ADMINISTRATION
344 — 343 ans BTant J4»u»'Chriit
Philippe passa une partie de celle année clans la Macédoine, occupes
(*) On ne sait précisément à quel édifice appartiennent les ruines de ce îeuT ’ Pausanias dit que Corinthe possédait se temples, un théâtre, un odéon et un il ; Ce seul monument qui nous reste, et^ avait encore onie colouues lorsque le dessina , nous offre le type du plus style de rarcliitecture greûiue ; lescolo»*'
grp:ck.
élever des édifices publics et à surveil- qui existaient entre les deux états et 1er l’éducation de son fils Alexandre , d’établir des réglements de commerce, dont L’esprit ardent et l’intelligence II finissait en exhortant les Athéniens précoce demandaient une attention par- à se méfier de l’ambition persomiclle ticulière et des soins vigilants. Il ne des démagogues, qui tendait à allumer manquait à Philippe, jxiur être heu- une guerre dont il était impossible de reux au sein de sa famille , que de calcul les conséquences, pouvoir vivre en paix avec sa lemme Diopeithès générai.. — Ces ar- Olympias. Pour la calmer, ou pour tifices, quoique appuyés de l’éloquence toute autre cause, il étendit les ror- de Python, furent’ déconcertes par nés de l’Épire en faveur de son beau- Hégéiippos, qui réfuta victorieusefrère Alexandre , à qui il donna la ment la lettre de Philippe et détermina ' Cassiopie ( aujourd’hui canton de Ro- les Athéniens à envoyer dans la Chergoux ), en partie habitée par des co- sonèse de Thrace une expédition, dont lonies éléennes, et il s’empara de l’ile le commandement fut confié à Diode Halonèse , sans égard aux réclama- peithès.
fions des Athéniens. Philippe, plein de confiance dans le
Le gouvernement de Macédoine de- - succès de ses intrigues, s’était porté vait devenir absolu sous un chef aussi dans la Haute-Thrace , lorsqu’il apprit habile et aussi heureux. Sa garde de que le général athénien avait attaqué Doryphores, composée d’une noblesse et enlevé une partie des habitants des soumise à sa volonté, fixait les rap- colonies de Crobylée et de Tiristasis. ports entre le prince et les grands. Il envoya aussit'ôt Amphilocos pour
Les principaux chefs de l’armée com- traiter de la rançon des prisonniers,
posaient sa cour, tandis que le peuple Mais, sans égard pour l’inviolabilité passait de la vie pastorale et pauvre à de son caractère, Diopeithès fit met-
cellè de nation guerrière et conqué- tre le parlementaire de Philippe en
rante. Aussi le roi , présent partout , prison , espérant amener par ce moven apaisa en 343 les troubles suscités une rupture entre Athènes et la Madans la Haute-Thrace par Amadocos, cédoine.
roi des Odryses; occupa Cardia, pa- En apprenant ces insultes, Philippe trie de Miltiade, et la Chersonèse de donna un libre essor à ses plaintes. Thrace. Ces empiétements semblèrent Diopeithès, qui avait levé quelques réveiller les Athéniens de leur léthar- impôts sur les alliés d’Athènes , fut git; mais au lieu de courir aux ar- accusé de concussion , traité de pirate mes, ils employèrent les discours, les et de brigand. Les pensionnaires du roi décrets , les ambassades, et tous les Joignaient leurs clameurs à celles des cantons de la Hellade retentirent de démagogues, qui insistaient pour que leurs plaintes éloquentes. l’auteur de tant de forfaits fôt rappelé
Le roi, pour contre-balancer l’effet et puni d’une façon exemplaire, des doléances d’Athènes, y envoya Py- Démosthène en jugea autrement ; thon de Byzance, homme ardent qui * Si Diopeithès, dit-il, est coupable, cachait sous une véhémence passion- ■ un simple décret du sénat péut je née de langage un cœur perfide et * faire rentrer dans le devoir. Mais un esprit mercenaire. Il était porteur •> l’ennemi public, Philippe, qui a opd’une lettre de Philippe au sénat et “ primé les Chersonites , attaqué et au peuple d’Athènes. Il offrait de leur « pris Serrion et Doriscos ; qui refaire présent de l’ile de Halonèse; de “ primera son audace? Ainsi, loin de soumettre à un arbitrage les différents ^ rappeler l’armée de la Chersonèse ,
« il est urgent de la renforcer, car uni les plus courtes que nous connaissions * Philippe ne voudra jamais paraître de l'ordre dorique; elles sonl d'une pierre “ en guerre avec VOUS, qu au moment poreuse d’un seul bloc, et revêtues d’un * où il 3tta(juei*3 les murs d Atncncs. stuc extrêmement dur. a Ne vaut-il donc pas mieux lui résis-
L’UINIVKRS.
n ter en Thrace que de l’attirer sur « le territoire de l’Attique? Quant <1 aux contributions demandées par O Diopeitliès aux Giecs asiatiques, « ses prédécesseurs ont toujours levé « sur les colonies des droits propor- » tionnés à leurs besoins; si votre géi< néral n’avait pas cette re,ssource , « comment ferait-il subsister ses trou- « pes, lui qui ne reçoit rien de vous « et qui n’a point de patrimoine? Se- « rait-ce du ciel ? ■>
Démasi|uant l’intrigue sous toutes ses formes , et montrant la présence de Phibjvpe |)artout ; « Croyez-vous , n poursuivit-il , que les cabanes de « Drongila, Cabyla, Mastyra, soient « des objets dignes de son ambition ; « que pour les àctpiérir, il s’exposerait '< à tant de <langers et de fatigues ; « que pour l’amour du sdg/e et du « 7Hilm de lu Thrace , il consentirait n à scqourner au milieu des neiges et i> des ouragans de cette sauvage con- « trée, Uaidis qu’il dédaignerait les « richesses et la splendeur d’Athènes, « vos ports , vos arsenaux , vos galè- « res, vos mines et vos revenus? Aon, ■V Athéniens : c’est pour vous subju- « guer ((u’il porte la guerre en Thrace « et partout ailleurs. Mais que doit-on « faire?... .Sortir de notre apathie, « avoir une armée toujours prête à « défendre nos alliés et notre indé- « iHîtidance. »
Diopeitliès fut absous; on mit une flotte en mer sous le commandement de Caliias , qui s’etn()ara d’une quantité de vaisseaux macédoniens, et pilla les ports du golfe Pélasgique. lin détachement de troupes athéniennes, envoyé dans l’Acarnanie, battit Alexandre, roi d'Épire ; la garnison macédonienne fut chassée de llalonèse, et de toutes parts on provoqua une insurrection contre le roi de Macédoine.