INFLUENCE UK LA PERSE
34< avant
J.a corruption avait créé dans H\zance un parti jinissant en faveur de Philippe. Python, qui était son agent, avait acquis une grande induence sur
la multitude; l'armée macédonienne, forte de trente mille hommes, s’avancait; on devait lui livrer une des portes de la ville, lorsque le comploifut découvert, et le roi , obligé de se retirer, investit Périnthe.
La nouvelle de cet événement redoubla l’activité des Athéniens, et Ochüs, qui n’ignorait lias les projets de Philipiie contre ses étals , en revint a la politique de ses prédécesseurs.
I/or de la Perse lut répandu avec profusion parmi les démagogues ; Démosthène , dont le patriotisme n’était pas toujours désintéressé, fut charmé d'étre payé pour faire son devoir, et il déclama avec plus de violence que Jamais contre le roi de Macédoine.
Demosthène coübonné. — Les Eubéens, également incapahles de jouir de l’indé[)endance ou de rester .soumis à aucune puissance, avaient eu cette fois sujet de se plaindre des violences du parti macédonien. Chalcis , Oréon, Érétrie , se préparaient à la révolte ; plusieurs états grecs leur avaient donné des espérances de secours, lorsque les Athéniens leur envoyèrent un corps d’armée, commandé par Phocion. Démosthène accompagna l’expédition, et il porta l’enthousia.sme public .à un tel point , que les Macédoniens , battus et traqués , furent contraints d’évacuer l’Eubée. Lajoie de ce succès fut telle dans Athènes, que, sur la motion d’Aristonicos , on décerna une couronne d’or à Déniosthène. Elle lui fut remise, au nom de la république, dans le théâtre de Pacchus , au milieu d’un concours prodigieux de peuple, de citoyens et d’étrangers.
ATIlfcNES
ttCOOKT tF$ TILLES DE LA THEACB,
341 av. J,-C.
Philippe se trouvait alors occupé devant Périnthe ; trois fois le sié.ge avait recommencé, et trois fois les Périnthiens avaient été sauvés par un concours de circonstances heureuses, lorsque .A pollodore d’Athènes, qui .amenait un corps considérable de mercenaires à la solde des Perses, força
6ÈÊGI;. m
Philippe à convertir le «lëM eti bloCtl».
Périnflie fût resserrée «roifement; phocion, cénÉItAL,
mais le roi, ^i devait plus de deiit 340 avant J.-C.
cents talents à son armée , lui accorda
en paiement le pillage d'une partie du Phôcion prouva que les alliés , en territoire de Byzance, et bientôt après refusant l'assistance de Oiarès , n’ail conduisit le’reste de ses soldats au valent voulu que se mettre à couvert siège de Sélymbrie. des rapines de ce général, et que,
DémoSthène , redoublant de zèle , pouf rétablir la réputation d’Athènes, ne cessait d’exhorter ses compatriotes on devait renvoyer les trémes trouà secourir les villes de Thrace. IJ pes,souslaèondûitedequp|quehomme comparait les invasions de Philippe , d’honneur. La pro|KJsifioM fut approutantôt aux retours périodiques des vée, et Phoclon lui-même iminmé amièpidémies qtii menacent également ral et capitaine général*, arrivé à sa tous les hommes d’une calamité immi- destination , il fut reçu h bras ouverts neate , et tantôt à ces nuages orageux paf les âisiégés dé Périnthe et de Bydont les masses remplies de grêle por- zartéê.
tent l’effroi dans les campagnes : ch8- Dès ce moment Philippe n’éprouva cun respirait la guerre. plus que des revers. Ses ruses furent
Mobt de DiopeIthèS. — Cepen-* combattues ou éludées par des ruses dant Philippè ne cessait de protester, seniblahle.s ; et convaincu qu’il n’avait par ses lettres et par Ses ambassadeurs, aucun avantage à espérer, il se retira, de son désir de maintenir la paix. Il én lais.snnt au* Athéniens la possess’excusa même de ce que, dans un sion des côtes septentrionales de la fourrage au* environs de Cardia, Propontide. Ce parti était humiliant, Diopeithès, à son grand regret, avait mais nécessaire, commeon le dira cipért dans cette fàcheüse rencontre. Après.
Pourprouver qu’il voulait sincèrement PhbclOfl ne tarda pas à partir de le maintien de la bonne harnionlè. Il BVtdnce,au milieu des acclamations ordonna de rendre leS vaisseau* d*un dim peuple entier. Dans sa navigaconvoi athénien (quoique destiné pouf tiOn , il s'empara d'une escadre macé- Sélymbrie quMl assiégeait), qu’un de donieiine chargée dCvivrcs, d’armes et tes' amiraux avait capturé. d'approvisionnements de toute espèce.
Cette modération donnait üh grand Dès qu’il eut pris terre dans la Cherarantage aux partisans de Philippe | sOnèse , il châtia les Cardiens , et reniais Démosthene sut paralyser leur conquit plusieurs villes de la côte de influence, et on mit en mer une flotte Thrace. Au lieu de charger les alliés de cent vingt galères. Le commandé- de l'chtretien de ses troupes , il les flt ment en fut par malheur Confié à subsister au* dépens du roi de Macé- Charès, général tel que le roi pouvait doine, dont il ravagea les domaines le souhaiter. C’était un homme Vain , héréditaires. Un discours de Démosadotiné b la débauche , rapace , igno- tllène , que le temps a respecté , nous rant dans l’art militaire, et tellement fait connaître les villes protégées et présomptueux , que /a promesge dé secourues par Phoclon ; les hommages Charis passa en proverbe, pour si- rendus à sa gloire par Périnthe, Bygnlfler une chose qui ne serait jamais zance, qui lui décernèrent des cou- (Jéentée. Il partit avec une petite esca- ronnes, des statues et des autels vodredegalères,destroupeseiunebande tifs chargés d’inscriptions, de musiciens ; mais arrivé au* attérages
de Périnthe , les habitants refusèrent dcerbe sctmion*.
de le recevoir dans leur port, de sorte
qu’il fut forcé de revenir b Athènes, Le motif qui avait porté Philippe h où cet incident flt naître de grands dé- éviter la rencontre de Phocion vebats dans l’assemblée du peuple. naît d’une erreur de jugement occa-
sionée par l’ambition sans bornes qui formait la passion dominante de ce monarque.
Au - delà des confins de la Thrace et des frontières de la Basse-Mésie , il existait une puissante tribu de Scythes, établie dans la péninsule comprise entre le Pont-Euxin et les rives de rister. Cette position aurait pu empêcher un prince moins ambitieux
ue Philippe d’écouter la proposition
’Athéas, roi des Scythes. Ce chef de barbares l’invitait à marcher à son secours , afin de défendre ses états contre une invasion des Istriens , et on luh promettait qu’en cas de succès Philippe serait désigné pour héritier du royaume de Scythie.
Alléché par cette amorce , le roi de Macédoine fit partir en hâte pour le A'ord un corps de troupes, en faisant annoncer à Athéas , qu’il était prêt à suivre cette avant-garde avec toute son armée, si sa présence était nécessaire.
Sur ces entrefaites, le chef des Istriens étant venu à mourir , sa horde fut repou.ssée , et Athéas sans avoir besoin d’aucun secours étranger, rentra dans la paisible possession de son royaume.
Alors les troupes macédoniennes qui parurent furent traitées avec mépris ; le roi des Scythes prétendit « qu’il n’a- » vait pas demandé leur appui, et qu’il « n’avait jamais songé à leur roi pour « en faire son héritier , puisqu’il avait « lui-même un fils digne de lui sucn céder. »
AmbassadedePhilipfe A. Athéas.
— Le roi , indigné de la conduite insolente d’un chef de sauvages qui avait sollicité son alliance , envoya une députation en Scythie pour lui demander satisfaction et des indemnités.
Ses ambassadeurs étant arrivés au camp d’Athéas , furent reçus dans une écurie, où il était occupé à étriller son cheval. Ils manifestèrent leur étonnement : sur quoi le chef des Scythes leur demanda si Philippe ne faisait pas souvent la même chose ; ajoutant que pour lui , en temps de paix , il était le palefrenier de sa monture.
Lorsqu’ils lui exposèrent le sujet de leur mission, |le barbare ré^ndit
que la pauvreté de la Scythie ne lui pouvait fournir aucun présent convenable à leur maître, et qu’il préférait ne lui offrir rien du tout , que de lui envoyer un cadeau indigne de la magnificence d’un aussi grand monarque.