EXPÉDITION DE SICILE
4t5 avant J-*C.
Depuis long -temps les Athéniens méditaient la conquête de la Sicile ; leur ambition, reprimée par Périclès, s’était ranimée à la voix d’Alcibiade. Toutes les nuits, des songes flatteurs retraçaient à l’esprit du fils de Clinias la gloire immortelle qui lui était réservée. La Sicile ne devait être, dans ses projets, que l’avantscène du théâtre de ses exploits : après en avoir fait la conquête, il s’emparait de l’Afrique, de l’Italie et du Péloponèse. Tous les jours il entretenait de ses grands desseins une jeunesse ardente , à laquelle il montrait les richesses des nations vaincues employées à la splendeur et à la magnificence d’Athènes , qui était appelée à devenir la reine du monde.
On a dit, dans le cours de cette histoire, comment l’union des princes d’Agrigente et de Syracuse avait triomhé des forces de 'Carthage : la Sicile crissait sous l’administration de Gélon et de Théron; Hiéron, tyran, ou roi de Syracuse, avait corrigé ses mœurs par la fréquentation des philosophes grecs. Simonide, Eschyle, Bacchilide, Pindare, reçus à sa cour célébrèrent ce prince comme un modèle de sagesse et de vertu.
Ce régné glorieux fut suivi de la tyrannie sanguinaire de Thrasybule, que les Svracusains chassèrent de la Sicile. Afin de ne plus retomber sous l’autorité des despotes , ils changèrent la monarchie en une forme de gouvernement aussi dangereux que turbulent , la démocratie.
Les Siciliens conservaient les illusions d’un affranchissement qui était
dans sa nouveauté. Léontion se glorifiait de l’éloquence de Gorgias, et Syracuse des talents oratoires d’Hermocrate. Le premier était connu à Athènes depnis la sixième année de la guerre du Péloponèse, où l’harmonie brillante de son élocution avait obtenu un succès éclatant. Hermocratc n’avait jamais eu en vue que l’intérêt de sa patrie, et, pour but, que d’empêcher la Sicile de devenir la proie d’une puissance étrangère.
Sur ces entrefaites, on vit débarquer au Pirée des députés d’Égeste, qui se disait opprimée par Sélinonte et par Syracuse; ils imploraient l’assistance d’Athènes, dont leur ville était l’alliée : iis annonçaient que Syracuse était au moment de contracter un traité offensif et défensif avec Sparte. On envoya aussitôt des commissaires en Sicile : ils firent à leur retour un rapport infidèle de l’état des choses.
L’expédition fut résolue, et les généraux chargés de la commander furent Alcibiade, Nicias et Lamachos, enfin on se flattait tellement du succès, que le sénat d’Athènes régla d’avance le sort des différents peuples de la Sicile.
Malgré la loi qui défendait de revenir sur une décision décrétée par toutes les tribus de la république, Nicias représenta à l’assemblée que ses véritables ennemis étaient dans le Péloponèse ; qu’ils n’attendaient que l’éloignement de l’armée pour fondre sur l’Attique; que les démêlés des villes de la Sicile n’avaient rien de commun avec les Athéniens. « Je vois « avec frayeur, s’éeria-t-il, cette nom- « breuse jeunesse qui entoure Alci- « biade, et dont il dirige les suffrages : « respectables vieillards , je sollicite « les vôtres au nom de la patrie; et « vous , magistrats , appelez de nou- « veau le peuple au vote , et si les lois « vous le daendent, songez que la « première des lois est le salut de la « patrie. »
Alcibiade , appelé à la tribune , parla aux passions de la multitude en faisant retentir les expressions magiques de gloire et de victoire ; puis éle-
GRECE
vant la voix, il dit : « Destiné à par- « tager avec Nicias le commandement « de l’armée , si ma jeunesse et mes « folies vous inspirent quelques alar- « naes, rassurez-vous sur le bonheur « qui a toujours couronné les entre- « prises de celui que vous m’avez < donné pour collège. »
Cette réponse e^amma la multitude d’une nouvelle ardeur : en vain Kicias objecta qu’il fallait, indépendamment de la (lotte, une armée de terre; que l’entreprise exigerait des lépenses énormes. Une voix s’éleva du milieu de l’assemblée : « (Vicias , il ne ■> s'agit pas de ces détours ; expliquez- « vous nettement sur le nombre des « soldats et des vaisseaux dont vous « avez besoin. » Nicias ayant répondu qu'il en conférerait avec les autres généraux, l’assemblée leur donna plein pouvoir de disposer de toutes les ressources de la république. Au milieu de l’enthousiasme général , Socrate seul osa condammer ouvertement l’expédition de Sicile et prédire les calamités futures de la patrie.
Préjugés populaires. — Les préparatifs de l’expédition étaient terminés, lorsque le temps de célébrer la fête d’Adonis arriva. Pendant cette lugubre cérémonie, les rues d’Athènes étaient remplies de gens vêtus de robes funèbres et de processions de femmes, marchant à pas lents, qui s’arrachaient les cheveux et se frappaient la poitrine, en pleurant la mort (lonis , favori de Fénus. On en tirait de sinistres présages.
Accusation d’Alcibiade. — La veille du jour où la (lotte devait appareiller, un autre événement plongea Athènes dans la consternation. Les Hermès , ou statues de Mercure , placés dans les rues furent renversés , mutilés ou brisés. I.e» ennemis d’Alcibiade, profitant de la légèreté de son caractère, l’accusèrent d’une pareille impiété; et 'i'ncssalos, (ils indigne de t.'imon, appuyé par quelques esclaves, ae porta son accusateur. Il lui reprochait son peu de respect envers les déesses Cérès et Proserpine; d’avoir profané les mystères en prenant, sans
être initié, le nom et les Tétements du grand-prétre, on hiérophante; appelant Polytion , chez qui cette scène sacrilège s'était passée, le Dadouche, ou porte-flambeau; Théodore le Ceryce, ou héraut, et ses autres compagnons de débauche les frères sacrés et les saints ministres des rites d’Éleusis.
Une dénonciation aussi grave ré> andit la terreur dans Athènes. Alciiade, effrayé du soulèvement des e^irits, court à l’assemblée, où il se défend avec son éloquence accoutumée. Les soldats et les matelots , dont , l’avidité dévorait en idée les trésors de la Sicile , l’applandissent ; quelquesuns déclarent qu’ils ne s’embarqueront pas sans avoir Alcibiade à leur tète. Ses ennemis avant fait ajourner le jugement définitif jusqu’à son retour de Sicile , l’obligèrent de partir chargé d’une accusation qui tenait le glaive des lois suspendu sur sa tête.
Départ de la flotte. — Alcibiade ne prévoyait que trop les con.sequences du procès intenté contre lui, mais le moment du départ était arrivé. L’armée se trouvait installée sur les vaisseaux, les provisions étaient embarquées , et la [mpulation tout entière d’Athèties était descendue au Pirée pour admirer le plus grand spectacle qu’on eût vu dans les ports de la Hellade. Au milieu de l’éclat de cette pompe militaire , les parents et les amis de ceux qui partaient ne purent retenir quelques larmes; ces exqiressions momentanées de douleur et les longs adieux qu’on s’adressait furent interrompus par le son de
la trompette qui imposait silence
Les prières d’usage avant le départ ne se firent |)oint sur chaque vais-, seau , mais sur la flotte entière par la voix d’un héraut; les spectateurs y répondirent par d’immenses acclamations; on versa le vin dans les cratères, chefs et soldats firent les libations d’usage dans des coupes d’or et d’argent ; on chanta en chœur le Pæan ou hymne de guerre ; la flotte mit sous voile et sortit du port. Elle parut se disputer le prix d’une
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joute jusqu’à la hauteur d’É^ine , d’oà ede eut une heureuse traversée pour arriver à Corcyre, qui était le rendezvous de l’armée.
La flotte réunie dans ce port se trouva composée de 134 vaisseaux de uerre avec un nombre proportionné e bâtiments de transport : les hoplites ou soldats pesamment armés , au nombre de cinq mille , étaient suivis d’un corps considérable d’archers et de frondeurs. On n’avait embarqué que trente chevaux , mais d’après un calcul modéré , on pouvait évaluer les forces navales et militaires à vingt mille hommes , en y comprenant les valets et les esclaves.
La flotte sortie de CorcjTe atterra sur la côte d’Italie, et, suivant l'usage du temps, navigua terre à terre jusqu’au détroit de Messine, où elle jeta rancre dans le port de Rhégion. Ce fut là que commencèrent les déceptions contre lesquelles on aurait dd se prémunir ; les Égestéens , malgré l’annonce pompeuse de leurs richesses, ne possédaient que trente talents dans leur trésor, et toutes les villes d’Italie sur lesquelles on avait compté refusèrent de fournir des secours.
Plan de campagne. — Ces circonstances donnèrent lieu à un conseil de guerre dans lequel Nicias proposa de ne fournir aux Egestéens que le nombre de vaisseaux qu’ils pourraient défrayer; de régler par les armes ou par voie de négociation les querelles survenues entre eux et leurs voisins ; de montrer la flotte sur les côtes de la Sicile , et, ces choses terminées, de rentrer au Pirée.
Alcibiade déclara qu’il serait honteux de licencier un armement aussi considérable que celui d’Athènes , sans avoir obtenu une satisfaction complète pour l’injure faite aux Égest^ns.
Lamachos proposa unavisplus hardi ; c’était d’attaquer sans délai Syracuse ; le succès n’était pas douteux , les ennemis n’avaient pas pris de mesures * pour la défense de cette ville , tandis ue l'armée .athénienne avait toute intrépidité d’hommes qui brûlaient de combattre. La timidité deNicias et
la vanité d’Alcibiade firent rejeter cette généreuse proposition.
On décida de s’emparer des villes alliées de Syracuse avant de l’attaquer, et la flotte, divisée en plusieurs escadres, sortit de Rhégion pour exécuter ce plan.
Alcibiade cingla vers Naxos, qui lui ouvrit ses portes ; il se présenta ensuite devant Catane , où les habitants le reçurent comme parlementaire et lui permirent de proimser ses demandes devant l’assemblée du peuple.
L’artificieux Athénien, doué du don puissant de la parole, transporta la multitude et les magistrats par les charmes de son éloquence. On accourait de toutes les parties de la ville pour entendre son aiscours, qu’il prolongea à dessein pendant ^usieurs heures; les soldats quittèrent leurs postes pour jouir du bonheur d’entendre te fils de Clinias , et les Athéniens , se précipitant par les portes mal gardées, se rendirent maîtres de Catane.
Ce succès allaitétre suivi de la soumission de Messine qu’Alcibiade avait remplie de cabales et de séditions, lorsque l’arrivée de la galère la .Salaminietme lui apporta l’ordre de retourner à Athènes, pour répondre à ses accusateurs.
rappel D’ALCIBIADE.
EnI^OÊTE CONTRE les SACRILÈGES.
— Alcibiade se flattait que par la gloire et le succès de ses armes if imposerait silence aux clameurs de ses ennemis et renverserait leurs manœuvres.
Mais son éloignement leur laissa le champ libre , et il comprit ou’ils avaient su en profiter à son aétriment.
Depuis le départ de la flotte, les Athéniens étaient continuellement assemblés pour informer contre les sacrilèges. Plusieurs citoyens avaient été arrêtés sur des soupçons, d’autres, d’après les témoignages de Teucer, étranger obscur, et du démagogue Diopeithes. Un de ces d^rete atroces qu’on voit surgir aux épomies de troubles , avait pour objet de décerner des
récompenses aux délateurs, ainsi qu’aux coupables qui feraient connaître leurs complices , et chaque individu se trouva par ce moyen dans le cas de mettre son ennemi personnel au nombre des criminels d^état.
Parmi les suspects incarcérés, se trouvaient compris l’intrigant Timée et l’impie Andocide que leur caractère connu désignait à la fureur du peuple. Détenus dans la même prison, ces deux infâmes dénoncèrent une foule de citoyens qui furent bannis ou mis à mort, par un de ces tribunaux d’exception où l’on étouffe plus de procès qu’on n’en juge. Alcibiadp, condamné à boire la ciguë, se garda bien de venir se livrer au chef des onze qui présidait aux exécutions.
Informé du sort qui l’attendait , il se sauva à Thurion, d’où il passa à Aros , et de là à Sparte , où ses conseils rent adopter les mesures fatales qui occasionèrent plus tard la ruine de sa patrie.
UEHTEUIIS DE KICIAS.
La timidité circonspecte de ce général dirigea la première attaque contre ia faible colonie d’Hiccare, dont il tit la conquête. En revanche les Athéniens échouèrent devant les places d’Hyblée et d’Himère; l’armée humiliée demanda à réparer ces échecs en attaquant Syracuse, qui était le plus puissant boulevard de la Sicile : c’était par là qu’on aurait dû ouvrir la campagne.
Les Bju-acusains, d’abord consternés à la nouvelle do dâiarquement des Athéniens , avaient repris courage.
Témoins de l’irrésolution de Nicias, ils conjurèrent les généraux, qu’ils avaient nommés au nombre de minze , de les conduire à Catane, âoignée de dix lieues , afin d’attaquer le camp ennemi. Déjà leur cavalerie le harcelait par de fréquentes escarmouches, battait ses avant-postes et s’était approchée même assez des quartiers auiéniens pour leur demander Il les superbes dotitinaieurs de la Grèce (waient quitté leur pairie pour «eistr former un établissement au
V Livraison. (Gnàm.)
pied du mont Etna, dans le cas où ils seraient chassés d Athènes par les Spartiates.
Stratagème de Nicias. — Attaquer Syracuse par terre ou par mer était une entreprise difficile, Nicias eut recours à la ruse. Un habitant de Catane qui le servait se présenta à Syracuse comme déserteur, il déplora en versant des larmes les malheurs de sa patrie opprimée par les Athéniens et dit que le mécontement y était général ; qu’à un jour marqué , si on voulait ajouter foi a ses paroles, les Syracusains , secondés par une foule de conjurés , pourraient être introduits dans Catane. Cette proposition fut acceptée, le plan de l’entreprise arrêté , et le Catanéen renvoyé dans sa patrie pour maintenir les mécontents dans leur résolution.
Au lieu d’ouvrir les portes de Catane aux ennemis d’Athènes, le succès de cette intrigue allait livrer Syracuse sans défense à Nicias. Dès qu’il fut assuré que l’ennemi était en marche vers Catane , il donna ordre à sa flotte d’appareiller. Après douze heures de navigation, elle entre dans le grand port de Syracuse , débarque les froupes qu’elle portait et fortifie un camp au voisinage du temple de Jupiter Olympien.fVoy.;»/. 33 ) (*).
Cependant 1a cavalerie syracusaine arrivée devant Catane s’aperçoit que les Athéniens ont levé le camp ; elle transmet cet avis à l’infanterie, qui se hâte de voler à la défense de Syracuse.... Bientôt les deux armées se trouvèrent en présence , également animées du désir de livrer bataille.
Le moment ne se fît pas attendre.
Les prêtres avaient à peine fîni de sa-
(*) l* ptanche 33 offirerupect de Syraeute lonqn’oo e« pris d’y aborder. L’île d’Ortygie se présente sur la droite ; à gauche sont les ruines du théâtre. L’Etna domine majestueusement la colline sur laquelle s’étendait la ville antique de Syracuse avec les temples et les édifices somptueux qui la décoraient. Le temple de Minerve, qui a presque seul échappe aux ravages du temps, est aujourd’hui la cathédrale de la Syracuse moderne.
IW L’UNIVERS.
enfler aqx dietff, lonque les trompettes sonnèrent la charge. L'attaque commença avec fureur, et le combat durait depuis plusieurs heures, lorsqu'il s'éleva une tempête mêlée de tonnerres épouvantables. L'ennemi effrayé fut rompu et mis en fuite. Nicias empêcha ses trou|ies de le poursuivre, en voyant une masse de douze cents cavaliers prêts àdiarger la phidunge, qui avait rompu ses rangs; ainsi lesSvracusains se sauvèrent dans leur ville et les Athéniens rentrèrent dans leur camp : on était en hiver. Peu de jours après, Nicias retira son armée, qui fut cantonnée à Noxos et à Catane.
SléOE DE SYKACnsE,
Nicias, |H>rsuadé que la victoire qu’il avait reni|)ortée lui donnerait des alliés , envoya une ambassade solennelle h Carthage et réunit les moyens de faire une seconde cauipagne. Les Syracusains, d'après les conseils d' Hcrmucrate , réduisirent le nombre de leurs généraux à trois , qui furent Héraclide, Sicnnos et lui-même ; ilsclierchèrent ensuite à se faire des ^tisans; mais rimjwrtante ville de Unnarine, sollicitée par eux et par Nicias, resta neutre.
Sur ces entrefaites les renforts attendus d’Atliènes étant arrivés, Nicias , qui avait augmenté son armée d'un corps de six cents chevaux et réalisé une somme de 400 talents , se décida i| entreprendre le siège de Syracuse, Sa traversée fut lieureuse; il débarqua à Trogile. port septentrional de Syracuse, battit un corps de sept cent^ liommes qui se rendaient à Labdaloii , investit ce citâteau et commença ses lignes de circonvallation.
Pendant oe temps les assiégés firent de fréquentes sorties et I^inaohos périt dans une d’elles, mais les Athéniens conservèrent leurs positions.
Les Svracuéains découragés destituèrent leurs généraux; ils parlaient de capitulation , lorsmi’une galère corinthienne commandée par Gongylos entra dans le iwrt central d’Ortygie , et ce chef, parvenu à pénétrer jusque
dans Syracuse, donna à l’asMiBbiée la nouvelle d’un secours prochain. « On « avajtéquipéuneflottepéloponésienne « et rarmeincnt devait être commandé « par üyllippos, Spartiate d’une va, « leur et d’une capacité reconnue. • Cet avis fut au niême instant confirmé par un courrier de Gyllippos, qui avait pris terre avec quatre galères sur la côte occidentale de la Sicile. Au premier bruit de son arrivée, les troupes de Sélinos, d’Uimère et de Géla étaient accourues sous ses drapeaux, et il fit sa jonction avec les assiégés du côté de l’Épipole, où la ligne de circonvallation des Athéniens n’était pas achevée,
Nicias, persuadé que les délais étaient contraires aux intérêts d’Athènes, voulut en venir à une bataille que Gyllippos souhaitait également ; le succès des annes Ait contraire aux Syracusains. Dans une aeconde affaire, les Athéniens furent battus et obligés de se renfermer dans leur camp, où ils se trouvèrent étroitement bloqués : dès lors la victoire les abandonna presque sans retour.
Nicias, qui ne voyait plus rien que de sinistre dans l’avenir, s’empressa d’écrire à Athènes i sa lettre faisait connaître l’état déplorable de l’armée:
les esclaves d^rtaient en foule ainsi que les tixmpes mercenaires ; lesAtliéniens, excédés de fatiguas, abandonnaient le soin des galères à des hommes sans expérience : il avouait son insuffisance pour remédier à tant de maux; enfin il exhortait l’assemblée à le rappeler , ou à envoyer promptement un second arniement aussi fort que le premier.
Gyllippos et UermocraU qu> était rfr venu au pouvoir, informés de la détresse de Nicias et de ses demandes, n’ayant pas de nouveaux secours à attendre du Péloponèse , résolurent d'attaquer l’ennemi par terre et par mer.
Le plan de cette double attaqua étant arrêté , Ilcnnocrate sortit avee quatre-ilngts galères du poii d’Orfygie, tandis que Gyilippos marciiait contre Plenuuyre , promontoire situé
^ (iRpCE,
•I l’entr^ de la baip de Sjraeuse. Dans ecUc affaire, les Svracusains furent battus avec perte de quatorze vaisseaux. Cet érliec fut coiiipeiisé par Je succès de Gyllipos, qui s’empara de trois forts reiii|)lis de munitions de guerre, de vivres et d’une somme considérable d’argent.
Dû marine syracusaine fut constapainent battue dans plusieurs actions successives, mais à force de revers elle parvint à obtenir l’avantage dans une affaire générale. Sept vaisseaux athéniens furent coulés à fond dans le grand port où le combat eut lieu , et un plus grand nombre se trouvèrent mis hors de combat,