‹ Graveurs sur bois à Lyon au seizième siècleChapitre 10 sur 21 · JEAN MONI · texte numérisé non relu

JEAN MONI

pas avoir été composée par Moiii >, car c'est la copie réduite, plus ou moins réduite, de la vue du camp d'Israël que Geoffroy Tory 2 a faite pour la bible de Robert Estienne de 1540 3. Il y a, au nombre des épreuves de la collection de Mariette, à la Bibliothèque nationale, une autre copie du Tabernacle ou camp d'Israël de plus grande dimension (H. 261 mill., L. 166 mill.), qui ne porte pas de note de la main de Mariette et dont l'exécution est la même que celle de la précédente. Ces deux copies sont d'un travail très fin.

2. « Les cortines (du tabernacle) semées de chérubins. Exode. » (H. 58 mill., L. 79 mill.)

Cabinet des estampes (non signé). De la main de Mariette : « Jolie figure gravé (sic) par Moni dans sa copie de celle de Bernard Salomon 4. » Se trouve dans les Figures de la Bible, Barthélemi Honorati, 1582, chapitre xxvi. Ce dessin est dans la bible de Robert Estienne.

1 Papillon a commis la même erreur (Traité, t. I, p. 524).

* Est-ce vraiment Geoffroy Tory qui a dessiné cette vue pleine d'animation? Nous ne le pensons pas, nous reviendrons sur ce sujet.

3 Cette copie se trouve, avec le titre de « l'Ordre et assiette des tentes et des pavillons des enfans d'Israël », dans la Bible de Jean de Tournes, 1561, p. 69, dans la Biblia de Roville, 1563, p. 112, 1566, p. 91, et dans les Figures de la Bible, déclarées par stances par G. C. T., Barthélemi Honorati, 1582, Exode, chap. xxvii.

4 Même faire que pour la planche de la « Forme de la restauration du Temple », attribuée par Mariette à Eskrich (voir n° 8).

Ambroise-Firmin Didot et les historiens du livre ont tenu pour certaine, et cela sans discussion, l'existence de Moni en tant que dessinateur et graveur sur bois, et c'est dans YEssai sur l'histoire de la gravure sur bois de Didot (1863), col. 261 à 263, qu'on trouvera une étude présentée de façon ingénieuse, mais fondée sur des faits qui, à notre avis, ne sont pas décisifs.

Nous ferons à ce sujet une remarque : c'est dans la Biblia sacra, ad vetustissima exemplaria castigatay nécnon figuris et chorographicis descriptionibus illustrata (Guillaume Roville, 1569, in-folio), qu'on lit, pour la première fois, le nom de Moni. Au folio 388 verso (Jude), on voit sur les tablettes que tient le prophète, les mots : onesi / uoeni / moni /, et au folio 391 verso, chapitre x de l'Apocalypse, les lettres im sur le livre que saint Jean présente à l'ange. Telle est l'origine, l'origine unique, du nom de Moni *.

On ne trouve ce nom nulle part ailleurs.

On a vu dans les lettres IM les initiales du dessinateur ou du graveur et on les a lues Jean Moni *.

Les épreuves que Mariette possédait et qui sont entrées à la Bibliothèque nationale étaient, d'après lui,

1 La vignette du prophète Jude est à la page 1189 de l'édition de Roville de 1581 et de celle de 1598; la vignette de saint Jean et de l'ange à la page 1201 des éditions de 1581 et de 1598.

* M. Steyert a émis l'opinion que les initiales IM peuvent être celles de Jean Maignan (Revue du Lyonnais, 1868). Jean Maignan, dessinateur et peintre, vivait de 1569 à 1604, année de sa mort. On peut objecter que le maître IM paraît avoir été inférieur à Maignan dont on a quelques ouvrages.

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