CONGRÈS DES GRECS
367 avant J.»C.
L’expédition des Tliébains au nord de la Grèce avait permis à Archidamos de reprendre l’offensive contre les Arcadiens, sur lesquels il remporta une victoire amiplète. Les épliores avaient envoyé presque en meme temps, comme ambassadeur eu Perse , Antalcidas avec Lutyclès, afin de hâter les secours de troupes et l’envoi d’argent qu'on attendait de ce pays. Thebes comprit qu’il était temps de maintenir ses intérêts dans la péninsule , et de prévenir les négociations de ses ennemis avec Artaxerxès. Épaminondas fut confirmé dans son commandement militaire; Pélopidas reçut la commission d’ambassadeur auprès du-grand roi , vers lequel il se rendit accompagné des députes d’Élis , d’Ar-
tos et (TArcadie. Les ambassadeurs 'Athènes partirent bientôt après pour
W OL n-
grkce.
Ja même destination , de sorte qu’on vit pour la première fois un conpes des républiques grecques discuter leurs intérêts a la cour d’un prince étranger.
î . ^ ■ . i"" a''>‘‘''ée , Artaxerxès traita ^ Antalcidas avec la bouté due à un
, bote et à un ancien favori ; mais à son
audience publique, les manières, la réputation et l’éloquence de Pélopidas ^ lui méritèrent une préférence que le roi, qui dédaignait la contrainte, ne I percha pas à déguiser. L’Athénien J imagoras seconda avec vigueur et adre-sse la négociation de l’ambassadeur tbebain, qui réussit à faire signer par Artaxerxès un traité qui portait en substance : « qu’Atbènes désarmerait
• flottes, que la Messénie reste- « rait indépenuante de Sparte, et que
“ • la guerre serait déclarée aux con-
r ' par la Perse et par les
■, « Thebains ses alliés. »
, Pélopidas étant de retour à Thèbes, les beotarques se bdtèrent d’y convo-
auer une assemblée générale des états
de la Grece. Athènes et Sparte dédaimverent de répondre à cet appel, et les Arcadiens rejetèrent toute espèce de négociation.
Leur ambassadeur, Antiochos, était revenu plein de dégoût pour le grand ".Ses richesses et sa puissance « n étaient pas, à l’entendre, telles A ” 'a flatterie le disait. Le platane
“■ * J ’’ ’. aa leur avait lait des
1“ • descriptions pompeuses, pourrait à
II' • peine fournir de l’ombre à une d-
• gale. Il n’avait vu en Perse que l’at-
‘P « tirail du vice et du luxe, des pàtis- '■ « siers, des sommeliers, des- cuisi-
• niers , et nulle part des hommes ca- « (^les de tenir tête aux Grecs. »
Corinthe , quoique la plus faible des v republiques du Péloponèse , refusa
> d entrerdansaucuneconfédérationavec
* le roi de Perse. Les autres états de la ' |>resqu’tle adhérèrent à cette déclara- ^ twn, en bravant la puissance du grand
troisième campagne D ÉPAMIHONDAS,
366 ayant J.*C.
I^paminondas encouragea ses com-
patrio^ à acquérir par les armes la preeniinence qu ils se flattaient vainement d obtenir par des négociations.
Un lui confia donc le commandement d une armée nombreuse, qu’il lit servir ' ^ forcer les Aciiécns d’accéder
a 1 alliance de Tbèbes. Depuis quelques années le parti aristocratique dominait dans rÀcbaie, et la noblesse accourut de foutes parts au devant du général tliébain : elle sollicitait à genoux sa protection ; peu inquiète de 1 indépendance natioiiaie, pourvu qu'elle conservât sa fortune particulière el ses privilèges.
L’aristocratie l'emporta , et cette révolution , qui s’était facilement opérée, ne tarda pas à devenir oppressive et sanglante. Epuiiiinondas, sans qu’on en connaisse bien les raisons, retourna a ïlièbes avecson armée. Il venait d’étre accusé par les Arcadiens et par les Argiens d avoir livré les Acliéens à la tyrannie des eupatrides, ou nobles. Les démagogues thébains exigèrent et obtinrent qu’on envoyât sur les lieux des commissaires appuyés par un corps de mercenaires , qui bannirent ou mirent à mort les nobles, et instituèrent l’ochlocratie, ou gouvernement de la lie du peuple, bientôt après une réaction lit remonter an pouvoir les eupatrides proscrits, qui chassèrent ou lireiit mourir les chefs du peuple : sachant combien il était dangereux de dépendre de la politique imxmstante de 'J bebes , ils implorèrent la protection de S|)arte , qui leur fut accordée.
Tïb ANNIE n’EüPHBON. — Sîcvone ne put suivre l’exemple des Aebéens.
Dominée par Eupliron, démagogue îunbitieux, secrètement attacli^ aux Thébains, ses tiabitants, divisés en factions , étaient plus occupés à se déchirer qu’à briser leurs fers, jusqu’au moment où Énée de Stymphaie chassa leur tyran et les rendit a la liberté.
Ëupliron s’enfuit è Thèbes avec ses trésors : ses ennemis attachèrent sur ses pas des émissaires chargés de déiouer ses intrigues, et ils finirent par l’assassiner dans la Cadinée, au milieu des arciioutes et de.s sénateurs qui s’y trouvaient assemblés. I.es meurtriers,
lie
L’UNIVERS
saisis en flagrant délit, s’obstinaient à nier leur crime, lorsqu’un d’eux, changeant de langage , confessa son action, qu’il qualifia de légitime et d’honorable. Les hommes ressentent si peu d’horreur pour les forfaits auxquels leur imagination est familiarisée , que les assassins furent absous d’une voix unanime par les magistrats de Thèbes.