‹ Grands & petits maîtres hollandaisChapitre 3 sur 47 · L'AGE D'OR DE LA PEINTURE HOLLANDAISE · texte numérisé non relu

L'AGE D'OR DE LA PEINTURE HOLLANDAISE

PEINTRES DE PAYSAGES, D'ANIMAUX DE MARINES, D'ARCHITECTURES, DE NATURES MORTES

l tient en réalité dans un siècle. Assignons-lui comme date initiale l'avènement de Guillaume d'Orange et, comme terme, les premières années du xvme siècle, où la peinture hollandaise entre en pleine décadence.

Elle s'épanouit avec une éblouissante soudaineté dans l'aurore de la liberté, au bruit des joyeuses acclamations saluant le triomphe des armées de la République et la disparition des envahisseurs étrangers. Dans tous les genres, sauf toutefois le genre historique, elle se développe et se singularise avec

la GRANDS ET PETITS MAITRES HOLLANDAIS

un éclat incomparable, même à travers les luttes héroïques qu'elle soutient contre Louis XIV.

Puis, sans aucune cause politique apparente, sans que cette fois la personnalité de la race fût atteinte et influencée par une inspiration étrangère, comme du temps des dominations bourguignonnes et autrichiennes, et comme si l'obscurité qui va succéder à la lumière ne provenait que d'un excès même de clarté, elle entre presque brusquement dans la nuit. Eclipse étrange qui devait se prolonger pendant près de deux siècles. Etrange et mystérieuse à la fois, mais dont nous essayerons toutefois de rechercher les causes dans le cours de cette étude.

Ainsi que nous l'avons mentionné dans notre « avant-propos » , la peinture hollandaise du xvne siècle , malgré ses aspects si particuliers, doit beaucoup aux primitifs néerlandais, d'Albert van Ouwater à Jacob Cornelisz. et aussi aux artistes qui, sous l'influence de la maison d'Autriche, se décidèrent à faire le voyage d'Italie; de Jean Schorel jusqu'à Pieter Lastman et à ce bizarre Gérard van Honthorst (i 590-1656), qui se distingua dans la pléiade des transfuges, non seulement en cherchant à imiter jusque dans ses brutales exagérations le Caravage, son maître préféré, mais en changeant son nom en celui de Gherardo délia Notte (Gérard de la Nuit . Il était difficile de pousser plus loin Y italianisme.

A ces deux sources génératrices, l'artiste hollandais du xvne siècle n'empruntera aucune faculté d'invention et la sincérité originale de sa vision naîtra uniquement de sa volonté passionnée d'exprimer tous les frissons de la vie nationale dans la magie de son décor de nature; mais avec quelle force de technique, quelle précision de métier, quelle liberté d'exécution ! Et c'est ici où apparaissent les résultats féconds de l'étude des « gothiques » et des élèves de Raphaël et du Titien, de Jean Schorel, de Hendrick Goltzius et d'Antonio Moro...

Il n'existe peut-être pas d'école de peinture dont la présentation méthodique offre plus de difficultés que celle des Pays-Bas, — disons, si vous le voulez bien, des Provinces-Unies, — que le pacte d'Utrecht va constituer en un faisceau indissoluble, mais dont chaque centre intellectuel deviendra, et avec quelle spontanéité rayonnante, un foyer d'activité artistique, favorisé

JACOB VAN RUISDAEL

Imp Georôes Petit

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