‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 39 sur 115 · CONON REBATIT LES MURS D’ATHÈNES, 393—391 «T. J.-C · texte numérisé non relu

CONON REBATIT LES MURS D’ATHÈNES, 393—391 «T. J.-C

Conon décida Artaxerxès à envoyer sa flotte victorieuse sur les côtes de la Grèce. Il avait fait comprendre à ce prince que , pour humilier à jamais les Spartiates , il fallait relever de sa chute la rivale de cette république impérieuse. Ses vues furent agré^ : la

flotte persane entra dans la mer Égée, conquit les Cyclades et l’île de Cythere, ravagea les côtes de la Laconie, et vint ensuite mouiller dans les havres, long-temps al^ndonnés, du Pirée , de PhMère et de Munichie. Ce fut alors qu’on travailla à relever les fortifications de la ville de Minerve, dont la restauration fut qualifiée de seconde fondation d’Athènes : les travaux se trouvèrent achevés la première année de la 97* olympiade.

AMBASSADE D’ANTALCIDAS.

Sparte, alarmée de la renaissance d’Athènes , envoya successivement plusieurs ambassadeurs à la cour de Perse et à Téribaze, qui venait de succéder à Tithraustes. Parmi ces ministres, on remarquait Antalcidas , homme hardi, éloquent, subtil, propre, p»

ses qualités autant que par ses vices, à remplir une commission insidieuse dans une cour corrompue. Habile à tourner en ridicule les maximes austères de Lycurge, Antalcidas faisait les délices des courtisans, en se moquant, à tout propos, des vertus de Léonidas et de Callicratidas , noms également glorieux imur Sparte et humiliants pour les Perses.

Mort de Conon. — En vain , pour entraver les négociations de l’ambassadeur Spartiate, Athènes et Thèbes voulurent lui opposer Conon ; son patriotisme peu judicieux fut puni par la mort, ou, suivant îXénopnon, par une prison rigoureuse : son fils, Timothée, vengea plus tard son injure et sa mémoire. Antalcidas conclut un traité, qui fut envoyé à Suze pour être ratifié par Xerxès; il était si honorable pour la Perse, qu’il semblait devoir être accepté sur-le-champ, mais il se passa plusieurs années avant qu’il re^t la sanction du grand roi-

MoRT DE Tkrastbule. — Dans cet intervalle de temps , la guerre entre Sparte et Athènes continuait sans être marquée par de grands événements.

Thrasybule, avec quarante galères, reconquit plusieurs Iles de la mer Égée, ainsi que Byzance, abolissant partout le gouvernement aristocrati-

GRÈCE

que pour y substituer la démocratie.

Ayant rellché à l’embouchure de l’Eulymédon, fleuve rendu célèbre par la victoire de Cimon , il y fut assassiné par les Pamphyliens , irrités des déprédations de ses matelots et du poids des contributions forcées sous lequel il les accablait.

PAIX D-ANTALCIDAS ,

38t ar. J..C.

Enfin , l’ambassadeur de Sparte souscrivit , sous le titre depaix générale, le traité d’infamie auijuel l’histoire a attaché le nom d’Antalcidas. Artaxerxès Mnémon en avait dicté les conditions ; elles wrtaient que « les cités grecques « de rAsie-Mineure, avec l’IledeCypre a et la péninsule de Clazomène , ap- « partiendraient en toute souveraines a a la Perse ; qu’il serait permis à a Athènes de conserver sa juridiction a sur les fies de Lemnos, d'imbros et a de Scyros : que toutes les républia ques grandes et petites de la Hela l^ade auraient la nberté de se goua vemer par leurs lois particulières ; a que tout état qui dérogerait à ce a traité encourrait l’indignation du a grand roi; que, d’accord avec les a Spartiates, il ferait aux contrevea nantsia guerre parterreetparroer.»

Ainsi furent détachées de la mèrepatrie ses colonies d’Asie, et la Grèce se trouva condamnée à la langueur de la paix , sans jouir de la sécurité qui devait l’accompagner.

rréNEHBMTS DE 3S6 i 379 mai i.-C.

AKBmOV DB tPABTB.

Pbise de Mantieée , SS5 ava.nt J.-C. — L’année qui suivit la pacification d’Antalcidas prouva qu’il y avait quelque article secret dans cet instrument diplomatique. Les Spartiates envoyèrent à Mantinée des ambassadeurs chargés de signifier aux habitants de cette ville d’en démolir les remparts , d’abandonner leurs demeures et d’aller habiter les paisibles hameaux où leurs ancêtres avaient vécu heureux. Les Mautinéens reçurent ce message avec indignation :

Sparte leur déclara la guerre, demanda des secours à ses alliés, et une puissapte armée entra dans l’Arcadie.

Mantinée était garantie des approches de l’ennemi par sa situation dans un terrain marécageux ; la hauteur et la force de ses murailles lui permettaient de défier tous les assauts ; ses magasins regorgeaient de provisions ; elle pouvait soutenir un long siège.

Agis, qui avait intérêt à s’eu emparer, proposa un moyen que le succès ne tarda pas à justifier. C’était de barrer le cours de l’Ophis et de refouler ses eaux vers le corps de la place. Cette mesure ne fut pas plus tôt exécutée que les fortifications de Mantinée , bâties en briques crues , se trouvèrent sous l’eau qui les ramollit et les fit écrouler. Les Mantinéens durent alors subir les conditions da Sparte, c’est-à-dire abandonner leur ville ; et, séparés en quatre communautés , ils allèrent s’établir dans les vallées du Ménale ; soixante démocrates obtinrent la permission de s’expatrier.

Prise de Phliontb, 384 avant J.-C. — L’année suivante , Sparte déploya le même système de tmnnie contre la petite république de Pnlionte. Ses principaux citoyens furent mis à mort , et le reste des habitants se réfugia dans les montagnes.

Confédération olynthiennf. , 383 AVANT J.-C. — Sur ces entrefaites , des ambassadeurs d’ Acanthe et d’Apollonie arrivèrent à Sparte pour demander des secours contre les entreprises ambitieuses des Olynthiens.

On leur promit dix mille hommes, tirés des contingents des différentes villes alliées de Lacédémone. Le sénat, entrant dans des voies de fiscalité, décréta : que si une ville ne pouvait fournir le nombre complet de soldats qu’on lui demandait, elle paierait la solde d’une demi - drachme ( 35 centimes) par jour; et, en cas de retard, elle était condamnée à une amende huit fois plus forte que la première somme, c’est-à-dire à quatre drachmes.

Eddamidas. — On envoya d’abord au secours d’ Acanthe et d’Apollonie deux mille hommes commandés par

L’UNIVERS

Eudamidas , qui reçut la soumission de Potidée, ville située sur l’istl^ de Pallèue. Fier de ce succès , il commençait à ravager le territoire d’Olyntlie ; mais s’etant aventuré , il fut intercepté dans sa retraite, vaincu et tué avec perte de toute son armée.

Telentias. — La nouvelle de la défaite d'Eudamidas était connue à Sparte, quand Telentias, frère d'Agésilas, partit à la tête de dix mille liouimes. Secondé par Annntlias, roi de Macédoine, et plus efticiiceinent encore par Dardas , frere de ce prince qui était souverain derÉlymée, ils se portèrent de concert contre Ulyuthe. Comme ils s’approchaient de cette ville, la garnison lit une sortie impétueuse. Telentias fut tué dans le premier choc , et les Lacédémoniens s étant débandés , leur armée se réfugia avec de grandes ditliciiltés dans les places d’ Acanthe , d’Apollonie, de Spartole et de Potidée.

Moet d’Agésipoeis, 381 avant J.-C. — Au printemps de cette année, Agésipolis étant arrivé en Macédoine avec de puissants renforts, prit d'assaut la forte villede Torone. Dans une théorie (pèlerinage) qu’il lit au temple d’Apollon, à Aphitis, ville maritime du golfe Toronaïque, il fut atteint d’une lièvre pernicieuse, dont il mourut le septième jour. Ses restes, embaumés dans le miel, furent transportés à Sparte ; son frère Cléoinbrote lui succéda au trône, et Polybiade au coiiv mandement de l’armée de Macédoine.

Capitulation d’Oltnthb. — La quatrième cainpagne des Spartiates contre Olynthe I ut le terme d’une guerre ui durait depuis autant d’années. Ses élenscurs se rendirent à Polybiade, aux conditions de renoncer à la domination de la Clialcidique, et d’obéir, en temps de paix comme en temps de guerre, aux Spartiate», leurs alliés et maîtres. -,

Ce fut époque que les rois de Macédojpealiandonnerent la résidence d’Ede^pour établir leur cour à Peila, ville ^ee à six lieues de la mer, qui était étendue par le cours de l’Axios, du Lydias, et par des lacs et des marais impraticables.

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