‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 20 sur 115 · ÉTAT POUTIQDE DE LA HELLADE · texte numérisé non relu

ÉTAT POUTIQDE DE LA HELLADE

449 445 avant J.*C.

Avant Périclès, l’histoire des Hellènes ne se compose pas seulement de cette masse de désordres qui se présentent au premier aspect. Argos, le second état du Péloponèse, avait éprouvé des révolutions qui l’empécncrent de s’opposer à l’agrandissement d’Athènes : elle n’avait pas voulu partagée les dangers et la gloire de la guerre médique. Ce xeftis peu généreux lui aliâ» l’esprit de toutes les villes de l’Argobde, qui se détachèrent de son Sliance pour entrer dans la cxinfédération que les Spartiates formèrent au commencement de la guerre du Péloponèse. Ce fut à cette occasion mie les Argiens , ayant

{iris Mvcènes d^assaut, eii décimèrent es hanitants et ruinèrent la ville, qu’ils laissèrent dans l’état où elle subsiste encore de nos jours.

> Les causes qui humilièrent Argos , furent également funestes à Thèbes , rivale d’Athènes , qui avait favorisé les Perses. Cette lâche trahison avait excité l’indignation non seulement de Thespic et de Platée , mais d’Aulis, d' Anthemon , de Larymne , d’Ascrée , patrie d’Hésiode, de Coronée, voisine de l’HélIcon, de Lébadée, célèbre par l’antre de Trophonios ; de Délion et d’Alalcximène, consacrées à Minerve et à Apollon : ces villes, ainsi que Leuctres et Chéronée , rejetèrent suc-

cessivement la soureraineté de Vhè-

bes.

Elle cédait patiemment à l’orage , lorsque les Spartiates , après une expédition heureuse contre les Argiens et les Phocidiens, alliés d’Athènes, offrirent leur appui aux Thébains. Les ^ores avaient compris que s’il était de leur politique qu’ Argos perdit son influence dans le Péloponèse, il était au contraire de son intérêt que Thèbes , voisine et rivale d’Athènes, recouvrât son autorité sur la Béotie.

Bataille de Tanagre , 456 Ans AVANT J.-C. — Le traité allait être conclu entre Sparte et Thèbes , lorsque Athènes envoya contre Thèbes une armée de quinze mille hommes', commandés par Myronides, afin de protéger l’indépendance des Béotiens.

Ce général gagna auprès de Tanagre une bataille que Diodore compare à celle de Marathon, et les Thébains ne recouvrèrent leur autorité dans la Béotie que quatre-vingts ans après cet événement, lorsqu’ils figurèrent avec éclat sous la conduite cTÉpaminondas.

Après cette victoire, la politique ambitieuse de Périclès décida les Athéniens à mettre garnison dans plusieurs villes de la Béotie et à faire reconnaître leur supériorité aux républiques de Mégare et de Corinthe. L’année suivante , il se rendit en personne sur les côtes du Péloponèse , où il fit sentir aux Lacédémoniens l'imprudence qu’ils avaient commise en attaquant un état aussi capable de prot^er ses alliés que de tirer vengeance de ses ennemis.

Cependant Athènes ne tarda pas à éprouver Finconstance de la fortune.

Une entreprise mal concertée contre Thèbes , dans laquelle un de ses généraux, Tolmidas, perdit son armée et la vie , força les Athéniens à accepter des conditions de paix, qui les obligèrent à évacuer les places de la Béotie, à se désister de leurs prétentions sur Corinthe et Mégare : à ces clauses , on leur rendit les prisonniers de l’armée de Tolmidas. Cet arrangement donna lieu à la trêve illu-

GRÈCE

soire de trente ans, conclue dans la quatorzième année qui précéda la guerre du Péloponèse.

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