‹ Grands écrivains français des origines aÌ€ nos joursChapitre 75 sur 232 · AUGUSTE · texte numérisé non relu

AUGUSTE

En est-ce assez, ô ciel ! et le sort pour me nuire A-t-il quelqu'un des miens qu’il veuille encor séduire ? Qu’il joigne à ses efforts le secours des enfers ;

Je suis maître de moi comme de l’univers ;

Je le suis, je veux l’être. O siècles ! ô mémoire ! 5

Conservez à jamais ma dernière victoire.

Je triomphe aujourd hui du* pins juste courroux De qui le souvenir puisse aller jusqu’à vous.

Soyons amis, Cinna, c’est moi qui t’en convie : „ Comme à mon ennemi, je t’ai donné la vie ; 10

XVIIe SIÈCLE

Et, malgré la fureur de ton lâche destin,

Je te la donne encor comme à mon assassin. Commençons un combat qui montre par l'issue Qui l'aura mieux de nous ou donnée ou reçue.

Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler ; 15

Je t’en avais comblé, je t’en veux accabler.

Avec cette beauté que je t'avais donnée,

Reçois le consulat pour la prochaine année.

Aime Cinna, ma fille, en cet illustre rang;

Préfères-en la pourpre à celle de mon sang ; *20

Apprends sur mon exemple à vaincre ta colère :

Te rendant un époux, je te rends plus qu’un père.

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