‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 49 sur 115 · ATTIQUE POST-DILUVIEWNE. — CC · texte numérisé non relu

ATTIQUE POST-DILUVIEWNE. — CC

n’était plus l’heureuse Mopsopie , continue Platon; une partie du sol végétal avait été emportée par les eaux, et les montagnes, pareilles à un corps décharné à la suite d’une longue maladie, ne présentaient plus que leurs squelettes calcaires. Les champs phelléens étaient devenus une arène stérile imprégnée de substances salines, et les gouffres infernaux, en élevant à la surface du sol les mines d’argent du Laurion, avaient métamorphosé les fraîches naïades de cette contrée en sources minérales , dont quelquesunes causaient une mort immédiate à ceux qui se désaltéraient dans leurs eaux. Un trouva du soufre aux lieux qui produisaient des fleurs odorantes, et des métaux envahirent les terrains nourriciers des pâturages et des forêts. Jupiter pluvieux , qui descendait dans le sein ae la terre pour la féconder, cessant de produire les fontaines et les rivières perpétuelles , la végétation devint languissante et décolorée. Alors les arbres, qui ne trouvaient plus de terre pour s’enraciner au penchant des montagnes, fiirent remplacés par quelques hàiiisrs dont les égicores ou dievriers nourrissent leurs troupeaux, et par les touffes de plantes aromatiques, où, depuis ce temps, les abeilles, transportées de l'tle de Crète , picorent le miel délicieux du mont Hymette.

Moeurs privées. —Pour les Athéniens, la habiter su sance, et protection applaudissements prodigués aux orateurs et aux poètes , la principale occupation des habitants de l’Attique, ainsi que leur premier titre d’honneur.

Hésiode , en chantant les travaux et \k jours, avait consulté le goût national des Grecs , qui abandonnaient la pêche et les arts mécaniques à leuis esclaves. Quoique le commerce de la Thrace et du Pont-Euxin présentât des bénéfices considérables, les moeurs primitives l’emportèrent sur l’esprit mercantile : on préféra toujours un champ à la possession d’un vaisseau.

« Fuyez , écrivait Sitalcès à Éno- « pion , les vains et pâles discoureurs « qu’on voit errer nu-pieds aux en- « virons de l’Académie.... Venez vous « livrer aux travaux de l’agriculture; « vos peines seront récompensées, « vous verrez vos greniers remplis de « toutes sortes de grains, et vos caves « garnies de grandes cruches de vins « excellents. » Tel était le peu de cas qu’on faisait des systèmes de quelques sophistes dont les théories étaient discutées aux banquets deâ campagnards, avec ce persiflage, parfois amer, que donne l^pulence contre la pauvreté qui n’aspire qu’à la renommée. » Vous « revenez d’Athènes, dites-moi des « nouvelles de Platon, de Speusippe, « de Ménédème? de quoi s’occu^nt- « ils t quel est le sujet de leurs lué- « ditations.’ quelle nouvelle décou- « verte ont-ils faite? Par Gérés, veuif « lez me l’apprendre. » — Pendant les « Panatlién^, j’ai vu au gymnase « de l’Académie , des jeunes gens'qui « disputaient sur la nature des choses, •« la vie des animaux, la différence « des arbres et des lémraes entre eux; << ils étaient surtout fort emterrassés « pour découvrir à quel genre on de- « yaitrapporterlacitrouine.— Qu’ont- « ils résolu ? — Il y a d’atxird eu un « silence général ; ils avaient la tête « baissée, et semblaient réfléchir, lors- « qu’un d’eux a prétendu que c’était un

campagne et le bonheur d’y rpassaient toute autre jouisl'agriculture , placée sous la I des dieux , fut , malgré les

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GRECE

« lé^me; un second a prétendu que Adéfaut de maisons d’amis, on couchait « c’était une herbe; un troisième a dans les temples des dieux, sous les

• soutenu que c’était un arbre. A ce portiques et sur les places publiques ,

• propos , un médecin de Sicile , pre- lorsque le temps le permettait.

« nant nos philosophes pour des fous, . CuLTimE. — L’wonomie rappelait

• leur a ; une telle insolence les a bientôt les habitants de l’Attique dans

« mis aux champs. Platon , sans faire leurs campagnes , remplies de divini- « attention à ce qui venait de sapas- tés et d’illusions enchanteresses. Les

• ser, a requis, avec sa douceur ordi- demeures des riches étaient autant de « naire , l’assemblée de préciser de palais embellis par l’art des architec- « quel genre était la citrouille. Mais tes, des statuaires et des peintres. A « on s’en est tenu aux généralités , on défaut de concerts et de représenta- « a parlé des trois genres principaux , tions théâtrales, le ramage des oiseaux,

« et l’on n’a rien décidé sur la ci- des paysages ornés de monuments ,

< trouille. » d’autels votifs, de consécrations, de '

Villages, métairies. — Les vil- colonnes chargées d’inscriptions simlages où l’on s’amusait ainsi aux dé- pies et touchâtes , leur procuraient pens de l’Académie avaient pris , des sensations aussi vives que profoncomme dans la Grèce moderne , leurs des. Combien de fois une chapelle , un noms des familles qui les fondèrent , cippe funéraire, ne désarmèrent-ils ou des plantes et des arbustes qui crois- pas un homme altéré de vengeance, et saient dans leurs environs. Les habi- ne firent-ils pas reculer un voleur à tâtions qui les composaient, dissémi- l’aspect d’une maison abandonnée à la nées, ainsi qu’on le voit encore en garde des dieux ! Quelques-unes de ces Kpire , couvraient le penchant des métairies réunissaient tant de terres coteaux : les métairies , ou Eschatées, cultivées, de bois taillis, de vergers étaient cachées au fond des vallées , et de vignobles , qu’elles avaient jusavec des chapelles , des temples et des qu’à quarante stades , ou plus d^uno tombeaux, qui étaiént parfois fortifiés, lieue et demie de circonférence , telle pour les mettre à l’abri de la cupidité que celle du mont Parnès , décrite par des plagiaires (pirates) et des klephtes Démosthène. Il démontre, par une (brigands). Ces maisons de campagne, évaluation successive de tous les proentourées de culture, rappelaient la duits, qu’elle pouvait rapporter cinq Grèce primitive, mais embellie par le talents et seize mines, c’est-à-dire génie des arts. L’industrie avait fait re- environ 27,900 francs de notre monnaitre la fertilité sur les flancs des mon- naie. «Voici les poules de Méléagre , tagnes, en contenant les terres par des disait un métœce(agriculteur), en raon- ' encaissements en maçonnerie solide, trant les pintades de sa basse-cour ;

' Les bras de quatre cent mille esclaves ces oiseaux nous viennent de l’Étolie ; étaient employés à fertiliser par des les paons que vous voyez sont un arrosements, ces champs artificiels, où présent de Junon; et les faisans dont l’on cultivait des arbres , des v^étaux, nous nous régalons quelquefois viendes fleurs indigènes et étrangères. Ces nent de la Colchide , d’où ils furent lieux ainsi embellis avaient reçu le apportés en Thessalie par les Argonom de Délices^ et ils avaient tant nautes. Les citronniers deMédiefont d’attraits pour les propriétaires , qu’ils l’ornement de nos vergers , ainsi que ne pouvaient en être arrachés que par les poires lanugineuses dé Cydonie la voie des céiyces , ou crieurs publics , (les coings) et les pruniers de la Syrie. » qui parcouraient l’Attique à certaines Les bocagers et les treillageis raepoques pour les appeler aux cérémo- contaient comment ils employaient à nies civiles et religieuses. Alors cha- l’ornement des jardins les tilleuls , le cun apportait du vin et mettait dans buis et les charmes , en les coiu'bant un sac de crin du pain, de l’ail, du tantôt en voûtes dè verdure, en porfromage, des oignons et des olives, tiques, en temples , ou en les décou-

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