‹ Graveurs sur bois à Lyon au seizième siècleChapitre 11 sur 21 · JEAN MUNI · texte numérisé non relu

JEAN MUNI

comme ou l'a vu, les unes « de la bible d'Escricheus », les autres d'une bible de Moni. Elles sont toutes, sans aucun doute, du même dessinateur et du même graveur. Elles ont été tirées en même temps.

Une de ces épreuves, signée par Eskrich, est datée de 1568, et, si nous en croyons Papillon, aux déclarations duquel on ne peut pas, il est vrai, toujours se fier, Moni aurait « gravé une Bible de sa composition environ Tan 1568 * ». Nous n'avons pas vu cette bible, mais Roville en a publié une en 1566, une autre en

1569, une troisième en 1570, cette dernière citée aussi par Papillon. Les vignettes recueillies par Mariette ne sont dans aucune de ces bibles, mais elles sont dans cette édition de Barthélemi Honorati de 1582, dont les figures ont été copiées, suivant Papillon, par Moni d'après celles du petit Bernard.

On voit, dans les Figures du Nouveau Testament illustrées de huictains françoys (Guillaume Roville,

1570, in-4°), le mot MONI tracé sur les tablettes que le prophète Jude tient devant lui: c'est le bois de la bible in-folio de 1569.

A. -F. Didot a regardé comme hors de doute que Moni « a dessiné et a peut-être gravé » en partie les Figures de la Bible (avec les huitains de Guéroult) et les Figures du Nouveau Testament (avec les huitains de Claude de Pontoux), publiées par Roville. Ce Moni aurait donc produit, dans ces ouvrages, une assez grande somme de travail, et il serait vraiment

Traité, t. L p. 229.

étrange qu'un maître dont le talent aurait été égal, on a même dit supérieur, à celui de Bernard Salomon, fût resté tout à fait inconnu. Les documents ne manquent pas à Lyon sur les peintres et les graveurs qui travaillaient dans cette ville de 1564 à 1570. Nous connaissons, pour cette courte période, quarante peintres et seize tailleurs d'histoires; aucun d'eux ne porte ce nom que nous n'avons trouvé à aucune époque dans les chartreaux de l'impôt, les rôles des Establies, etc.

On vient de voir quelles sont les planches dont Didot et ses devanciers ont attribué l'exécution à Moni. Qu'on les rapproche du Bûcher des Funérailles signé par Eskrich, et l'on observera d'étroites analogies du style et de la manière.

11 nous semble que les mois tracés sur les tablettes du prophète Jude n'ont pas de sens4. Dans la bible de 1585, aux vignettes des Actes des Apôtres, une cariatide du même faire que le Jude tient un papier avec les mots enej omw qui paraissent aussi sans signification.

Nous pensons qu'il faut renoncer à trouver à Lyon un dessinateur ou un graveur du nom de Moni2.

En résumé, il y a incertitude : incertitude quant au nom de ce dessinateur ou graveur, incertitude sur le fait de ne

1 Sur les vignettes des évangélistes saint Mathieu et saint Marc, sont des livres avec des caractères romains et grecs qui ne présentent non plus aucun sens (Roville, 1569). Les initiales IM de la planche de saint Jean et de l'ange sont-elles la signature du dessinateur? Didot l'affirme, les tenant pour celles de Jean Moni.

* Nous répétons qu'on n'a trouvé nulle part le nom de Moni.

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