‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 50 sur 115 · üogle · texte numérisé non relu

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L’UNIVERS

pant en dieux. Ainsi , à l’exemple des élèves de Phidias, qui faisaient un Jupiter ou une cuvette d’un bloc de uiiirhre, les jardiniers transformaient parfois un arbre au vaste feuillage , ou un massif de verdure, en boudoir mystérieux , ou en dieu de Lampsaque.

Ft.Eims. — Au milieu des plus rigoureux hivers, les campagnes de l’Attique fournissaient la capitale des Heurs du printemps, des fruits de l’été et des dons de l’automne. On y vendait dans toutes les saisons des grenades, des raisins et des couronnes de violettes. La violette (ion) était la fleur nationale. Les peintres et les sculpteurs en ceignaient le front d’Athènes personniliée , que les poètes surnommaient Mfiénes la couronnée de violettes. On se parait de cette fleur dans les festins, aux Panathénées, aux Dionysiaques ; et, pour rappeler la vie champêtre, les archontes ne se montraient jamais en public sarts la mêler à leurs couronnes de iuyrte, symbole de l’autorité qui leur avait été confiée par un iieuple agriculteur.

JAnniivs DES biriLosopHES (voy.

pt. 49) (*).-— Ces jardins s’étendaient depuis les rives ce l’IllisSos Jusqu’à celles du Cp])hise. Postérieurement au temps dont nous parlons, les épicuriens étaient établis ad Centre de cet espace , les disciples de Platon vers le nord, et ceux d’Aristote au midi.

Jamais on ne vit de voisins plus pacifiques , ni moins jaloux : une allée d’oliviers ou un bosquet de myrtes

(*) La roule qui cuiiduitait d’Allièiies à ces jardius célèbres élail bordée jar les lüiiibotiux des héros morts pour U pairie et pai' eeiix des pips gruuds buaunes de la Ci-cco. Là re]H>saieùt l'Jirasjbule, l'ériclés , Cliabrias , Tfmdfbée , jTarmodios . Ai'islrtgitdii. Cet éridroit est énéore occupe iwr des jai-dius ët des bosquets d’oliviers , dont le pied ésf baigné par l’illissos. ILilis le t'oiuf^ w' aperçoit les l'ropjlées et le l>aribéuon, près duquel veillait, comme une gardienne assidue, la grande statue de Minerve, dont la terrible egide, nous dit Zoiinie, repoussa Alaric lorsqu’il s'avança (usque sous les rtsiqiarU d’Athènes.

y séparait les systèmes et j servait de limites au règne de l’opinion.

Cependant cliaque secte se distinguait par un caractère spécial et par des mœurs qui lui étaient particulières. Les épicuriens ne furent jamais ni riches, bi pauvres : on apercevait parmi eux beaucoup de siltiplicité et beaucoup d’économie : ils ne voulurent jamais se donnér la moindre peine pdur ailginenter le patrimoine que leur fondateur leur avait légué par son testumeat.

Les successeurs de Platon furent malheureux pendant les gderres de Philippe , fils de Démétrios , qui Saccagea leurs possessions, et le même malheur leur arriva au temps de Sylla.

Mais comme les Grecs avaient une singulière prédilection pour ies platoniciens , ils rétablissaient leurs jardins à mesure que des chefs de brigands ou soldats les dévastaient. Enfin, l’usage s’introduisit parmi ies personnes les plus distinguées de la Grèce , qui n^^avaient ni famille , ni postérité-, d’instituer les platoniciens leurs héritiei^ -, de sotte que la communauté de ces philosophes parvint à acquérir un revenu annuel en biens fonds qui la mettait <à l’nbri du bèsoin.

Les successeurs d’Aristote, qui occupèrent les lycées situés vers ies rives de i’IllissoB, étaient oppOSés à la vie dégradée des cyniques, et Ils se distinguaient par autant de sulendent que leur fortune pouvait eit comjiorteh Lveon, qui gouverné long-temps leur républitjue , fut même blâmé d’y avoir introduit une trop grande Jirodlganfé.

Il parait que les lâiilbsophes gwes avaient une aversion plus marquée pour la ville que les cémpagniùWs eU»inêmesîmaiscommeiln’entraitnbsdafls leure vues de s’éloigner d’ Athfties, ils imaginèrent, désld temps de Platon, un milieu entre les extrêmes, en hi=bitant les jardins répéhdUB auX environs de la ville. C’est là que dans le repos il se forma tant de ces hommes dont un seul aurait pu suffire pouf illustrer toute une nation;

C’était dans oes retraites que la jeu-

GRÈCE

Hesse recevait l’inetruetion. Lorsqu’on professeur av^t beaucoup de disciples Ils coDstruisaient pour leur usage autour de sa demeure des cabanes , où ils se logeaient avec une satisfaction singulière; car ils étaient capables de tout entreprendre et de tout endurer pour acquérir la sagesse et l’imniortalite. Ainsi il n’en coûtait pas beaucoup aux jeunes Athéniens pour aller entendre des leçons qui se donnaient dans un t^rceau de verdure, et pour lenir ensuite dormir sous des toits de cliaume.

Platon, qui dut abandonner les en- '‘'®“s <Ie l Académie à cause de l’insalubrite de l’air , se retira à Colone.

QUI avait été habitée avant lui par ladronoine Méton et par Sophocle, ii lUt alors au comble de ses vœux et son affectiou pour ce coin de terre se montre jusque dans son testament, üa'trte*^* * transmis par Diogène

tiependant aucune de ces demeures ne devint aussi célèbre que le jardin dtpwure. Une inscription annonçait que le joiHierai/i bien y résidaU'au San de k volupté. Mais quand on |«inetrait dam cette enceinte, on était **^“''«1' des hommes m et honnêtes, assujettis au régme le plus sobre, unis entre eux j«r ICS liens d’une amitié inaissoluble.

pardonner leurs défauts aels et supporter sans murmurer chefs, persuadés,

CO nme le dit Lucrèce , qu’iTcroît des jusque sur les autels où l’on Hcriiie aux grâces ; euiin leqr .vofcnfc' ternit la ,,, .

C’était

toi ‘%e cl-or que les

les Attiqûe solennisaient

de la nature et

jourd hui la naissaïice démon fils î . P» ‘=*’er Pythacion ,

« Hn de Venir au fes-

J® Pï^parfc à cette occasion.

Amenez avec vous votre femme ,

. rp votre cbêen,

gardien tidèle de vos troupeaux,

Ibâ

• dont là voix retentissante sait en

« eloigner tous les dangers. Ce ne “ ®®''? P®* î"' se trouvera le plus

» mal d’être notre convive. U Le efijen semble avoir été un personnage oblicé dans tous les banquets rustiques, «ta x vite, répond un des interlocuteurs « de la comédie du Plutus à un esclave,

« dis a ton maître de venir , dis-le à « .sa femme, à ses enfants, à son “ cliign , et même à son cochon. »

« SaluezdemapartCliioné, la char-

* mante brebis qui vous donne de si « Mlle laine , vos deux bœufs et votre «chien. »Avec quel plaisir on se transmettait des nouvelfes de tout ce qui apoartenait à une famille! avec quel abandon on célébrait les fêtes ' «Venez, mon cher voisin, hâfez- “ vous; dans ces sortes d’occasions , « Il convient de se mettre de bonne « heure a table. Wons boirons, s’il le « faut, jusqu’à l ivrcsse; nous dansc- « rons et nous répéterons ce rclrain « de Sapho ; Jouissom du plaisir!

« Cent un vial que la mort; les « dieux font ainsi Jugé, puisqu’ils « se sotit faits immortels. »

Moeurs nus I'araliüxs. — Ces joies naïves pourraient faire croire une le bonheur avait fixé son séjour dans l’Attique. mais elles n’étaient pas celles des habitants de tous ses cantons. La Parade, contrée rude et stérile , ne nourrissait presque que des hommes , «donnés à la pêche et à la Tiavigafion. Maudissant rinconstance de l’elément sur lequel ils exerçaient leur industrie , accusant plus souvent des iirnîtres injustes qui les opprimaient, mais toujours Grecs, ils trouvaient des délassements au sein des agitations pénibles de leur existence.

Ils célébraient , au solstice d’hiver , la fête de Jupiter tout- puissant par des festins, en actions de grâces des quatorze jours de beau temps qu’il donne à cette époque, regardée comme la nourrice sacrée des alcyons au plumage éclatant. Au prinfemps , ils fêtaient l’oiiveitiire de la navigation en offrant des sacrifices à Borée, qui ravit Orithye, iille d’Érechtée, sur les bords de l’Iliissos : ils reprenaient

L’UNIVERS

alors la mer; mais ils redoutaient l’approche du mois de mai, qui n’était pas encore consacré à la mère de Mercure, n I.es flots sont agités, le B ciel s’obscurcit; les nuages s’ainon- X cèlent de toutes parts; les vents « contraires s'e combattent et se dis- « posent à rendre la mer affreuse ; « les dauphins jouent à la surface des « eaux , dont le sourd mugissement « annonce le désordre et la tempête.

« Les gens instruits du cours des B astres disent que nous sommes au B moment du lever du taureau. »

Les danprs de la mer étaient inhérents à la profession des Paraiiens ; ils savaient les prévoir, s’en défendre et s’y résigner. Mais, distribués par classes, comuie dans nos départements maritimes , depuis le Pirée Jusqu’à Géreste, en Eubée, des hommes qui ne eonnaissaient que leurs barques et le marché au poisson d’Atnènes , frémissaient à l’idée de monter sur les vaisseaux de l’état, b Le « Paralos et la Salamine vont sortir B du Pirée avec les commissaires in- « quisiteurs chargés de recruter des B rameurs habiles à braver les vents B et les flots ; où fuir , nous qui B avons femmes et enfants .’ » Aussi étrangers au luxe d’Athènes que les habitants des contrées voisines du mont Parnès l’étaient aux questions de l’Académie , ils ne pouvaient concevoir la niolle.sse des Jeunes gens qui passaient la vie dans le quartier voluptueux de Scyros. b Pamphile avait n loué mon bateau pour se promener.

B Le bois lui en a semblé dur; il a B fait couvrir le tillac de tapis étran- B gers et de coussins. Il a demandé que B nous tendissions une voile au-dessus « du pont pour le mettre à l’ombre.

« Nous voguions ensemble, non-seule- « ment Pamphile et ses amis, mais, B de plus , une troupe de femmes char- « niantes, toutes bonnes musiciennes.

« Crumation , l’une d’elles , jouait de B la lldte ; Krato pinçait de la lyre ; « Évepa faisait résonner les cymbales :

B tout respirait le plaisir et la Joie. >> I.a joie éclatait encore chez les Paraliens dans la fête des petites Panathé-

nées, instituées en l’honneur de Minerve Suniade {*), qu’ils célébraient par des joütes nautiques et des courses de alères en vue de ce beau temple, ont les colonnes signalent encore de nos Jours aux navigateurs la terre antique de Cécrops. ( Voy. pl. 60. )

Mines du Laurion. — Il est probable que les habitants du Laurion sacriflaient aux dieux infernaux, car ils n’avaient en partage que des travaux pénibles , et d’autres espérances d’un meilleur avenir |que dans le tombeau. Ils exploitaient des mines dont le rameau principal s’étendait du sudest au nord-ouest, depuis le monument de Trasyllas Jusqu’au bourg de Besa. On ne trouvait dans ce canton u’une population d’esclaves achetés ans les marchés d’Europe et d’Asie, qui étaient ensevelis vivants dans les entrailles de la terre pour en arracher un minerai mêlé d’argent et de cuivre, et des émeraudes de bas uloi. On sait comment ces infortunés, chargés de chaînes , déchirés de coups de fouet , sortirent subitement armés du fond de leurs souterrains, prirent Sunion d’assaut, châtièrent l’avarice de leurs maîtres , et mirent fin pour Jamais à l’exploitation des métaux ; mais il n’en fut pas de même des carrières du Pentélique, qui servirent à la construction de tous les monuments d’Athènes, d’une partie de ceux de la Grèce, et qui pourraient encore être exploitées de nos jours. (Voy. pl. 61 .) (**)

(*) Sunion élut un des principaux dèmes de l'Attique. Deux temples célèbres s’y élevaient , l'un consacré à Minerve , l’autre à Neptune ; on présume que les admirables restes qu’on y voit encore appartiennent au premier de cet temples. Les douze colonnes en marbre blanc qui existent charment l'œil du navigateur qui les aperçoit de loin ; elles produisent un grand enet par leur position , et elles ont fait donner au cap Sunion le nom de cap Colonne. Une muraille en pierre, qui servait de terrasse pour soutenir les terres , existe encore.

(**) La roule qui conduit k ces carrières rie , sur le marbre où elle a été taillée , traces des roues des chars antiques, qui

GRECE

PlRÉX, ÉTABLISSRMEirrS, INDUS- TRIE , COMMERCE. — Le di^a et le bazard’Hippodamos étaient les grands dépôts des productions des pays étrangers qui y étaient admis, ajçrès avoir payé le droit du cinquantième à la douane. Les plaisirs s’étaient fixés au Pirée pour entrer en partage des profits de la navigation et du commerce.

On trouvait , a côté des usines où l’on forgeait des ancres et des cales de radoub , un théâtre , des temples , des portiques remplis de statues, de basreliefs et de tableaux , objets des spéculations de quelques marchands qui achetaient les ouvrages des artistes grecs pour les revendre dans tous les pays civilisés. Ces productions, copiées, réduites dans des proportions différentes par des ouvriers qui travaillaient au rabais, étaient parfois expédiées à la cour du grand roi , où les ouvrages de la Grèce avaient du débit , plus par ostentation que par une juste appréciation de leur mwite, car les grands tableaux et les gros volumes furent toujours les plus estimés chez les Barbares.

Juifs, courtiers. Les échanges se faisaient en mousselines des Indes, si fines , que les courtisanes les appelaient des nuages, et d’autres fois en

probablement i depuis Hadrien, ont cessé d'j venir enlever les matériaux destinés à TanbeUissement de la ville d’Athènes. Le marbre de ces carrières, taillées à pic, a pris , en plusieurs endroits , la teinte dorée du Parthenon et du temple de Thésée. Sur l’un de ces blocs, on voit aujourd’hui une petite masure , qui probablement servit d'habitation à quelque dévot ermite ; il fallait une très-longue échelle pour y parvenir. On remarque , à gauche des carrières , une vaste excavation conduisant dans de profondes cavernes. Cette salle d’eutrée est embellie par des pilastres et des colonnes formées par les stalactites, que l’on dirait d’albétre par leur couleur et leur éclat , et qui lui donnent l’aspect des grottes de Paros. Dans l’iine de ces cavernes sont les ruines d’une chapelle. On aperçoit , du haut de ces carrières, toute la plaine d’Àthrées,le golfe Saronique, les îles, les montagnes du Péloponèse, et, dans le fond, la pleine mer.

Ïiroduits de la Syrie , de l’Egypte et de a Lydie, exploités par des courtiers ûraélites qui faisaient les affaires des Phéniciens. « Les vaisseaux de Tyr, « qu’ils vendaient souvent tout con- « struits, sont , disaient-ils, bâtis avec « les sapins de Sanir. Un cèdre du Li- « ban en fait le mât , leurs rames sont > en chêne de Bazan , leurs voiles en « lin d’Égypte, et leurs tendelets sont « teints avec l’hyacinthe et la pourpre U des îles d’Élisa. Nous vous propo- « sons, ô Athéniens , de solder les « vases d’airain que vous envoyez à « Tyr, contre le fer, l’étain et le plomb « que les Carthaginois nous ont char- « gés de vendre. Nous vous offrons > pour exploiter les mines du Laurion, « des esclaves de Thubal et de îllo- « soch, que les Phéniciens troquent « contre des chevaux et des mulets de « Thogorna. Nous nous engageons à n payer les huiles et les olives livra- « oies aux Dionysiaques, à la fête « prochaine des Tabernacles , avec du « froment de Juda, des laines teintes n de Damas, des cannes succulentes « et des parfums de Saba et de Retna.

« Nous sommes fidèles à nos enga- M gements, et connus dans le como merce dès la plus haute antiquité.

« Avant la guerre de Troie , deux cent « soixante ans après l’entrée de nos « pères dans la terre protnise (car « nous ne possédâmes jamais entière- « ment la terre de Chain), nous étions K passés du service des Hyscos à celui O des Phéniciens , qui étaient déjà ré- « pandus dans toutes les îles de la mer « Égée, où ils vendaient des marchan- « dises du golfe Persique et de la mer « Érylhrée. »

Les Juifs, qui abhorraient les statues et les tableaux, en trafiquaien'par commission, comme leurs descendants vendent aujourd’hui à Jérusalem des croix et des chapelets , dont ils sont les principaux fabricants. Quoiu’ils ne connussent qu’un livre, celui e Moïse, ils achetaient ceux des Grecs , et ils s’humanisèrent au point de lire Platon , mais ils restèrent toujours étrangers au milieu du peuple aîné de la civilisation.

L’UNIVKRS,

Les lois relatives aux exportations étaient affichées au Pirée. Elfes étaient ainsi conçues : 1° Celui qui exportera d’autres fruits que les olives sera maudit publiquement par l’archonte, ou il se raclietera par cent drachmes ( la drachme était de quatre-vingtdix centimes ). Les ligues ne piurront être exportées. 3* Le bfé ne peut sortir oe l’Attique. 4“ Aucun individu ne pourra en acheter à la fuis plus de cinquante phormes. 5° L’exportation de la laine et de la poix est prohibée.

fiANQUIERS, INTÉRÊT, USURE.—

I>es trapezites, ou banquiers établis surtout au Pirée , faisaient monter le change maritime à trente pour cent j conformément h la loi de Solon , qui considérait comme marcliandise, l’argent qu’on pouvait vendre ou prêter a volonté. 1 /intérêt se fixait de luimême. Comme le monde entier n’avait pas à beaucoup près le tiers de l’argent qui existe depuis la découverte de l’Amérique, l’intérêt se soutint dans le commerce à douze pour cent. En effet, ce ne sont ni les législateurs , ni les moralistes, ni les théologiens, ni les banquiers qui l’ont réduit au taux actuel , et si la vieille Europe était tout-à-coup dépouillée de la moitié de ses métaux précieux, on verrait aussitôt l’intérêt monter à neuf pour cent. Le change était, suivant bémosthène, proportionné aux dangers de la navigation , et il n’y a pas aujourd’hui de chambre d’assurance qui ne suive les mêmes errements que de son temps.

Les usuriers étaient regardés comme les plus vils et les plus ignominieux des hommes. La voix publique qui s’élevait contre eux et le profond mépris auquel ils étaient condamnés , formaient un supplice si grand , que le législateur ne crut nas nécessaire d’y ajouter un autre châtiment : il serait à souhaiter qu’on pût ainsi gouverner plutôt les hommes par l’opinion ue par les peines; nous rétrogadons e nos jours vers la barbarie.

Revenus , impôts. — En temps de aix, la république faisait face a ses épenses avec les impôts des fies et

des pays conquis , des villes tributaires ; des droits d’entrée et de sortie sur les marchandises , du produit des salines du Pirée et de Phalère; des mines d’argent du Laurion ; des oliviers consacrés à Minerve; des pêchecheries situées à la côte orientale et occidentale de l’Attique ; des confiscations et des amendes ; de la taxe des courtisanes , et de la capitation sur les étrangers.

Bémosthène et Eschinè varient dans leur calcul sur les revenus publics d’Athènes ; mais ainsi que dans la chambre des députés , on voit un honorable parler souvent pendant deux heures, pour démontrer que la E’rance est perdue sans ressource, et ensuite un autre parler encore pendant deux heures , pour prouver que jamais la France ne fût dans une plus grande prospérité financière , il y avait contradiction et obscurité sur ce chapitre.

Selon le calcul d’Eschine , le revenu annuel de la république s’élev.ait audelà de 1200 talents , ou 6,480,000 fr.

période macédoniemne.

8oo — 3^3 «• 3-*C.

Origine du royaume dh MAcaâ- DOINE, 813 AVANT J. -G — Une colonie grecque d’Argos , qui , sous la conduite des Téméiiides, de la race d’Hcrcule, alla s’établir dans l'Éinathie, jeta les fondements du royaume de Macédoine , qui devint si puissant dans la suite des temps. Cette colonie se maintint non-seulement contre les naturels du pays, mais ses rois étendirent successivement leur domination par la réunion ou la soumission de plusieurs peuplades voisines. Cependant son histoire primitive et même les noms de ses rois sont environnés de ténèbres , jusqu’à l’époque de l’invasiop des Perses dans i’ Europe.

Premiers rois macédoniens, — Hérodote ne fait aucune mention des trois premiers rois de Macédoine , Caranos , qui , dit-on , régna vingt-huit ans; Cœnos , vingt-trois ans , etTyrmas, quarante -cinq ans; mais il nomme comme fondateur de cet empire PercUecas, qui régna entre 799 et

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