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Sai ans avant Jésus>Christ.
Darius illustra son règne par des établissements utiles, et Te tehiitpar des conquêtes. Il soumit presque autant de nations que Cyrus, et la flatterie qui serpente autour des trônes, lui persuada qu’un mot de sa part devait forcer l’nommage des nations.
Aussi capable de former des projets gigantesques que de les exécuter , son ambition était sans limites. Il voyait un horizon politique au-delà des bornes de la Grèce, qu’il voulait soumettre à son autorité suprême.
Étendue de ses états. — L’empire du roi des rois, homme mortel comme le plus abject de ses esclaves, s’étendait vinet-un mille cent soixante- quatre stades (800 de nos lieues) d’Orient en Occident, sur sept mille neuf cent trente-six ( 800 lieues ) du midi au nord ; il contenait en superficie cent quinze millions six cent dix-huit mille stades ciurés (165,200lieuescarrées), tandis que la surface de la Grèce, n’ayant au plus qu’un million trois cent soixante mille stades carrés (10.52 lieues) , n’était que la quinzième partie de la Perse.
Revends.— Au tempsdontnous parlons, les revenus de la Perse se montaient annuellement à quatorze mille cinq cent soixante talents euboïques, somme équivalente à 7.5 millions de francs de ce temps, qui excéderait maintenant huit cents millions, vu la différence de la valeur actuelle de l’or et de l’argent comparée avec ce qu’elle était chez les anciens : sur cette somme, les colonies grecques figuraient pour un trente-sixième (environ 90 millions de notre monnaie ) dans le total de l’impôt.
Ln revenu aussi considérable n’était point destiné à faire face aux dépenses courantes : réduits en lingots , l’or et l’argent étaient réservés pour les dépenses extraordinaires.
Les provinces, ou satrapies , étaient chargées de l’entretien de la maison du roi et de la subsistance des armées : les unes fournissaient du blé, les autres
des chevaux ; l’Arménie seule envoyait tous les ans vingt mille poulains à Suze. Ou tirait des autres satrapies , des troupeaux, de la laine, de l’ébène , des dents d’éléphants , et différentes sortes de proauctions.
Armée.— Des troupes réparties dans les provinces les retenaient dans l’obéissance, ou les garantissaient d’une invasion : enfin , un corps de dix mille hommes, qualifiés d’immortels, parce qu’ils étaient toiyours tenus au complet, formait la garde impériale du grand roi.
Jusqu’au règne de Darius, les Perses n’avaient point eu d’intérêt à démêler avec les peuples du continent de la Grèce. On connaissait à peine à la cour de Suze les noms de Sparte et d’Athènes, lorsque le grand roi résolut d’asservir ces régions éloignées , parce qu’il ne considérait pas sa puissance complète tant qu’il restait un peuple libre sur la terre.
Dans cette idée , Darius crut devoir diriger ses premiers efforts contre les nations scythiques qui campaient avec leurs troupeaux entre l’ister (le Danube) et le Tanaïs (le Don), le long des côtes du Pont-Euxin.
Expédition de Darius contre LES ScTTHES. L’an 508 avant notre ère, Darius vinL à la tête de sept cent mille soldats, offrir la servitude à des peuples qui, pour ruiner son armée, n’eurent qu’à l’attirer dans des pays incultes et déserts. U s’y engagea témérairement ; mois voyant son armée s’affaiblir par les maladies, par le défaut de subsistances, et par la difficulté des marches, Darius dut se résoudre à regagner le pont qu’il avait laissé sur l’ister.
Miitiade avait proposé de le couper, et de laisser à la merci des Scythes le roi des rois, qui n’aurait jamais revu la Perse ; mais Histiée , tyran de Milet, s’opposa à cette résolution, et Darius fut sauvé ainsi que son armée.
Les alarmes qui s’étaient propagées dans la Hellade, redoublèrent lorsque Darius laissa dans la Thrace une. armée de quatre-vingt mille hommes qui soumit ce royaume, obligea le roi de
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GRÈCE
Macédoine à lui faire hommage de sa couronne , et força Miltiade, roi de Cardie, ville située à la pointe de la Chersoiièse de Thrace , à se retirerà Athènes, où, vingt-trois ans plus tard , il signala son amour pour la liberté , dans la mémorable bataille de Marathon.
INSDHRECTION UES COLONIES IO- NIENNES. Le tyran de Milet, qui avait sauvé Darius, devint l’objet de ses faveurs les plus signalées. Il était son familier, l'ame de ses conseils , et il l’avait suivi à Suze, en laissant le gouvernement de Milet à son neveu i^istagoras. Celui-ci ne tarda pas à encourir la disgrâce d’Artaphemes, frère du grand roi.
La cliose était de la dernière gravité; Aristagoras se trouvait compromis au point lie ne pouvoir sortir (rembarras que par une révolte ouverte , lor^’il reçut de sun oncle un message nui l’invitait à prendre ce parti. UistiM avait calculé qu’il serait chargé , en sa qualité de lieutenant de iSarius , de réprimer la rébellion qu’il conseillait, et qu’il pourrait ainsi briser les chaînes qu’il s’était données.
Aristagoras, contbrmé dans sa résolution par son oncle, renonce tout-àcoup au pouvoir qu’il tenait de Darius, proclame la liberté. A ce cri, la jeunesse de l’Ionie tout entière se range sous ses drapeaux. On parcourt Ta côte d’Asie, en abolissant l'autorité des rois , et l’indépendance nationale est solennellement déclarée , malgré la certitude d’avoir bientôt contre soi toutes les forces de l’empire persan.
Mission d’Aeistagohas dans la Helladb. Dans cette occurrence, les Ioniens devaient recourir à leurs compatriotes d’Europe, et Aristagoras fut chargé de l’imMrtante mission de se rendra dans la Uellade. Les Perses ne cacliaient plus leur dessein d’asservir la Grèce. Après l’expédition contre les Scythes, ils s’étaient emparés de Lemnos et d’Iinbros: iis avaient fait une tentative contre Kaxos, et menacé nie d’Ëubée, voisine de l’ Attique.
Aristagoras fort de ces consHtera-
tions puissantes , s’il eût su les faire valoir, étant arrivé à Sparte, s’adressa à Gléomènes, qui avait le titre de roi par l’estime publique, titre plus glorieux que celui du hasard de la naissance. Admis au conseil des princes de l’état, au lieu de présenter la question sous le point de vue d'un intérêt général, il dit <• que les Perses, qui u’é- « taient plus les soldats de Cyrus, « possédaient d’immenses richesses, « sans avoir le talent d’en jouir, ni la « valeur nécessaire pour les défen- « dre. » Il peignit avec les couleurs les plus animées l’entliousiasme des Ioniens pour la liberté, dit peu de chose des guerres nationales dans lesquelles les Spartiates avaient obtenu ravantage ; et revenant à son projet ^ il s’écria: ■ Le ciiemin pour aller à « Suze est non seulement sûr, mais « agréable ! » Pour prouver ce qu’il avançait , il montra au roi de Sparte une planche d’airain sur laquelle étaient gravées toutes les contrées, les mers et les rivières du continent , qu’il énuméra dans le plus grand détail, en indiquant la route depuis Lacédémone jusqu’à Suze.
Gléomènes ayant patiemment écouté la description du Milésien , lui répondit : « Dans trois jours , je dériderai « sur la nature de votre demande. »
Aristagoras ne manqua pas à l’audience que lui avait indiquée le roi de Sparte , qui lui demanda dans combien de jours on pouvait arriver à Suze.
— II répondit inconsidérément , dit Hérodote, « qu’en faisant dix -huit O milles par jour, on pourrait attein- « dre cette vflleauboutdetrois mois.»
A ces mots, Cléomçnes s’écria, trMSporté de colère : « Etranger milésien , « il faut que tu sois hors de Sparte K dans trois jours , car tu as fait une « proposition dangereuse et inconsi - « aérée, en voulant engager les La- « céd^oniens dans une expédition qui « les retiendrait trois mois et plus au- « delà des mers. »
Après cette sévère réponse , le roi quitta Aristagoras, qui, pour marquer sa douleur et son repentir, se vêtit d’une robe de suppliant, et diercha un
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refuge dans la pr^re maison de Cléomènes : mais ce fot en vain qu’il essaya l’intrigue et la corruption , il ne put réussir dans la négociation dont il était chargé.
An 578 AVANT J.-C. — Aristagoras, renvoyé de Sparte, eut recours aux Athéniens: comme puissance maritime ils avaient conservé des rapports plus particuliers que les Lacédémoniens avec les colonies grecques. Ils possédaient une flotte nombreuse, et ta republique se trouvait alors dans des dispositions favorables aux Ioniens.
Athéniens pavorabi.es aüx colonies IONIENNES. Fiers de la liberté
u’ils avaient reconquise, après avoir
prouvé le poids d’une longue tyrannie, les Athéniens se plaignaient, depuis long-temps, de la protection que les Perses accordaient au fils de Pisistrate , Hippias , qu’ils avaient banni. Artaphernes, satrape de Lydie, avait envenimé leurs haines, en déclarant hautement que l’unique moyen de pourvoir à leur sûreté était de rappeler Hippias. On savait d’ailleurs que ce prince, depuis son arrivée à la cour de Suze, entretenait dans l’esprit de Darius les préventions qu’on ne cessait de lui inspirer contre les peuples de la Grèce , et contre les Athéniens en particulier.
Le danger de la restauration des Pisistratides détermina les Athéniens il secourir les culonies ioniennes. L’assemblée décréta sur-le-champ qu’on enverrait aux Milésiens vin^ vaisseaux, qui furent renforcés de cinq autres, fournis par Éréthrye, ville d’Eub^. Cette flotte vogua vers l’Asie- Mineure, tandis qu’une armée de terre, aux ordres de Charopinos , fut dirigée contre Sardes , bâtie sur les bords du Pactole.