‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 35 sur 115 · CONSÉQUENCBS DB LA MORT UB SOCRATE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCBS DB LA MORT UB SOCRATE

Persécütion de ses disciples.— Le ressentiment excité contre Socrate s’étendit bientôt sur ses nombreui disciples : Platon , Antisthène , Eschine , Critobule , évitèrent le premier moment de crise , en se réfugiant à Thèbes avec leurs condisciples Simmias ^ Cébès et Phédon. D’autres trouvèrent à Mégare la protection d’Euclide et de Terpsion. Par bonheur pour l’intérêt des lettres , des sciences et de l’humanité, l’orage devant lequel tant de beaux génies fuyaient n’eut qu’une durée passagère.

Bientôt des sentiments mêlés de compassion , de honte , portèrent le peuple à punir les accusateurs et les juges de Socrate , avec d’autant plus de cruauté qu’ils avaient été plus injustes à l’égard du généreux martjT.

Les uns furent exilés , d’autres mis à mort, et le désespoir en porta un grand nombre à se détruire de leurs propres mains.

Rérabilitatioiv de Socrate. - Le sage fut honoré par des monuments dignes d’admiration : on lui érigea des statues , des autels, et même une chapelle nommée Socrateion ; enfin, la superstition des Athéniens honora comme un dieu celui que l’injustice avait condamné comme un malfaiteur.

Le nom de Socrate fut dans la suite honoré et profané par plusieurs sectes. On peut placer au premier rang de ses disciples , ceux qu'on vient de nommer, et qui se dérobèrent à la frénésie pimulaire. Cependant, Euclide de Mégare et Phédon remirent en vigueur la logique captieuse des sophistes démasques par Socrate; AristippedeCjrène embrassa leur morale licencieuse; et tandis que les écoles de Mégare et d’Élis s’appliquaient

GRKCE.

à égarer l’entendeinent de leurs élèves, celle de Cyrène tendait à corrompre le cœur humain. Antisthène combattit ces deux dernières sectes qui devinrent les sceptiques et les épicuriens ; mais il porta sa philosophie I jblime jusqu’à rextravagance.

40IS BNTAHIT L’BUDB,

La démocratie d’Athènes , détruite par un général Spartiate , rétablie par un roi de Sparte , n’atteste que trop les perturbations du sénat de Lacédémone ; mais sa haine ne pèrdit jamais de vue les Messéniens et les Èléens.

Ces derniers étaient des voisins et des alliés incommodes et souvent dangereux.; les autres, d’anciens et constants ennemis, avec lesquels il n’y avait aucun rapprochement possible.

Tanais que Lysandre et Pausanias II se trouvaient dans l’Attique, occupés des affaires de ce pays, Agis leva une armée pour infliger aux Eléens unchâtiment tardif, mais terrible. Alin de les surprendre, il conduisit ses troupes à travers l’Argolide et l’Achaïe ; mais il eut à peine franchi le fleuve Larissos (auj. Mana Potamos) , que son armée fut avertie par des fremblements de terre répétés , de s’abstenir de ravager la swnte Élide.

Il repassa sur le champ le Larissos , . et, de retour à Lacédémone, il licencia ses soldats.

Nouvelle invasion de l’Elide.

— La vengeance des Spartiates n’était que suspendue : l’année suivante, après avoir offert des sacrifices aux meux, les éphores commandèrent à Agis de rentrer sur le territoire éléen. Aucun prodige défavorable n’arréta le progr^ de ses armes; pendant deux étés et deux automnes^ les villages furent brûlés ou détruits , leurs habitants traînés en captivité ; les édiflces sacrés furent dépouillés de leurs ornements les plus précieux ; et les portiques, les gymnases, ainsi que plusieurs temples d’OIympie, renversés.

L.’Ëlide fournissait une trop belle occasion de pillage aux Arcadiens du mont Pbolœ et de la partie du mont

Évan , on se trouvent Phigalie et son beau temple d’Apollon (voj.pl. 38 )(*), pour manquer ae satisfaire leur rapacité, qu’enflammait la beauté virginale d’un territoire protégé long-temps par la religion contre les ravages de la guerre. Quand tout fut dévasté, les Spartiates accordèrent aux Éléens une paix presque équivalente à celle des tombeaux, car leur nationalité fut détruite.

Messéniens expulsés de la Ghèc£j404 avant J.-C. — Quelques Messéniens étaient venus au secours des habitants de l’Élide: il n’en fallut pas davantage pour faire diasser leurs compatriotes de Naupacte et de Céphallénie , où ils avaient fondé des colonies. La plupart se sauvèrent en Sicile , et plus de trois mille s’embarquèrent pour la Cyrénaïque , seul pays qui était hors d’atteinte de la puissance lacédémonienne.

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