L’ LUS IV ER S
tas broDCh^ des mathématiques, de la mécanique et de l’astronomie, recevaient un développement progressif de la d’Eudoxe de Cnide , de Tiniée de liOcres, (TArchitas de Tarente, et de Méton d’Athènes. L’école de Mégare, appelée la Contentieuse ( dialecticienne ), devenait fameuse sous l’enseignement du subtil Stilpon, qui professait les questions syllogistiques , appelées trompeuses, cornues, chauves, ainsi que la définition du moi qui n’est pas moi, renouvelée de nos jours. La doctrine d’Aristippe de Cyrène était enseignée
far sa nlfe .\rété , et perfectionnée par légésias et Annécéris, qui furent les précurseurs d’Épicure. La doctrine sévère d’Antisthene , disciple de Socrate, avait peu de zélateurs; mais Diogène, dont nous aurons occasion de parier, valait seul toute une école.
Beaux-arts, sculpture. — La sculpture était soutenue au plus haut degré de perfection par Polyclète et Canachos de Sicyone : par Naucide d’Argos, et par une foule d’artistes des villes principales delà Grèce, de l’Ionie et de la Basse-Italie, ou Grande- Grèce. On admirait particulièrement les ouvrages de Polyclète; et Lysippe, contemporain d’Alexandre-le-Grand , regardait la manière de Polycthète comme un modèle de perfection dont il était imprudent de s’écarter.
Entre Polyclète et Lysippe fleurit Praxilèles , dont les ouvrages formèrent la nuance intermédiaire entre le style subtime du siècle de Périclès et le beau, qui fut porté au plus haut degré de perfection au temps d’Alexandre-le-Grand.
Peinture. — La gloire que Polyclète et Praxitèles acquirent par leur ciseau , fut égalée dans la peinture par Eupompe et Pamphile de îjicyone , par Euphranor de Corinthe, par Apollodore et Nwias d’Athènes , par Zeuxis et Timidïte, et par Parrhasios, qui ne crul nas dégrader son talent en peignant la caricature du Demos, ou peuple athénien , et en com|>osant des ^jilcs et des caprices pittoresques.
Eupompe occasiona une nouvelle divi-
sion des écoles, qui étaient auparavant la grecque et l’asiatique. Après lui, l’école grecque se partagea en celle d’.Vthènes et celle de Sicyone. Pamphile et Apclle, son disciple, donnèrent un nouvel éclat à la dernière, qui semble avoir subsisté plus long-temps qu’aucune autre, puisque les tableaux , portés en pompe dans la grande cérémonie de Ptolemée Philadelphe, sortaient tous des ateliers de Sicyone.
Littérature. — De tous les arts cultivés à l’époque dont il est ici question , aucun ne fut porté plus loin que la prose. L’histoire de ïliucydide fut continuée par Xénophon. On gérait tenté de croire qu’il ne mit pas la dernière main à ses Helléniques ; mais on y reconnaît , comme dans tous ses autres ouvrages , le disciple de Socrate, l’expression et les respectables faiblesses de l’auguste caractère de son maître , qui , malgré une teinte superstitieuse, fut toujours d’accord avec b saine raison.
Orateurs. — L’orateur destiné à arler devant le sénat devait être âgé e 30 ans, avoir des enfants légitimes et po.sséder des biens dans l’Attique.
Cette loi était tombée en désuétude au temps où florissaient Lysias et Isocrate. Elle n’aurait été d’ailleurs applicable qu’au premier, qui se distingua ar la finesse et la subtilité de ses pTaioyers , car Isocrate ne parla jamais en public, à cause de la faiblesse de sa voix et de sa constitution. Son école d’éloquence et de littérature contribua a conserver, parmi ses compatriotes dégénérés , quelques restes de vertu et de bon godt. Son amour pour sa patrie fut extrême ; il prit le deuil à la mort de Socrate ; il ne put survivre à l’humiliation de la Gr&e apr^ la bataille de Giéronée, et il se laissa mourir de faim à l’âge de 88 ans.
Platon. Le personnage le plus remarquable de ce temps fut Platon , fils d’Ariston, homme justement admiré et plus extraordinaire encore qu’il n’était admirable. Il descendait des Codrides ; né dans la première année de la guerre duPéloponèse, la gymnastique déploya et fortifia son corps. Son es-
GRECE
prit s’éclaira et s’agrandit par l’étude de la géométrie et de la poesie , qui le rendireat l’écrivain le plus scrutateur et le plus bi illant de l’antiquité. A l'âge ae vingt ans , il se rangea au nombre des disciples de Socrate, qui avait révé, la nuit précédente où il devint son élève , qu’un cygne venait se reposer sur sa poitrine. Ce fut alors que , désabusé au sujet de sa vocation poétique , il brûla ses vers pour s’adonner entièrement au culte de la philosophie, f ulcain , dit-il , père du ftu, approche, Platon a besoin de ton secours dans cette occasion j c’était au moment où il se préparait à disputer le prix de la tragédie au théûtre dionysien.
Cne maladie empêcha Platon d’assister aux dernières conversations de Socrate, condamné à boire la ciguë.
l.e dégoût et la crainte le portèrent à s'éloigner des meurtriers du sage.
Ij s'attadia ensuite à Cratyle, disciple d’IIéraclite , et à lier'niogène , qui enseignait les dogmes de Parménlde. A trente-deux ans, il se rendit à Mégare.pour suivre l’école d’Euclide; de ü, il passa à Cyrène, où, après avoir pris des leçons de Théodore le uiathànaticien , il se rendit eu Italie, pour entendre Pliilolaos et Euryte , pliiiosophes pythagoriciens.
Après cette excursion , il alla visiter les prêtres d’Égypte : on dit qu'il lit ce voyage avec Euripide. Il voulait aller vom les mages ; mais la guerre ^umée en Asie Pobligea de renoncer à ce dessein.
■ De retour à Athènes , le philosophe ue fut point tenté de se mêler des affaires publiques , le désordre n'était plus susceptible d’être réformé, et les aines étaient dégradées. Aussi, dans sou iinagination impétueuse , Platon compare-t-il Us Âlhéniens à des cieiUaras (fui ont survécu à Uurs sens, avec quion raisonnerait inutilement, ou à des bêtes féroces qu'il est (iangereux d'apitrocher; et la société, a une terre stérile, où U ne poussait plus que des ronces. 11 s’écarta d'un théâtre qui ne présentait qgie des déceptions et des dqqgers , pour se re-
tirer dans une petite maison qu’il acheta aux environs de l’Académie.
(Voy. planche 49. ) Ce fut dans cette retraite qu’il passa quarante ans , si on excepte le temps de ses voyages, à instruire ses disciples , et à composer ces dialogues qui feront l’admiration de la posforité la plus reculée.
Platuii avait un extérieur sévère, et Aristote, son disciple, remarque à ce sujet, que tous les grands hoiuines d’Athènes étaient de la classe des individus pâles et mélancoliques. Ils avaient les orbites des yeux et les os des pommettes saillants , l'Iiabitude du corps décliarnée; rarement malades , ils parvenaient à un âge très-avancé, et conservaient jusqu'au dernier terme de leurs jours un esprit sain et vi-
foureux dans un tissu d’orga.oes trèsûbles enapparence. Mais quelle que fût leur aptitude dans les arts et dans les sciences, Aristote atteste encore que jamais l’esprit ne fut héréditaire dans tes mêmes lamilles; il cite, entre autres exemples , celles de Socrale et de Déridés. dont les enl'ants furent les plus stupiaes et le's plus obscurs des mortels. Ce phénomène n’était point uniuement propre à la Grèce, car on l’a epuis observé cliez toutes les nations civilisées de l'Europe. Au reste , dit Isocrate , rieii n’altéra davantage la race athénienne que la guerre et l’atuour des richesses , qui corrompirent à leur tour la liberté.