‹ Grands écrivains français des origines aÌ€ nos joursChapitre 52 sur 232 · I. — Théologiens · texte numérisé non relu

I. — Théologiens

1. Calvin (1509-1564). — Jean Chauvin (qui latinis son nom en Calvinus, d’où sortit à son tour la nouvelle forme française Calvin ), était né à Noyon. Ses parents, catholiques, le destinaient à l’Église. Mais après avoir étudié le droit à Orléans et les langues anciennes à Bourges, Calvin se convertit au protestantisme. A Bâle, où il se réfugia, il publia la première édition, en latin, de son principal ouvrage : Ylnstilulion chrétienne (1536). Bientôt il s’établit à Genève. Mais il y fit sentir si despotiquement son autorité que les libertins (partisans de la liberté) le bami .... nirent en 1538. Il se retira'à Strasbourg, et fut rappelé à Genève deux ans après. Jusqu’à sa mort, 1564, il régna en maître absolu sur la ville.

Calvin avait récrit en français, en 1541, l’ouvrage latin publié d’abord en 1536. Sous cette, forme nouvelle, Y Institution chrè iiennef dédiée au roi François 1er, eut un grand succès. Ses mérites principaux sont : 1° La logique et l’enchaînement rigoureux du raisonnement. Cette méthode , si rare au xvie siècle, annonce celle de nos grands écrivains classiques; — 2° Calvin rend à notre langue cet immense service d’y verser en quelque sorte tout le trésor biblique et théologique. Ces matières, réservées jusqu’alors à la dignité du latin, étaient pour la première fois exposées en langue vulgaire, plus de. cent ans avant les Provinciales de Pascal. — Le style de Calvin est grave et serré, mais sans couleur.

2. Saint François de Sa^es (1568-1622). — François de Sales appartenait à une des plus illustres familles de la Savoie, et il était déjà , quoique fort jeune, conseiller au Sénat de Chambéry, quand une vocation impérieuse le poussa vers L’Église. Aussitôt prêtre, il s’adonna à la prédication du catholicisme dans les paya protestants, et il réussit, par l’onction de son éloquence et

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par sa charité toute chrétienne, à y opérer de nombreuses conversions. Devenu en 1596 coadjuteur de .révoque de Genève, il continua à prêcher; il vint même à Paris où il obtint un grand succès. En 1608, il publia V Introduction à lu vie dévoie ; en 1616, le Traité de l'amour de Dieu. Mais son occupation principale reste toujours la conversion des protestants ; et jusqu'à sa mort, il fut un infatigable missionnaire.

Son principal ouvrage, Y Introduction à la vie dévote , est tout simplement un recueil de lettres de direction adressées par François de gales à Mm# de Charmoisy, d’Annecy. L’auteur essaye de guider dans la dévotion une personne du monde obligée de vivre dans le monde ; de là, le caractère pratique et simple des conseils qu’il donne sur chacune des vertus chrétiennes. Voici d’ailleurs comment, dans sa Préface, i\ expose son dessein, en un style d’un charme pénétrant et d’une aimable poésie.

Préface de Fauteur (1608).

Mon cher lecteur, je te prie de lire cette préface, pour ta satisfaction et la mienne.

La bouquetière Glycera savait si proprement 1 diversifier la disposition et le mélange des fleurs qu elle mettait en ses bouquets, que avec les mêmes fleurs, elle faisait une grande variété de bouquets : de sorte que le célèbre peintre Pausias 2 demeura court, voulant contrefaire à 1 envi 3 cette diversité d’ouvrage ; car il ne sut changer sa peinture en tant d’assortiments comme Glycera faisait ses bouquets. Ainsi le Saint Esprit dispose et arrange avec tant de variété les enseignements de dévotion qu’il donne par la bouche et la plume de ses serviteurs, que la doctrine étant toujours une*

1. Proprement, habilement. — 2. Pausias,peintre grec, de Sicyonc, contemporain du célèbre Apelle, vécut de 360 à 330 avant Jésus-Christ.

Il était surtout renommé comme peintre de fleurs. — 3. Contrefaire à lenyi, reproduire, en rivalité avec elle. Envi est ainsi expliqué dans le dictionnaire étymologique de Laurent et Richardot: « A l'envi , adverbe lormé du vieux français envi qui est le nom verbal du verbe passif envier == inviter, puis : provoquer, défier. Ce mot envier (latin invitare ) a pour doublet inviter , comme -le nom verbal envi a pour doublet invite.

n enm était une mise par laquelle le joueur enchérissait sur son adversaire. Par suite, a l'envi =x en misant pour ainsi dire contre quelqu’un, en rivalisant avec lui. » 1 1

Grands écrivains ^

même, les discours néanmoins, qui s’en font, sont bien différents, selon les diverses façons desquelles ils sont composés. Je ne puis donc certainement et ne prétends en aucune façon rien dire dans cette Introduction, que ce qui a été dit par ceux qui ont écrit sur ce sujet avant moi. Ce sont, pour ainsi parler, mon cher lecteur, les mêmes fleurs, qui ont passé déjà par les mains des autres, que je vous présente ici. Mais le bouquet que j'en ai fait se trouvera tout différent par la diversité de la disposition que je leur ai donnée.

Ceux qui ont traité de la dévotion ont eu, presque tous, en vue l instruction des personnes qui sont fort retirées du commerce du monde; ou du moins ils ont enseigné une sorte de dévotion qui conduit à cette retraite entière et universelle. Pour moi, je me suis proposé d’instruire des personnes qui vivent dans les villes, dans leurs ménages, et même à la cour ; qui sont obligées par leur condition à un certain dehors d'une vie commune, et qui souvent, sous le prétexte d’une prétendue impossibilité, ne veulent pas seulement penser à essayer ce que c’est que vie dévote. Ils veulent toujours croire que, comme aucun animal n’ose goûter de la graine de la plante que les naturalistes appellent Paima Christi , nul homme, occupé des affaires du siècle, ne doit aspirer à la palme de la piété chrétienne. Mais qu’ils sachent que la grâce n’est pas moins féconde en ses ouvrages que la nature. Les mères-perles 4 se forment et se nourrissent dans la mer, sans en prendre une seule goutte d’eau : tout amère et salée qu’elle est, on y trouve des sources d’eau douce vers les îles Chélidoines 5, et les pyraustes 6 volent au

4. Mères-perles, dans cette expression, comme dans mère-goutte,

mère-laine, le mot, mère vient du latin meram, pure. Mère-perle , perle naturelle. — 5. Chélidoines, îles situées au sud des côtes de Lvcie (Asie- Mineure) et ainsi appelées à cause des nombreuses tortues (grec chéli -

don) que l’on y trouvait. — 6. Pyraustes, sortes de papillons de nuit

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milieu des flammes, sans se brûler les ailes. De même une âme, soutenue par une généreuse résolution, peut vivre dans le commerce du monde, sans en prendre esprit ; goûter la douceur du service de Dieu, parmi toutes les amertumes du siècle, et, à travers toutes ses convoitises les plus ardentes, s’élever à Dieu par les désirs sincères de son amour. Il est vrai que cela porte de grandes difficultés. Et c’est pourquoi je voudrais bien qu’on s’appliquât avec plus d’ardeur qu’on n’a pas fait jusqu’à présent, à les aplanir aux gens du monde, comme tout faible que je suis, je tâche d’aider un peu,’ par cet ouvrage, la bonne volonté de ceux qui voudront faire un généreux essai de la dévotion.

Mais si cette Introduction paraît au jour, cela ne vient point du tout ni de mon propre mouvement, ni de mon inclination. Il y a quelque temps qu’une personne de^ beaucoup d’honneur et de vertu 7, pressée par la grâce de Dieu d’entrer dans les voies de la perfection, en forma le dessein, et m’y demanda mon assistance particulière ; et parce que, outre plusieurs sortes de devoirs, qui me tenaient attaché à ses intérêts, je lui avais trouvé, longtemps auparavant, beaucoup de dispositions à une solide piété, je donnai tous mes soins à son instruction. Après l'avoir donc conduite par des exercices de dévotion, que j’ai jugés les plus convenables à sa condition et à son désir, je lui en laissai quelques mémoires par écrit, pour y avoir recours dans ses besoins, et elle les communiqua à un savant et dévot religieux 8, véritablement grand religieux, qui, les ayant crus utiles à plusieurs autresm exhorta fort de les donner au public. Or, il lui fut aisé de me persuader, parce qu’il s’était acquis une grande autorité sur ma volonté par son amitié, et sur mon esprit par la solidité de son jugement.

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LES GRANDS ÉCRIVAINS FRANÇAIS

Ainsi, pour rendre cet ouvrage plus utile et plus agréable, je le revis, j’y mis quelque ordre, et j'y ajoutai plusieurs instructions que je croyais nécessaires. Mais, en vérité, ce fut presque sans avoir eu le temps de le bien faire. C’est pourquoi, vous n’y verrez rien d’exact, et vous n’y trouverez qu’un amas d’avertissements, que j’y donne de bonne foi, en tachant de les expliquer le plus intelligiblement que je puis. Et à l’égard des ornements de la langue, je n’y ai pas seulement voulu penser, ayant assez d’autres choses à faire.

J’adresse la parole "à Philolhée, parce que, voulant rapporter à l’utilité publique ce que j’ai d’abord écrit pour une seule personne, je dois me servir d’un nom commun à tous les fidèles, qui aspirent à la dévotion ; et ce terme « Philolhée-» signifie celui ou celle qui aime Dieu.

( Introduction à la vie dévoie , préface.)

U. — Historiens et auteurs de mémoires.

Le xvï0 siècle abonde en historiens et en auteurs de mémoires. Selon la tradition établie par les chroniqueurs tels que Villehardouin et Joinville, les grands seigneurs qui jouèrent un rôle actif dans les guerres d’Italie ou dans les troubles civils, voulurent laisser à la postérité le récit de leurs exploits ou l'apologie de leur conduite.

Nous en distinguerons deux principaux.

1. Biaise de Montluc (lôftfc!577). — Montluc acquit, dans les guerres d’Italie, sous Henri II, le renom d’un général à la fois très brave et très habile; sa défense de Sienne restera -un des plus glorieux épisodes de notre histoire militaire. Malheureusement" Montluc fit preuve, pendant les guerres de religion, d’une cruauté restée légendaire, Il ne quitta le "service qu en 1570, après avoir reçu, au siège de Rabastens, une horrible blessure qui le défigura et le força de porter un masque jusqu à la fin de sa vie. C’est dans cette retraite qu’il dicta ses Commentaires , dédiés à ses anciens compagnons d’armes, et que Henri IV appelait la Bible du soldat.

On verra, en le lisant, avec quelle verve toute gasconne, mais sans vantardise comme sans fausse humilité, Montluc sait

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raconter. Sans doute, la stratégie et la tactique ont trop changé pour que les capitaines de nos jours puissent apprendre la aierre dans Monlluc ; mais cette lecture ne leur sera tout de même pas inutile, tant que la bravoure personnelle, l’abnéga lion et l’entrain seront des qualités propres au soldat français.

Les femmes de Sienne (publié en 1592).

lin 1554, la ville de Sienne en Italie, soutint un siège de six mois contre les Impériaux. Montluc dirigeait la défense.

Il 11e sera jamais 1 , clames siennoises, que je n’immortalise votre nom, tant que le livre de Montluc vivra ; car à la vérité, vous êtes dignes d’immortelle louange, si jamais femmes le furent. Au commencement de la belle résolution que ce peuple fît de défendre sa liberté, toutes les dames de la ville de Sienne se départirent 2 en trois bandes :1a première étaitconduile par la signora Forteguerra, qui était vêtue de violet, et toutes celles qui la suivaient aussi, ayant son accoutrement, en façon d’une nymphe, court et montrant le brodequin; la seconde était la signora Piccolomini, vêtue de satin inearnadin, et sa troupe de»même livrée ; la troisième était la signora Livia Fausta, vêtue toute de blanc, comme aussi était sa suite avec son enseigne blanche. Dans leurs enseignes elles avaient de belles devises ; je voudrais avoir donné beaucoup et m’en ressouvenir. Ces trois escadrons étaient composés de trois mille dames, gentilles femmes ou bourgeoises ; leurs armes étaient des pics, des pelles, des hottes et des fascines*: et en cet équipage firent leur montre 3 et allèrent commencer les fortifications. Monsieur de Termes, qui m’en a souvent fait le conte, car je n’y étais encore arrivé, m’a assuré n’avoir jamais vu de sa vie chose si belle que celle-là ; je vis leurs enseignes depuis. Elles avaient fait un chant à l’honneur de la

1. Il ne sera jamais, il .n’arrivera jamais. — 2.' Se départirent, se par

tagèrent. — 3. Monstre, montre, parade revue.

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France, lorsqu’elles allaient à leur fortification : je voudrais avoir donné le meilleur cheval que j’ai, et Tavoir 4 * pour le mettre ici.

Et puisque je suis sur l’honneur de ces femmes, je veux que ceux qui viendront après nous admirent et le courage et la vertu d’une jeune Siennoise, laquelle, encore qu’elle soit fille de pauvre lieu, mérite toutefois être mise au rang plus honorable. J’avais fait une ordonnance au temps que je fus créé dictateur, que nul, à peine d’être bien puni, ne faillît d’aller à la garde à son tour. Cette jeune fille, voyant un frère, à qui il touchait 3 de faire la garde, ne pouvoir y aller, prend sou morion 6 qu’elle met en tête, ses chausses 7 et un collet de bufle, et avec son hallebarde sur le col, s’en va au corps de garde en cet équipage, passant, lorsqu’on lut le rôle 8, sous le nom de son frère; fit la sentinelle à son tour sans être connue, jusques au matin que le jour eût point 9. Elle fut ramenée à la maison avec honneur. ( Commentaires , livre II.)

2. Agrippa d’Aubigné (1552-1630). — Nous avons vu, au chapitre de la poésie, que d’Aubigné avait laissé une œuvre en vers très remarquable, les Tragiques. Vers la fin de sa vie, retiré à Genève, d’Aubigné voulut servir la cause du protestantisme pour laquelle il avait si vaillamment combattu, en racontant les événements auxquels il avait été mêlé. Il rédigea une Vie à ses enfants (ouvrage^appelé parfois ses Mémoires ), qui est une sincère et complète autobiographie, curieuse pour la connaissante d’un caractère ardent et généreux jusque dans ses erreurs. Puis il fit paraître une Histoire universelle , qui est à vrai dire une histoire du parti protestant de 1550 à 1601.

On aura une idée de là manière animée et parfois un peu confuse de d’Aubigné historien, en lisant l’anecdote que voici.

4. Avoir ce chant. — 5. Touchait, dont c’était le tour. — 6. Morion,

casque, sorte de calotte d’acier surmontée d’un cimier. — 7. Chausses,

culottes. — 8. Rôle, liste.- - 9. Point, participe passé de poindre.

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Un épisode de l’enfance de d’Aubigné (1625).

D’Aubigné a raconté sa Vie à ses enfants , en parlant de lui à la troisième personne.^ — Ï1 venait de quitter Paris avec son précepteur Béroalde et un certain nombre de protestants comme lui, pour échapper à la persécution, quand ils furent tous faits prisonniers. — Le petit d’Aubignc avait alors dix ans.

Le chevalier d’Achon, qui avait là cent chevaulégers, les arrêta prisonniers, et aussitôt les mit entre les mains d’un inquisiteur 1 nommé Democares. Aubigné ne pleura point pour la prison, mais oui bien quand lui ôta une petite épée bien argentée et une ceinture à fers d’argent. L’inquisiteur l’interrogea à part, non sans colère de ses réponses : les capitaines qui lui voyaient un habillement de satin blanc, bandé de broderie d’argent, et quelque façon qui leur plaisait, l’amenèrent en la chambre d’Achon, où ils lui firent voir que toute sa bande était condamnée au feu, et que il ne serait pas temps de se dédire 2 étant au supplice : il répondit que l’horreur de la messe lui ôtait celle du feu. Or y avait-il là des violons; et, comme ils dansaient 3 *, Achon demanda une gaillarde * à son prisonnier, ce que n’ayant point refusé, il se faisait aimer et admirer à la compagnie, quand l’inquisiteur, avec injures à tous, le fit ramener en prison. Par lui Béroalde averti que leur procès était fait, se mit à tâter le pouls 5 à toute la compagnie, et les fit résoudre 6 à la mort très facilement. Sur le soir, en apportant à manger aux prisonniers, on leur montra le bourreau de Milly qui se préparait pour le lendemain. La porte étant fermée, la compagnie se met en prières, et, deux heures après, vint un gentilhomme de la troupe d’Achon, qui avait ete moine, qui avait lors en garde les prisonniers.

1. Inquisiteur, juge ecclésiastique. — 2. Se dédire, abjurer. — 3 Ils,

d Achon et ses amis. — 4. Gaillarde, ancienne danse française. — 5. Tâter

le pouls, au figuré ; éprouver les intentions. — 6. Les fit résoudre, se

résoudre-

LES GRANDS ECRIVAINS FRANÇAIS

Celui-ci vint baiser à la joue Aubigné, puis se tourna vers Béroalde disant : « Il faut que je meure ou que je vous sauve tous, pour l’amour de cet enfant : tenezvous prêts pour sortir quand je vous le dirai : cepenlant 7 donnez moi cinquante ou soixante éeus pour corrompre deux hommes sans lesquels je ne puis rien. » On ne marchanda point 8 à trouver soixante écus cachés dans des souliers. A minuit, ce gentilhomme revint accompagné de deuxr, et ayant dit à Béroalde : « Vous m’avez dit que le père de ce petit homme avait commandement à Orléans ; promettez-moi de me faire bien recevoir dans sa compagnie. » Cela lui étant assuré avec honorable récompense, il fit que toute la bande se prit par la main; et lui, ayant pris celle du plus jeune, mena tout passer secrètement auprès d’un corps de garde, de là dans une grange par dessous leur coche, et puis dans des blés, jusques au grand chemin de Montargîs, où tout arriva avec grands labeurs et grands dangers.

(Sa vie h ses enfants , I, 6.)

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