DÉVOOBMENT DE DEUX SPARTIATES
Tandis que Xerxès était le plus occupé de ses préparatifs de guerre, on vit paraître à Suze deux Spartiates qui demandèrent à être admis à son audience : elle leur fut accordée, sans ii’on pût les décider à se prosterner evant lui, comme le faisaient les Orientaux. » Roi des Mèdes, dirent- « ils, après l’avoir salué, les Spar- « tiates mirent à mort, il y a quel- « ques années, les ambassadeurs de « Darius ; ils doivent une satisfaction « à la Perse, nous venons vous offrir « nos têtes. » Ces deux Spartiates , nommés Sperthias etBulis, apprenant que les dieux, irrités du meurtre des ambassadeurs des Perses, rejetaient les sacrifices des Lacédémoniens , s’étaient dévoués de leur propre volonté pour le salut de leur patrie.
Xerxès , étonné de leur fermeté, ne les étonna pas moins par sa réponse:
« Allez dire à Sparte que si elle a été <1 capable de violer le droit des gens, a je ne le suis pas d’imiter son exem- « pie, et que je n’expierai point, en « vous ôtant la vie, le sacrilège dont « elle s’est souillée. » Les Spartiates
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GRÈCE. 71
ayant entendu cette réponae, retournèrent chez eux , persuadé qu'ili avaient rempli leur devoir et apaisé les dieux.
Quelque temps après, Xerxès étant à Sardes, on découvrit trois espions athéniens qui s'étaient glissés dans son armée. Le roi, loin de les punir, leur permit de prendre à loisir un état exact de ses forces : il se flattait qu’à leur retour,les Hellènes, informés ae sa puissance, ne tarderoient pas à se ranger sous son autorité.
Dans cette pensée, Xerxès, qui n’avait rien à démêler avec les Spartiates, persuadé seulement que leur coopération pourrait entraver son entreprise contre Athènes , leur envoya des ambassadeurs chargés de les engager « à met- « tre bas les armes. « Les Spartiates répondirent « qu'il pouvait venir les « prendre. • Les députés leur offrirent alors « des terres, s’ils voulaient s’u- « nir au grand roi. « Ils leur firent observer « que la coutume de leur ré- « publique etaitdeconquérirdes terres « par la valeur , et non de les acquérir « par la trahison. >
Sur ces entrefaites, les émissaires d’Athènes , de retour de Sardes, avaient rendu compte à lenrs concitoyens de l’état des préparatifs du grand roi .Mais leur récit ne servit qu’a confirmer les Athéniens et les Spartiates , auxquels on communiqua leur rapport, dans la résolution de former une ligue générale de tous les états de la Grèce :
on convoqua dans cette intention une diète générale à l’isthme de Corinthe.
L’oracle de Delphes, sans cesse interrogé et sans cesse accablé d’offrandes, cherchait à concilier l’honneur de son ministère avec les vues intéressées des prêtres et de ceux qui le consultaient; il exhortait tantôt les Grecs à rester tranquilles, tantôt il augmentait les alarmes publiques par les malheurs qu’il annonçait; et nncertitude qu’il laissait dans les esprits était portée au comble par l’ambiguité de ses réponses. Cependant les grands événements de la guerre étaient au moment de s’accomplir.
Entrée de Xerxes en campagne.
480 ANS AVANT J.-C. — Au printemps de la quatrième année de la soixantequatorzième olympiade, Xerxès se rendit sur les bords de rilellcsoont avec la plus puissante armée qui ait jamais désolé la terre. 11 voiilut contempler l’éclat de sa puissance; et d’un trône élevé sur lequel il était monté, il vit la mer couverte de ses vaisseaux et la campagne de scs soldats. Deux ponts de bateaux affermis sur leurs ancres réunissaient les rivages opposés de l’Asie et de l’Europe ; mais une tempête ne tarda pas à les briser.
C.et événement aurait d(l avertir le roi des rois qu’il existait quelque chose de supérieur à sa puissance, I.oin de là, il ordonne de trancher la tête aux ingénieurs , qui étaient des Phéniciens et des Ixgx’ptiens. Dans sa démence, il commande de traiter la mer en esclave révoltée; il charge ses stupides esclaves de la frapper de coups de fouet, de la marquer d’un fer chaud, et de la charger de chaînes qu’on jette dans son sein.
Il fallut, après cet acte de folie, recourir aux moyens ordinaires, qui étaienbdes vaisseaux : ses troupes employèrent sept jours et sept nuits à traverser rilellcspont, qui n’n que sept stades dans cet endroit, et ses bagages un mois entier. De là Xerxès, prenant sa route par la Thrace et côtoyant la mer, arriva dans la plaine de Doriscos, qui est arrosée par l'ilèbre, où il passa la revue de son armée.