‹ Grands prosateurs du dix-septième siècle; avec notesChapitre 22 sur 122 · MAXIMES · texte numérisé non relu

MAXIMES

201. Celui qui croit pouvoir trouver en soi-même4 de quoi se passer de tout le monde se trompe fort ; mais celui qui croit qu'on ne peut se passer de lui se trompe encore davantage.

202. Les faux honnêtes gens sont ceux qui dé- 60 guisent leurs défauts aux autres et à eux-mêmes. Les vrais honnêtes gens sont ceux qui les connaissent parfaitement et les confessent.9

218. L'hypocrisie est un hommage que le vice rend à la vertu. 65

234. Dans l'adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons souvent quelque chose qui ne nous déplaît pas.

263. Ce qu'on nomme libéralité n'est le plus souvent que la vanité de donner, que nous aimons mieux 70 que ce que nous donnons.

264. La pitié est souvent un sentiment de nos propres maux dans les maux d'autrui ; c'est une habile prévoyance des malheurs où nous pouvous tomber ; nous donnons du secours aux autres, pour 75 les engager à nous en donner en de semblables occasions, et ces services que nous leur rendons sont,

à proprement parler, des biens que nous nous faisons à nous-mêmes par avance.10

266. C'est se tromper que de croire qu'il n'y ait que 80 les violentes passions, comme l'ambition et l'amour, qui puissent triompher des autres. La paresse, toute languissante qu'elle est, ne laisse pas d'en être souvent la maîtresse ; elle usurpe sur tous les desseins et sur toutes les actions de la vie, elle y détruit 85 et y consume insensiblement les passions et les vertus.

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