‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 66 sur 115 · V.OOgI · texte numérisé non relu

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GRECK. 36S

Réforme MitiTAtRE. — Alexandre de la citadelle avec trois mille vété-

étant entré dans la Sjtacène, y séjourna afin de rétablir l’ordre dans son armée ; il donna des leux militaires, dont les prix distribué aux huit vainqueurs lurent des grades de chillarques, ou commandant de mille hommes. Il soumit sa cavalerie à une discipline uniforme, sans avoir égard à la différence des nations ; il lui donna des commandants à son clioix , sans s’astreindre ~à les prendre parmi ceux qui composaient une chUiack^ ou brigade.

Le signal de la marche avait été donné, jusqR alors , par le son de la trompette ; mais comme on avait souvent peine à l'enfeiidre, il ordonna qu’on lèverait à l'avenir sur sa tente un drapeau qui serait vu de tout le monde ; il établit aussi le feu pour signal de nuit , et la fumée jpenaant le Jour.

Soumission de Suze. - Vingt-cinq jours après son départ de Babylone, le roi arriva à Suze , qui lui fut remise par le fils d’Abulite . gouverneur de cette place. Il fit grand accueil à ce jeune seigneur , qui le conduisit jusqu’au Choaspe , fleuve dont l'eau seule était servie sur la table des rois de Perse. Ce fut dans cet endroit qu’Atwlite vint trouver le conquérant avec des présents , qui consistaient en douze âépnants et en dromadaires d'une vitesse incroyable.

Maître ne la ville, Alexandre tira du trésor cinquante mille talents (276 millions de fr.)en argent monnayé et en lingots , des meubles et une foule d'objets du plus grand prix. On y découvrit, entre autres clioses, 2672 quintaux de pourpre d’Hermione (kermM végétal, alors évalué à 300 fr. la livre) , qu'oa y avait amassé dans l’espace de tOO ans; il conservait toute sa fleur. On y retrouva une partie des objets emportés de la Grèce par Xerxes. tels que les statues d’Harmodios et d’Aristcffiton , ou’ Alexandre renvoya à Auiènes, ou elles se voyaient encore du temps d’Arrien. Le commandement de Suze fut donné h Archélaos , avec une garnison de trois mille hommes :

Mazare , un des principaux seigneurs de la cour, fut cnargé de la défense

rans macédoniens , et le gouvernement de la Suziane fut conféré à Abiilitc. Le roi laissa à Suze lu mère et les enfants de Darius.

Les Dxiens dosiptbs. — En partant de Suze, le roi arriva au Pasitigre,

u’il traversa avec neuf mille liomtnes

e pied et trois mille chevaux. Il entra aussitôt dans l’Uxiane , province gouvernée par Rladate. Ce général, resté fidèle à Darius, se défendit à outrance, et n’obtint grâce du vainqueur qu’à la sollicitation de Sisygambis ; pr un de ces caprices qu’il est dinicife d’expliquer, les habitants furent déclarés libres d’impôts.

Le cinquième jour de marche, l’armée macédonienne arriva au pas de Suze, défendu par Ariobarzane , qui avait sous ses ordres sept cents chevaux , campés dans la plaine , et quatre mille hommes de pied, embusqués dans les montagnes. Dès qu’Alexandre eut pénétré dans le défilé , les barbares se mirent à rouler des pierres considérables qui écrasaient des pelotons entiers de soldats; on dut battre en retraite. L’armée se voyait dans l’impossibilité de marcher en avant , lorsqu'un Grec , captif des Perses , offrit de conduire les Macédoniens au sommet de la montagne par un sentier qu’il connaissait pour avoir gardé les troupeaux dans cette contrée. Le roi aurait dû remettre le soin d’une entreprise aussi hasardeuse à quelqu’un de ses officiers; mais déja accoutumé à agir en héros de roman , il ne voulut s’en rapporter qu’à lui-méme. Il parvint donc, apres des fatigues et des dangers incroyables , à tourner l’ennemi , qu’il força d’abandonner le défilé. Il entra alors dans la Perse prorement dite; et sur l’avis qu’il reçut e Tiridate, il hâta sa marche^ et après avoir passé l’Araxe, il arriva assez à temps pour empêcher le pillage des trésors de Persépolis par les habitants de cette ville.

C01.ONIE GRECQUE. — Alexandre approchant de cette seconde capitale, vit venir à sa rencontre environ huit cents , Quinte-Curce dit quatre

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mille Grecs, prisonniers de guerre, fort âgés, sur qui les Perses avaient exeroé d’horribles mutilations ; il ne leur était presque resté que la parole à quoi on pdt les reconnaître. A cette vue , le roi ne put retenir ses larmes ; ‘it, comme ils se mirent tous ensemble à crier pour implorer sa pitié, il les assura qu’ils reverraient leurs femmes et leurs enfants! ..Ils jiarurent consternés. « Comment, disaient-ils, reparaître « ainsi déformés dans nos foyers ? Le « meilleur moyen de supporter sa mi- « sère , c’est de la cacher ; il n’est point « de patrie plus douce pour les infor- <• tunés que la solitude et le souvenir « de leur félicité passée. » Quelquesuns consentirent cependant à se rapatrier ; les autres demandèrent à rester dans le pays où ils avaient déjà passé plusieurs années. Le roi y consentit, et fit distribuer à chacun d’eux trois mille drachmes ( 2750 fr. ), cinq habits par homme et autant pour femme, cinquante brebis, deux coupies de boeufs pour labourer leurs terres, et du blé pour les ensemencer.

Prise de Persepolis. — Les Perses avaient abandonné la ville lorsque Alexandre y entra à la tête de sa phalange , qu’il eut peine à contenir dans le devoir. Les Grecs se rappelaient qu’il n’y eut jamais de ville plus funeste à leur patrie; ils en avaient conquis plusieurs autres, mais leur butin n’était rien en comparaison des trésors renfermés dans Persépolis. Les richesses de l’empire étaient accumulées dans ce séjour du luxe et de l’opulence. On trouva dans le trésor cent vingt mille talents ( 660 millions de francs), qui furent destinés aux frais de la guerre, ainsi que six mille talents (18 millions), provenant du butin de Pasagarde , ville où se faisait le sacre des schaks de Perse.

Incendie dd palais de Xerxès.

— Avant de ^itter Persépolis, afin de poursuivre Darius , Alexandre convia ses amis à un festin , où l’on but avec excès. Parmi les femmes admises au banquet , se trouvait la courtisane Thaïs, née dans l’Attique; elleétait pour lors maîtresse de Ptolémée, qui devint

dans la suite roi d’É^pte. Sur la fin do repas , elle dit en folâtrant : < Qu’elle « aurait une joie infinie si , pour ter- « miner noblement cette lete, elle « pouvait brûler le magnifique palais « de Xerxès , qui avait incendié Athé- <• nés , et y mettre elle-même le feu « en présence du roi , afin qu’on dh « par toute la terre que les femmes !

« de la suite d’Alexandre avaient « mieux vengé la Grèce des Perses i a que tous les généraux qui avaient i « combattu pour elle par terre et par « mer. » Les convives applaudissent à ce discours d’une bacchante effrénée. Le roi se lève de table couronné de fleurs et s’avance une torche à la i main ; la troupe des convives le suit i en dansant et en sautant; les Macédoniens accourent avec des flambeaui, le palais est entouré et embrasé. Ainsi fut incendié , et non complètement détruit , le palais de Xerxes , dont les ruines monumentales sont encore connues de nos jours sous le nom de Tchelminar ; la ville continua à subsister jusqu’aux premiers siècles de l’hégire.

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