‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 19 sur 115 · TRAHISON DE PAUSANIAS · texte numérisé non relu

TRAHISON DE PAUSANIAS

ROI SB RfRRTB, A*j6 RB* RVRBT IMOR'CaMir.

Les confédérés ayant résolu de délivrer les villes grecques où les Perses avaient laissé des garnisons, mirent en mer une flotte nombreuse sous le commandement de Pausanias et d’Aristide.

Leurs o^rations se dirigèrent contre l'ile de Cypre et la ville de Byzance, où ils firent un butin considérable et un grand nombre de prisonniers de la plus haute distinction. Ces succès achevèrent de perdre Pausanias, désormais incapable de soutenir le raids de sa

gloire. Les riches dépouilles de Pla- , ;e, dont un lui avait adjugé le dixième, et celles de Byzance, ne laissaient plus de terme à son ambition. Entouré de satellites étrangers, qui le rendaient inaccessible à ses compatriotes , il conçut le projet insensé de devenir souverain stbsolu de la Grèce par le secours de Xerxès.

Afin d’arriver à son but , Pausanias fit évader les prisonniers per^ confiés à sa garde, avec un certain 6ongylos, auquel il remit une lettre adressée au grand roi : elle était conçue en ces termes : « Pausanias , chef de « Sparte, désirant te complaire, te ■ renvoie ces hommes qu’il a faits pri- < sonniers de guerre. Je suis disposé,

« avec ton consentement , à épouser

(fRECE.

' t9 l%> et ^ te sçm^re Sparte « awsi gue te reste te Qrèce : je

• me crois capable 4‘esécutcr ce pru- «jet en (u’eptendaut avec toi. Si a quelqu’une 4e P'es propositions te «convient, envoiermoi, sur la cote, « un hointne afiidé par gui pous cor- « respouilrons à l’avenir. «

Xerxès, cbarnte de cette ouverture, expé((ia aussitôt sur la côte 4rtabaÿe, fils de Pliarqace, avec cette réponse adressée au roi de Sparte : « Ainsi « parle le roi Xenès à l’ausanias : Au « sujet des honames que tu m'as en- « voyés saine et saufs de Pysance , «ce bienfait, î| jamais inelfaçabte, « restera déposé râur toi dans notre « maison; quant a tes propositions, « je tes agréa. Que ni te jour, ni la « nuit ne t’arrôteot ; ne diffère |)as ■ d’exécuter ce que tu me promets ; « que la dépense en or et en argent a n’y soit pas un obstacle, ni le nom-, « bre des troupes partout où leur pr^* « sence serait nécessaire; et te fiant

• à Artabase, honmte iirobe, traite

• avec lui tes affaire et les miennes a de la manière la plus utile pour a tous les deux, « Cette lettre aimeva d'aveugler Fansanias; U prit l’habit inédigue, et sa table ne fut plus servie qu'à te manière des Perses.

l'ant d’insolence porta les Ioniens à se plaindre- Ils s'adressèrent d'alwrd à ^Lst iite et à Cimon , fils de Miltiade, et ils saisirent la première occasion pour insulter la galère de Paueanias. Cette injure devint te signal d'une révolte sur la (lotte, et tes différentes escadres se rangèrent d’elles-mémes sous le pavilkm d* Athènes.

Informé de eet événement , le sénat de Laeédémeee se hâta de rappeler Pausanias. Jeté en prison par ordre des épbores ( ils avaient ce privilège envers tes rois), il échappa sans autre chôtiment que d’Itra dégradé de son commaivtement et jmni d’une forte amende. U demeura cependant ihargé d’administrer l’État à la pla^ du jeune roi Ptetstanpis, fils de Lém aidas : de f<^n qu’un fwince emprisonné , destitué , pouvait porter 1e sceptre et être régent. Il voulut r»

tourner en Orient comme simpte volontaire; mais il ne tarda pas à être rappelé a Sparte, où il réussit à soulever les llilotes et les Wesséniens ; enfin, convaincu d’une correspondance criminelle avec Artabaxe, il se réfugia dans le temple de Minerve, dont les épliores firent murer la porte afin de l'y laisser mourir de faim.

PEasÉGtrnoN et mort de thémistocls.

4j3 «Tant /.«C.

Aristide venait d’étre mis à la tête des finances des confédérés , dont le déÿMÎt fut placé dans l’île sacrée de pelûs; et chacun applaudissait à son intégrité éclairée. Tliéinistocle administrait les revenus intérieurs d’Athènes : par ses soins on bâtissait annuellement sur les chantiers du Pirée soixante galères, ce qui compensait, et au-delà, les pertes inévitables de la marine- H triomphait de la méchanceté des démagogues, lorsque des délations, parties de Lncédépione , l'accusèrent de complicité avec Pausanias.

C'était contre le vainqueur de Salamine, le second fondateurd’Athènes, le créateur du Pirée, qu’étaient dirigés de semblables griefs. Tel est l’effet de l’envie dans les états démocratiques, queTliéiiiistocle , poursuivi

Car la calomnie , fut condamné au annisseinent par voir, d'ostracisme, mesure qui n’exigeait point la preuve d’un corps de délit.

Les dioees n’en restèrent pas à un décret transitoire; les Spartiates prétendirent qiielliémistocle avait trempé dans la conspiration de Pausanias, et qu’étant coii|)ahle envers la confédération lielléniqne , il devait être jugé par 1e conseil am^ictyonique et ]Hini de mort, eu au moins d’un bannissement perpétue).

line {irévoyanee naturelle avait déterminé Thémistocle à se rendre h Argos, où il apjirit .«on ostracisme et tes nouvelles poursuites qu’on lui intentait. ]Ne se irroyant pas en siîreté dans cette viHe , ni dans le Péloponèse, il s’embarqua pour Corcyre, d’où il se réfugia en Épire auprès

L’UNIVERS

d’Admète, roi des Molosses. Poursuivi dans cet asile , deux marchands liguriens le conduisirent, par terre, de la Thesprotie jusqu’au golfe Thermaïque, d'où un vaisseau le transporta en Asie-Mineure.

Thémistocle ne tarda pas à se rendre à la cour d’Artaxerxès , qui venait de succéder à Xerxès : ce prince lui donna pour le pain les revenus de Magnésie, et ceux de Lampsaquepour le vin. C’était une compensation de ses propriétés confisquées, qui furent vendues cent talents , somme exorbitante, si on la compare au prix actuel de l’argent. On dit que , dans un moment de désespoir, Thémistocle termina ses Jours par le poison, à l’âge de 65 ans.

Tandis que Pausanias et Thémistocle finissaient tragiquement leur carrière, Aristide, surnommé le Juste, mourait dans l’âge le plus avancé, universellement regrette de ses concitoyens , sans laisser de quoi payer ses funérailles. On assigna un don de 7,000 francs de notre monnaie à son fils , Lysimaque , pour achever son éducation; ses nlles furent nourries et dotées aux dépens du trésor public.

ajteNB D'AKTAXEKXÈS IjONOOE-HAIH, 473— avant J.«C.

Athènes existait dans un état perpétuel de guerre. Cette guerre avait deux objets : l’un , qu’on déclarait hautement, consistait à défendre la liberté des villes de l’Ionie; l’autre, qu’on dissimulait, tendait à ravir cette même liberté aux états de la Hellade.

Gékéhalatde Cihon, 470 avant J.-C. — Cimon, qui parut à la tête des armées, fit briller les vertus de ses devanciers par des manières simples, par la modération et l’équité, qui lui méritèrent un ascendant souverain sur les confédérés. Il conquit, avec leur secours, Éion, où il éprouva une résistance terrible de la part de Bogès, qui s’ensevelit avec la garnison persane sous les ruines de cette ville. 11 s’empara ensuite d’Amphipolis.

Les Athénirais, irai avaient à cceor de mettre Cimon à même de moissonner de nouveaux lauriers, se hâtèrent de lui envoyer des renforts considérables , avec lesquels il passa en Asie. Il chassa en ^u de mois les Perses des positions qu’ils occupaient dans la Carie et dans la Lycie : les habitants dePhaselisprésentèrent seuls une résistance dont la persévérance de Cimon ne triompha qu'après de grands efforts.

Préparatifs d’Artaxerxès. — Dès que ce prince fut solidement établi sur le trdne de Xerxès , dont il était le troisième fils , il s’occupa de défendre ce qui lui restait de possessions dans rAsie-Mineure. Il s’empara de Cypre; il voulut ensuite couvrir la Pamphvlie , en rassemblant sur les bords fertiles de l’Eurymédon une armée de terre considérable, protégée par une flotte de quatre cents vaisseaux ciliciens et pampnyliens réunis à l’embouchure de ce fleuve.

Cimon , informé des préparatifs du grand roi, dirigea sa flotte, qui n’était composée que de deux cent cinquante galères, vers les côtes de Cy-

Sre, où il perçut l’armée navale des arbares , forte de trois cents voiles de guerre. Dans le combat qu’il lui livra, l’avantage fut du côté des Athéniens, qui attaquèrent l’ennemi avec la supériorité de l’expérience : plusieurs navires persans furent coulés; on en prit cent , ef ceux qu’on trouva mouillés à l’emboucliure de l’Eury-, médon tombèrent au pouvoir du vainqueur, dont la flotte se trouva augmentée de plus de deux’ cents voiles.

On fit , dans cette occasion , plus de vingt mille Barbares prisonmers de guerre.

Avant que les Perses, campés sur les bords de l’Eurymédon, connussent ce mi venait de se passer, Cimon résolut de les surprendre dans leurs martiers. Le combat naval s’était donné aux atterrages de Cypre. Les prisonniers furent dépouilles de leur costume oriental. Les phis braves des Grecs ayant consenti a prendre l’ha* bit médique , la tiare et le cûneterre.

•'«nbarmèrent sur les vaisseaux persans qu*on avait capturés, et firent voile vers le fleuve Eurymédon avec un vent favorable. Les Barbares les accueillirent avec confiance; mais les Grecs n’eurent pas plus tôt été admis dans leurs palissades, ^’ils attaquèrent les Perses, qui, contondus et troublés, tombèrent sous les coups d’un ennemi inconnu.

Les riches dépouilles des Barbares devinrent la proie des Hellènes, qui retournèrent passer l’hiver dans leur pays. Le dixième du butin fut consacré à Apollon; une autre partie servit à donner un développement considérable aux fortifications d’Athènes ; et Cimon consacra ce wi lui revenait, à l’utilité et à l’embellissement de la capitale de sa patrie.

Après ces mémorables victoires, les Grecs se trouvèrent à la tète de la confédération , à laquelle on persuada d’entretenir une flotte permanente.

On décréta en conséquence un impôt volontaire, qui se monta d’abora à 2,400,000 francs de notre monnaie : il augmenta naduellement jusqu’au capiUl de cc^ première somme.

SIPÉDITIOR EN éOTFTB.

466 avant J.«C.

Les Athéniens étaient occupés des préparatifs d’une expédition contre l’île de Cypre , qu’ils voulaient délivrer du joug des Perses, lorsqu’ils apprirent la révolte des Égyptiens contre Artaxerxès. Inaros , chef libyen , s’était mis à la tête des insurgés ; il avait déjà battu les troupes du «and roi, roclamé la liberté et l’indépendance U peuple, lorsqu’il envoya à Athènes une ambassade chargée de demander l’assistance de la république.

La négociation réussit, et les archontes ordonnèrent à la flotte , prête à sortir du Pirée , au lieu de se porter vers Cypre, de faire voile pour l’Égypte. A peine y était-elle arrivée, qu’une armée persane de trois cent mille hommes , commandée par Achemènes, parut sur les bords du Nil.

On en vint bientôt à une bataille , dans laquelle les Égyptiens obtinrent

7* livraison. (Gbbcb.)

la victoire, due à la valeur et à la discipline des Grecs. Les vaincus se réfutèrent dans les murs de Memphis, où ils restèrent assiégés jusqu’à l’arrivée de Mégabaze, satrape d’ Artaxerxès.

Ce général interrompit le cours des longs succès des Grecs , qu’il ne tarda pas à bloquer dans l’fle de Prosopis , située près de l’endroit où leur flotte était à l’ancre. En détournant le cours d’un des bras du Nil , Mégabaze fit échouer les galères ennemie. Cette opération consterna les Égyptiens, qui se soumirent, tandis que les Grecs, mettant le feu à leurs vaisseaux, s’exhortaient mutuellement à mourir avec honneur.

Mégabaze, informé de cette résolution, s’empressa d’offrir aux Grecs une capitulation digne de leur magnanimité; ils l’accepterent. Il protégea en conséquence leur retraite vers la Cyrénaïque; mais il ne put les défendre contre l'aridité du désert, et trèspeu d’entre eux eurent le bonheur de revoir les rivages delà Grèce. Soixante vaisseaux, envoyés par Athènes en Cypre, furent totalement détruits par les Phéniciens.

Ces catastrophes et les troubles qui agitèrent la Grèce pendant sept ans, ne lui permirent qu’au bout de ce temps de venger la gloire de son pavillon. On confia à Cimon une flotte de 200 voiles avec laquelle il battit celle des Barbares , for^ Mégabaze à se renfermer dans Salamine, ville capitale de Cypre, et contraignit Artaxerxès à demander la paix.

Les conditions en furent humiliantes pour le grand roi : il n’eil aurait pas dicté d’autres à un peuple de bri-

§ands qui aurait infesté les frontières e son empire. Il reconnut l’indépendance des villes grecques de l’Ionie.

Il consentit à ce que ses vaisseaux de guerre ne pourraient entrer dans les mers de la Grèce, ni ses troupes de terre approcher des plages de FAsie- Mineure qu’à une distance de trois jours de marche. Les Athéniens jurèrent à ces conditions de respecter les étate du successeur de Xerxès, qui, ?

L’UNIVERS

trente ans auparavant, avait incendié Athènes.

Cinion , qui venait de mettre le sceau à la gloire de la Orèce , Unit ses jours en Cypre, et sa mort fut le terme des hautes prospérités d’Athènes.

TROlSifiMF, OrKRRR DE MESSÉNIK.

469 — 4^9 avant J.*C.

L’an 469 avant notre ère, Sparte fut renversée par un tremblement de ferre. Le Tavgete, ébranlé Jusque dans ses fonde'ments, écrasa, par l’ébouleinent d’une partie de scs rochers, vingt mille Lacédémoniens, et des gouffres qui s’ouvrirent dans la campagne, ensloutirent un grand nombre de citoyens qui fuyaient. 1^ Laconie fut plongée dans la désolation ; mais , au milieu de cette grande calamité , il se trouva une classe d’hommes qui contempla les désastres publics avec une satisfaction secrète

[,es Hilotes et les Messéniens, toujours prêts à se révolter, résolurent de tenter la fortune; et sans les sages dispositions du roi Ardiklamos, i|s se seraient emparés dé Sparte,' mais ils ne réussirent qu’à se rendre maîtres d’Ithome. Ils *8 défendaient depuis trois ans dails cette forte position , quand les épliores, alin de les ré-duire, s’adressèrent aux Athéniens pour obtenir des ingénieurs. I,eur demande fut accueillie; mais comme le siège eutpwi de succès, on crut à une connl^ secrète entre les révoltés et Iqs Athéniens , furent congédiés sous prétexte que leur assistance n’était plus nécessaire , tandis qu’on "garfait les troupes des autres alliés.

Ithoine résista pendant dix ans, et elle obtint de l’affaiblissement des Spartiates ce qu’elle aurait vainement sollicité de leur pitié : qu’il serait libre aux Messéniens et à un grand nombre d’Hilotes de sortir du Péloponèse avec leurs femmes, leurs enfants etleurs effets, sans être molestés en aucune manière. Ils furent accueillis par les Ithéniens, qui les établirent à Naupacte, port que leurs armes venaient

d’enlever aux Locriens Ozoles, peu^e dont les mœurs sauvages et la rapacité déshonoraient leur extraction grecque.

DBSTHDCTIOK DE PISE.

466 avant

Les Pisans avaient constamment assisté les révoltés pendant la durée du siège d’Itbome, pour se venger de Sparte, qui avait fait prévaloir les prétentions d'Élis aux droits de surintendance qu’avait Pise dans les jeux olympiques. Les calamités des Spartiates enhardirent les Pisans à renouveler leurs prétentions. Mais leurs efforts, après l’éloignement des Messéniens et des Hilotes, devinrent aussi faibles que malheureux. Pise fut prise, saccagée , et si complètement démolie, u’il n’en resta aucun vestige, et que epuis ce temps son nom est à peine connu.

temple DK JÜPITEK OLYMPIEI*.

Ce fut avec les dépouilles de Pise que les Éléens bâtirent le temple de .lupiter Olympien, dont Libon fut l’architecte, et qu’ils érigèrent cette statue, ouvrage ae Phidias, qu’aucun siècle n’a pu égaler.

L'édifice monumental, dont il était réservé à la France de retrouver les débris, était d’ordre dorique, entouré d’une colonnade. ( Voy. planches 23 et 24 ) (*). Il avait depuis ses fonde-

(*) L’un des résultats les plus importants de l’expédition scientifique des Français eu Morée, est sans coutrwiit la connaissance exacte que nous a donnée M. Blouet du célèbre temple de Jupiter Olympien , jusqu’alors enseveli par l'exhaussement du sol , résultat des alluvioiis annuelles de l’Alphée. Ce n’est plus aujourd’hui d’après des conjectures , mais d’après des réalités , que nous possédons la reconstruction de ce temple celcbrc. Plusieurs des métopes décrites par Pausauias , et retrouvées par nos archilecles, font inainlenanl l’ornement de notre musée. Elles représenlenl sept des douze travaux d'Herciile , tels que la victoire du lion de Némée , 'de l’hydre de Leme, ^c. Audessous d’un riche pavement romain en marbre blanc , albétre oriental , cipolin ,

ONnti jiuqu’à U décoration 64 pieds de hauteur ; sa largeur était de 90 et sa longueur de 317 ; il était couvert de marbre pentélique taillé en forme de tuiles.

On avait placé à chaque extrémité des montons un vase doré; au milieu, une victoire en or, et à ses pieds un bouclier sur lequel un voyait sculptée en relief une tête de Médusa. Pelops et OF-nomaos étaient représentés sur le fronton antérieur prêts à commencer la course du char, en présence de la plus illustre assemblée , puisque Jupiter était au nombre des spectateurs.

Vinrt-et-un boucliers dorés décoraient l’architrave; le fronton postérieur était orné du combat des Lapithes et des Centaures; la principale entrée était décorée par la représentation des travaux d’Ilercule, dont une partie a été retrouvée par les architectes français.

Après avoir passé les portes de

brèche violctle, elo., l’ancien pavé en mo- Kiieiue a été retrouvé. Le marbre noir qui, selon l’au.sanias , servait à supporter la statue du Jiiiiiter Olympien, ce colosse chefd’œuvre de Phidias, a égalemejit été retrouvé ; quant à la statue elle-même, on ne pouvait en concevoir l’espérance; en effet, un colosse d'or, d’ivoire et de pierres précieuses, qui n’avait pas moins de 45 pieds de hauteur , ne pouvait échapper d’une part à la cupidité , de Pautre à la proscription générale des idoles lors de la chute du culte hellénique ; trop d’intéréts et de passions conspiraient à l’envi pour détruire le Jupiter Ôiynipien.

La planche »3 représente la faqade du temple restauré d’après le plan et les débris des colonnes, des chapiteaux, des architraves, des iriglypiies , etc. , et d'après la description si delaillée et si exacte de Pausauias, la planche a4 donne la coupe du temple, et ii^ique la place où s’élevait le colosse. Quoiijue le temple fût eu partie hjpitre, c’est-a-dire découvert, la partie où s’élevait la statue était couverte, puisque Paiisanias dit; 'I Celle statue était si grande, que, œal^ la hauteur du temple, elle paraissait exceder les proportions. L’artiste l’avait faite “sise , el cependant la tête touchait presque la couverture du temple; en sorte qu’elle semblait , ai elle eût été debout, devoir enlever cette cowartnre. »

PXsC.. qç)

bronze, on apercevait Iphitos, couronné par son épouse lîcliérie : de là on s’avançait en traversant un superbe ^tique, jusqu’au chef-d’œuvre de Phidias. ^ statue de Jupiter en or et en ivoire , quoique assise , s’élevait jusqu’au plafond : de la main droite elle tenait une victoire également d’or ^et d’ivoire; de la gauclie un sceptre enrichi de divers métaux et surmonté d un aigle. La chaussure du dieu était ' d’or , ainsi que le manteau , sur lequel on avait gravé des animaux, des fleurs , et surtout des lis, symbole antique de la royauté.

Le trône portait sur qiàatre pieds et sur des colonnes intermédiaires de même hauteur. Les matières les plus précieuses, les arts les plus iiarfaits, avaient concouru à l’embellir de peintures et de sculptures.

Quatre de ces sculptures ou basreliefs étaient appliques à la face antérieure du trône, l.e plus élevé de ces lias-reliels représentait quatre victoires dans l'attitude de danseuses , le second portait des spiiiiix qui enlevaient les enfants des Théliains; le troisième, Apollon et Diane, perçant de leurs traits les enfants de Nio'bé; le dernier, deux autres victoires.

Phidias avait profité des moindres espaces pour multiplier les ornements.

Sur les quatre traverses qui liaient les pieds du trône, on comptait trentesept figures, les unes représent-ml des lutteurs, les autres le comliat d’Hercule contre les Amazones. Audessus de la tête de Jupiter , dans la partie supérieure du trône, on voyait les trois Grâces, qu’il eut d’Eiirynonie, et les trois Saisons , qu’il eut de Thémis.

L’expression sublime que l’artiste avait donnée à la tête de Jupiter offrait l’image delà Divinité avec tout l’éclat de la puissance, toute la profondeur de la sagesse, toute la aouceur de la bonté. Phidias fût le premier jui atteignit, pour ainsi dire, la majesté divine, et sut ajouter un nouveau motif au respect des peuples, en leur rendant sensible ce qu’ils adoraient.

iglc

L’UNIVERS

SifiCLB DE PÉRICLÈS.

444^4o4 avant Jéfiu4^sl>

La période de 50 ans, depuis la retraite de Xerxès jusqu’à la guerre du Péloponèse, fiit, comme on l’a vu précraemment, féconde en événements qui tendaient à établir la domination d’Athènes. Cependant, malgré cet accroissement de prospérités , il y avait un malaise politique qu’il est essentiel de connaître, aiin d’apprécier les causes qui mirent Sparte aux pises avec Athènes , que le génie de Periclès enrichit du luxe des arts , en la précipitant dans l’abtme du malheur par ses conseils ambitieux.

Page 1