‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 3 sur 115 · ILES · texte numérisé non relu

ILES

Près de la côte de rÉpire, de l’Acarnanie, de l’Étolie et au Péloponèse, on trouve Corcyre avec son archipel composé de cinq lies : Leucade , qu’un canal, ouvrage des Corinthiens, sépare de l’ Acarnanie. dont elle formait autrefois un promontoire ; Ithaque et Céphallénie avec plusieurs Ilots situés en face de l’Étolie; Zacynthe (Xante), placée près du Péloponèse ; et Oythère, qui semble avoir été détachée du territoire de la Laconie.

Au midi , et sur la côte occidentale du golfe Saronique, on trouve les îles d.’Hydmssa , Tiparénos , Calaurie , Égine et Salamine.

Vis-.i-vis de la Béotle, dont elle est séparée parmi détroit nommé Euripe, se déploie l’île d’F.iibée. Près de la Thessalle, on voit les Iles de Seyathos, Haîonèse, Pép.iréthos; |(liisavantdatis

)y '^ooglf

L’UNIVERS

le nord , Thaios, Samothrace, Lemnos et Imbros.

Les groupes d’îles répandues dans la mer Égée sont désignés sous les noms de Cyclades et de Sporades. Les

Î)lus considérables sont : Andros, Déos . Paros , Naxos et Mélos ; quant aux Sporades , nous nous contenterons de citer la Crète, Rhodes et Cypre.

lÉPOQDS MTTHOLOOIQCB ET HÉROÏQUE.

L’Asie était depuis long -temps civilisée, lorsque l’Europe existait encore dans l’état sauvage. Quelques Phéniciens abordent à la plage d’Argos ; ils y fondent moins une colonie qu’un comptoir commercial. Les habitants du pays se réunissent autour d’eux ; ils s’empressent de proüter de leurs connaissances ; ils apprennent d’eux les arts les plus utiles , et surtout celui de l’agriculture. Leur population s’accroît au moyen de ce bienfait, et ils se trouvent 'bientôt en état d’envoyer eux-mêmes des colonies sur les côtes de l’Attique , de la Thessalie , de la Tlirace , et dans presque toutes les îles de la Méditerranée. Ils portent ensuite la première étincelle de la civilisation dans l’Italie : dès lors la face de l’Europe change.

Les notions un peu circonstanciées que nous possédons relativement aux premiers habitants de la Grèce sont vagues ; et cependant on a plus lieu de s’étonner de ce qu’on sait à cet égard, que de regretter les documents qui ne nous sont point parvenus. En effet, la m^hologie nous laisse entrevoir la méchanceté des hommes soumis à des dieux corrompus; des vices infimes et un système épouvantable de violence et de tyrannie , tel que , malgré toute la circonspection ü’un écrivain , il lui deviendrait difQcile de traiter un pareil sujet.

Si on juge par induction de l’état ancien de la Grèce , on ne peut mettre en doute qu’elle ne fût déjà très-peuplée lorsque les premières colonies étrangères vinrent s’y fixer, puisque six ou sept générations après, elles formèrent des étaUissements dans

l’Asie-Mineure, dans la Thessalie, dans la Béotie et dans l’Attique. Il résulterait de là que les premiers chefs venus de l’Orient, ayant trouvé une population nombreuse , ne firent que la ras- .sembler pour propager la civilisation par le commerce : tel fut le passage de ce ^ra^ppelle l’état sauvage à l’état

PÉLXSGBS ET TELCHrSES.

Les Pélasges , dont on ignore l’origine, mais qui paraissent s’etre propagés au loin dans l’Europe et dans I Asie , regardaient Inaclius et Phoronée comme leurs chefs. Ils s’établirent dans le Péloponèse, où leur arrivée est fixée au XVIII* siècle avant notre ère, temps où l’on aperçoit dans ce pays quelques traces u’un ordre social anterieur à leur époque.

Cette civilisation était due aux Telchines, originaires de l’île de Crète , île dont le premier nom connu avait été Telchinia : elle fiit une des principales stations des Phéniciens , lorsqu’ils s’adonnèrent au commerce maritime.

Phoronée fit la guerre à ces Telchines, issus des Phéniciens , qu’on croit être des Arabes qui avaient eu des rapports d’origine avec les Indiens.

Les Pélasges, après avoir expulsé les Telchines, qui étaient probablement une colonie de marchands , ne tardèrent pas à s’agrandir en s’emparant des états d’Argos et de Sicyone. Bientôt après ils s’étendirent du côté de l’Attique et dans la Thessalie, sous la conduite de leurs chefs Achéos , Pthios et Pélasgos, formant des comptoirs de commerce , autour desquels se réiA nirent quelques familles qui se multiplièrent successivement, au point de former des villes.

Ces étrangers apprenaient aux indiènes à cultiver la terre et à tirer parti e leurs denrées , qu’ils échangeaient contre les productions qu’un peuple industrieux et navigateur peut offrir à celui qui ne l’est pas. Enfin ce fut à ces conquérants pacifiques que les Grecs durent la connaissance des lettres- pélasgiques, qu’ils reçurent, dit-on, long-

GRECE

temps avant rarrivée de ia colonie de Cadmus dans la Béotie.

BBUGION.

Si on passe maintenant à l’examen de la religion , on trouvera beaucoup de rapports entre celle des Phéniciens et des Pétasses. Les habitants du Péloponèse, a l’arrivée des premières colonies étrangères, avaient quelques idées religieuses; ils reconnaissaient deux divinités principales , qui étaient Uranos , ou le ciel , et Ghé , ou la terre. Platon prétend qu’ils rendaient aussi un culte au soleil, à la lune et aux astres.

Inachus , arrivé dans la Grèce vingtdeux générations avant le siège de Troie , eut pour successeur Phoronée, son fils , que quelques auteurs regardent comme le véritable fondateur du royaume d’Argos. Ce prince eut deux enfants. Apis, qui lui succéda, et Niobé , qui eut un fils nommé Argos ou Pelasgos , auquel on donnait pour père Jupiter : c’était toujours à quelue dieu qu’on rattachait l’origine ’un fils issu du sang des rois , quand on ne pouvait prouver sa légitimité. Il paraît que Phoron^ fut célèbre, car son nom passa à tous ses successeurs jusqu’à Danaüs.

Les Phéniciens avaient apporté quelque civilisation chez les habitants du Péloponèse; mais occupés presque uniquement du commerce , ils faisaient peu de cas des arts d’amment et des sciences de pure spéciuation. Il n’en était pas ainsi de Danaüs, sorti de l’Égypte , ou il y avait d’autres hommes qïie des cultivateurs et des marchands.

L’histoire ancienne de l’Égypte est trop peu connue jxiur afOrmer en quelle qualité Danaüs y habitait. Apollodore serait porté à croire qu’il régna dans cette partie de la Libye qu’on appelle la Cyrénaïque. Chassé de ce pays par son frère Égyptos , il se serait d’abord réfugié dans l’tle de Rhodes avec ses cinquante filles , qui étaient probablement des odalisques comme celles des harems de l’Orient. Il s’embarqua de là pour Argos, où il aborda. Le trône étant venu à vaquer, il y monta

en qualité de descendant d’Io, fille aînée d’Iasos, ou plutôt au moyen des richesses qu’il avait apportées avec lui, et qu’il sut employer à se faire des partisans.

Danaüs fit quelques changements à la religion des Pélasges , en abolissant les sacrifices humains, qui cessèrent à cette époque dans l’ Argolide. Cécrops , son contemporain, venu de l’Égypte avec lui , poussant plus loin l’humanité, défendit de sacrifier aux dieux aucun animal vivant : exemple qui ne fut pas suivi par les Pélasges de l’Arcadie.

On attribue aux filles de Danaüs l’institution des Tliesmophories , ou fêtes de l’agriculture, qui furent adaptées au culte de Cérès , divinité que les Pélasges connaissaient déjà par sesbienfaits. Quant au mariage des Danaïdes, le silence d’Homère nous porte à croire que c’est une fable assez moderne.

C’est à la date de dix-sept générations avant le siège de Troie qu’on voit Lycaon fonder le royaume a’Arcadie : il était compatriote et contemporain de Cécrops.

Danaüs eut pour successeur Lyncée, fils d’Égyptos, son frère. On ignore son hi^oire, ainsi que celle d’Abas, son fils et son successeur, qui épousa Ocalie, fille de Mantinée, l’un des enfants de Lycaon.

A cette époque Nauplios. fils de Neptune et d’Amymcne , reunit les matelots égyptiens et phéniciens qui avaient suivi son grand-père, dans l’endroit où se trouve le port principal de l’Argolide; il y bâtit Nauplie, dont le nom s’est conservé jusqu^ nos jours.

Palamède, fils du second Nauplios, bâtit l’Acropole, maintenant appelée Palamide.

PROMÉTHéB.

Prométhée, père de Deucalion, était frère d’Atlas, roi d’Arcadie, dénomination qui s’étendaitquelquefois à l’Élide.

Ce prince passa du Péloponèse dans l’Étolie , où il fonda un éût qui fut le berceau des Hellènes et des Doriens.

Le déluge de Deucalion est rapporté au règne de Nyctimos , son fils, huit générations ou 264 ans avant le siège

Dy VjOOgle

Page 1