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FEMME EPLUCHANT DES POIRES

(Collection de M Max Von Gutmann I

plus renommés, échappent, dans des mouvements de fantaisie charmante, à leurs tendances particulières, à leurs thèmes favoris, pour traiter des sujets tout à fait imprévus.

Dans le premier de ces groupes figureront les peintres qui s'appliquèrent de préférence à exprimer, sous des dehors élégants, nobiliaires ou bourgeois, les mœurs de leur époque. Tels : Esaïas van de Velde, Adrien van der Venne, Anthony Palamedesz, Dirck Hais, Slingelandt, S. van Hoogstraten, Eglon van der Neer, Pieter de Hooch, Van Bassen, Sorgh, Vermeer de Delft, Metsu, Philippe "Wouwerman, J.-A. Duck, Staveren, Jean et Nicolas Verkolie, les Netscher, les Mieris...

Le second groupe comprendra les peintres des scènes populaires ou champêtres : les Ostade, Bega, Cornelis Dusart, Brakenburg, Jan Steen, Van de Pool, Zorg, Molenaer, Brekelenkam...

Esaïas van de Velde peut être considéré comme l'initiateur du tableau de genre dans l'École des Pays-Bas. Il naquit vers i5c)o et mourut en i63o. Il s'adonna de préférence à la peinture guerrière, et il a laissé de nombreux petits tableaux d'un faire précieux mais d'une couleur un peu crue, représentant des scènes militaires : combats de cavaliers éclairés par des incendies, haltes de soldats, bataillons d'Espagnols empanachés évoluant à travers les campagnes ou dans les rues tortueuses des villes. Mais Esaïas van de Velde, qui passa la plus grande partie de sa vie à Leyde et y mourut, ne s'absorba pas exclusivement dans la peinture des sujets militaires. On a aussi de lui d'assez nombreux tableaux de genre proprement dits, et principalement des représentations très pittoresques et d'une grande souplesse de métier, des « plaisirs de l'hiver », entre autres la jolie toile du musée d'Amsterdam, où il nous montre avec une spirituelle liberté de pinceau, des personnages jouant au golf et patinant dans les fossés d'une ville. Un paysage charmant, avec pont, moulin, verger, sert de décor au sujet, témoignant une fois de plus de la souplesse du talent de ces étonnants artistes qui, avec une égale aisance, pouvaient et savaient aborder tous les genres.

L'habileté d'Esaïas van de Velde était si grande, dans la peinture des personnages, que de nombreux paysagistes tirent appel à son libre et généreux pinceau pour l'étoffage de leurs toiles.

Il était le père de Willem van de Velde (1610-1693), grand-père d'Adrien, le célèbre paysagiste animalier, et de "Willem, un des plus grands marinistes de l'Ecole des Pays-Bas.

C'est à Delft qu'Adrien Pietersz van der Venne vit le jour (1 58g- 1662).

11 aurait eu pour maître Guillaume van Diert, peintre de marines assez médiocre et aujourd'hui presque complètement oublié.

Van der Venne fut un lettré en même temps qu'un peintre. Il quitta Délit assez jeune pour s'installer à Middelbourg, où son frère était libraire et où il fréquenta beaucoup les écrivains. Ce fut pendant son séjour dans cette ville qu'il grava une édition, aujourd'hui très recherchée, des œuvres poétiques de Cats. Il ne quitta Middelbourg que pour se rendre à La Haye, où il mourut après y avoir fondé la société Pictura.

Les goûts littéraires et politiques de Van der Venne, goûts qui se développèrent très vivement dans le cours de ses relations amicales avec Cats, poète de grand talent et homme d'État réputé, eurent une profonde influence sur son art tout imprégné de symbolisme. Il fut non seulement un peintre de génie dans ses petites peintures en grisaille, d'un art physionomique si vivant, mais il apparaît comme un portraitiste de grand talent et un véritable peintre d'histoire, lorsqu'il peint le prince Maurice d'Orange et le roi de Bohème chevauchant entourés de seigneurs.

Dans d'autres de ses toiles, il se révèle à la fois peintre d'histoire et de mœurs, comme dans celle où il nous montre le Prince Maurice d'Orange visitant la kermesse de Ryswick, œuvre pleine de détails amusants très spirituellement observés, ou peintre allégorique, dans la fameuse Pêche aux aines, du Rijks-Museum, son chef-d'œuvre. C'est une sorte de représentation symbolique d'une trêve conclue entre les Espagnols et les Hollandais.

Ce tableau, d'une étude très serrée, assurément un des plus curieux et des plus intéressants du musée d'Amsterdam, est débordant d'expression ironique. Chaque détail a, pour ainsi dire, une signification railleuse. L'invention en est très originale : sur un fleuve d'un cours limpide et qu'enjambe un vaste arc-en-ciel, des catholiques et des protestants jettent leurs filets pour ramener des naufragés. De nombreuses barques sillonnent le fleuve, sur les rives duquel s'entasse la foule des catholiques et des protestants. Ces derniers sont uniformément vêtus de noir, avec de larges fraises blanches. Dans la barque du premier rang, montée par les ministres protestants, sont ouvertes des Bibles. Sur l'une on lit : Evangelio Piscatores, 1614. La barque de droite renferme des prêtres catholiques, en riches dalmatiques, des vases sacrés et de l'encens. Parmi les assistants qui bordent le fleuve et assistent à la Pêche aux âmes, figurent, très reconnaissables, à gauche, dans les rangs des réformés, les princes Maurice et Frédéric

d'Orange.

METSU (GABE!

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