MALADIE ET MORT D’ALBXAMDMI
>8 mki, 3»4 AV. J.-C*
Ce fut au milieu de ces fêtes et des festins , où le roi s’abandonnait à son intempérance pour le vin, qu’à la suite d’une nuit passée dans la débauche, le Thessalien Médios lui proposa une nouvelle partie. Il s’y trouva vingt convives ; il but à la santé de chacun d’eux , et fit ensuite raison à tous les vingt, l’un après l’autre. Après cela, il fît apporter la coupe d’Hercule, et dès qu’il l’eut vidée , il tomba sur le carreau en poussant un grand cri. Dans cet état, une fièvre violente le saisit, et on le transporta chez lui à demi mort.
Dévoré d’un feu intérieur, il demanda à être transféré dans un jardin frais, mais on dut bientôt le rentrer au palais. La fièvre ne le quitta point , mais elle lui laissait des intervalles libres, pendant lesquels il donna des ordres pour le départ de la flotte et de l’armée, comptant sur une prompte guérison.
Ce sentiment n’était pas celui du peuple, qui remplissait les temples; les généraux ne quittaient plus les salles du palais; les soldats en assiégeaient les avenues; enfin, il comprit luimême sa situation. Tirant son anneau de son doigt, il le donna à Perdiccas, en lui prescrivant de faire porter son corps au temple de Jupiter Hammon...
Alors ses troupes furent admises à le voir. Quoique faible, il fit un effort, et, s’appuyant sur le coude, il étendit sa main défaillante vers ses soldats; puis , comme les grands de la cour lui demandèrent à qui il laissait l’empire, il répondit ; Âu plus digne, ajoutant qu’il prévoyait qu’on lui ferait d’e'tranges jeux fmèbres. Et Perdiccas s’étant enquis quand il voulait qu’on lui rendit les honneurs divins: — Lors, dit-il, que vous serez heureux. Ce furent ses dernières paroles, et bientôt après il expira, âgé de trente- deux ans et huit mois, sur lesquels il en avait régné douze : sa mort eut lieu dans l’été de la deuxième année de la CXIV* olympiade.
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GRÈCE. 2g5
Dès que le bruit de la mort d’Alexnndre fut répandu. le palais retentit de cris et de gémissements. Les peuples qu’il avait soumis ne crurent pas cette nouvelle, parce que l’ayant vu échapper aux plus grancTs dangers, ils s’imaginaient qu’il était immortel ; mais lorsque cet événement fut confirmé , ils le pleurèrent comme un père. La mère de Darius, Sizygambis, refusa de lui survivre, et se laissa mourir de faim : elle qui avait vu périr son père , sa mère , quatre-vingts de ses frères massacrés eu un jour par Ochos. Dans sa douleur, Léosthène comparait son armée au cyclope qui , prive de son œil, portait çà et là ses mains, sans savoir où il allait. Cependant, la plupart des Macédoniens n’étaient pas fâchés d’en être débarrassés, à cause de sa trop grande sévérité et des périls continuels auxquels il les exposait : leurs chefs partageaient ces sentiments par cupidité et par ambition. Au milieu de la confusion, on perdit de vue Alexandre , et son corps était déjà en putréfaction lorsqu’on le livra aux Égjptiens pour l’embaumer.
Les préparatifs du convoi qui devait le transporter au temple de J upiter Hammon, durèrent deux ans : il en sera parlé dans la suite de cette histoire.
Mort de Diogène. — Plutarque dit qu’on se rappelait , de son temps, qu’Alexandre-le-Grand et Diogène le cynique étaient morts le même jour.
•" On dit que , déia vieux , Diogène « se rendant aux fêtes d’Olÿmpie, fut « saisi en route de la iievre : ses
• amis lui ayant proposé de prendre « une monture , ou de se mettre sur « un char , il s’y refusa ; mais s’étant « placé à l’ombre d’un arbre , il leur « ait : Continuez votre chemin; ren- « dez-vous aux jeux : cette mât verra
• mon triomphe ou ma défaite; la « fièvre me tuera ou je la tuerai. » Le lendemain on le trouva pendu.