HELST (EARTHELEMY VAN DE
Imp Georôea Petit
PORTRAIT D'HOMME
Colle- .1 le Comte Potocki )
Michiel van Mierevelt est vraiment intéressant et son art retient l'attention et parfois même la charme, malgré son premier aspect de raideur. Dans les images des princes de Nassau, il se révèle comme un remarquable peintre du portrait, et la claire élégance de ses personnages fait oublier l'insuffisance d'un dessin un peu mince et sec et d'une couleur lisse et froide. Avec son élève Paulus Moreelse (i57i-i638), qui, d'un pinceau un peu, très peu, plus généreux, sut animer davantage la physionomie et l'attitude de ses modèles raides et engoncés, Mierevelt apparaît comme le véritable précurseur de Van der Helst, qui aura toutes ses qualités de précision et de méthode, avec un sentiment bien plus vif de la couleur.
Voici encore, parmi les promoteurs de la peinture de portraits en Hollande, après toutefois les précieuses indications des Van de Venne et des Mesdach, Thomas de Keyzer (159,5-1679) et Jan van Ravesteyn (i58o-i665), qui tous deux, plus librement, avec une touche affranchie, cherchent et réussissent parfois, sous l'aspect de véritables chefs-d'œuvre, à exprimer la vie extérieure et morale de leurs contemporains.
De Keyzer surtout, plus encore dans ses portraits individuels que dans ses assemblées de bourgmestres et autres toiles corporatives, où son art généreux se revêt parfois d'une couleur conventionnelle, arrive à un accent de vérité d'une rare puissance, à travers lequel apparaît sa forte personnalité. A l'examen de certains de ses portraits, d'une vie intérieure si intime et d'une couleur à la fois franche et nourrie, on se demande si, au début de sa carrière, à son arrivée à Amsterdam, où il rencontra de Keyzer, Rembrandt lui-même ne fut pas impressionné par l'art chaudement coloré, vivant et parfois ému de ce puissant artiste.
Ravesteyn, sans atteindre à la richesse du coloris de Keyzer et à la pénétration psychologique de son observation, a souvent, dans ses beaux portraits de soldats, de brillantes qualités de métier qui l'apparentent à Frans Hais. Certaines de ses assemblées de gardes civiques, mais surtout ses Réunions de régents, tiennent une place des plus honorables à côté des grandes compositions du maître de Harlem.
Jacob Gerritsz Cuyp (1 594-1652), contemporain des Mierevelt, des Moreelse, dont il a la facture mince et sèche, sans la précision élégante et froide du dessin, mérite néanmoins qu'on lui fasse une petite place dans la phalange des précurseurs. Parfois, cependant, son pinceau trouve de très heureux accents, et de son œuvre trop inégale se détache, avec une réelle puissance de vie et une riche harmonie de tons, la belle toile du
musée d'Amsterdam qui représente la Famille du -peintre Cornelis Troost.
La composition en est habile et spirituelle : au premier plan, deux fillettes, l'une en robe claire, des fleurs dans les cheveux; l'autre, en robe sombre, portant des fleurs, et deux jeunes garçons caressant un chien. Au second plan, la mère du peintre, en jupe marron et corsage noir, assise, la main appuyée sur l'aînée des fillettes. Sur la même ligne, Jean Troost à côté de sa femme; et, formant le troisième plan, une charrette, où se tient debout un garçonnet blond, au teint lumineux, attelée d'un cheval noir qu'un valet, la main armée d'un long fouet, tient par la bride. Le groupe de personnages se détache, dans un bel effet de relief, sur un décor d'arbres et de maisons.
Cette toile intéressante est remplie de superbes qualités de métier, d'un métier large et spirituel, où l'art d'Albert Cuyp, fils et élève de Jacques Gerritsz, transparaît déjà.
L'Italie ne fut pas seule la terre promise des peintres hollandais du xvnc siècle, et leur amour du voyage ne les dirigea pas uniquement à travers les routes d'Allemagne, vers les bords du Tibre, le quai des Esclavons ou le golfe de Naples.
Ce pèlerinage artistique au pays du soleil fut d'ailleurs principalement goûté par les paysagistes, et, sauf quelques rares exceptions, comme Nicolas de Helt Stokade (1614-1669) et Cornelis van Poelenburg, qui peignit avec un égal succès le paysage et la figure, un certain nombre de portraitistes, et des meilleurs, tels C. Janssen van Ceulen (i5c|0-i665), Johannes Mytens (1614-1670), Jean Livens ou Lievensz (1607-1674), demandèrent une hospitalité passagère à l'Angleterre, où les peintres de portraits faisaient défaut et où rien ne permettait encore de prévoir la triomphante et prochaine apparition des W. Hogarth, des Reynolds, des Gainsborough, des Romney, des Raeburn...
Van Ceulen, avec ses arrangements élégants, sa froide distinction, ses fines carnations pâles s'enlevant sur des fonds légèrement bleutés, fut particulièrement goûté en Angleterre, où il demeura plus de vingt années et obtint de brillants succès, même à l'ombre des Van Dyck et des Peter Lely.
La grâce un peu mièvre de l'art soigné et délicat de Johannes Mytens — et non de Daniel, comme on l'a souvent écrit, — séduisit aussi les Anglais; il occupa même une place privilégiée à la cour de Charles Ier, jusqu'à l'arrivée de Van Dyck.
Ce fut vers i63i que Jean Lievensz, dont certains portraits, par le goût de leur agencement, la sûreté de leur dessin et la chaleur de leur coloris,