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• justes de nos ennemis. C’est tou-
■ jours mon sentiment , quoique con-
< vaincu des vicissitudes de la guerre « et de la fortune. Le décret contre « Mégare, que la première ambassade
■ nous a sommés de révoquer , n’est
< pas la cause de cette haine qui a « long-temps envié notre élévation « et qui veut aujourd’hui notre ruine.
« Ce décret , dont on a parlé si légè- <■ rement, maintient l’honneur de nos O conseils et la stabilité de notre émit pire. En Ife révoquant par pusilla- « nimité, nous ne ferions qu’enhardir « des demandes auxquelles il faut ré- « pondre, non par des ambassadeurs,
« mais par les armes.
« Athéniens , la prudence et l’abon- « dance de l’arrant donnent la supé- « riorité dans la guerre. Le tribut « annuel des alliés se monte à six « cents talents , sans compter les au- « très revenus, et la citadelle con- « tient six mille talents d’argent mon- « nayé et environ cinq cents talents « en or et en argent en barres. »
Périclès énuméra ensuite les res-~ sources qu’on pourrait , en cas de détresse, retirer de l’or employé à la statue de Minerve, il dit qu’on en détacherait au besoin 40 talents, sans compter les trésors des temples. Quant aux troupes, il prouva que la république avait treize milles hoplites ( soldats pesamment armés); seize mille soldats répartis dans les forteresses et sur les remparts , douze cents hommes de cavalerie , seize cents ardiers et trois cents trirèmes en bon état.
« Si nous considérons , poursuivitil , la situation de nos ennemis ,
" elle est bien différente. ïls peuvent ’ entrer dans l’Attique au nombre de ' soixante mille hommes , et même
• gagner une bataille, si notre courage
• en cherche mal à propos l’occasion ;
• mais, à moins que notre imprudence
• ne vienne à leur secours, tant que
• rious resterons enfermés dans nos
• niur^ ils ne peuvent continuer la « guerre avec succès. Oui , Athéniens,
• je crains moins l’ennemi que votre « caractère indomptable. Au lieu de
• vous laisser aller à un vais désir de
< défendre vos Jardins, vos maisons « de plaisance , détruisez de vos mains « ces possessions superflues. Le ra- « vage de l’Attique est d’une faible « conséquence pour des hommes qui « reçoivent de tant de pays éloignés « les choses nécessaires à la vie. Com- « ment , au contraire , les ennemis « pourront-ils réparer les désastres « du Péloponèse? Comment pourront- <1 ils les empêcher, tant que vous aurez B l’empire de la mer? Si vous êtes « pénétrés de ces vérités, si la raison, B et non la passion, conduit cette « guerre, à peine est-il au pouvoir de B la fortune de vous ravir la vic- B toire. »
Périclès conclut en proposant de répondre aux Pélojionésiens avec modération ; B ISous ne prétendons pas « exclure les Mégariens de nos ports a et de nos marchés, pourvu que les B Spartiates et leurs alliés abolissent B leurs décrets de prohibition; nous • consentons à rendre l’indépendance
< aux villes qui étaient libres avant B le dernier traité de paix, pourvu que B Sparte en fasse autant de son côté ; B nous sommes prêts à soumettre nos B différends à un tribunal équitable :
B si ces ouvertures paciflques étaient B rejetées , nous sommes résolus à ne B pas commencer les hostilités, quoi- B que prêts à les repousser avec notre B vigueur accoutumée. » Des applaudissements se firent entendre, et les ambassadeurs du Péloponèse s’étant retirés avec cette réponse, les Spartiates ne balancèrent pas à la regarder comme une déclaration de guerre.