CONSIDÉRATIONS SOMMAIRES
AxTiQDE 'Primitive. — L’Attique primitive était le pays ciiéri des dieux. On n’y voyait que des laboureurs à qui la terre payait avec usure le prix de leurs travaux , et des pasteurs endormis.au sein de l’abondance, qui ne se réveillaient qu’à la voix des plaisirs. Séparés des peuplades .sauvages auxquell^ Pallas avait donné la trompette, symbole de la guerre, ils ne comptaient que des jours de paix. Les biens étaient oommuns entre eux , et chacun vivait content du nécessaire.
J.’ambition semblait bannie des treillages de myrtes et de lauriers sous lesquels les familles habitaient. Les
L’UNIVERS
haies, les fossés, étaient ignorés parmi eux ; on ne connaissait , on ne révérait qu’une divinité protectrice, Mopsopie, fille de l’Océan. Elle avait donné son nom à l’espace compris entre l’isthme et la partie du continent qui est enveloppée par le Cithéron et le Parnès , dont les étages boisés entourent jà droite le territoire d’Orope, et accompagnent à gauche le cours torrentueux de l’Asope jusqu’à la mer d'Eub^. Nulle autre contrée n’égalait sa fertilité. Tel est le tableau de l’Attique tracé par Platon , antérieurement au déluge arrivé neuf mille ans , ditil , avant le temps où il écrivait ; mais cette catastrophe changea jusqu’à la nature d’un séjour de paix , de bonheur et d’innocence.