‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 74 sur 115 · CONVOI D'ALEXANDRE · texte numérisé non relu

CONVOI D'ALEXANDRE

3x1 av. J.'C

Conformément aux dernières volontés d’Alexandre , son corps devait être

C) Cette île est très-aride ; on y voit encore les ruines du temple de Neptune et du temps de Pausanias on y montrait encore le tombeau de Déinusthène. Du lieu où expira ce grand )iuinme, ses derniers regards pouvaient encore apercevoir Athènes; car la presqu’île de Méthane qu’on aperçoit dans le fond, et qui aujourd’hui dcrol)e la vue d’Athènes, n’était pas encoi'e sortie du sein des flots. (**)

(**) Note descriptive d’après M. Quatremère de Quincy :

('«uiironne d’olivier en or placée au sommet de la voûte sur un tapis.

Voûte plein cintre dorée et couverte d’écaiiles.

Victoires portant des trophées aux quatre angles.

transporté au.temple de Jupiter Hammon ; mais cèfte disposition fut changée par Ptolémée , nui voulait s’approprier un pareil dépôt. Hiéronyine fut chargé de la construction du char et de l’édifice qu’il portait. « D’abord on fit, sur la mesure du corps, un cercueil d’or, qu’on remplit à moitié' d’aromates ; au-dessus se déployait un tapis de pourpre broché en or, auprès duquel étaient posées les arme d’Alexandre. Le char était couvert d’une voûte d’or, ornée d' écailles formées de pierres précieuses : la largeur de la voûte était de huit coudées , et sa longueur de douze ( 15 pieds il pouces, sur 1 7 pieds 7 pouces 4 lignes). Au-dessus du toit , et dans toute sou étendue , il y avait un trône d’or avec des tragélaphes en relief, auxquels étaient suspendus des anneaux d’or de deux palestes ( 4 pouces ), et ces anneaux portaient unecouronnedepompe, resplendissante et brillante de toutes les couleurs. Au haut du char, on avait placé une frange formée en réseaux, et qui portait de grosses sonnettes pour avertir de l’approche du convoi.

A chaque angle de la voûte, il y avait ^ une victoire d’or portant un trophée.

Le péristyle qui précédait cette voûte était d’or, avec des chapiteaux ioniques , et au-dedans on trouvait un réseau d’or de l’épaisseur d’un doi^t, et quatre tableaux parallèles ornes de figures (voy. pl. 75).

« Dans le premier tableau , on voyait un char sur lequel était monté Alexan-

Frange en réseau au-dessus de l'acrolàt portant des sonnettes. |

Trône d’or placé sous le comble orné û.' tragélaphes.

Colonnes ioniques , le milieu du fût onc d'acanthes qui s’étendaient jusqu’aux chapiteaux.

Lions d’or.

Mur de la chambre sépulcrale en fonce de treillis ou réseau d'or.

Cercueil on sarcophage.

Soubassement de la chambre sépulash’.

Roues à la persane.

Attelages de mules avec une couronna d’or, et des colliers : il y avait quatre ranp de ces mulet au nombre de seixe chacun.

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GRECE

dre , tenant un sceptre à la main, de trois cent cinquante lieues. De.s

Autour de lui étaient une garde de ouvriers l’accompagnaient pour répa-

Macédoniens avec leurs armes et une rer les accidents , et d’autres le préautre de Perses nommés Mélopliores ; cédaient afin d’aplanir les chemins,

les premiers avaient le nas. Le se- Il paraît que le corps d’Alexandre ne

cond tableau représentait des éléphants fut transporté, de IMempliis à Alexanéquipés en guerre , portant sur le drie , que sous le règne de Ptolémée cou leurs conducteurs (cornacs), et sur Soter. Par la suite , Ptolémée Coccos la croupe des Macédoniens avec leurs ou Parvsactos , qui venait de SvTie , armures ordinaires. Le troisième of- enleva le cercueil d’or; mais il ne tira frait des troupes de cavalerie qui imi- aucun profit de son vol, ayant été taient les évolutions d’un combat; obligé de l’abandonner aussitôt. Il est et le quatrième, des vaisseaux en or- probable que les chrétiens qui chandre de bataille. A l’entrée de la voûte, gèrent les temples païens en telises ne il y avait des lions d’or regardant les respectèrent pas les cendres du roi de personnes qui entraient. Entre chaque Macédoine. Saint .lean Chrysostôm» toupie de colonnes , on avait placé parle du tombeau d’Alexandre comme anc acanthe d’or qui serpentait insen- étant ignoré de tout le monde , c’estsiblement jusqu’aux chapiteaux. Au- a-dire qu’il n’existait plus à la fin du dessus de la voûte et du milieu du quatrième siècle, toit s’étendait un tapis de Phénicie, Anabchie des successbuhs d’Aexposé à l’air, surmonté d’une cou- ebxa^dbe, 321 avant Jésus-Christ, ronne formée de feuilles d’olivier : — Pythagore de Samos , et quelques

cette couronne était très-grande, et autres philosophes de l’antiquité, ont lorsqu’elle était frappée des rayons soutenu que l’aine de l’homme était du soleil , elle produisait un éclat vif immortelle , et qu’en conséquence de et tremblotant, en sorte que, de loin, cette faculté elle prévoyait l’avenir, on croyait en voir partir des éclairs. dans le temps surtout où une mort K Le train sur lequel cet édifice prochaine allait la séparer du corps. était posé avait deux essieux et quatre Cette doctrine prouverait qu’ Alexandre roues persiques ; les moyeux et les ne fut jamais plus clairvoyant qu’à son rais étaient dorés, et la partie qui heure suprême , lorsqu’il'dit qu’il laisportait à terre était de fer. L’extré- sait son immense héritage au plus nité des essieux était d’or, et représen- brave, et que ses amis célébreraient tait une tête de lion portant entre ses ses funércûUes par de grands comdents une sybéne , ou long javelot, bats entre eux.

Le char était suspendu avec un arti- Nouveau pabtage de l’empibe, fice si merveilleux, que, tenant à un 320av.J.-C. — On a vu, par ce qui préseul point comme à son centre d’équi- cède, le commencement ae la lutte sanlibre , il n’y avait point d’inégalité de glante engagée entre tant de rivaux de terrain qui pût lui faire perdre le ni- gloireetd’ambition,dèsque leur maître veau. Il y avait quatre timons , à cha- eut fermé les yeux. Perdiccas venait de Clin desquels étaient attachés ouatre mourir,sur lesbordsduNil, victimedii jougs l’un derrière l’autre , et à enaque soulèvement de son armée ; Cratère et joug étaient attelées quatre ipules. On Léonatétaientdescendus dans la tombe, avait choisi les plus grandes et les plus Comme Python et le roi Arrhidée ne fortes ; chacune d’elles avait sur la tête tardèrent pas à se démettre du pouvoir une couronne dorée, à gauche et à suprême, etqu’Eumène,aveccinquant« droite de la mâchoire une sonnette chefs militaires, furent mis hors la loi, d’or, et au cou un collier chargé de Antipater devint régent, à la charge différentes pierres précieuses. » de leur faire la guerre de concert avec

En évitant le desert et en passant Antigone. Il s'ensuivit un nouveau par Damas, ce char eut à parcourir, partage des provinces, qui se fit à depuis Babylone jusqu’à Memphis, plus Trisoaradisos , en Lycaonie. Seleucos

'oogic

L’UNIVKRS.

conserva Babylone. Le territoire d’Eumène, trahi Nova , ville de la Ce{>adoce, et l’Asie antérieure furent onnés à Antigone. Ptolémée, qui occupait rispypte , tenta de s’emparer de la Syrie et'de la Phénicie.

Rkaction politique, 319 av. J.-C.

— Sur ces entrefaites, Antipater mourut, après avoir nommé, pour successeur à la régence, le vieux Polysperclwn , avec réserve de la survivance a Cassandre, son llls. Ce fut alors que la cruelle Olympias, réfugiée en Épire du vivant d'Antipater , rentra dans la Macédoine.

Polysperchon , parvenu au pouvoir, sentant qu’il avait besoin de s’attacher les peuples de la Grèce, rendit un décret par le<]uel il rappelait les exilés et rétablissait les villes de In Mellade dans leurs immunités. 1i écrivit en

fiarticulier aux Athéniens que le roi eur rendait la démocratie , et que tous les citoyens, sans distinction At pauvres ou de riches, étaient admissibles aux charges publiques ; c’était une ruse pour s’emparer d’Athènes, d’autant plus facilement qu’il en ferait chasser Phocion , qui y avait introduit et favorisé l’oligarchie sous le gouvernement d’ Antipater.

Phocès et mort de Phocion. — Élevé à l’école de Platon et de Xénocrate , personne ne porta plus loin que Phocion le désintéressement : il aurait trouvé de la bassesse à revenir de ses campagnes chargé d’autre chose que de la gloire de ses belles actions et des bénédictions des peuples qu’il avait épargnés. Il n’y avait dans son opinion d'autre bien et d’autre mal que la vertu et le vice, mettant ce qui est en dehors de nous, biens , puissance, noblesse, au rang des choses indifférentes. Élu quarante-cinq fois général, sans l’avoir sollicité et toujours absent, par une assemblée qu’il c’avait jamais ménagée, il commandait encore, âgé de plus de quatre-vingts ans, avec la vigueur d’un Jeune officier, lorsqu’il fut mis en jugement.

Avant que la mort d’Antipater fût divulguée a Athènes, Cassandre y avait envoyé Nicanor pour succéder à Mé-

nylle dans la garde de la forteresse Munichie, et bientôt après il s’était emparé du Pirée. Phocion était l’ami de Cassandre, et cet événement le rendit, plus que jamais, suspect au peuple.

Dans ce moment survint Alexandre, fils de Polysperchon , à la tête d’un corps d’armée considérable , sous prétexte de secourir la ville contre Nicanor, mais, dans le fait, afin de s’en emparer. Il se tint à Athènes une assemblée tumultueuse, dans laquelle Phocion fut déposé de sa charge^ Démétrios de Plialère et d’autres citoyens prirent la fuite. Phocion , pénétra de douleur de se voir accusé de trahison, se réfugia auprès de Polysperchon, qui lé renvoya au jugement du peuple.

On convoqua sur-le-champ l’assemblée, dont on n’exclut ni esclave, ni étranger, ni homme noté d’infamie.

Phocion et les autres accusés y comparurent. I.es gens de bien , en les apercevant, baissèrent la vue, et , se couvrant la tête, versèrent des larmes en abondance. Quelqu’un .ayant demandé qu’on éloignât les esclaves et les étrangers , la populace s’y opposa, en criant qu’il fallait lapider les partisans de roligarchie.

Phocion entreprit plusieurs fois de plaider sa cause et de se défendre , il fut toujours interrompu. C’était la coutume à Athènes que l’accusé déclarât, avant le jugement, quelle peine il méritait. Phocion dit, à haute voix, qu’il se condamnait lui-même à la mort, mais il demanda qu’on épargnât ses coacousés. On alla aussitôt aux suG frages, et, d’une commune voix, on les condamna tous à perdre la vie; ils furent conduits au cachot.

Les compagnons de Phocion , attendris par les lamentations de leurs parents et de leurs amis qui venaient les embrasser dans les rues et leur dire les derniers adieux, marchaient en déplorant leur malheureuse destinée: mais Phocion avait la même contenance que lorsqu’il sortait de l’assemblée pour aller commander les armées , et que les Athéniens en foute raccompagnaient chez lui , par bon-

,oogle

OHÊCC.

Dcurt tu TuiliA] dts kmanget et d«« acdamations. Un honlme du pelipta lui cracha au risagei Phociou ne üt me ae tourner vera le« magistrats et leur dit t Çneiou’iin ne \mU4l point empéehtr cêt nomtne de commettre de» tshote» »i indigne*f

Il y avait avec Phociou, nicoOMS) Hiudippo8« Hégémon et Pythoolèsi ArrivM en priaon, quelqu’un des amia de Phocion lui demanda s’il avait quel* que chose à faire dire à son fds. Oni^ certes t c’est de ne point se smtvetUr de Finjketice des Athéniens. Thudip< pos voyant la cigud qu’on broyait « M prit t se lamenter de ce qu’on le ftilMit mourir avec Phocion. — Com* mentf lui dit^il , ne le tiens^lupa» à honneur? Iticoclès, qui était un de ses plus fidèles amis, le pria de lui permettre de boire le poison avant lui.

TV me fai» tme demande qtri m'eSt bien pénible et bien douloureuse , iVI* eoclésf tnaie comme je ne faijamai»

rien refusé de ma vie f je t’accorde à MB mort ce que tu me demandeé, Quand tous les autres condamnés eu-> rent bu. Il se trouva qu'il n’y avait plus de éfttë, et le bourreau dit « qu’il « u’e/i broierait pas d’autre si on ne « lai donnait douze drachmes d’ar^

• gOlt , fMrCe qu’autant lui coûtait la

• lirre. » on resta long^temps dans ce débat , jusqu’à ce que Phocion , appe* lint Un de ses amis , le pria de donner i rexécuteur la somme qu’il deman^ dsit , puisqu’on ne peut pas, dit-il 4 fflOMNr à Athènes sans qu’ii en coûté de l’araent.

C’était atl mois de munichion ( t9 avril ) de la troisième année de là CXV* olympiade , jour où les cheva* liers avaient coutume de faire une procession en l’honneur de Jupiter 4 que s’accomplit ce grand fbrfalti Eli râssant devant la prison , les uns Otèrent les couronnes de leurs têtes • les autres fondirent en larmes , et tous s’écrièrent que c’était le comble de l’Ifflpfété d’avoir fait mourir, dans une fête si solennelle , un citoyen tel-> lementestimé, qu’on l’avaitsurnommêj à cause de ses rares vertus , l’homme dê Mm.

PiAcÉ n’oivB pSiMJi pu Mboahj^.

■»“ Les ennemis de Pliocum (Irenl ordonner par l« peuple que son corjis Serait porté au-dela du territoire de l’Attlquey et qu'aucun habitant ne pourrait donner du feu pour allumer sou bûcher ^ on lui rendit donc les derniers tlevoirs sur le territoire de Mégnre. line dame du pays, qui assista piir hasard à ses funérailles avec les femmes de sa suite, lui éleva, dans le même endroit, un cénotaphe sur lequel elle fit les effusions accoutumés. Mettant ensuite dans sa robe lès os qu’elle recueillit avec grand soin 4 elle les (xrrta la nuit dans sa maison 4 et les enterra sous son foyer en prononçant ces paroh;s : Cher et sacré foyer, je te confie et je mets en di]UU dans ton sein ces précieux restes d’un homme de bien: cotiser celes Jidélement pour les rendre au tombeau de se» ancêtres quand les Athéniens Seront denenus plus sages.

tiASSAHlIHB s’BMPiUm d’AthÈNKS.

CasSandre ne manqua pas de profiter du trouble qui régnait dans Athènes : il entra au Pirée avec une flotte de trente-cinq vaisseaux que lui avait donnée Antigone. Alors les Athéniens lui envoyèrent une députation pour conclure là paix i ils obtinrent de rester maîtres de la ville, de leurs terres, de leurs revenus et de leurs vaisseaux. Quant à la citadelle , il fut réglé qu’elle demeurerait au pouvoir de tàjssandre jusqu’il la fin de la guerre civile. Par rapport aux affaires de la république , on convint que éu* qui posséderaient dix mines de revenu (91(> francs) auraient part au gouvernement ; enfin on laissa à Gàssandre le clwix d’un citoyen chargé de gouverner l’état.

DiMÉTBIOè DE pHALBRBf 318 BV.

Ji-C.»^DémétriOsde Phalère4 compris dans la senteûce de mort de Phocion , ayant eu le bonheur d’échapper à la mort4fut choisi peur êtré le magistrat

suprême d’Atliènes4qd’ilgouvcrna pendant dix ans. Quoique jnvesti d une espèce d’autorité soUvéraine 4 il maintint la démocratie sans qu’on s’aperçût qu’il était le maître. Comme il réunissait dans sa personne l'homme d’é-

L’Um?ERS.

tat et l’homme de lettres , son éloqnoace douce et persuasive montra , comme il le disait, que le discours avait autant de force dans le gouvernement que les armes dans la guerre. Il tira la philosophie spéculative de l’ombre des écoles, et sut la produire au grand

jour , en la familiarisant avec les affaires les plus tumultueuses. Il augmenta les revenus publics, diminua le

luxe,lesdépenses,etréforma les mœurs.

Il releva les anciennes familles tombées dans la misère, et entre autres celle d’Aristide. Dans la CXV' olym-

fiiade, il fit faire le dénombrement de a population de l’Attique, qui se trouva être de vingt et un mule ci-

toyens, dix mille étrangers et quatre cent mille esclaves.

Révolution en Macédoine. — Olympias, mère d’Alexandre-le-Grand, que Polysperchon avait rappelée en Macédoine, s’étant rendue maîtresse des affaires , fit mourir Arrhidée, qui portait, depuis six ans et quatre mois, le nom de roi. Sa femme, Eurydice, eut le même sort. Olympias lui envoya un poignard , une corde et de la ciguë , ne lui laissant que le choix de la mort; elle s’étrangla, après avoir exhalé sa douleur en plaintes et en imprécations contre son ennemie. Kicanor, frère de Cassandre, et cent des principaux amis de ce dernier, furent paîreillement assassinés.

Châtiment d’Olympias. — Tant de cruautés ne demeurèrent pas impunies. Olympias s’était retirée dans Pydna , emmenant avec elle le jeune roi Alexandre avec Roxane sa mère , lliessalonice , sœur d’Alexandre-le- Grand, et Déidamie, fille d’Éacide, roi des Épirotes , sœur de Pyrrhus.

Cassandre, sans perdre de temps, l’assiégea dans Pydna par terre et par mer. Éacide venait de se mettre en marche pour secourir cette ville, mais il en Rit empêché par la révolte de son armée, qui le foD^ de rentrer dans l’Épire, où il lut jugé et condamné à l'exil. Les soldats tuèrent tous ses amis : ils en auraient fait autant de Pyrrhus , fils d’Éacide , qui était enfant , si quelques serviteurs fidèles ne

Pavaient dérobé à leur fureur. L’Épire se déclara en faveur de Cassandre ; et Olympias , qui avait éprouvé tous les maux d’une famine extrême , ayant perdu l’espérance d’être secourue, fot obligée de se rendre à discrétion.

Mort d’Olympias. — Cassandre, résolu de s’en défaire de la manière la moins odieuse , suggéra aux parents de ceux qu’OIympias avait fait mourir, de l’accuser devant l’assemblée oa parlement des Macédoniens. Ce conseil nit suivi , et, quoique absente, la reine fut condamnée au oerniersupplicesans que personne prit sa défense. Il s’agissait d’exécuter la sentence. Alors tosandre lui fit proposer de se retirer à Athènes promettant de lui fournir une galère pour l’y transporter. Son dessein était de la faire périr en mer, et de publier que les dieux , irrités , l’avaient punie de ses cruautés ; mais elle répondit fièrement qu'elle n’était point femme à prendre la fuite, et

au’elle demandait à plaider sa cause ans l’assemblée publique. Cassandre n’eut garde d’y consentir, et il envoya deux cents soldats pour la faire mourir. C’étaientdes hommes de main; mais malgré leur dévouement, ils ne purent soutenir les regards d’Olympias, et iis se retirèrent sans avoir rempli leur commission. Il fallut employer les parents de ceux qu’elle avait égorgés , qui furent ravis de se venger et de faire en même temps leur cour à Cassandre. Ainsi finit Olympias, fille , sœur et mère de rois à jamais célèbres dans l’histoire.

Cassandre aspire ad trône.— Le meurtrier d’Olympias, car elle fut mise à mort sans jugement , se voyant le chemin ouvert au trône , crut y parvenir en épousant Thessalonice , sœur d’Alexandre. Cette union devait lui concilier l’amitié des grands et des peuples de la Macédoine. Cependant il restait un obstacle à surmonter, sans quoi il aurait toujours passé pour usurrâteur : il fallait éteindre la légitimité dans sa source. Le jeune prince, fils d’Alexandre et de Roxane, était en vie: il avait été reconnu roi et héritier du trône, de sorte ou’il devenait indispen-

GRECE

sable de se défaire de ce prince et de sa mère. Cassandre, enhardi parle succès de son crime , était bien déterminé à en ajouter un second pour arriver à sou but , mais il fallait user de circonspection.

Si les Macédoniens restaient insensibles à la mort d’OIympias, il est wobable que la perte d’Alexandre et de Roxane ne les toucherait pas davantage. Afin de procéder métlrâdiquement, il commença i»r les soustraire aux regards du public en les faisant conduire au chateau d’Amphipolis. Arrivés dans cette prison d’état, on les dépouilla des honneurs souverains, et ils ne furent plus traités que comme des particuliers confiés à la garde de Glaucias , qui devint leur geôlier, sous le titre de gouverneur.

Acte de souveraineté. — Après cet attentat, Cassandre, pour rendre la mémoire d’OIympias de plus en plus odieuse , ordonna de céléorer les nmérailles d’Arrhidée et de la reine Eurydice, son épouse. Il fit porter leurs corps aux sépultures royales d’Ëdeaie, pre^rivit un deuil de cour et des eiquations , tandis qu’il était tout occupé du dessein de faire périr le jeune roi son maître.

Restadbation de Thèses, 316av.

J.-C. — Polysperchon , informé de la mort d’OIympias, se hâta de quitter la l’trrfaébie (aujourd’hui Anovlachie), contrée limitrophe de l’Épire , où il se trouvait, pour entrer en Thessalie.

Cassandre marcha à sa rencontre; et comme il traversait la Béotie, il fut toucM de la désolation de Thèbes , qui gisait ensevelie sous ses ruines depuis plus de vingt ans : il conçut l’idée de la rétablir. Les Athéniens offrirent de rebâtir, à leurs frais, une partie des murailles; plusieurs villes et quelques citoyens de la Grande-Grèce contribuèrent à sa réédification au moyen de sommes considérables d’argent. Ainsi , en très-peu d’années , Thâbes recouvra son ancienne importance et devint plus opulente que jamais par les soins de Cassandre , qui en fut regardé , avec raison , comme le restaurateur.

r Mort d’Ai.exa.nore , fils de Po- LTSPERCHON. — Après avoir signalé son passage dans la Béotie par cette action généreuse , Cassandre entra dans le Piéloponèse , qui était en partie gouverne par le fils de Polysperchon. Argos se rendit à lui sans résistance, et les villes de la Messénie, à l’exception d’Itliome, suivirent cet exemple. Alexandre , effrayé de la rapidité des conquêtes de Pennemi, se décida à en arrêter le cours en lui livrant bataille; mais Cassandre, qui était inférieur en forces, jugea plus à propos de se retirer en Macéooine, apres avoir laissé de bonnes garnisons dans les places qu’il avait prises.

(^mme Cassandre connaissait le mérite de son adversaire, il cherclia à le détacher du parti d’Antigone, en lui offrant le gouvernement du Péloponèseetlecommandementdes troupes qui s’y trouvaient. L’ne pareille proposition était trop avantageuse pour être reietée; mais peu de temps après, Alexandre futassassiné par les habitants de Sicyone , où il s’était établi. Alors Cratésipolis , sa femme , qui était chérie des soldats et aimée des officiers , se mit à la tête des troupes , battit les Sicyoniens , en fit attacher trente des plus mutins au gibet, apaisa les trouoies et rentra victorieuse dans la ville, qu’elle gouverna avec une sagesse admirable.

Événements extérieurs, 31.5 — 314 av. J.-C. — Ëumène n’avait pu se soutenir dans la Haute-Asie, ni dans l’Asie-Mineure , lorsque, trahi par les Argyraspides , mécontents d’avoir perdu leurs nagages, il fut livré à Antigone, uile fit condamnera mort. Ladynastie ’Alexandre-le-Grand perdit en’lui son unique et dernier appui. La domination de son vainqueur semblait consolidée, et Séleucos lui-même avait cru nécessaire d’abandonner Babylone pour se réfugier en Égypte. Alors Antigone se rendit de nouveau maître de la Phénicie, après avoir assiégé Tyr pendant quatorze mois (314-313 avant J.-C.). Cette circonstance prouve que cette ville n’avait pas été complâement détruite par Alexandre. Séleucos,

L’ÜmVfiHS.

réfugié en Égypte, combinait pendant ce temps une alliance entre Ptolémée, Lysimaque et les deux CâSSatidre, contre Antigone et Déinétrios. Mali Antigone prévint leur union , en chas* sant Cassandre de Carie et en envoyant son fils contre Ptolémée , UU’il vainquit aux environs de Gaza. Malgré ce succès, on volt Séleucos retourner 5 Babylone et 6’y maintenir d’une manière durable.

Paix oiséBAiE, 3i4 avant J.-C.

— La première condition ^rtait que chacun conserverait ce qu'fl possédait; la seconde , que les villes grecques seraient libres : cette clause contenait les semences d’une nouvelle guerre qu’on pouvait commencer quand on voudrait; et la troisième, qu’Alexandre, parvenu à l’âge de quatorze ans , serait élevé sur le trône de Macédoine.

Mobt d’Alexasdbe, 310 av. J.-C.

— Cassandre , qui voyait ses espérances ruinées, fit mourir secrètement, dans le château d’AmnhipOlis , le jeune roi avec sa mère Roxane. A cette nouvelle, Polysperchon , qui gouvernait dans le Péloponèse, se déchaîna contre la perfidie de Cassandre. 11 fit venir de Pergame Hercule, autre fils qu’Alexandre avait eu de Barsine, veuve de Memnon, qui pouvait avoir alors dix-sept ans ; et s étant avancé avec une armée, il proposa aux Macédoniens de mettre es prince sur le trône.

Mobt d’Hebciile , fils îi’Alêxaa- DBE-LE-GBAND , 300 aV. JésUS-ChHst.

— Cassandre effrayé demanda une entrevue à Polysperchon , auquel il représenta qu’il allait se donner un maître; qu’il ferait bien mieux de se défaire d’Hercule , de s’emparer de la Grèce, et il lui offrit pour cela son secours. Ainsi , Hercule et sa mère eurent le même sort entre les mains de Polysperchon, qu’avaient eu Roxane et son uls entre celles de Cassandre ; et ces deux criminels assassinèrent , chacun de leur côté, un héritier de la couronne, afin de la partager entre eux.

Mort de Cléopâtre , soeur d’Alexandré. — Sur ces entrefaites.

Cléopâtre , veuve d’Alexandte , foi d’Éplre, tué en Italie, faisait depuis plusieurs années sa résidence à Sarues, en Lydie. Ptolémée, Informé qu’ Antigone , maître de cette ville , ne ménageait guère cette princesse, se ier vit de son mécontentement pour l’attirer dans son parti. 11 l’invita à le venir trouver, espérant tirer de sa présence plusieurs avantages contré son ennemi. Elle s’était déjà Bccheminée, lorsqu’elle fut arrêtée et mise à mort par ordre d’AOtigone, qui, pour sauver les apparences dé SOU crime , fit faire le procès à toüttt les femmes qui avaient été les instruments de l’exécution de la malheureuse Cléopâtre, dont il célébra leS funérailles avec une magnificence extràordirtalfe.

Ainsi , Dieu permit que la Mce tl’A* lexandre pérît de la main de seS eohrtisans et de ses généraux, qui devaient à leur tour s’exterminer entre eux , eo expiation des larmes et du sang qil’iil avaient coûtés à l’humanité,

tifeM«TWÔS . PtU Ü‘ANTlOO!fB , '

3tfl — 3o€ att

BéVOLtfnoR baM AtBfttXt».

L’expédition de DémétriOS , pour la délivrance del’Attique, fût sans doute le jour le plus heureux de sa vie : fi y ajieu d’épisodes dans l’histoire qui offrent un sujet plus riche en Observations sur la nature de l’esprit Ifumain , que le double s^our de Dêfflétrios à Athènes.

Le fils d’Antigone était parti avec cinq mille talents (27,600,(«)0 fr.î et deux cent cinquante voiles, pourchasser d’Athènes Démétfiôs de Phalève, qui y commandait depuis dix ans oOfhme lieutenant de Cassandre. Les Athéniens vivaient en paix Sous l'autOftté tutélaire de ce chef. Ils loi avalent érigé autant de statues qu’il y avait de jours dans l’année , C’est-à-dif* 360 (car, pour lors, suivant Pline, l’année ne se composait que de Ce nombre de jours) ; pareil honneur n’avaü jamais été rendu à un citoyen.

Changement de GOtrvERrfEjflfW.

y yjoogle

— En voyant entrer au Pirée la flotte du fils d’Àntigone, qu’on prit pour celle de Ptolémée, les Athoiiens furent dans l’allégresse; mais bientôt détrompés , ils coururent aux armes , pour repousser l’ennemi qui opérait déjà sa descente. Alors Démétrios , monté sur le tillac de sa galère, fit signe de la main pour qu’on se tînt en repos , et un héraut cria ; « que son « père Antigone l’avait envoyé sous « d’heureux auspices , pour rendre « aux Athéniens la liberra; chasser la • garnison macédonienne qui se trou- « vait dans l’acropole , et rétablir « i’anden gouvernement, sans res- « triction. »

A ces mots, les Athéniens , jetant leurs boucliers , battent des mains et saluent Démétrios des noms de sauveur, de Menfaittur, et le pressent de débarquer. Les partisans du lieutenant de Cassandre, cédant à la fortune d’un aventurier heureux , s’unissent aux citoyens et sa cause l’emporte. Le premier soin du vainqueur pacifique fut de pourvoir a la sdreté de Démétrios de Phalère , qui craignait plus ses concitoyens que ses ennemis.

Plein de respect pour ce grand personnage , le fils d’Antigone lui fournit , comme il l’avait demandé, une escorte pour l’accompagner jusqu’à Thèbes.'où il se retira. Pour lui , il déclara qu’il ne mettrait pas le pied dans ôHiènes avant de l’avoir alD'onchie de la garnison qui l’opprimait. Il Ht d’abord bloquer Municnie et s’embarqua aussitôt pour Mégare, qui était occupée par les troupes de Cassandre.

Avesture GALANTE. — A son arrivée à Mégare. Démétrios reçut une lettre de Cratésipolis , veuved’ Alexandre, fils de Poivsperchonj qui se trouvait à Fatras ; elle lui témoignait le désir de le mettre en possession de ses charmesv II laissa son armée devant la ville, et avec un petit nombre d’hommes dispos, il courut à cet étrange rendes-vous. Quand il fut assez près de la ville, il se sépara de ses gens, et fit tendre un pavillon à l’écart , afin que Cratésipolis ne fût point aperçue quand cèle viendrait le trouver. Qudques-uns de

sesmnemis, avertis decette imprudence. se mirent en devoir d’enlever Démetrios. Il n’eut que le temps de prendre un méchant manteau et de se sauver, en abandonnant sa tente et les richesses qu’elle contenait.

Succès ue Déméthios. — Mégore étant prise et sauvée du pillage, Démétrios lui rendit la liberté. S’étant rendu de là dans l’Attique, il s'empara du fort de Munichie, qu’il fit raser, après quoi il consentit à monter à Athènes. Il rassembla le peuple, auquel il annonça que son pere lui enverrait cent cinquante mule mesures de blé et tout le bois nécessaire pour la construction de cent galères à trois rangs de rames; enfin ii proclama l’indépendance absolue de la république : c’est ainsi que les Athéniens recouvrèrent leur funeste démocratie, treise ou quatorze ans aprèi l’avoir perdue.

Adolation SACRILEGE. — Leur reconnaissance s’exalta jusqu’à l’impiété. Ils donnèrent d’anora le nom de rois à Démétrios et à Antigone ; ils les honorèrent ensuite du titre de tUeua sauveurs. Au lieu de l’archonte qui donnait son nom à l’année, ils créèrent un prêtre des dieux sauveurs, et voulurent que les portraits de ces prétendues divinités fussent peints sur la bannière qu’on portait dans la procession des Panathénées.

On consacra l’endroit où Démétrios était descendu de son char , en y élevant un autel , et on ajouta aux dix anciennes tribus deux nouvelles, sous les noms de Vémé/riads et d’y'/nliffonide; on changea aussi la dénomination de deux des mois de l’année en leur honneur. Enfin il fut établi qu’au lieu du titre d’amàassadeur , ceux qu’on enverrait vers Antigone et Démétrios seraient appelés Théores. Sur la proposition de Démoclide, on décréta : « que pour la consécration des « boucliers qu’on dédiait dans le tem- « pie d’Apollon à Delphes, on se « transporterait vers Démétrios, le « dieu sauveur^ et qu’aprè.s lui avoir « offert des sacrifices , on lui deman- « derait comment on devait faire la

L’UNIVERS

« dédicace de ces offrandes ; et que le « peuple se conformerait à tout ce « que Voracle du dieu sauveur aurait O repondu. «

Ingratitude des Athéniens. — Heureux sous le gouvernement j»ternel de Démétrios de Phalère, ils l’avaient lâchement abandonné. Ils instruisirent son procès, et après l’avoir condamné à mort par contumace , comme ils ne cuvaient sévir contre sa personne, us renversèrent les statues qu’ils lui avaient élevées , sans détruire sa réputation. Ils poursuivirent ses amis, et peut s’en fallut que le poète Ménandre ne fOt appelé en jugement. Alors Démétrios quitta Thebespour se réfugier auprès de Cassandre, d’où il passa en Égypte, où il fut accueilli avec la plus grande distinction par Ptolémée Soter.

Antigone bappellb son fils de LA Grèce, 307 avant Jésus -Christ.

— La puissance de Ptolémée sur mer et la prise de Cypre déterminèrent Antigone à rompre de nouveau avec lui , en ordonnant à son fils de le chasser du pa^s qu’il avait conquis. La grande victoire qu’il remporta rès de cette lie est la plus sanglante ont l’histoire fasse mention. C'est à cette époque que les lieutenants d’Alexandre , dont la dynastie était éteinte, prirent le titre de rois , qui n’était plus pour eux qu’une formalité.

306 , 305 , 304 avant Jésus-Christ.

Comme le projet de s’emparer de Cypre fut manqué par Antigone et son uls, la république commerçante des Rhodiens , alliés de Ptolémée , devait être victime de leur ambition. Mais quoique Démétrios, par les talents qu’il développa dans le siège de la capitale, acquit le surnom de Poliorcète, les Rhodiens, par leur vigoureuse défense, montrèrent ce que peut la discipline unie à un patriotisme bien dirigé.

Démétrios sWima trop heureux de pouvoir abandonner ce si^e pour retourner dans la Grèce, où il était appelé par les Athéniens.

BBTOUR DE DÉMÉTRIOS l’OUORCiil li DANS LA GRÈCE.

3o3 avant J.-Ç*

Les Athéniens, assiégés par Cassaiidre, avaient invoqué le secours de Démétrios Poliorcète, qui parut avec trois cent trente galères et un corps considérable d’infanterie. L’ennemi fut chassé de l’Attique , poursuivi jusqu’aux Thermopyles ; Heraclée tomlm au pouvoir du vainqueur, et six mille Macédoniens passèrent sous ses drapeaux.

Servilité des Athéniens. — A son retour , les Athéniens assignèrent pour demeure à Démétrios Poliorcète, l’opisthodome du Parthénon. Il y logea, et ne rougit point de profaner la maison d’une déesse regardée comme vierge, par les débauches les plus isfames. Il fit dresser des autels à Lamia et à ses autres courtisanes parles Athéniens , qu’il appela à cette occasion des lâches et des misérables nés

Démoclès , surnommé le Beau, aurait pu réveiller de nobles sentiments chez un autre peuple, lorsque pour se dérober à la violence de Démétrios, il se précipita dans une chaudière d’eau bouillante, préférant renoncer à la vie

filutôt qu'à la pudeur. Mais loin ^ à, on rendit un décret, portant : « que le peuple d’Athènes statuait et < ordonnait que tout ce que comman- « derait le roi Démétrios , serait tenu « pour saint à l’égard des dieux, et « juste envers les nommes. « Démétrios étant entré dans le Péloponèse, enleva àPtolém^, qui s’y était rendu puissant , Sicyone, Corintlie, et la plupart des places où il avait des garnisons. Comme il se trouvas Argos à l’époque de la grande fête de Junon, il y fit célébrer d« jeux qu’il présida , et il épousa à cette occasion , Déidamie, fille d’Éacide, roi des Molosses, et sœur de Pyrrhus.

Enfin les états de la Hellade s’étant rassemblés à l’Isthme, il y fut proclamé chef de tous les Grecs, comme

GRÈCE

rayaient été Philippe et Alexandre, auxquels il se croyait fort supérieur.

Ligue conthe Antigone, 301 av.

J.-C. — Cassandre, Ptolémée et Séleucos , voyant qu’ A nti^one ne visait à rien moins qu’à envahir tout l’empire , comprirent qu’il était temps de s’unir étroitement pour abattre ce pouvoir formidable. Ils savaient d’ailleurs avec uel mépris on parlait d’eux à la cour e ce prince. Ses flatteurs disaient que Ptolémée n’était qu’un matelot; Séleucos un cornac ou conducteur d'éléphants, et Lysimaque un caissier ou gardien de trésor.

Bataille d’Ipsos. — A l’ouverture de la campagne, Ptolémée recourra la Phénicie , la Judée et la Célésyrie. Il venait de mettre le siège devant Sidon , lorsque , sur la fausse nouvelle de la défaite de Séleucos et de Lysimaque, il conclut une trêve de cinq mois avec les habitants, et retourna en Égypte.

L’armée des confédérés et celle d’Antigone arrivèrent presque en même temps dans la Phrygie. Bientôt elles furent em présence. Antigone avait plus de 60,000 hommes de pied ,

10.000 cheraux et 75 éléphants. Les alliés comptaient dans leurs rangs

64.000 fantassins , 10,500 chevaux , 400 éléphants , 120 chariots armés de faux. La bataille eut lieu près d’Ipsos en Phrygie.

Dès que les trompettes eurent donné le signal, Démétrios, à la tête de la cavalerie, fondit sur Antiochos , fils de Séleucos , et combattit avec tant de valeur, qu’il rompit les ennemis; mais s’étant mis à poursuivre les fuyards, lorsqu’il voulut rallier son corps de bataille, la chose devint impi^ible : les éléphants de l’ennemi lui barrèrent le passage. Alors Antiochos , voyant les gens de pied d’Antigone dégarnis de leur cavalerie , ne les chargea point, mais fit mine de les attaquer , tantôt d’un côté, et tantôt de rautre pour les effrayer et leur donner le temps de déserter. Ce fut en effet le parti qu’ils adoptèrent; un grand nombre de fantassins se rendit a lui et le reste prit la fuite.

Mort D’AirriGOWE. — Dans cemo- • ment une grosse troupe de l’armée de Séleucos cliargea avec fureur Antigone , qui soutint quelque temps leur effort; mais enfin accablé et percé de traits , il tomba après s’être défendu jusqu’au dernier soupir. Déinétrios voyant son père mort, se retira à Ephese avec cinq mille hommes d’infanterie et quatre mille de cavalerie. Pyrrhus-le-Grand, tout jeune encore qu’il était, accompagna partout Démétrios , et montra dans cette action, qui lui servit comme d’apprentissage, ce qu’on devait un jour attendre de son courage et de sa bravoure.

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