AFK AIRES DE THÈSES
383 ATHUl J.-C.
PHOEBinAS s’empare DE LA CaD- MÉE. — Lorsque Eudamidas entreprit l’expédition contre Olynthe, il avait été convenu que son frère Phœbidas le suivrait de près avec un corps de huit mille hommes. Dans sa marclie il passa près deTlièbes, qui se trouvait alors divisée par des factions. { Voy. pl. 40) (*). Isinériiüs, chef du parti démocratique, était soutenu secrètement par Athènes contre Léoiitiadas, qui était pour le parti de Sparte et de l’aristocratie.
Ce dernier s'étant concerté avec Phœbidas , le détermina à profiter de l’occasion qui se présentait pour s’emparer de la Cadiiiée , ou citadelle de Thèhes. La chose convenue , quelques heures après le lever du soleif , Phœbidas leva son camp pour continuer sa marche ; c'était au mois de juillet , la chaleur était considérable ; à midi on ne voj'ait personne dans la campagne, lorsqu’il donna l’ordre de rebrousser chemin. Ce jour même, les matrones tbehaines célébraient la fête de Cérès , à laquelle nul homme n’était admis ; les portes de la Cadmée, où elles se trouvaient assemblées, étaient ouvertes, et Léontiadas y introduisit les Lacédémoniens sans «prouver le inoiiidre obstacle. Il se rendit sur-le-champ au sénat, qui était réuni sur la place : il déclara que Phœbidas avait agi par son conseil. Il .«aisit au même instant Isménias , fit arrêter les démagogues , et quatre cents citoyens notables s’enfuirent à Atliènes. Ce crime heureux reçut l’approbation du sénat de Lacédémone.
La garnison Spartiate de la Cadmée unie au parti aristocratique , fit pendant cinq ans peser le poic(s de la ty-
(*) La ville de Thèbes , ruinée par Alexaodre-ie-Grand , et saccagée par Sylla , n’était plut célèbre a ue par les mautettrs du jour où die perdit Êpaminondas, nous dit Justin. Quand Paiisatiias la sisila il n’eu restait que les temples ; la citadelle, nommée la Cadmée, était seule haintéc : on voit socora des reMes du remparl qui l’entourait.
GRÈCE. ié1
rannie la plus accablante sur les Thébains; bannissements, confiscations, meurtres , tout fut mis en Œuvre par les oppresseurs. Ainsi les exilés qu^on persécutait à l’étranger, les citoyens qu’on tourmentait dans leurs foyers, n’attendaient qu’un signal pour se venger.