‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 57 sur 115 · EXPÉDITION EN SCYTHIE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION EN SCYTHIE

339 avant J.>C.

Cette réponse détermina Philippe à châtier la perfidie injurieuse dmn chef de horde, qui, après avoir rais sa politique en défaut, insultait à sa dignité. Arrivé sur la frontière de la Scythie, le roi fit dire à Athéas qu'il désirait ériger une statue en bronze à Hercule, sur le bord du Danube; ue c’était un vœu qu’il avait fait penant le siège de Byzance. Athéas ne fut pas la dupe de cette ruse; il répondit au roi d’envoyer cette statue, qu’il la placerait lui-rnême au lieu désigné, et que si elle y était mise de sa main elle y resterait, autrement il pourrait arriver que les Scythes la renversassent et la fondissent pour en faire des pointes à leurs javelots.

Philippe ayant pénétré dans la Scythie, s’empara d’une quantité considérable d’esclaves et de troupeaux.

Comme il arrive toujours en guerre, un parti de Macédoniens ayant été enleve par les Scythes , ils envoyèrent à Athéas, avec les prisonniers, un certain Isménias , musicien célèbre, que Philippe avait attiré à sa cour à force de largesses. L’artiste croyant, comme un autre Orphée, ravir le barbare , voulut faire preuve de son talent, et celui-ci lui dit, après l’avoir entendu, qu'il préférait le hennissement de son cheval aux sons de sa flûte.

Le roi recueillit de son expédition tous les avantages qu’il pouvait obtenir sur des peuples qui n’avaient cT autre dieu que leur épée, de roi que leur hetman, et de villes que le terrain sur lequel ils campaient accidentellement avec leurs troupeaux et leurs familles. Ce fut au retour de cette expédition, qui lui procura vingt mille esclaves, et un plus grand noiu-

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lire de juments destinées aux haras de Pella, que Philippe, attaqué à l’improviste par les Triballes , se trouva sur le point de disparaître avec ses trophées. Il venait d’être renversé de cheval , privé de sentiment , lorsque son fils Alexandre , qui combattait à ses côtés , le couvrit de son bouclier , et parvint à l’arracher à la mort. La blessure qu’il reçut et dont il resta boiteux , ainsi que la perte d’un oeil flu’il avait éprouvée au siège de Métnone, influèrent d’une manière fâcheuse sur le reste de la vie du roi.

L’incesdiaike Antiphon.— Philippe n’ignorait rien de ce qui se passait à Athènes. Mais ce n’était plus en roi qu’il chercha à se venger, lors- (ju’il eut recours à Antiphon , pour Jétruire la flotte et les arsenaux du Pirée. La trahison fut découverte , l’incendiaire saisi et traîné devant les tribunaux , convaincu , dépouillé du litre de citoyen qu’il avait usurpé , et banni d’un pays dont il avait violé les lois. Il se réfugia auprès de Philippe, qui l’engagea a persévérer dans son projet. Etant rentré à Athènes sous un déguisement, l’activité de Démost/iène parvint à le découvrir, et il fut déféré pour la seconde fois à la

i'ustice. Eschine et les stipendiés de ’hiJippe prirent indirectement la défense a’ Antiphon, en accusant Démosthène d’avoir violé le domicile d’un particulier, lieu qui fut de tout temps r^ardé coname un sanctuaire. On oualifia cette action d’attentat , et tel fut l’effet de la clameur publique, qu’on dut relâcher le coupable... II aurait peut-être accompli son projet , si l’arrapage n’eût, évoqué cette affaire devant la majesté sans appel de son tribunal. Antiphon fut saisi pour la troisième fois ; la question préparatoire, que l’institution de l’esclavage avait introduite dans les lois de la Gr^, lui arracha l’aveu de son crime, et il fut puni de mort.

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