GUERRES INTESTINES UÀNS LA GRÈCE
Tithraustes, qui connaissait , de son cdlé, la puissance de l’or sur l’esprit des Grecs J conçut le projet d’operer une diversion dans le Péloponè.se, <jui forcerait Agésilas à abandonner l’Asie- Mineure. Il expédia secrètement dans la Hellade TIniocrate de Rhodes, avec une somme de cinquante talents, que cet émissaire adroit distribua à Cyclon, d’Argos; à Timolaos et à Polyantès, de Corinthe; à Andr'oclide, à' Isménias et à Galaxadoros, deThèbes, hommes importants dans les factions 'opulaires. La tyrannie de Sparte était e texte perpétuel des déclamations de ces orateurs mercenaires ; et partout où ils exhalaient leur fureur, ils trouvaient les esprits disposés à les écouter.
ArMs avait été long-temps l’ennemie de Sparte; Thèhes aspirait à devenir sa rivale (*) ; les Athéniens , animés de l'esprit de Thrasyhule, attendaient avec impatience le moment de courir à la gloire et à la vengeance.
L’occasion semblait favorable pour attaquer Lacédémone , dont les armées se trouvaient occupées à étendre au loin ses conquêtes : on résolut de provoquer des hostilités , qui amenèrent un conflit entre les Phocidiens et les Tliébain'’. On s’attendait que les Spartiates prendraient part a cet événement, et c’est ce qui eut lieu.
L’orgueil de Sparte, au lieu de chercher à concilier les partis, se déclare brusquement pour les Phocidiens , court aux armes , et menace la Béotie. Lysandre réunit les Maliens,
(*) D’après le déèir manifesté par nos lecleiin, nous arons cni devoir donner dans cet ouvrage des vues exaclut de toutes les localités les pins rélèbres de la Grèce. De ce nombre est Tlièbea , dernier boulevart de la liberté grecque , renversé par Philippe, et anéanti par Alexandre. La Cadmée ou citadelle occupait l'éminence qui domine les ruines de 'rbébes. On y suit encore les traces de ses forliiieidjeni,
les Héracléens, les habitants de la Doride et du mont OEta, prend Lebadée de vive force. Orchomène par surprise, et se préparé à attaquer Ualiarte... Pour atteindre ce but, il demande des renforts à Lacédémone ; ses dépêches sont interceptées, et son projet est éventé.
Thrasyhule, bravant le ressentiment des Spartiates, quoique Atliènes se trouvât sans murs et sans défense, venait d’arriver à Thèbes avec un uissant corps de troupes. Les 'Ihéains le prient de rester à la garde de leur ville, tandis que tous les nommes capables de porter les armes sortent au déclin du jour et arrivent, après une marche de cinq iieues,lorsu’il était encore nuit, aux ^rtes ’Haliarte.
On les reçoit dans la place, qui apprend , par ses généreux défenseurs, le danger dont elle est menacée. On met en embuscade , hors des murailles de la ville , un fort détachement de troupes , et le surplus des forces reste sous les armes. Lysandre arrive au point du jour, lorsque le roi Pausanios, qui n’avait pas reçu les lettres qu’il lui écrivait , était encore à Platée. Les Lacédémoniens pressent leur général de les mener à l’assaut ; ei celui-ci, jaloux d'avoir seul la gloire d’un succès qu’il croit certain , se prête à leur demande.
Les créneaux dégarnis deHaliarte, le silence qui règne dans son enceinte encouragent les Lacédémoniens : mais, avant d'etre arrivés au pied des remparts. les portes de la ville s’ouvrent, les Thébains et les habitants sortent et s’élancent avec fureur sur l’ennemi ; Lysandre est tué , avec un ministre des dieux qui l’accompagnait.
Cependant ses soldats, revenus de leur première surprise , commençaient è se rallier lorsque les troupes de l’embuscade occasionèrent une nouvelle déroute : mille Lacédémoniens restèrent sur le champ de bataille , et le reste vint se rallier auprès de Pausanias.
Au premier avis de ce désastre , le roi de Sparte était accouru sur les liçux. Après une mûre délibération,
GRECK.
on convint d’envoyer un héraut à Haiiartr pour demander la perinisaion de rendre les derniers devoirs aux morts, parmi lesquels se trouvait Lysandre; elle fut accordée, à condition que l'armée lacédéiiionienne évacuerait immédiatement la Béotie. Pausanias y consentit, retourna à Sparte, où il fut traduit en justice , condamné , et n'écba^ à la punition qu’en s'enfuyant à Tégée , où il tomua malade et mourut. Son fils, Agésipolis, lui succéda comme roi de Lacédémone.