‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 18 sur 115 · RETOUR · texte numérisé non relu

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BIS BAliTAITS BB l’attiQOB BAPt liWB 9ATS.

479 arant J.-C.

Le premier soin des Athéniens vainqueurs des Mèdes fut de ramener dans TAttique, couverte de ruines, leurs familles, et d’y rapporter ce qu’ils avaient déposé de plus précieux dans les îles d’Égine et de Salamine. Avant de s’emharouer, ils célébrèrent à Salamine une fete dans laquelle on vit So-

Shocle, réunià unchœurd’adolescents, anser autour des dépouilles des Barbares. Eschyle avait contribué par sa valeur personnelle aux victoires qui avaient procuré ces richesses; et le tendre Euripide, que sa mère allaitait, était né à Salamno, le jour même

(*) La planrhc ai donne une vue d’Athènes prise de la colline du Musée. Au

Eied de l'acropole d’Athènes, où domine : Partiiénon , sont les ruines du temple de Bacchus. A droite , dans le fond , 011 aperçoit les colonnes du temple de Jupiter Olympien, terminé par Hadrien.

La planche aa donne une vue d’Athènes prise du Pnyx ; on aperçoit sur le devant de U planche la célèbre tribune aux harangues , depuis peu dégagée du sol qui la recouvrait. Sur l'acropole, à côté du Parthénon , est une grande tour en marbre, coitstruite par les Français, au XIIT' siècle, de débris du temple de la victoire sans ailes. Au pied de Facropole , à gauche , on aperçoit le temple de Thésée, et à droite celui de Jupiter Olympien.

^i fut si glorieux pour la Grèce et ai fatal à la Perse.

RESTAtmarioN D’Athènes.

Les peuples respiraient. Les Athéniens bâtissaient u’humbles demeures au milieu des décombres de leur ville deux fois incendiée. Mais ils relevaient avec plus de soin les murailles, mal- ^é les plaintes des alliés, qui redoutaient leur gloire, et maigre les représentations des Lacédémoniens , dont l’avis était de démanteler les places situées en dehors du Péloponèse, afin que, disaient-ils, dans le cas d’une nouvelle invasion , elles ne servissent pas de refuge aux Perses.

Thémistocle reconnut aisément le soupçon et la haine cachéâ sous ce prétexte. Le sénat des cinq cents, chargé de donner audience aux envoyés de Sparte, porteurs de cette réclamation , déclara : qu’ Athènes n’adopterait jamais aucune mesure contraire à l’intérêt général de la Grèce, et qu’elle enverrait une ambassade pour s’entendre à ce sujet avec le sénat de Lacédémone.

On ne tarda pas à faire partir Thémistocle comme négociateur. Il marcha à petites journées , et sut temporiser, ainsi qu’il en était convenu avec Aristide et Lysiclès , orateur du sénat.

Pendant ce temps, les murs d’Athènes s’élevaient avec une célérité incroyable. Esclaves , artisans , citoyens , magistrats , les pères vénérables de la patrie , les femmes , les enfants, contribuaient à ces utiles travaux. Pour y vaquer, on avait interrompu les solennités publiques , il n’y avait plus de distinction de jours; les nuits mêmes ne ralentissaient ni l’activité, ni l’ardeur des Athéniens.

Les ruines de la ville fournissaient en abondance des matériaux : on n’épargnait aucun édifice public ou particulier, sacré ou profane. La sculpture grossière des anciens temples, les tombeaux mutilés des ancêtres, tout était confondu dans la bâtisse, et , un siècle apres, le singulier aspect

L’UNIVERS

des murailles composées de pierres informes, inégalement posées et de couleurs différentes, attestait la rapidité de nette construction.

Thémistocle éluda de se présenter devant le sénat de Lacédémone ; mais des marchands qui avaient passé par Athènes donnèrent avis des travaux qu'on y exécutait. Cette révélation aurait déconcerté tout autre que le vainqueur de Salamine et d’Artémise.

Interpellé par les magistrats de Sparte , Thémistocle répondit qu’il était indigne de leur gravité de s'en rapporter à des hommes obscurs , et qu'ns devaient envoyer des commissaires afin de constater la vérité des fai (S. Cette proposition , accompgnée de présents distribués aux éphores , eut un plein succès : on fit partir pour Athènes une seconde ambassade , composée des citoyens les plus honorables.

Ces nouveaux députés ne furent pas plus tôt arrivés à leur destination, qu’on les retint comme garants du retour de Tliémistocle et de ses collègues. Ce fut alors que ces derniers levèrent le masque; et Thémistocle, admis dans l’assemblée des Lacédémoniens , déclara : « Que ses compa- « triotes n’avaient pas d’avis à rece- € voir pour apprendre quelles mesures

étaient plus honorables pour eux et O plus avantageuses pour la cause > commune; que c’était par ses con- « seils qu'ils avaient mis Athènes ■ en état de se défendre contre les « Barbares et contre ses voisins ja- « loux; que si Sparte conservait du • ressentiment , sa colère serait tout « à la fois injuste et impuissante , « puis(|ue ses propres citoyens reste- ■> raient en otage à Athènes, Jusqu’à « ce que lui et ses collègues eussent « été rendus sains et saufs dans leur « pays. »

Les Spartiates, pris au dépourvu , dissimulèrent leur ressentiment , et permirent aux ambassadeurs atliéniens de retourner cliez eux ; ntais Thémistocle laissa à Sparte le levain de cette haine implacable qui ne tarda pas à le poursuivre.

Le Pihéb foktifib, 477 avüir J.-C. — L’ancien port de Pnalère était petit, étroit et mal abrité. Pour remédier a ces inconvénients , Tliémistocle avait recommandé de fortilier le Pirée, composé de trois bassins naturels, qui devaient fournir une station plus sure et plus commode pour la marine d’Athènes. Malgré une invasion des Barbares qu’on chassa de l’Attique, et malgré l’opposition des Spartiates, que Thémistocle eut l’adresse de contenir, les travaux furent poussés avec tant d’activité , qu’en moins d’une année le Pirée se trouva fortifié. U devint une place de guerre qui fut jointe à Athènes au moyen des longs murs commencés par Cimon, et terminés vingt ans après par Périclès.

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