de Calais, de naissance ancienne, et riches marchands. Nous vous apportons les clefs de la ville et du château de Calais, et nous vous les rendons à discrétion, et nous nous mettons tels que vous nous voyez à votre entière discrétion pqur sauver le reste du peuple de Calais ; veuillez avoir de nous pitié et miséricorde par votre très haute noblesse. » Le roi les regarda avec grande colère, car il avait le cœur si dur et si plein de courroux qu’il ne put parler ; et quand il parla, “il commanda qu’on leur coupât la tête aussitôt. Tous les barons et les chevaliers qui étaient là pleuraient et, aussi instamment qu’ils le pouvaient, priaient le roi d’er avoir pitié, miséricorde; mais il ne voulait rien entendre
Alors messire Gautier de Mauny parla et dit : « Ah