‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 32 sur 115 · GOUVERNEMENT UES 400 TYRANS · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT UES 400 TYRANS

L’histoire a flétri du nom de tyrans, que la [lostérité a adopté, les quatre cents députés usurpateurs qui confisquèrent la liberté d’Athènes à leur profit. Ils levèrent aussitôt des troupes mercenaires dans les lies dé la mer Égée pour tenir la multitude en respect, intimider et détruire , au besoin, leurs ennemis supposés ou réels.Comme il leur fallait la paix , aüx conditions même les plus humiliantes , ils envoyèrent une ambassade à Sparte pour négocier. La peur s’étant emparee de leurs conseils, la tyrannie qui s’ensuivit les rendit odieux dans la ville, et leur lâcheté les fit mépriser dans le camp de Samos : les fugitifs qui venaient y chercher asile ne parlaient que de leur inJastiCAj; et la jeunesse athénienne qui servait la patrie rougissait de l’indignité des traitements qu’on infligeait à leurs familles.

Des murmures secrets, on passa bientôt aux clameurs séditieuses.

RÉVOLTE MIUTAIRE.

Thrasybdi-e. — Ce général , ainsi ue Thrasylle, tous deux offlciers de istinctioh et d’un mérite distingué, animent et enhardissent les mécontents , qui étaient en grand nombre

dans l’armée dè SâtnoS. Le* feirteUrt des quatre cents tyrans sont attaqués à l’improviste; les chefs sont dépo.sés, et la restauration de la démocratie est proclamée aux acCtamation.s des soldats, qui jurent de la maintenir.

Thrasybule leur promet d'accomplir dans Athènes la même révolution qui venait de s’opérer au camp; il leur propose de rappeler Altihiade , trompé et humilié par les tyrans, et qui pouvait venger, en Un jour, l’injure nationale. L’avis de Thrasybule ayant été approuvé , il fit aussitôt voile pour Magnésie , d’où il ne tarda pas a ramener Alcibiade.

Rappel d'Alcibiade. — Près de quatre années s’étaient écoulées de^ puis que le fils de Clinias n'avait parlé dans une assemblée athénienne. Présenté par Thrasybule . il débuta en déplorant sa mauvaise fortune et les malheurs de sa vie : x cependantees évé- X nements avaient leur bon côté , puis- X qu’ils lui avaient, à l’entendre, pro- X curé l’amitiéde Tis.sajihernes ; il ^u- « Vait se vanter d’avoir engagé ce sa- « trape à arrêter lu solde des Péloponé- « siens : il ne doutait pas de lui avoir X inspiré de la bienveillance pour les « .athéniens, auxquels il fournirait les X moyens de. continuer la guerre, et X peut-être le secours de la flotte phé- » nicieune qui se trouvait à Aspen- « dos. »

Ces promessès étaient plus magnifiques que positives ; mais on avait besoin ü’Alcihiade, et l’armée le clwisit sur-le-champ pour son général. Le di.scoiirs qu'il avait prononcé ne tarda pas à augmenter la défiance qui existait entre les Spartiates et Tissapliernes , en même temps qu’il frappa de terreur les quatre cents tyrans d’Athènes.

Alcibiade ayant laissé le cdiitnann dement de l’armée à Thrasybtile et a Thrasylle pour aller conférer avec DSsaphernes, trouva à son retour au cawp des envoyés des quatre cents, naient essayer de ramener l’arrtiéè au parti aristocratique.

Alcibiade les ayant mandé.s en ^ présence, leur enjoignit de reniettr»

QtltCË.

J ïetifs maîtrtS an iïièsügfei qui était de la teneur sulranté : « Qoé tes quatre cents aient à se démettre de jeür hblivOir Illégal ét 9 rétablir I ah*rienne Constitution, sans quoi Jë /eral roile vers Athènes , et je leur ôterai, en même temiM, l’autorité « et la vie. *

Effrayés riar céttè déclaration hau* taine , les Quatre çerits se ditisêrent entre eut. Théraniènè et Aristocrate»

qui votaient ensemble, eohdamtièrent les mesures tyranniques de leurs collègues. LC jierilde PhryniCos venait d’être tué dans une émeute ; la guerre civile était imminente 3u sein d’A»

thènes , lorsque les vieillards ^ les frmmes et les étrangers se jetèrent en foule au mllieO des partis , et sauvèrent une ville qui avait été l’ornement de la Grèce, la terreur des Perses et l'admiration du monde.

La trop malheureuse Athènes commença à respirer après la mort de PhrynieoS, et la fortune parut un moment lui sourire. Les Péloponésiens, stationnés â Milet, n’avaient pas tardé à attribuer le défaut de paie qu’on leur faisait éprouver, à la fourberie deTissapliernes et à la trahison de leurs propres officiers. Un ressentiment légitime porta les équip'ages , ainsi que les soldats , à détruire quelques fortifications élevées par les Barbares aux environs de Milet ; ils passèrent même au fll de l’épée plusieurs garnisons persanes, et leur perfide général Astyochos ne se déroba à leurs coups qu'en se réfugiant au pied des autels; enfin la sédition ne s’apaisa qu’à 1 arrivée de MyndaroS, envoyé par les éphores pour commander l’armée lacédémonlenne de terre et de mer.

Athènes était encore une fois menacée d’uhe émeute, lorsqu’une escadre péloponéslenne » Composée de quarante-deuit voiles , commandée par le Spartiate MégésandridaS , parut en vue de Phalère. L’alarme se répandit aussitôt dans la ville, et les partis opposés, qui délibéraient séparément, se réunirent pour repousser l’ennemi, dont les vaisseaux s’éloignèrent en cinglant vers l’île d’Eubée. Les Athé-

nlebs; qui voulsiem sanvër cette 09iOnie i s’étant mis à Ip poursuite de rninemi, éprouvèrent un échec aux atterrages d’Érétrie» qui les mit dans l’impossibilité momentanée de tenir la mer.

HétABLiSsiiMENT DE LA DEMOCRATIE.

4zz avant

Dans dette situation déplorable , la fërmetë de Théramène releva les esprits Consternés. Il encouragea le peuple à purger la république de ses ennemis domestiques, qu’il accusait d’avoir appelé la Oottelacédémonienne pour enohalner leurs concitoyens. Antfphon et Pisandré prirent la ftiite , et ce qui restait -des 400 fit son acte de soumission. Un décret rappela Alcibiade $ on déclara que l’armee de Samos avait bien mérite de la patrie : les émeutes cessèrent. La démocratie, qui avait été abolie béndaht quatre mois , lut peffiBCtioOhee et restaurée dans tout l’éclat de sa gloire nationale.

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