‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 102 sur 115 · PARURE DES FEMMES · texte numérisé non relu

PARURE DES FEMMES

Habillements du cohps. — Léo dames en grande parure plaçaient sur leur tête une couronne élevée; de

Î;rands anneaux étaient suspendus a eurs oreilles; la partie de leur tuni-

Voy. pl. toi. N® I , «cène de bain ée par 'Tûcbbein ; n® a , femme vèhic e la tunique ionique et enveloppée du péplot (vase grec) ; n® 3 , femme vétne de la tunique dorique (vase grec) ; n® 4 , femme lestant i’ampécbonion ( figurine en bronze driercMlaiinm).

GRECE

que depuis les épaules jusqu’aux mains n’était {ms cousue, mais attachée par une rangée d’agraires en or ou en arent ; elles {wrmient pour chaussure es galoches.

Aristophane, dans sa comédie intitulée Lysistrate, fait parler ainsi Calonique : « Que peuvent faire les fem- « mes de grand ou de réfléchi ? Leur « vie se passe à rester assises, enlumi- « nées ae vermillon, vêtues de la • CTOcata (tunique couleur de sa- « fran ), hien peignées et bien frisées. « A quoi peuvent servir pour leur édu- « cation les tunimies cimbériques ( pe- « tites tuniques a’une étoffe transpa- « rente), les orthostadies (tuniques « droitœet sans coutures), les péri- 0 baridies (espèce de chaussure de « femmes ), faneuse ( herbe dont on « se teignait le visage)? » Le même poète, dans ses Thesmophories , introduit Agathon, Muésiloque et Euripide, qui s’habillenten femmes. — Euripide:

« Que m’apportes-tu là? » — Agatnon:

« Prends cette crocaia et mets-la ; « prends le strophion« (riebe ceinture qu’on mettait au-dessous du sein et

{lar -dessus les vêtements). — .Mnésioque : « Mets maintenant le péri- « scéUde » (ornement que les femmes portaient aux jambes, pour se donner de la grâce en marchant). — Euripide : «Il me faut encore un cecri- « phale et une mitre.» — Agathon :

« Voici mon bonnet de nuit. » — Euripide: «Donne-moi l’encycle» (petite tunique circulaire ). — Agatnon :

« Prends-lesurmon lit...» —Euripide :

« Il mefautdes souliers. » — Agathon :

« Prends les miens; ne les aimes-tu « pas larges? »

Modbstis db l’kpodse de PhociON. — Élien oppose au luxe des Athéniennes la simplicité de Mélite , femme de Phocion. « Son principal « vêtement était la cape de son époux ; « elle n’avait besoin ni de la robe cou- < leur de safran , ni de la tarenteni- « dione , ni du manteau qu’on attache « avec Vanaboladione ( écharpe dont < les femmes s’enveloppaient les épau- « les ) , ni du vêtement rond , ni du • réseau , ni du voile , ni de la coiffe

28* lÀoraison. (Grèce.)

« couleur de f«i; elle se montrait en- « veloppée de sa seule modestie, et « elle composait son ajustement de « tout ce qu’on lui présentait. »

Costume des femmes de Sparte.

— Elles portaient une tunique courte, ouverte sur les côtés de manière à laisser voir leurs cuisses, comme le font encore les femmes de l’Anovlachiedans le Pinde , ce qui leur faisait donner le surnom de phénomérides (cuisses nues).

Euripide, cité par Plutarque, les accuse d’abandonner leurs demeteres pour se trouver avec les jeunes gens ; dütre hardies , d^ affecter un air de domination sur leurs maris , de régenter la mavion , de se mêler des affaires publiques, et de discourir sur les choses les plus importantes.

Femmes de qualité. — Lucien, dans son Ane d’or, trace ainsi le portrait d’une dame d’Hypate, ville de Tbessalie : « Son (wrt et sa suite an- « noDcent une femme de haut parage; « elle porte des vêtements avec des « broderies en fleurs , et une quantité « de bijoux en or. » Théocrite nous donne a son tour quelques détails sur l’habillement des Syracusaines : « A|>- «|)orte-moi mon ampéchonion (es- « p^ de mantelet ) et ma totia , dit « Praxinoé à sa femme de chamore , « et mets-la-moi avec grâce. » Puis s’adressant à son amie Gorço, avec qui elle se trouve dans la foule : « Mal- « heureuse, s’écrie-t-elle, mon petit te- « Tistre est déjà déchiré en deux »

( voile qui s’attachait sur la tête et tombait jusqu’à la ceinture ). « Mon ami , «je t’en conjure par Jupiter, prends « pitié de mon ampéchonion. »

VÊTEMENTS DIVERS. — l.tpepUm

enveloppait l’épaule gauche devant et derrière, en laissant découvertes les mains et l’épaule droite. Le xiston servait de tunique et de manteau. Le zomon était une robe à franges que portaient les vieilles femmes. On donnait le nom de symetria à une es[>èce de simarre ornée d’une bordure en pourpre, qui descendait jusqu’aux talons. La podera consistait dans un riche vêtement en lin décou|>é en forme de dents de scie. Les pentec-

L’UNIVERS

tènss étaient de» cesaqnios bordé» en pourpre et entrelacé» de cinq rayons.

On appelait calasticlon , aoota ou zodiota, une robe ornée de broderie màée d’animaux et de fleurs. Le schislon était une tunique ouverte sur les côtés , qui s’attaclmit aux épaules avec des a$;rafe8 ; enfin , \&ooUmaca, garnie (Tune peau cousue à son bord inférieur , était le vêtement des femmes esclaves.

GaHMTUKBS BT CBINTUBES. ~ On appelait jMtiphe une frange dont l’extreinité était teinte en pourpre. Le periléocon se composait d’un tissu rouge terminé par un liséré blanc.

On nommait méandre une bandelette double de la même couleur qui se mettait en sigzag au-dessus de l’Iiabillement. Il y avait deux sortes de ceintures: l’une se plaçait sur 1a peau nue ; c’était la zona ou bande abdominale : V anamoicaHsteron s’attacliait au-dessous des aisselles.

Chaussuhb. — Les dames grecques aimaient à se donner une taillé élevée:

pour y parvenir , elles portaient des (lantoufles ou des souliers , dont la semelle. quelquefois en liège, était trèsépaisse. Comme toutes ne pouvaient, malgré cet artifice, réussir à se donner la taille de Junon, ni l’élégance de Diane, on consolait les petites en leur disant qu’elles étaient pétries de grâces et d’esprit. Pollux compte vingt-deux espèces de chaussures : les unes couvraient le pied jusqu'aux malléoles ; celles qui n'étaient composées que d’une semelle s’attachaient au cou-de-pied avec des courroies, comme le font encore les bergères de la Grèce. Les femmes se servaient de pantoufles dans l’intérieur de leurs appartements; elles les faisaient porter dans un coffret ( sasulalotheca ).

Lorsqu’elles allaient en visite, elles chaussaient des erépides ou bottâtes, pour marcher dans les rues. Les soutiers que les femmes mettaient pour jiaraltre plus grandes , avaient jusqu’à quatre semelles de liéM jointes ensemble au moyen delà colle. Les cliaussures a la tyrrhénienne devinrent à la mode , depuis que Phidias les eut

emplovées à sa Minerve colossale du Parthénon. Elles s’attachaient aux doigts du pied et.au bas de la jambe avec des courroies : on les appela dans la suite cothurnes , nom emprunté du dialecte orétois.

Movbns db oàorbb leuks db- EADTS. — Les procédés employés par les femmes pour faire ressortir leurs charmes , ou pour parer à certains débuts , étaient nombreux. Alexis , poète comique d’Athènes, en parlant des courtisanes , dit i « Une jeune « fille estelle petite , on rehausse sa « stature au moyen d’une semelle de

• liège qu'on ajoute à ses 'souliers;

< est • elle trop grande , on lui fait « prendre des chaussures minces , et O elle marche la tête inclinée sur une

> épaule. A - 1 - elle les hanches trop a étroites , on lui en met de postiches ,

« dont les formes saillantes et arron- <• dies attirent les regards. Son ventre

« est-il trop gros , au sein postiche • « nu’elle prend comme les personnes « ne théâtre , on ajoute aes buses « qui resserrent et rejettent son ventre

> en arrière. A-t-elle les sourcils roux ,

< on les teint avec du noir de fumée,

« Est-elle trop brune , on passe de la « céruse sur son visage. A-t-elle le

< teint pâle, on lui donne des couleurs « au moyen du fard. Son corps a-t-il

• quelque charme particulier , on le

« laisse à découvert, afin qu’il fixe % « l’attention. A-tolle de belles dents ,

« on lui apprend à rire, pour que sea t « lèvres, en s’entr’ouvranf , les laissenf « apercevoir. Si elle n’aime point à ./ « rire, on la laisse à la maison , ayant « entre les dent» un brin de myrte pa- « reil à celui dont les cuisiniers cou- « ronnent les choses qu’ils vendent au

« marché, de manière qu’elle s’accou- ■

« tume à montrer la beauté de sa <t « bouche. » I

Chemise», jupons , bandbadx. —

La kypassis descendait tusqu’à la moi- i| tiédes cuisses. Aristenete Ihit racon- i ter à un berger, qu’jl a vu une jeune I fille quitter ses v^ments et jusqu’à sa tunique de dessous , pour se bai- t mer dans la mer. Les castasdæ ou HUKWs se serraient au-dessus des han-

cbes et descendaient jusqu’à la cheville du pied. Le,s fiiinuies porUiieut au lit la tunique longue sans manches et sans ceinture; Plutarque dit que Cléopâtre se présenta dans ce négligé à Octave, qui la reçut sous un becoeau de verdure.

Les femmes grecques avaient un soin particulier de leur gorge, qui était réputée le plus bel ornement de Vénus. Elles la faisaient saillir au moyen d’un bandeau inamillaire appelé stUhocemone et mastotrnioHe.

Boudoib. — « Si on voyait, dit Lu- X clen , les femmes au sortir du lit , X on les trouverait plus hideuses que X l’animal (*) dont le nom proféré à « jeun est réputé de mauvais augure.

X Aussi ont-elles soin de ne s’exposer X aux Isards d’aucun homme dans cet X état. Elles sont entourées de vieilles X femmes et d’une troupe de jeunes « esclaves , toutes occupées à leur plà- X trer le visage de diverses matières.

X Ces servantes forment une espèce de « procession autour de leur maltresse, X les unes portant des bassins d’ar- « gent, des aiguières, des nfiroirs et « des bottes remplies de mixtions dé- « godtantes; les autres sont occupées « a lui nettoyer les dents, ou à noir- « cir ses sourcils. Cest surtout à X l’arrangement de sa chevelure qu’el- X les déj^oient tout leur talent. Les « femmes qui préfèrent les cheveux X noirs, consomment la fortune de X leurs maris à les parfumer avec les « plus rares essences de l’Arabie. En- X suite, à l’aide d’un fer chaufféà un feu X lent, elles roulent les cheveux en hou- « clés , qui se partageiit sur le front , « et descendent, avec un art ndmira- « ble, jusque sur les sourcils, tandis X que ceux de derrière , frisés avec le X méme6oiu,flottentéparssurlesépau- X les. Après cela , elles mettent leurs s BOulier8,doiitchaque paire a son pied X de droite et son pied de gauche ; puis X elles se revêtent d’un manteau dont X la finesse laisse apercevoir les pro- X portions du corps j excepté celles du X sein , qui pendrait d’une manière

(*) Le siiige^

X diflorme s'il n' était soutenu par des « bandelettes. Des pierres orientales X sont attachées à leurs oreilles; des X serpents d’or ( et plût aux dieux qu’ils fussent naturelsl ) entortillent 'x leurs bras et leurs poignets ; enfin , X l’or , descendu à l'ctat le plus abject, X brille à leurs pieds, en servant d'or- X nement à leurs talons, qui restent « nus. Les feiimies de distinction X faisaient porter sur leur tête un pa- X rasol : il y avait à Athènes une pro- X cession dés parasols en l’honneur de X Minerve, au mois de clûroforion. »

Élien nous apprend que les filles des étrangers qui obtenaient de l’aréopage la permission de s’établir à Athènes, étaient obligées de porter le parasol devant le.s matrones, dans les cérémonies religieuses. C’est de l’osage du parasol comme signe de distinction , qu’ont pris leur origine , Im dais dont on décore les trônes des rois et ceux des évéques dans les églises.

EtiNiiQiiKs. — L’art aussi honteux que criminel de mutiler les hommes pour confier quelques femmes à leur garde, remonte à la plus haute antiuité. Il semble avoir pris naissance ans les pays chauds ; mais on ne sait à quel peuple en attribuer l’invention.

En F.gyiite il y avait des eunu(|ues du temps de Moïse, qui ne voulait pas u’aiicuii d’eux entrât Mans le temple Il Seigneur; cet usage aura sans doute passé de Memphis a Athènes. Les faiimes grecques, éloignées des affaires par les lois de l’état, n’avaieiit d’autre ambition que d’être courtisées , d'autre passion que pour la parure, et d’autre morale que la crainte de l’infamie.

TbAVAUX EIV FAMILLE (*). — C«

n’est pas qu’il ii’y eût dans la Grèce, dans les temps dé sa plus grande corruption, des femmes vertueuses, des mères de famille d’iiiie conduite sage et exemplaire. Olles-ci ne sortaient du

(*) Voy./)/. io5. N" I , a , fileuses (vtue« grecs); n“ 3, femme mctlaul le fil eu peloton; n° 4 , lisserandes (vase grec, musée PonrUilcs) ; n“ 5 , brodeuses (vases grecs do musée Pourtalès).

L’UNIVERS

gynecée que pour assister aux cérémonies'religieuses, ou par complaisance pour leurs maris, persuadées que le nom d’une femme honnête doit, ainsi que sa personne, demeurer renfermé dans sa maison. La lecture, l’étude, la musique, l’éducation des enfants, les soins du ménage, la broderie, le plaisir de la conversation avec quelques amies , et quelques jeux innocents, faisaient leurs délassements et leur occupation.

Modghoibs denbz, poches, boüb- SKS. — Les idées qu’on avait de la propreté et de la bienséance ne permettaient pas de s’essuyer la sueur du visage, ni de se moucher : c’edt été manquer aux convenances ; une dame aurait été regardée par cela seul en état de maladie, et il ne lui aurait pas été permis de sortir de son appartement. Les hommes étaient asû'eints aux mêmes r^les de civilité. Cependant on peut conjecturer, d’après une épigramme de Martial, que les anciens se mouchaient avec les doigts ; mais ils ne faisaient pas usage de mouchoirs. Les personnes les plus distinguées essuyaient leurs larmes avec leur manteau, comme le fit Agathwle, frère d’une reine d’Égypte, en présence de tout le peuple d*Alexandrie. Ces règles étaient rigoureusement observées dans les temples et 4ans les théâtres. « Ainsi « Néron ne monta jamais sur la scène « sans avoir essuyé la sueur de son « visage avec les manches de son vê- « tement, en prenant ces précautions « pour que les spectateurs ne s’aper- « eussent jamais du besoin qu’il avait « cle cracher ou de se moucher. »

Epictète s’adressant à un cynique lui dit . « Oserais-tu entrer avec noua « dans un temple où il n’est pas permis « de cracher et de se moucher, toi « qui n’es que saleté ? »

Une jeune fille, qui se serait servie d’un mouchoir , aurait éloigné d’elle , comme d’un objet hideux , tous les galants. Ainsi il ne faut pas s’étonner si elles ne portaient ni poches, ni bourses. I^s bandes mamillaires leur servaient à serrer les billets doux et l’argent qu’elles ca-

diaient soigneusement. La siocité du nez était regardée comme un des principaux charmes de la beauté. Dans Plaute , on voit un marchand d'esclaves demander à acheter une jeune fille qui ait cette qualité.

Clefs. — maîtresse de la maison ou ses femmes de charge se servaient d’anneaux artistement gravés qu’elles employaient en guise de clefs. On ne disait pas alors : J'ai fermé, mais /’of scellé mes armoires et mes coffres.

Saint Clément d’Alexandrie, dans son Pédagogue chrétien , dit à ce sujet > qu’on donne aux femmes la permis- ■ sion de porter un anneau d’or pour « leur servir, non d’un vain ornement, « mais afin qu’elles puissent sceller et « mettre en sûreté tout ce qui se « trouve dans leur maison. » La mère de Cicéron cachetait ainsi jusqu’aux bouteilles vides, afin qu’on ne pût faire passer dans ce nombre celles dont on aurait bu le vin à son insu. Qu’on ne croie pas que ce moyen n’était qu’une faible sûrm : les lois punissaient avec tant de sévérité l’infidélité d’un esclave, que le dichet le plus fragile suffisait pour mettre en sûreté l’objet le plus précieux. Hélas! à la demande d’un maître , on marquait ces infortunés au front avec un fer rougi à blanc, on les condamnait aux travaux des mines, on les mettait en croix , on leur brisait les jambes sur une enclume avec des instruments de fer.

HABILLEMENTS DBS HOMMES (*).

Chevelcbe. — Lorsque les jeunes gens étaient arrivés à l’âge de puberté, on coupait leur chevelure ^ur en foire liommage à quelque divinité. Les Grecs avaient en général les cheveux

(*) yoy. pt. 9S. N“ I , a , rluipeaux ; n® 3 , pileus, bonnet ;n® 4, souliers; n®5, bottes; n® 6 , boites i la crétoise ; n® 7, bourse;n>8, tessère d’hospitalité; n® 9, clef; n® 10, trousseau contenant les strigiles, la bonteille i l’huile et autres objets employés aux bains ; n® 11, jeune homme vêtu de la rblena; n° la, homme vêtu delaclilamyde; n® 1 3 , vieillard enveloppé du manteau des philosophes et des hommes âgés.

GRÈCE. 437

taillés en rond; les ARiéniens les tenaient un peu longs et frisés ; les Lacédémoniens les portaient longs; les stoïciens et les cyniques se faisaient raser la tête : une chevelure ébouriffée était le partage des esclaves. Les caprices de la mode influèrent sur l'arrangement des cheveux. Lucien, en parlant d’un efféminé, dit : « Tu le verras se • gratter la tête avec le bout du doigt ; < le peu de cheveux qui lui reste est « bien soigné, bien peigné. »

Chapeaux.— Dès les temps les plus reculés, les Éginètes portaient des chapeaux de feutre. Hésiode fait mention du pUo* sans rebords : il était particulier aux marins et aux agriculteurs ; \tpeUaos ressemUait à notre chapeau rond à larges bords : c’était la coiffure des bergers ; on s’en servait en voyage et à la camp^ne. Au moyen de deux cordons qui étaient attacnés à la forme , on pouvait le nouer audessous du menton , ou bien le rejeter sur les épaules quand on voulait rester nu-téte. Les Ilotes étaient coiffés d’un bonnet en peau de chien.

Babbe. — L’usage de se raser ne s’introduisit dans la Grèce qu’au temps d’Alexandre, qui fit couper la barbe à ses soldats avant la bataille d’Arbelle. Elle continua cependant à être l’enseigne des philosophes, qui la portaient, pour se faire, dit Lucien, des partisans et des disciples. L’usage des moustaches n’était pas inconnu aux Grecs : Les poils sous fenez, dit Pollux, s'appellent moustaches, ceux de la lèvre inférieure se nomment duvet. U n édit des éphores défendait aiu Lacédémoniens d’en porter : N’aie pas de moustaches et ooéis aux lois.

CHLèifx. — C’était une espèce de manteau court qui se mettait sur la tunique pour se garantir du froid ; on la portait comme les ouvriers portent leur veste dans les pays chauds. On s’en servait aussi en guise d’oreiller pour dormir; elle était de forme tétragone.

Cblamydb, BATHBACinE. — Indépendamment de la chlène, les Grecs avaient la chlamyde, vêtement héroïque particulier aux Macédoniens : elle était

de forme doni circulaire, avec un angle à chaque côté. Elle était courte, étroite, et couvrait l’épaule gauche; elle était de couleur noire à Athènes, mais au siècle d’Hadrien on |a fit en étoffe blanche. La bathracide était un habillement à fleurs dont le fond imitait la couleur de la grenouille. I.es Hellènes, à l’exception des esclaves, portaient la tunique. La décence fit adopter les culottes aux acteurs : personne d’ailleurs n’en portait.

Chaussubb des hommes. - Appien dit que leur chaussure avait une semelle avec des bords saillants de la largeur d’uii doigt, et par derrière des talons en peau ; elle s’attachait sur le cou-de-pied avec une courroie. Les personnes de distinction à Athènes ornaient leurs souliers d’un croissant en or, ou en ivoire, semblable à nos boucles ; l’usage des demi-bottes en cuir, avec divers ornements, était assez ordinairement usité.

Matiébe des vêtements. — Après s’être pendant long- temps habillés de peaux de bêtes, les Grecs firent usage de toiles de lin et d’étoffes légères. Les draps, dont il existait une manufacture à Cos, étaient en coton ; il y en avait de rayés et à fleurs dont les femmes faisaient usage ; plus tard on en fabriqua avec la soie des pinnes marines.

Les enfants portaient des tuniques

C’a l’âge de douze ans , époque à Ile on leur donnait un manteau pour l’année. L’étoffe en était légère pour les habituer à supporter l’intempérie des saisons. Ils étaient accoutumés dès leur bas âge à marcher pieds nus; admis au nombre des éphebes, on leur permettait l’usage des souliers, pourvu que leur genre de vie le nécessitât; ils étaient rasés tant qu’ils étaient Jeunes.

CouLEUBS. — La plus ordinaire était le blanc. On estimait beaucoup le vert, et surtout l’oraphacinon ou verjus, et le vert-pré. La pourpre fut toujours la couleur des vêtements royaux. Le noir était consacré aux habits de deuil ; ce fut sous les empereurs romains que les femmes commencèrent à porter le deuil en blanc.-

ÉCRITTIRE, TABLFTTBS (•)■

Les tablettes étaient généralement en ivoire et enduites d’une couche de cire sur laquelle on écrivait avec un poinçon ou style; elles avaient au milieu un bouton pour les empêcher de se coller les unes contre les autres, lorsqu’on voulait leur donner la forme d’un livre. On se servait plus communément de roseaux et d’encriers pour écrire sur les pppyrus qu’on roulait par volumes. Ces rouleaux, appliqués sur deux petits cylindres, étaient écrits eu colonnes de haut en bas; elles contenaient, d’après les manuscrits d’Herculamira, quarante lignes au plus sur quatre doigts de largeur; elles étaient encadrées d’une ligne rouge; il v avait l’es|>ace d’un doigt entre ce.s cofonne^. Chaque volume, étiqueté d’un numéro, était serré dans une boîte cylindrique ou de forme octogone; on Te tirait de son étui au moyen d’un petit ruban qui y était attaché.

Les copies d’un ouvrage se multipliaient autrefois si difficilement, il fallait être si riche pour se former une petite bibliothèque, que les lumières d’un pays avaient beaucoup de peine à pénétrer dans un autre, et même à se perpétuer dans le même endroit.

Cette considération doit nous rendre très-circonspects à l’égard des connaissances que nous accordons ou que nous refusons aux anciens.

Le défaut de.s moyens qui les égarait souvent au milieu de leurs recherches n’arrête plus les modernes. L’imprimerie, cet heureux fruit du hasard,

(*) ^oy- pl- 87. I , a, f, g, k, tablette» et styles ponr écrire; i, d, ccriloires et roseaux ; c, e, manuscrits roulés en (rapyrus ou en parchemùi ; i, boite à matiuserits ; U» a, siphabela <hi diverses, époques ; n°* t et a , majuscules minuscules ; a* 8 , alphabet ))éUsgiqiie ; n° A , — oadmésn , 1 5λ av. ■T.-C. ; n“ 5, — aigéen, 6uoav. J.-G. in» 6, — aéméen, 45o av. J.-C. ; n» 7, — déliaqui',, 4S0 av. J.-C. ; n“ 8 , — de Jilsliiiien , ap. J.-C.; n» 9, — de Cbarlemagne , 800 ap. J.-C,; n® 10, — du ao* au i4* siècle.

cette découverte peut-être la plus Importante de toutes, met en circulation et fixe les idées de tous les temps et de tous les peuples. Jamais elle ne permettra que les lumières s’éteignent, et peut-être les portera-t-elle à un point, qu’elles seront autant au-dessus des nétres , que les nêtres nous paraissent être au-dessus de celles des anciens.

Objets divebs. — Les cuillers étaient profondes, parce qu’on ne s’en servait que pour répandre les sauces sur les mets; les fourchettes paraissent être d’un usage moderne; on se servait de serviettes à franges.

Joujoux. — Il existait une classe d’artisans appelés coroplanfes, qui fabriquaient ue petites figures en cire et des marmousets pour amuser les enfants.

HoBLORKS, CLEPSYDBES, USTEN- SILES , POIDS. — On connaissait l’horloge, portative et verticale qui servait h marquer les heures du jour. Le sablier servait à marquer la durée du temps. Les Athéniens réglaient leur système horaire d’un coucher du soleil à un autre coucher ; les Babyloniens du lever h un autre lever ;les prêtres égyptiens et romains , entre deux minuite.

Quant à la division du jour en heures, on doit la rapporter à Anaximandre, qui introduisit le premier les horloges à Sparte. !Nou$ représentons dans la planche 111 les principaux outils connus des Grecs (*).

DÉPBAVATION des IIQEUBS. — Saint Jean Clirysostome nous apprend qüe les grands seigneurs de son temps se faisaient précéder dans les rues par un héraut magnifiquement vêtu, qui les annonçait à haute voix, par des licteurs armés de verges pour écarter

(*) W» t , h«h« (vase grec ) ; «• a , scie (bamlief ) ; n° 3 , càdmo solaire (imsée do Loum«); b° 4 , moi-tcaa; a» 5 , bàtninetie; n" 6 , 7, passoire ; n° 8 , balance (Pompéi); n° 9 , poids ; n» 10 , rimpnluaa employé par les É^ptieus , les Grecs et les &amains| n° 1 1 , casseroUe ; n° sa , paniers ( vases grecs) ; n» i3 , lournoau ( Pompés ); b°* s4« i5, vases pour le vin; n» 16 onue.

',ooglc

OAtCE.

la foute, enfin paf n«« multitude de cUents et de parasites. Mais c’est particulièrement contre les femmes que tonne l’éloquence de l’orateur chrétien. « Outre les pendants d’oreilles,

, s’écrie- 1- il. elles portent d’autres « bijoux à l’extrémité de leurs jones.

« Leur visage et leurs sourcils sont « colorés ou peints. Leurs tuniques « sont entrelacées de fils d’or. I^ur « chaussure est noire , luisante , et se < termine en pointe. On les voit mo^ O tées sur des chars attelés de mulets « blancs qui ont des freins dorts , et « suivies d’un grand nombre d eunu- « ques et de femmes attachés à leur

. ^rvice A cette époque de déca-

. dence, les femmes ne rougirent « de paraître dans un état complet de « nuuité sur le théâtre , où l’on établit . des piscines, dans lesquelles elles , se faisaient gloire de nager et éte « folâtrer , aux yeux d’une assemblée ■ nombreuse. «

cosvnMR Auiooawos.

LAHOAftE PBIMITIF. — iiature a suggéré à rboinme l’idee des signes allégoriques dont il composa un langage propre à exprimer ses pensées, énTrepréaenUnt l’essence des cIioms sous une forme sensible, et cette sorte d’écriture n’e presque rien perdu de son empire , même depuis 1 invention et les progrès des lettres alpliabétiques. Les poètes ne se montrent jamais plus embrasés du feu divin qu’en empruntant le lan^ge allegoriqu6^ oui ert lo prcuiicr dont I hoiijme ait fait usage. La science elle -meme se servit de ce langage figure, a in de se rendre plus véneraole. Jamais 1 allégorie, dans ia peinture et dans la sculpture, ne pepre^ta aucun vice , par la raison que (« ouvrages de l’art ne pouvaient fee consacrée qu’prendre hommage à ia vertu. On ne devait ^mais offnr aux yeux du public des images cboquantes. C’est oe qu’avait wit Apelle dans son tableau de la calomnie , qui a fourni à Raphaël l’idée d’une blaUe oomposition puisée dans l’éléganta deactiption qui nous en a été

transmtae par Lumen. SocrUer taa grâces, telle était la maxime de l’école crerquc. Son opinion à cet égHrd étsit juste, car l’esprit ressent une aversion fondée pour tout ce qui le fatigue, l’ennuie et l’afllige. Marsias, qui trouve que la llüto n’est pas un instrument oigne de Minerve parce uu’il lui gonfie les joues, nous apprend par là qu’il faut éviter dans les arts tout Ce qui peut altérer la belle nature.

IDKK DK LA MORT. — J alliais les anciens n’eurent la pens^. de représenter la mort sous la forme d un squelette ; on ne voit rien de pareil sur leurs tombes sépuli-rales. Prenant leur modelé dans ridée d’Homère, ils donnaient a la mort la figure d’un génie Irere du Sommeil. Ces deux eiiililemes étaient figurés sur le cotfre de t,ypselos comme deux enfants, l’un blanc et l’autre noir, reposant entre les l>ras de la ^uil leur mère; l’un endoiiiii, et l’autre |iresqiie. endormi, r.vec les jamlies croisées en signe de deuil. On voit sur il autres bai'-reliefs un génie tenant d une main une urne cinéraire, de flambeau qu’il secoue pour 1 éteindre, en même temps qu il jette •*** reg.ird de tristesse sur im papillon qui se traîne à terre. I.’urne, le nambeaii et la ronronne sont les attributs qui distinguent la mort du sommeil. F.iirip:de a introduit la mort sur le théâtre, en la personnifiant par une femme enveloopée d’un mantcRU noir , prête a couper leriieveii fotal et à le coiisaerer aux déités de l’Averiie. .

Labvrs. — On a quelquefois représenté ces êtres fantastiquesavee des ailes énormes. C'était dans les festins , en présence de, ces fantômes , qu on riiantaitce, passage de Tliéocrite : Confiance, amis; l'espérance est jmtr les tHvante , les morts seuls en sont priais. Les choses changent ^

court de la vie.

est. serein , quelquefois aussi ü donne la pluie.

REPRÉSENT.VT10NS TBÉATRAthS (*>

MAsquRS.— Le masque servait non

(•) Voy. pi 91 et 9a. ÏSf® I , scène comi-

L’UNIVERS

seulement à imiter le caractère du personnage qu’on devait mettre sur la scène , il contribuait encore à renforcer la voix des acteurs. Il avait la forme d’un casque qui enveloppait la tête. Il représentait les traits du visage, la barbe, les cheveux, les oreilles et les ornements propres à la coiffure des femmes. De prœ , ces masques 'étaient effroyables, mais placés à leur point de vue , ils n’oCfraient plus qu’une expression caractéristique et presque naturelle.

Les masques différaient; il y en avait pour la comédie , pour la tragédie et pour la satire. Ce.s derniers étaient d’une forme bizarre et d’une grandeur prodigieuse , afin de représenter l’image extravagante des sabres, des faunes et des cyclopes; On eut en dire autant des masques e la tragédie; mais il y avait moins d’exagération dans ceux de la comédie, attendu qu’ils figuraient souvent des personnes connues des spectateurs.

Dans les atellanes, pièces licencieuses, on se contentait parfois de se barbouiller la figure avec quelque couleur. Les Euménides paraissaient souvent voilées dans les représentations tragiques.

Bas-heliefs scéniques.— Un basrelief du palais Farnèse représente une scène qu’on croit tirée de l’Andrienne de Térence. « Simon , père de n Pamphile, furieux d’être toujours « trompé par son esclave Davus , com- « mande à Dromos, autre esclave,

« de l’attacher et de le punir, tandis « que Chrémès, personnage de la « même pièce , cherche a apaiser « Simon. » Il ne faut pas s’étonner si les invectives du vieillard et les cris de l’esclave sont accompagnés de la flûte double, car la déclamation des acteurs était constamment réglée par le son de cet instrument ou par celui d’une lyre.

Le manteau de Crispin , qui était celui des esclaves; le masque de Folique (bas-relief du musée de TVaples) ; n“ 2 , scène tragique ( peinture antique du musée Je Naples).

chinelie; la coiffe rouge des courtisanes ; le bandeau de la même couleur que Pollux donne à leurs mères et aux entremetteuses ; les demi-masques propres aux chanteurs; les gestes injurieux appelés les cornes et les cinq, se retrouvent sur des bas-reliefs et sur des vases qu’on peut voir dans plusieurs cabinets d’ardiéologie.

Rétbibution.— Lorsqu’on n’avait que des théâtres en bois , il était défendu d’exiger la moindre rétribubution à la porte. Le désir d’occuper une bonne place ayant fait naître des querelles frequentes,- legouvernement, ^ur essayer de diminuer le nombre des spectateurs , ordonna qu’on paierait par tête une .drachme (90 c.). La construction des théâtres en pierre n’exigeant pas de précautions ce sûreté , Périclès supprima le droit d’entrée, qu’on rétablit lorsque le trésor fiit obéré. L’entrepreneur donnait quelquefois des spectacles gratuits; quelquefois il distribuait des tesséres ou contremarques, qui tenaient lieu de la rétribution ordinaire, fixée à deux oboles, ou trente centimes.

On ne saurait trop regretter la perte de la plupart des pièces du théâtre des Grecs, qui servit de modèle aux Romains et sert encore aujourd’hui aux modernes. Il ne nous est resté aucune ièce de Ménandre, ce poète comique ont le peu de fragments qui nous sont parvenus attestent le puissant génie. De trois mille pièces dont parlent Suidas et Athénée, il ne nous en est parvenu que 7 d’Eschyle , 7 de Sophocle , 19 d’Euripide et II d’Aristophane, en tout 44.

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