D'ALEXANDRE
ait— aSo ST. /.•€*
Lysimaque fiéleucos étaient destinés à terminer le drame sanglant des lieutenants d’Alexandre d’une manière tragique. Enfants de la fortune, hommes de leurs œuvres, toodiant au terme de la vie, car tous deux étaient âgés de quatre-vingts ans, au lieu de rester unis , ils ne songeaient qu’à s’entre-détruire. Le premier fut vaincu dans une bataille, où il perdit la vie ( 281 avant J.-C. ) , et fiéleucos devint maître de son royaume. Ravi de ce succès , son plus grand plaisir tilt de se trouver le dernier des lieutenants d’Alexandre existant sut la
800 L’UNIVERS
■cène dii monde et de se dire le vainqueur des vainqueurs : c’est pourquoi U prit le titre de iMcator. Sept mois après (280 avant J.-C.), comme il allait prendre possession de la couronne de Macédoine, il mourut assas<siné par Céraunos, qu’il avait comblé d'honneurs et de bieuiaits.
USDEPATIOH DE FTOLéHÉB CjtRADMOS ,
»79 avant J.rC.
Les amis de Lysimai^e et ses partisans regardant Céraunos comme le vengeur de leur prince, le reconnurent pour roi ; mais tant que les enfants de Lysimaque vivaient, l'existence pglitiïpie du soi-disant élu de la nation était contestée et contestable. Pour se débarrasser de cette sollicitude, Céraunus feignit d’être passioimé pour sa sœur, mère des deux jeunes princes, et demanda à l’épouser : ces mariages étaient communs et permis en Ëgyptfei Arsinoé, qui connaissait son frère • résista long-temps à ses projeh, mais craignant pour ses enfants , elle se sacrifia afin de sauver leur vis.
Noces funestes ub PtOléméb CÉRAUNOS ET d’Arsinoé. — L’hymcn fut célébré avec magnificence :
Ptolémée, en présence de toute l’armée, ceignit du diadème la tête de sa sœur, et la proclama reine. Arsinoé, contente de se voir rétablie dans les honneurs dont la mort de Lysimaque l’avait privée, invita son nouvel époux à faire son entrée dans Cassandria , qui était devenue sa ville de sûreté
gendant son veuvage , et ayant pria les evanta, elle prépara tout peur Id recevoir.
Assassinat db Ltsimaiiub kt bb Pbilifpbi — Les temples « les places, publiques, les maisans particulières sont ornés avec tout l’écut des (lonH pes solenneilesi Les fils d’Arsinoé, adolescents d’une rare beauté tt d’une prestance majestueuse, vont au-devant au roi , portant des couronnes sur la tête. Céraunos se jette à leur eou et les tientlong- temps embrassés, comme aurait fait le père le plus tendrei mais à peine entré dans la ville, il se saisit
de la citadelle , et donne ordre d’Agorger Lysimaque et Pliilippe. Vainement iis se réfugient auprès de leur mère, ijs sont immolés entre ses bras.
Sans lui laisser la consolation de renare les derniers devoirs à ses enfanté, la malheureuse Arsinoé, couverte de ^Dg , scs vêtements déollirés, les cheveux épars, est Jetée sur un bateau qui la transporte dans l’ilc de Samouuraee.
CUATIMBNT DB FTOLiMBB GÉilAfROS.
ilrraMOK OU OALUtltti 179 i#. IfGt
La Providenoe ne ptfttiit pas qu* tant lie orimés restassent lonâ-tcm|tt impunis. Les Gaulois , partis des outrées lointaines dé l’Oeeidedt, spril avoir suivi le cours du Danube jusqu’itt conlluent de la Sâve, se partageftO en trois corps d’armée fnnniuables.
Le premier, conmlandé pat Hreitira et Aoichorius, entra dans la Pdnnoate} le second , sous les ordre! de Géri* thrius i pénétra dans la Thréccf et to troisième, conduit par Béigius , se rA pandit dans rillyrié et datis la Ms* cédoine.
DbFAITB BT MOBH DÉ PtOt-BHÉt Cbr ADNOS. — Les peuples qui le trotP voient sur le passage dés Gaulois Sé bâtaient de leur envoyer des omba»
sadeurs , trop heureux de pouvoir <dl* tenir la paix à pris d’atgent. Le rol de Macédoine mt le seul qui iip^it sans trouble une aussi terrible iH^tion. Refusant tout secours, et courent de lui-même au châtiment que l'ÉtaKi^ réserve sux parricides, il rEyeta t/hHn orgueil le pais que lés Gaulois lui offraient, en cas qu’il voulût l’ocbéltri Prenant Ostte proposition pour UM marque de crainte, il leur fit dire quül ne b^i^iterait avec les Barbares
u’è condition qu’ils lui ranettraieirt
es otages de marque et leurs arme»
Cette réponse fit rire les Gaulois. FM de jours après , On en vint à une M* taiiie , dans laquelle les MacédotiieSf succombèrenti CérannoS , couvert de blessures , tombe aO pOUvolr déé BaR bares; ils lui coupèrent la tête, qUi filt mise au bout d’une pique et promeeée,
ORÈCE.
pu dériiion , dans loi pagr»«ÛYwnToi« lins. L’inondation des Gaulois nq s’éooula de la Crèoe que deux ana après cet événemeot< -i
Partiqularitéb. —Vers Ce temps, Antigone épousa Phila, Clle de Strar.
tonice et de Séleuooi : Antioclios ror nonçn, en sa faveur, à ses prétentions sur la Mni^oiue. L’an 377 de notre ère, Ptolémée Philadelphe fit traduire en grec les écritures saintes , afin d’en enrichir sa hililiotiièquc : c’est cette version à laquelle on a donné le nom des Septante. i >
CAMPAONBS es PYMUiOSi «T* J>*€.
'ÿv^W pouvait mener une vie tranmille en, Spire en gouvernant ses peu-- ^es aveo sagesse, mais son caractère uapatiéBt ne^uvait se supporter lui, ‘‘e; n se fuyait, et il saisit la pres qoçasion pour se précipiter dans — ^Uloo des armes et des com-
UBRAA^usEif IxALis. — I.es liabi' tgpts de!(|wte, qui étaient en guerré contre la>£imain8 , dépourvus d’un général tugi^e. portèrent leurs regards vers /’Ëpirq, Us y envoyèrent des ambassadeurs en leur nom et en celui des^ples de la Grande-Grèce, cliar* nbde présents magnifiques pour Pyr> mu. Ils demandaient un capitaine expérimenté; les Lucnniens, les Messapim . les Sainnites et les Tarentins defaieot lui /ournir une armée de yin^ nnille hommes de cavalerie. On juge avec quel eitipresseineot Pyrrhus et tes belliqueux Epirotes accueillirent une pareille ambassade.
Sagesse d’un copi^.iGLKK dePirrhus. — 1a5 roî avai^a sa cour un TliessaJien nommé Cinéaa, disciple de Dé; inosthène, qui, audirè del^yrrlms, « lui « avait gagné plus de villes par son élo- « qoence qu’il n’en avait jamais conquis « avec son epée. > Trouvant un Jour son maître de bonne humeur, Cinéas entra tncoaverBatipn avec lui : «Voussongez,
• sei^eur, à porter^.vqs armes contre
• les Aoruains ; si 1^ dieux nous font
• la grâce de réussir , quel avantage
« tirerons-nous de notre victoire? —
• Les Romains une fois vaincus, re- « partit Pyrrhus, toute l'Italie sera à < nous. — Et quand nous serons maî- « tres.de l'Italie - continua Cinéas, « que ferons-nous? > Pyrrhus, qui ne voyait pas où ,il ,ypuuiit en venir : « voilà la Sicile qui nbu^ tend les liras , a et vous savez de quelle huportanre « est cette ile. ^ ^tals, poursuivit Ci- « néas, la Sicile prise sera-t-elle la « terme de nos expéditions? — Non « certainement; quoi.! nous deineure- « rions en aussi bon chemin ? Si les « dieux nous accordent la victoire, « ce ne sera là que le prélude de plus « grandes entreprises. Carthage avec « toute l’Afrique, la Macédoine, mon « ancien domaine, lu Grèce entière, « voilà une partie de nos conquêtes « futures. — Kt quand nous aurons « tout soumis, que ferons-nous? — « Ce que nous ferons? nous vivrons « en repos , nous passerons les jours ■ entiers eb festins , en conversations « agréables et en fêtes. — - Pourquoi
• wne aller diercher si loin un hon- « heur qui est entre nos mains, et O acheter si cher ce que nous pouvons « avoir sans peine r « Cet entretien afiligea Pyrrhus sans le corriger.
Deparx de PyaRUbs; il est assailli PA* bNb tempête. — Le rot envoya d’abord Cinéas à ses alliés avec trois mille lioinines de pied.
Bientôt après, une flotte de transcris de Tarente étant arrivée, il y embarqua vingt éléphants, trois mille chevaux, vingt mille fantassins pesamment armés , deux mille ardiers et ciuq cents frondeurs. Tout étant prèt^ U. appareillai mais, bientôt assailli par un vent d’aquilon sur les côtes de la Basse-Italie , et n’ayant pas de port de refuge, il ne trouva d’autre moyen de salut que de se jeter à la mer.
L’obscurité de la nuit l’empêchant de distinguer le côte, ce ne fut qu’après de grands efforts qu’il atteignit la grève , épuLsé de fatigues , mais toujours graud , par suu courage. Les MessajMens , qui le reçurent dans cet état, raaienèrent quelques-uns de ses vaisseaux, dans lesquels on trouva
L’UNIVERS
peu de cavalerie, doix raille fantassins et deux éléphants, avec lesquels il s’achemina vers Tarante Mollesse des Ta.rentihs.— U fiit étrangement surpris de les trouver oocupés de plaisirs et de fêtes ; ils comptaient, pendant que les Épirotes combattraient pour eux , demeurer tranquilles dans leurs maisons , occupés à prendre le bain , à user des parfums les plus exquis, à faire bonne chère et à se divertir.
Discipline militaire.— Pyrrhus dissimula jusqu’à ce qu’il eût appris ue ses vaisseaux étaient sauvés; et ès que la majeure partie de son armée l’eut rejoint, alors il parla et agit en maître; il ordonna d’abord de fermer les maisons de jeu, et les jardins publics, où l’on réglait les affaires d’état en se promenant et en causant.
Il voulut que chacun s’exerçât au maniement des armes et à la manoeuvre; et il établit une discipline telle, que plusieurs habitants quittèrent la ville, appelant une servitude intolérable de ne pouvoir plus végéter dans les délices et l’oisiveté.
Marche du consul Lévinds. — Le roi apprit, sur ces entrefaites, que le consul s’avançait à la tête d’une uissante armée, et qu’il était entré ans la Lucanie. Quoiqu’il n’eût pas reçu tous les renforts de ses alliés, il envoya un héraut à Lévinus pour savoir s’il n’y aurait pas moyen de s’entendre avant de commencer les hostilités. La réponse du consul fut que les Romains ne prenaient pas Pyrrhus pour arbitre et ne le craignaient point comme ennemi.
Victoire de Pyrrhus. — Après cette réponse , le roi vint dresser ses tentes dans la plaine située entre Pandosie et Héraclée ; ensuite il monta à cheval pour reconnaître l’ennemi campé sur les bords du Lyris. Quand il vit la contenance des Romains, leurs gardes avancées, la forte assiette de leur position , il dit à un de ses amis : « Mé- « gaclès, cette ordonnance des Bar- « bares n’est nullement barbare; noua « verrons si le reste y répondra. »
f.e consul ayant passe le Lyris,
Pyrrhus voyant brûleries boudien des Romains , et leur cavalerie s’avancer en bon ordre, fit serrer les rangs et commença l’attaque, sans perdre de vue les ronctions de général. Au fort delà mêlée, un cavalier italien blessa son cheval , et Pynîiiis apprit à se précautionner plus qu'il ne le faisait.
Voyant sa cavalerie plier , il fit avancer son infimterie, qu’il dirigea après avoir changé son vêtement contre celui de Még^ès. Sept fois les armées plièrent et revinrent a la charge. Les Romains s’étant jetés sur Mégadès, qu’ils prirent pour le roi , le tuèrent; et maîtres de sa dépouille, ils la promenèrent dans les ran^ de leur armée. Ils touchaient au moment de remporter la victoiK, quand Pyrrhus reparut à la tête ^ ses troupes. Ses éléphants décid^ent du sort de la bataille , dans laquelle il périt, suivant Denis d’UalicamasK, quinze mille Romains et treize mfile Macédoniens ou Gre<E. Les Lucanieos et les Samnites n’arrivèrent qu’apiès le combat : le roi leur fit de vi6 reproches ; mais , au fond, il était content d’avoir vaincu avec ses seules troupes et celles des Tarentins.
Ambassade de Cinéas a Rome.
— Au lieu de rappeler Lévinus, les Romains ne s’occupèrent qu’à lui finirnir une nouvdle armée. Cette détomination effraya Pyrrhus, qui résolutde leur envoyer une ambassade. Cinéas, introduit dans le sénat, offrit au nom de son maître « de rendre sans rançon < aux Romains leurs prisonniers; de « les aider à conquérir toute l’ItahV, « ne demandant autre cliose que l«ir « amitié et une entière sûreté pour les « Tarentins. »
Opposition d’Appius Claudius.
— Ce généreux citoyen que son grand âge et la perte de la vue obligeairat de vivre retiré au sein de sa 6mille , apprenant qu’on smiblait (fisposé à accepter les offres de Pyrites, se fait porter dans le sénat. A son aspect, un profond silence règne dans l’assemblée : le patriotisme lui donne des forces ; il montre par des raisons puissantes que si de pareilles propositions sont acceptées , c’en est fait de
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la patrie. Pais , saisi d’une noMe indignation , il s’écrie : pue sont devenus ces discours stmerbes qui ont retenti par toute la terre, que si Alexandre était venu en Italie du temps de notre ieunesse et de la vigueur de tàge ae nos pères , il n’atsraU point acquis le titre d’invincible, mais que, par sa défaite, il aurait aiouté un nouveau lustre à la splendeur de Jtojnef Et vous tremblées tMxntenant au seul nom de Pyrrhus, aoetdwrier errant de contrée en contré pour fuir les ennemis qu’il a dans son pays! et c’est lui qui vous propose la conquête de l’ItaUe avec des troupes dont la valeur n’a pu conserver une petUe partie de la Macédoine ! U ajouta beaucoup d’autres choses, et d’une voix unanime les Pères conscrits firent cette réponse à Gnéas : ^ Pyrrhus commençât par évacuer P Italie ; qu’ alors, s’il voulait, ü envoyât demander la paix; mais UaU gu’U serait en armes dans leur pays, les Romains hd feraient la guerre de toutes leurs forces, qwnd mime ü aurait battu dix mille Lévinus.
RAJPPOVe SB ClWÉAS , 279 AV. J.-C.
— De retour à Tarente, Cinéas raconta fidèlement au roi ce qu’il avait ra et observé. Il lui dit entre autres choses : que le sénat bd avait paru une assemblée de rois; qu’en traversant les villes et les campâmes , il avait remarqué une si mande po^lation, qu’il craignait oeaucoup m’ü ne combattu une hydre. En effet, l’armée de Lévinus était déjà double de celle qui avait été battue.
Ajoassadburs romains a Ta- RBinz. — On vit bientôt arriver des ambassadeurs du sénat auprès de Pyi^ rfaus, qui les reçut avec la plus grande distinction. Leur mission avait pour olget de lui proposer la rançon. ou réchange des prisonniers; mais on ne
a s’accorder. Le roi, qui avait enu parler avec éloge de Fabricius, l’un des ambassadeurs, citoyen pauvre mais vertueux, mit tout en œuvre pour s’eu faire un ami. Je ne vous demande, lui disait Pyrrtius dans
un entretien familier, aucun servéca is^uste ou déshonorant, mais veuUlsn accepter des dons dignes de votre vertu; c’est le plus nome emploi qu’un prince puisse faire de ses richesses.
Fabricius le remercia à peu près en ces termes : « Si vous croyez que la
• pauvreté rende ma condition infi^ « Heure à celle de tout autre Romain, « seigneur , vous êtes dans l’erreur.
« Mon bien consiste dans une maison « de peu d’apparence et dans un pe- « tit champ qui fournit à mes besoins ;
• jamais mon indigence ne m’a fait
< aucun tort. Ma patrie, à cause de ma « pauvreté , m’a-t-elle jamais éloigné
• des emplois les plus honorables ?
« Je suis revêtu des plus hautes di-
< gnités, on me met à la tête des plus « illustres ambassades, j’assiste aux « plus augustes cérémonies , on me
< confie les plus saintes fonctions du
> cuite divin. Quand il s’agit de déli- « bérer dans lès conseils, j’y tiens « mon rang et j’y donne mon avis. Je
> marche de pair avec les citoyens les « plus opulents. Rome pourvoit aux « besoins de ses enfants en les élevant « aux enipioia; nous sommes tous ri-
< ches dès que la république est riche,
« parce qu’elle l’est pour nous... Pour « ce qui me regarde en particulier, Je O m’estime le plus heureux des honi- « mes. Mon petit champ, quelque mai-
• gre qu’il soit, me fournit le néces- « saire. Tout aliment m’est agréable
< quand il est assaisonné par la faim ;
« je bois de l’eau avec délice quand O j’ai soif V je goûte les douceurs du « sommeil lorsque j’ai bien fatigué, c Je me contente (Tun habit qui me « met à couvert des rigueurs de l'hi- « ver, et le mobilier le plus simple « estceluiquim’accommodele mieux.»
Reconnaissance de Fabricius.
— L’année suivante , Fabricius ayant pris le commandement de l’armée, prévint Pyrrhus de l’offre que lui avait faite le jnédecin placé près de sa royale personne pour l’empoisonner.
Le médecin, convaincu de ce crime, fut puni, et le roi renvoya aux Romains sans rançon tous leurs prisonniers. Le consul lui fit remettre un nombre égal
L’UMIVERS.
d« Samnitei et de Tarentlns. Enfin Cinéas n'ayant pu réussir à condure la paix, Pyrrhus se prépara au combat.
B ATAILLÏ D' AaCDUlM, 3T8 AV. J.-C.
— L'action fut opiniûtre et sanglante. Les deux armées firent des efforts extraordinaires de courage. Les éléphants du roi rompirent l'infanterie romaine en plusieurs endroits , mais elle se rallia , et la nuit seule sépara les combattants. L'armée de Fabricius quittais première le champ de bataille pour se retirer dans son camp. La perte, à peu près égale des deux côtés, se monta en tout à quinze mille hommes , ce qui fit dire à Pyrrhus qu'on félicitait : Encore «ne victoire pareille et noua tommea perdus.
ExrÉorriON on rvaxiins en sicili,
ftT. J.-C.
Le roi était occupé de tristes pensées sur sa position , lorsque des députés de la Sicile lui furent présentés. Ils venaient lui apporter les clefs de Syracuse, d’Agrigemte, deLéontion, en le priant de chasser de leur fie les Carthaginois, et de les délivrer des tyrans qui les opprimaient. Dam 'le même temps des courriers venant de la Grèce, lui annoncèrent que Ptolémée Céraunos avait été tue dans une bataille contre les Gaulois, et qn’il pouvait recouvrer eon royaume de Macédoine.
Pyrrhus vAses en Stcn.E. — Après avoir réfléchi , le roi se détermina à accepter la proposition des Siciliens. Cette tie lui fournissait un passage en Asie et une ample moisson de gloire en perspective. Il se fit précéder par Cinéas , et ayant laissé une forte ^rnison dans Tarente, il mit en mer. a r . , .
A son débarquement , Syracuse lui fut remise par Sostrate et Thénon , avec l'arpnt du trésor public ét deux cents vaisseau*’, ses manières engageantes lui eonquirent tous le* cœurs.
Fort de trente mille hommes de pied et de deux mille cinq cents chevaux, appuyés par sa flotte, on le vit alor» cliusser devant hil les Cartbaginoi* ,
auxquels il ne resta biantât qu* la seule ville de Lilybée. Réduita aux -abois, ils lui envoyèrent o^ir aidant, vaisseaux, pour ^tenir la paix. Mais le roi leur répondit qu'ils n’auraimt ni trêve, ni repos qu'en mettant la mer d’Afrique entre eu* et les Grac*.
Sa tyrannie. •- Le «iotoira, qui conduit souvent le* conquérants à la démence , ne présenta plus à Pyrihus que des projets gigantesques. Il de*, tinait la Sicile à son fils Héiéno* , comme la tenant du chef de sa mère, fille d’Agatliœle ; il réservait à ion autre fils , l'Italie , dont il tenait b conquête pour certaine. Mais son idé* dominante était la souraisaion de l’A.
frique. Il avait des vaisseaux i mais comme il manquait de matelots y exerçait les plus grandes rigumira pour s’en 'procurer. Ses ordrn devaient être exécutés sans réplique, et bientôt sa puissance se changea en tyranHS.
Il donnait les premières dignité à isi créature* les plus serviles ( la juiiiet n'était rendue qu’à prix d'argent. |4> meilieure citoyens étaient plongé dsm lee caehots; il fit mourir ’rbënon, qui lui avait livré la citadelle de SyraeuK, et Sostrate n’évita le même sort qu'en prenant la fuite. Abhorré de tout le monde, la haine qu'on lui portait devint si (générale, que plusisura vilin s’étaptliguéesaveeles Ôarthagiaois, il se trouva obligé d’abandonner la SicUat ce qu’il fit sous prétexte d'aller au secours des Samnites et des Xarenttm.
DÉrAiTEDEPyRRRiJS, aréAY’ —Après avoir soutenu un comlûtooatre les Carthaginois dans le port méoM de Syracuse; pillé le temple dp lèroserpiiK à Loeres; éprouvé une violents tempête, te roi aborda à .Tarente avec vingt mille honunes de pied et trois mille chevaux. Il manha aussitôt contre les Romains, 'qui w trouvaient dam le pays des Samnitat.
D’après te pian qu’il avait conçu , IJ détacha une partie de ses fiorc^ <ki oôté de la Lucanie , afin de Hiasquee son opéretion prinei|ate,quiétait d’attaquer Manius Curius, campé près ds Benévent. /
Rmpresséd’attaquer ce dernier avant
GRÈGE. ail
que 300 cpll^gs^ trooTait en
Lucanie J’e()t rejoint, Pyrrhus se mit en marche aprç.s Je cpucher du soleil.
II se (Jattait {Jç surprendre l’ennemi; mais au point ^U jour ios Romajns l’aporçurçot, lilamys, sorti de son camp, tomba sur IIS premiers Grecs qu’if rencontra, J] les mit en fuite ; mais Us reçurent des renforts , et la bataiiie devînt générale. Pyrrhus fut vaincu I et les Romains demeurèrent maîtres de J’italie.
anreUR DE PTRRHDS BV ÉPIEB ,
>70 avant J.-Ç,
GDEROn COJSTRE AnTIGONE. —
Déçu des magnifiques espérances qu’il avait conçues , Pyrrhus, au bout de six I années de guerre , repassa en i%pire I avec huit mille hintussins et cinq cents I hommes de pavalerie. Comme il ne I pouvait les foire .subsister , dès qu’il 1 eut reçu sous ses drapeaux plusieurs t bandes gauloises , jj entra dans la Ma- I cëdoine, pù régnait Antigone, fils de I Déinétrios, qu’il battît et réduisit à I se renfermer dans quelques villes ma- I ritimes restées fidèles à son malheur..
I JjfPÀSS^ 0,AiS§ LS PÉIOPO ÈSE. —
I Fier des succès qu’j) venait d'obtenir.
I Pjrr/jus fut flatté de vpjr arriver a : son quartier Cléonyme, qui le priait
I (je ppndujre son arn'ée contre Laré-
I démone. Sa demande fut favorable- I ment aqcuoillie, Çe pjéonyijie avait hé- I ritéda ÇJéoTOène, «ou père, du royaume I de î^rte, cpnjointement avec Aerototoe, dont |e nls, nommé Aréos, venait de le (jiasser, CJépnyme n’avajt rien d'intérçssant dans son maliieur, U était flétri par ses vjplenres, et surtout par un ouiriage contracté dans sa vieiJiâssç avec Ciiéliilonide . fille de Leotyçliidas. jl avait la faiblesse d'étre trop justement jalon* de la jeune princcssoi ou qui le rendait la fable du peuple ; fl voulait s’ en venger, Pyrrhus épousa ses ressentiments et consentit à jouer le rôle principal dans cette étrange comédie, à laquelle il prit part avec yjngt-einq mille nommes d’imaiiterie , dep* mille chevautt et vingt-quatre éléj)hants.
PoLiTignE SB PTKitinrs. — Ce grand appareil de guerr» lavait moins pour objèt la restauration de Cléonvme, quedesé rendre maître du Pélopohèse.
Le roi amusa d’abord les Lacédémoniens , en disant qu*i) voulait rendre la Ifbéfté aux villes occupas juir Antigone. Il leur témoigna même le désir de voir les plus Jeunes de ses enfants venir à Sparte , s’ils voulaient le permettre, afin d'être élevés dans la discipline de Lycuruiie et d’avoir été nourris à bonne école. Mais à [leine fut-il entré dans la Laconie, qu’il se mit à piller et à ravager son territoire.
Mesures »>e névERSB nse S»a.r- TiATEs. — Arrivé devant T.acédémonc au coucher du soleil , Cléonyme voulait qu’on fattaquAt aussitôt , é cause de l’etat de confusion qui y régnait.
Son antagoniste Aréos était allé en Crète, au secours des Gortyniens; mais Pyrrhus remit faithire au lendemain. Ce délai sauva la ville.
RÉSOLDTION nÉROÏQUE DES FEM-
)«ES. — Les Lacédémoniens avaient décidé d’envoyer jeurs femmes en Crète ; mais elles s'y opposèrent. Une Centre eHes, Archiqarfiie, avméed’un glaive, entra dans ie sénat,' et; portant la parole au nom de toutes les autres, demanda à rassèmblée « pouv-
0 quoi on avait si mauvaise opinion
« des Lacédémoniennes pour s'imagin ner qu’elles pourraient survivre à « la ruine de leur patrie. » i
Dans ce même conseil , il fut arrêté qu’on tirerait une tranchée parallèle au camp des ennemis, afin de leur disputer l’entrée de la ville. Comme il n’y avait pas assez de monde pour la garnir, on résolut de se ferrtier aux extrémités avec des chariots enfoncés en terre jusqu’aux moyeu*', afin qu’ayant une assiette ferme , ils arrêtassent les éléphants et empêchassent la cavalerie de prendre les assiégés en flanc. Comme on était occupé
1 ce tmvail, les femmes et les filles vinrent se joindre aux travailleurs.
Après avoir exhorté ceux qui devaient combattre le lendemain h se reposer pendant la nuit, elles mesurèrent'Ia
L’UNIVERS
barricade et en prirent la troisième partie, qu’elles eurent achevée avant le jour. Ce fossé avait neuf pieds de large, six de profondeur et neuf cents de développement.
AS8A.DT DS Sparts. — Au point du Jour , l’ennemi s’étant mis en marche , les Lacédémoniens revêtirent les jeunes gens de leurs armes, en leur représentant la gloire immortelle qu’ils allaient acquérir par la victoire , ou par le bonheur de mourir entre les bras de ■eurs mères, de loirs femmes et de leurs sœurs. Pour Chélidonide, s’étant retirée dans sa maison, elle prépara un cordon, fatal instrument de ocort, si Sparte venait à être prise, ne voulant pas tomber entre les mains de son époux.
Pjrrhus marchait à la tête de son infanterie contre les Spartiates, qui l’attendaient de l’autre côté de la tranchée , les boucliers bien serrés. 11 était difficile de les approcher , car les assaillants ne pouvaient tenir ferme sur des terres fraîchement remuées ^i s’éboulaient sous leurs pieds. Pto* lémée, voyant cet inconvénient, prit deux nulle Gaulois avec le corps des Chaoniens , afin de s’ouvrir un passage à l’une des barricades , mais il n’en put venir à bout. Les Gaulois s’avisèrent alors de d^ager les roues et de traîner les chariots dans l’Eurotas.
Àcrotate , qui s’aperçut le premier de cette manœuvre, traversa promptement la ville avec trois cents soldats et tomba , sans être aperçu , sur les derrières de Ptolémée , qui fut obligé de prendre la fuite. Après avoir dégagé ce point, on vit Acrotate retourner au ^te qu’il occupait en face de Pyrrhus : Pbyllios s’y était signalé pendant son absence; mais, se sentant défaillir par le sang qui coulait de ses blessures, il céda sa place à un de ses officiers et vint tomber au milieu des siens , ne voulant pas laisser son corps au pouvoir de rennemi.
Sroord assaut. — La nuÿ sépara les combattants. Le lendemain, l’ennemi revint à la charge , et les Lacédémoniens se défendirent avec un nouveau courage. Les femmes ne les
abandonnaient point , pansant les blessés , portant des rafraîchissements aux combattants ; elles se trouvaient partout où il y avait des dangers à partager et des citoyens à secourir. Les Macédoniens , de leur côté , redoublaient d'ardeur pour combler le fossé . lorsqu’on aperçut Pyrrhus , qui avait forcé la gorge , pousser à toute bride vers la ville... Un cri immense se fait entendre. Les femmes y répondent par d’effroyables hurlements; mais bientôt son cheval, percé d’un trait, bondit, l’emporte loin du combat et le jette par terre. Les Spartiates accourent, repoussent les Macédoniens , et Pyirous fait sonner la retraite.
Délivrance de Sparte. — Le roi se flattait que les Spartiates , affaiblis par leurs pertes et pres;
3ue tous blessés , prendraient le p^i e la soumission. En effet, la ville était réduite aux abois, c’en était fait des Spartiates, tout semblait désespéré , lorsqu’un des généraux d’Antigone leur amena de Corinthe un corps assez considérable de troupes étrangères. A peine étaient-elles dans la ville, que le roi Aréos, venant de Crète, y entra avec deux mille hommes de pied. Ces renforts ne firent qu’animer Pyrrhus; mais après plusieurs tentatives, comme il ne gagnait que des blessures, il leva le si^e , décidé à passer l’hiver dans le Péloponèse.
Affaires d’Argos, 371 av. J.-C.
— Deux principaux citoyens d’Argos, Aristéas et Aristippe , avaient allumé la guerre civile parmi les habitante de cette ville. Ce dernier semblait vouloir s’appuyer de la protection d’Antigone , et Aristéas , pour le prévoiix, se hâta d’appeler P^hus.
Retraite des Macédoniens. — Dès gue Pyrrhus eut reçu le courrier d’ Aristéas , il se mit en marche pour Argos. Le roi Aréos lui dressa plusieurs embuscades sur sa route, et détruisit son arrière-garde, composée des Gaulois et des Molosses. Ptolemée, que Pyrrhus, son père , avait détaché pour secourir ce corps d'armée, fut tué, etses soldats se débandèrent. Son père, arrivé
GRÈCE. 313
dans la plaine d'Âigos, )nfonuéqu’ Antigone occupait les hauteurs environnantes , dressa son camp du cdté de la ville de Nauplie (voy. ^ 78} (*). Le lendemain U envoya un néraut au roi de Macédoine pour lui proposer de vider leur querelle par un combat singulier.
PnOPOSITlOIfg DES ÂR6IBN6. — En même temps , il vint aux deux rois des ambassadeurs d’Argos pour les prier de se retirer, en demandant que la ville restât amie de tous deux. Antigone accueillit favorablement cette proposition, et rmit en otage son ois aux Argiens. Pyrrhus consentit paiement à s’éloigner; mais comme il ne donnait aucun gage de sa parole , on le soupçonna de quelque arrière-pensée.
Argos surprise. — La nuit venue, Pyrrhus s'approche des murailles de U ville, et Aristéas lui ayant livré
I une poterne , il fit entrer un corps de
II Gaulois qui se saisirent de la place :! avant d’ebe aperçus. Mais quand il t voulut introduire ses éléphants , l’en- ] trée se trouva trop basse, de sorte I qu’il fallut leur ôter les tours qu’ils iJ avaient sur Je dos et les réarmer en i guerre. Ce diangement ne put s’opérer ! sans brui t, et quoique dans l’obscurité,
I i fiit découvert. Les Argiens courent f àia forteresse , se retirent sur les rot cbers et avertissent Antigone de les
secourir; ce qui fut aussitôt exécuté.
Combat nocturne. — Son fils et ; ses meilleures troupes, unis au roi i Aréos , qui était enlâé dans Argos avec ( mille Cretois et quelques Spartiates, chargent les Gaulois avec fureur. Pyrrhus accourt de son côté pour les soutenir, mais au milieu de tant de confusion, il ne peut ni se faire entendre,
O La Palaœide ou forlerease, que » position rend inexpugnable , foit de Nauplie la trace (a plus imposante de la Morée : du mo- I ment où, dans la guerre de leur indépendance, tes Grecs parvinrent à l’enlever aux Turcs, le sac(^ de leur insurrection devint presque assuré. Ce n’est que tout récemment que le siège du gouvernement, qui; était fixé, a été transféré à Athènes, qui sera désormais la métropole de la Grèce.
ni se faire obéir. Quand te jour parut, surpris de voir la citadelle remplie d’ennemis et perdant toute espérance, U ne songea plus qu'aux moyens de se retirer. Comme jl savait que les portes de la ville étaient trop étroites, il manda à son fils Hélénos , resté en dehors , de démolir un pan de la muraille. L’officier que le roi avait chargé de cet ordre l’ayant mal compris , en porta un tout contraire. Hélénos, prenant aussitôt sa meilleure infanterie et ce qui lui restait d’éléphants, entra dans la place.
C’était au moment où le roi commençait à opérer son mouvement de retra'ite, en suivant une rue étroite qui aboutissait à la porte principale d’Argos. La confusion déjà grande augmenta par l’arrivée des troupes d’Hélénos ; le roi avait beau leur crier de reculer pour dégager le chemin , elles allaient toujours en avant. Pour surcroît d’embarras, un des plus grands éléphants étant tombé en travers de la porte, ia tenait comme fermée, de sorte qu’on ne pouvait plus avancer ni reculer.
Mort db Pyrrhus. — Le roi , voyant sa position critique, ôta de son casque l’aigrette éclatente qui le faisait distinguer, et se confiant en ia bonté de son cheval, il se jeta au milieu des ennemis qui le suivaient. Alors un soldat l’atteignit d’un coup de Javeline à ia cuisse. Pyrrhus se tourne aussitôt contre celui qui l’avait frappé ( c’était te fils d’une pauvre femme d’Argos qui regardait le combat du haut d’une terrasse avec ses voisines); cette femme, voyant le roi au moment d’atteindre son fils , prit à deux mains une grosse tuile qu’elle lui lança sur la tête. Le casque du roi n’ayant pu amortir te coup, d’épaisses ténèbres couvrent ses yeux, ses mains abandonnent les rênes, il tombe de son cheval, et un soldat qui le reconnut l’acheva en lui tranchant la tête.
Deuil .«’Antigonb. — AlCTonie , fils du roi, ayant pris la tête de Pyrrhus, poussa à toute bride vers son père et la jeta à ses pieds. 11 en fut fort mal reçu. Antigone , se rap-
L’ÜNIVERS.
pelant le triste sort de son aleal et de son père Démètrios , versa de» larmes et lit des funérailles magniliques à l'un des plus grands capitaines de la Grèce. Après s’étre rendu maître du camp de Pyrrhus et de son armée , il traira avec beaucoup de générosité Hélénos ainsi que ses amis, qu’il renvoya en Épire. ’’ •
PRISE D'ATHÈNES PAE ANTIOONB GOKATAS, s68 av. J.*C.
Le bruit des armes avait cessé de se faire entendre dans la Grèce depuis la mort de Pyrrhus ï lorsque les Athéniens et les Spartiates , alarmés de la puissance du roi de Macédoine , engagèrent Ptolémée l’hlladelphe à former avec eux une alliance contre ce nouvel ambitieux. Antigone, pour prévenir cette ligue, commença par mettre le siège devant Athènes.'Le roj d’Égypte envoya aussitôt une flotte, commanuée par Patrocie, au secours d'Athènes, et Aréos se mit à la tête d’une armée, afin de concourir au même but. Patrocie conseilla au roi de Sparte de marcher aux ennemis, tanuis qu’il ferait sa descente et les attaquerait de son côté. Le conseil étajt sage ; mais Aréos, quj manquait de vivres, voulut retourner h Lacédémone ; )a flotte, incapable d’agir seule, remit à la voile, et |a ville, abandonnée par ses alliés, tomba au pouvoir d’Antigone , qui y mit garpison.
POLITTQDB DES ROMAINS.
Ambassades diverses , STa-Sfi AVANT J. -G, — La défaite de Pyrrhus pr les Romains devint l'originîé de la haute réputation qu’ils acquirent dans l’Orient. Ptolémée Phiiaaelphe , qui régnait alors en Égypte, envoyé des ambassadeurs au sénat pour rechercher l’anaitié dq la répubilnue. Les Rot mains , qui avaient une perpétuité de vues politiques , firent partir unp ambassade solennelle pour l’Égypte. Ellç fut reçueavec la magriiftcencê des cours de l’Orient. Traités avec .splcni^eur , If} roi (itprésefrt à «haéuft des ambassa-
- deured’uneeouronne d'or. Ils Im aeosptèrent pour ne pas le désobliger; mais le lendemain ils allèrent les mettre sur la tête des statues du roi qui étaiant i dans les places publiques d’Aiexnndrie. A leur départ, ces ambassadeurs reçurent d’autres présents qu'ils déposèrent au trésor national avant de rendre compte de leur mission au sénat ; sur quoi on décréta qu’il leur serait remis une somme équivalente aux priants dont ils avaient fait hommage à la république.
ÉVBNEHEMTB DIVERS, ^3-949
AVANT J.-C. — La plupart des événements qui se passèrent en Égypte, en Afrique et dans rAsie-MiriMifr, n’ayant aucun trait aux affaires de la Gr^, nous nous abstiendrons d’en faire mention. Nous ne ponvons esendant passer sous silence l’arrivée Athènes de Bérose, historien de Babylone, vers i’an 958 avant notre ère. Pline assure que ses écritq lepfermaient les observations astronemiues de 480 années ; il fut une des ernières illustrations de l'Académie.
De son côté Ptolémée attira è sa cour une foule de savants , au nomlwe desquels on cite Lycophron , Callinaque et Théoorite , qui fait un ipagaiflque éloge de ce prince dans ^ idylles. '
SéPDBUQDB oc UanB ACHÉBliNB.
tln a?. J.fO.
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OBOAMiSATION. -r>- Ob â fait CSttnaître sominaireinent dans le cours de cette histoire les événements particuliers des Aciiéens, dont les dtés principales étaient Patrœ (voy.fd. 19 et 80) (•), Dyiué, Tritée, LMiutkm,
(*) Peu de villes ont été aussi bouleversées ar les ravages M guerre quç celle (jr alras. Aussi pe sauraft>on avec certitoijt assigqer à aucune des ruines que l'sp y encore, les noms des anciens et sompraeov monuments qui la décoraient de toutes*^ car le rivage de la mer élait bordé d’éat^ consacrés aux divinités protectrices de ta Orèce et de l’Acliaïe. Celte place est 1| commerqante encore de nosjoiirs de topltf celles du Pélopooèse , surtout par l’exporta-
it
OKÈOE* :
Ü^re, Pellînè, Céraù'^
Bla , Oli^nos et liélice. Chacune de CCS républiques avait son conseil , ses magistrats, ses Juges et ses réglements particuliers. Mais comme la constitution était le tnâipe mur tous les arrondissements, on s^tait désisté de l’esprtt de loepHté, pouf jaunir diins un faisceau la souveraineté n^iculière en souveraineté générale.
pOPVEBîreMENT D? LA LIODE. —
L'assemblée des états, composée de députés parle suüVage du peuple, sc réunissait deux foisparpn S Égion (voy, pl,82)(*), dans le bois sacré de Jupiter, apl^é JU’daHpn ou Ædarion. Les dépD^ votaient suivant l’exigence des eas soumis k leur dàibératfon, et non l^apr^ les instructions de leurs compiettapts. Le pouvoir suprême résidait f l'assemblée ; la pluralité des vobt '^dalt les affaires ; Il fallait l’ungpour admettre un nouvel état 4^ la confédération. Ceux qui étaient opraiants, ppuvaientse retirer avant fa Irw lies pifiin» j on était obligé de doi^érmf écrit son vote de la veille i lesféu^pns étaient gravées siirnne colonoè, On suspendues dans un Itçu sacré et confirmées par un serment.
Polype dit au sujet de cette ligue ;
« tes peuples du Péioponèse no «ont « pas seulement liés par un traité • social, njais ils se jervept dc.s mêmes « lois, des mêmps mesures et de la « piémç monnaie ; leurs magistrats ,
« leurs sénateurs, Içiirs juges sont «' les iju^es ; enfin le Péloponésp ens^tipr n§ serait presque qu’unp même
1^10 Qd Qx'iPthLS son port WiiTO.fl’ou dwi-piille lie h villi'. AltibiaJe *t|iUcpa^>llâ aut Pairéqas de conslmire , il jjttgnple d’Aliiène;, de longs murs, afin rmiklre une virtc maritimç ejue les escad*ÀiIlènes auraient pu protéger.
cupwçi’ljiit Vpstiz»», p’esi plw •Ain* boiifjpyy oit l'oo apeis^it è peine les
tneeides anciens temples et des cdirices qui l«4écorakut< On stlrdjupla cause de ceiie Mtruction aux treniblenieiits de terre Irés- (K<|nents aur cette cèle, et qui, eijcore de nos tours , y renversent souvent les édifices
<r cité , si hM habitants ne demeuw'vaiént pas dans l'cnaainte do plu- •r «ienrs plaeos. >t Ailleurs il ajoute; « Dans «he société d’hommes , l'éga- « lité des droits , la liberté , le vrai « système de dsiinocretie , n’oqt Ja- ■ mais en lisu que chex |ea Aehéene.v
La ligue dut jouir d’une asses longue suite de prospérités, oar l'Iiisttiirp garde te silence sur sa situation iniérleure pwqq'aux règnes de Philippe et d'Alexandre. Au siècle de m aetr nier prince, Antipater, son lieutenant, étant entré dan.s le Péioponèse, battit 1rs tintes alliés qui oralent vonlu résister'à sort autorité. Csssandre .son file, pémétrfos Pdliorpèta et Antigone Gonatas parvinrent à désunir les Achéens, les vainquirent, et plusieurs cités de la ligue reqnrent des garnisons étrangères. Antigone surtout vint è bout de mettre Àm tyrans dans onze des villes de la conféderstlon : Patièiie seule conserva son indépendanco.' '
DCSPOTISHB DBS T^BABS. — Ce* misérabips, qui n'étaient an réalité que des gouvemeuTS niaeédopians, eomrair rent tous les exets sac bavarfes Ig plus sordide, la débauche la plus effrénée et la cruauté la plus 'brutale purent leur suggérer, L'hietmre eteepte de cette tourbe de mallhiteurs couronnée l.ysiadas de Megalopolis , qui n'avait rien de réprélieiisime que le pouvoir qq'il avait usurpé. A ii reste, ces tyrans n'étaient pas nioine malheureux que ceux qui vivaient soumis h leur autorité ( toujours tremblants, soupçonneux, agités, ils ne croyaient pas ntl moment leur peuroir et leur tûe en sûreté. ' ■ ■
SBBTAORATIOW DBS pieBETSS.
Les Achéens, en abjurapt leurs aniinoeités , trouvèrent le remède à tant de maux. Ports de leu* union, ils chaseèrent Ienrs oppreaseurs; mais on ignore per qneiripoyens ils en vinrent è bout.' On remarque scuUment que pendant le eourg de ebtq anném, Pair*, I^mé, qui avaient jeté les pr&miers fondements dé ta ligue, reçurent dans leur alliance THtw, Phar», sans qu'aucune autre ville suivit d’afjord cet exempte.
816 L’UNIVERS
S0ITB DM lA B^TOLDTIOW. — L’exempte était donné; peu de temps après les citoyens d’Égion avant réussi à chasser la garnison macMonienne , cette ville rentra dans la ligue achéenne. L’esprit de liberté prenant une nouvelle toergie , Bura suivit cet exemple après avoir fait justice de son tyran.
Isée, qui dominait à Céraunia ( auj.
Lambir ta ambeüa ) , frappé de terreur , s’empressa d’abdiquer ; le reste des villes ae l’Achaïe se réhabilita, à l’exception d’OIénos , où le parti macédonien était le plus fort. On ignore dans quel ordre Pallène fut inscrite au nombre des villes de l’union : on peut présumer qu’elle n’a^t pas perdu sa souveraineté primitive.
AaXTOf.
Les Acfaéens continuèrent à se gouverner pendant vingt-cinq ans d’après leurs anciennes lois. Mais un génie vaste et entreprenant, un homme doué des talents nécessaires pour être le dief d’un peuple libre , ennemi implacable de la tyrannie, défenseur incorruptible de régalité civile, ami de la chose publique , brave à la tête des armées , sage et éloquent dans les '*■ conseils, probe envers ses concitoyens, plein de finesse quand il s’agissait de tromper les ennemis de la patrie, Aratos de Sicyone était apj^lé à faire rarticiper presque toute la Grèce à ta libéra de l’Acbaïe.
Jeunesse u’Abatos- — Sicyone avait fait un généreux effort pour briser ses entraves ; Clinias, un de ses citoyens, gouvernait depuis ce temps la ville avec sagesse. On commençait à respirer, lorsque Abantidas, pour se saisir de la tyrannie , fit assassiner le restaurateur de l’ordre, ses parents et ses amis. On cherchait Aratos, fils de Clinias, qui n’avait que sept ans^ pour le faire mourir; mais au milieu du trouble , ce faiUe enfant s’était sauvé.
Errant par la ville , saisi de frayeur , dépourvu de tout secours, il entra par hasard, sans être aperçu, dans la maison de la sœur du tyran. Cette femme naturellement généreuse ( presque tou-
tes le sont ), persuadée que c’était sous la conduite de quelque dieu me ce pauvre innocent s’était réfugie chez elle, le cacha soigneusement, et, la nuit venue, l’envoya à Argos.
Aratos, échappé à un pareil danger, sentit, dès uu’il fut en âge de se connaître, s’allumer dans son sein la haine la plus violente et la plus légitime contre les tyrans. Élevé avec soin par les hôtes et les anciens amis de son père , la tyrannie avait d^a passé dans plusieurs mains à Siq^œie, lorsque à peine entré dans l’âge viiil, il songea a délivrer sa patrie.
Pbemièbs entbeebisb d’Abatos as2 AVANT J.-C. — Il était âgé de vingt ans quand il résolut de chasser Nicoclès, et il conduisit son prcjet avec tant de prudence, qu’il enfra de nuit dans Sicyone par escalade. Le tyran trouva son salut en sesauvant par des égouts souterrains ; et comme le peuple, ignorant ce qui se passait, s’assemblait en tumulte , un héiint cria qu’yiratos, fils de CUnias , appelait tes citoyens à la liberté. La multitude court au palais de Nicodèi,y met le feu ; mais ce dont Aratos s’^ plaudit sur toutes choses, fut d’a^ conservé ce succès pur du sang de ses compatriotes. Il rappela les bannis , qui n’étaient pas moins de cinq cen^ et réunit Sicyone à la ligue achéenne : ce fut un des plus grands services qu’il rendit à sa patrie.
Question des indehnitks, 351 AV. J.-C. — L’affaire des exilés causa bientôt un embarras extrême à Aratos.
Leurs biens avaient été confisqués et vendus ; et ils demandaient à rentrer dans la possession de leurs propriétés. Il fallait d’un autre côté indemniser les acquéreurs de bonne foi. Les pr^ tentions et les plaintes étaient paiement vives; la guerre civile paramsait imminente , lorsque Aratos , pour sortir de cette crise, conçut l’idée de recourir à la libéralité de Ptolémée, rm d’Égypte.
Ce prince était curieux de tableaux, et Aratos, en connaisseur, assemblait de tout côté ce qu’il pouvait trouver d’ouvrages des plus ^ands maîtres ,
principalement de Pamphile et de Mé- Corinthe, arait des rapports d’affaires lanthe, qu’il envoyait àPtolémée. Ce avec un banquier de Sicyone, fort fut d’apres le succès de ce commerce connu d’Aratos. Dans une de leurs qu’il crut pouvoir exciter sa eénéro- conversations on vint à parler de Ï’Asité, et il s’embarqua pour l’Egypte , crocorinthe : Ergine raconta qu’en afin d’échanger les chefs-d’œuvre du allant voir son frere, soldat de la gargénie contre un argent qui devait nison , il avait remarqué , au côté le midre la paix à la Sicyonie. Arrivé plus escarpé du rocher, un sentier à AJexandne après avoir éprouvé beau- taillé en escalier aboutissant à un encoup de contre-temps et de dangers , droit où le mur d’enceinte était trèsil eut une longue audience du roi, qui bas. Le banquier lui demanda en riant l’estima d’autant plus qu’il le connut si lui et son frère voulaient faire fordavantage. Ptolémée lui donna, en tune. Ergine comprit la question et ' échange de plusieurs tableaux , cent promit de sonder sur cela son frère dnmaiite talents (835,000 fr.). Dioclès. Peu de jours après il revint
'Son arrivé dans le Péloponèse et se chargea de conduire Aratos, qui avec cet argent causa une joie générale s’engagea à lui donner soixante taparmi ses concitoyens, qui le nommé- lents (330,000 fr. ), si l’afraire réusrent arbitre souverain chargé dérégler sissait. Mais comme il n’avait pas les indemnités. Il refusa, et forma une cette somme, qui devait être dépose commi.ssion composée de quinze ci- chez le banquier, il mit entre les tojreiis les plus estimés de la cité , mains de cet agent sa vaisselle d’or qu réglèrent tout au gré des parties, et d’argent, ainsi que les bijoux de sa Aratos fut comblé d’éloges, on lui femme.
éleva des statues, et par des inscrip- Après cet accord , Aratos ordonna tions publiques on le déclara le père à ses troupes de passer la nuit sous du fiUjUe el te libérateur de la par les armes ; et prenant 400 hommes frie. d'élite, chargés d’échelles, il se di-
PBKHisa oÉRKEALAT. — Aratos rigea vers Corinthe. Arrivé aux portes ayant été âu pour la première fois de la ville, il les conduisit le long des général des Achéens, alla ravager la murs du temple de Junon. Il faisait ÏAKnde et le territoire de Calydon. un si beau clair de lune, qu’ils pou- Mais s’étant ensuite mis en campagne valent craindre d'être découverts, mais avec dix mille hommes pour secourir il s’éleva tout-à-coup du côté de la les Béotiens , il n’arriva qu’après la mer ( des Alcyons ) un brouillard épais défaite qu’ils éprouvèrent à Cheronée, qui répandit une profonde obscurité, où iis furent vaincus par les Étoliens , Alors les soldats s’assirent pour ôter soixante quinze ans depuis que leurs leurs chaussures , afin de faire moins ancêtres avaient été battus par Phi- de bruit et de ne pas glisser en montant lippe , sur le même champ de ha- à l’escalade. Pe.ndant ce temps Ergine, twle. avec sept hommes résolus, déguisés en
Sbcond GBNiHAi,AT , 344 AVAJXT voyagcurs , s’étant glissés par la porte J.-C.-rf- Huit ans après cette campa- delà ville sans être aperçus, tuèrent la gœ , Aratos avant ëté élu pour la se- sentinelle et les gardes qui y faisaient coode fois général de la ligue, il obtint le guet. Ein ce moment , on appliqua un succès que Plutarque égale aux les échelles aux murailles , et Aratos, entreprises les plus brillantes des capi- avec cent hommes, étant descendu taines de la Gièce. dans la place , marcha droit à la cita-
Paise db l’ Acbocobintbb. — Ad- delle.
tigone s’était emparé par surprise de En avançant , on aperçut quatre cette importante citadelle ; Aratos con- honunes qui approchaient : Aratos et çut à son tour le projet de lui enlever les siens se tapirent contre des manette position. Une occasion inatten- sures , et la pafrouille, qui portait un due se présenta. Ergine, habitant de fanal , étant venue à passer près d’eux,
,oogle
L’UNIVERS
8lé
ili tuèrent troto d6 ceuji qui la oonm^ ) saienti 10 qattriëme, blessé, s’enfuit encriautaïUtsa'mes.tlniiidméntaprès, < les trompettes souaent , les rues s’é^ clàhMit, des flambeaux brillent sur leS"Oténeaux de l’Acrocortnthe.
Cependant Aratost poursuivant son s chemin, s’effortjalt de gravir les ro* cl)er3 avec beaucoup de peine , parce qu’il avait manqué le sentier qu'on i lui avait indiqué ; mais soudain la lune ' brilla et il le reconnut. Alors , par un effet du même bonheur, les nuagw se rassemblèrent, et tout fut plongé de nouveau dans l’obscurité.
La troupe qu’Aratos avait laissée auprès du temple de Junort, après avoir traversé la ville , n’ayant pu trouver le sentier, s’était serrée au pied d’une grande roclie. Cachée dans cet endroit, elle entendait le bruit des armes et les Cris des combattants, sans savoir de quel cété Se porter, lorsque Archélaos, qui commandait Ici troupes d’Antigone, passa pour aller attaquer Aratos; alors, sortant de leur embuscade, les Sicyoniena ehaf' gèrent les Macédoniens, qui prirent la fbite , et se dispersèrent dans les rues de Corinthe.
Ils achevaient dè poursuivre l’en* Demi quand Em'he Vint leur aj^rendré qu’Aratos était attx prises avec l’en* nemi, qui se défendait vigoureusement. Ils lui Ordonnent dé les conduire, et marchent en poussant d^ cris pour annoncer leur approche. La lune , qui avait repris SOtt «lat , donnant sur leurs armes, les faisait paraître plus nombreux qu’ils h’étaient.
Enfin, s’étant joints b leur chef, ils chassèrent les MaCédonièttS , prirent poste sur la muraille, s’emparèrent de l’Acro- Corinthe, et les premienrsyottsdu soleil éclairèrent leur VlctOirè. Alors la réserve d’ Aratos , qui était demeurée à Sicyone, étant arrivée, les Corinthiens lüi ouvrirent les portes de leur ville et les aidèrent à chasser la garnison macédonienne. '
Triomphe D’A»Afdé.>-*VicWrièU*, il se rendit au théâtre, où le peuple était «Couru pour le voir irt l’cntritdre. Il sortit tout armé du fond de la scène ,
et •’dmaqa, le vfsaga extrémeAMilt ctongé pù la fatigue et par le betoia de aommeil. Uès qu’il parut, il fut salué par des battnnentà de noaint et des âoclamatioDs réitérées \ prenant sa pique de la main droite pour a’uppttyer, il fléchit un peu le genou et inoUaa le oorps , en se tenant quelque tetupt dans Cette posture... Quand la oaime fut rétabli, rcunisaant le peu de forces qui lui restait, U adressa un aasea long discours aux Corinthiens i^r leur persuadé' d’entrer dans la ligué ariiéenue. Il leur rendit leS cleii de leur ville, qui U’Bvaient pas éité en leur pouvoir depuis le rèrâe de iHiilippe; il accorda la liberté à son prisonnier Archélaos , et fit mourir Théophraste, qui refusait de sortir de Co> rinttie. -s
La prise de cette ville attira dans k ligue achéeAne Mëgare, Trésène, Endaure et le roi Ptokmée, qui se w inscrire au nombre des alliés. La ârèct entière se Serait engagée dans osM ODiflédération sans la jalousie des Lacédémoniens. '
auaaaE de cLéougas, aoi n spxbtI,
COMTSE LES ACUÉnUSt
Léè Nrviécs que les Achéenè èvakat rendus aux Étoiiéna dank la guerre qu’ils avaient soutehüe contre Anlk gone , les empêcha de s'ermer oontre iMra bienfbitétris t mais Hs mireat tmit en osuvropobrengageraèomène, roi de Sparte, b leur déclarer la goerr«| ils réussirent au-delà de leurs dérin jaloux. La première rencontre eut Ikv aux environs de ndlantion. Aratos ayant refusé le combat, s'attira det reproches méritèi et le idéBris des Lacédémoniens, dont l’armee n'étrit en tout que de cinq mille hommes, tandis que celle qu’il commandait éttit composée de vingt mille fantnesim et dé mille chè^x. Peu de tempe après, ke AChéens Ihrent battus par Cléo* mène*, mais Aratos ayant réussi à tas rallier, se jeta sur Mantinée, et s’empara de cette plece importante. Cet avuMage fut ootttro-lNu«oé peu da
"ôilKOÈ. ’
ttttiOS api«s la d’Uhë «UWë' bataille , dans laquelle un grand nombre d'Achéens périrent avec leur gé* néral LySiade. Après cette Victoire, Cléomène, joignant l’IUSdlte dut suC'* cès , fit célébrer déS jeuv devant Mégalopolls dans le dessein de montrer aiDt Adtléens quMI leS regardait COhinie incapables dé protéger leurs alliés.
SÉVÉfcs MtTLfipLtés DSS AcHiSaifs,
Mo— »il «T. J.-C.
Après plusieurs années de désastres,
, les Acbéens craignant d’étre aSserris,
I résolurent d’implorer le secours d’ Antigone. Les députés, à leUr retour, ren- I dirent compte de leur miesion au PanaohaîcoB, oü assemblée générale de I rAcbaïe, * Le roi de Maoraoine avait • accédé è toutes leurs demandes. »
Aratos a^ant pria la parole , demanda atal Acheens de b’empluyer que leurs , pnpm forces contre les Spartiates.
I Son avis prévalut, mais la fortunes avait àbeiMionné ses compatriotes.
Constammeot battus par Cléomène,
I les Acbéens n virent contraints de quitter la campagne et de se réfugier dam leiu% villes tnurées. Cela n'arrêta pas le vainqueur, qui leur enleva,
, dans le cobrs de quelques années ,
I Omhye, Pellènfe, Phénéon, Phlionte,
. (.Mânes, Épidaure, Hermione et la' , ville balsa de Corinthe.
Diaassaioft KBTnesPBcnvB,
244 AVANT J.-C.— On a rapporté pré- , cédemnient la débat survenu entre Cléobyme et Aréos au sujet de la royauté de Sparte : ce dernier l’em»i porta , et eut la gloire de faipe lever a Pyrrhin le Siège de Lacédémone.
Aréos edt pour successeur sou fils , .Icrofatas , qui régna Sept bu Huit ans t ciluîTi laissa en mourant un fils au lieimau notmné Aréos nomme son aïeuli Qe prince, plbeé souS lu ttitetie , lie Léobidaa lit , étant hioft Agé dei nuit ans, Léonidas, de régent qu’il' lait, devint roi. ühaSsé, püls rap»' /elé, il y eut ensuite une succëssion de plusieurs rois , jusqu’A l’bvénement d’Agis au trdne dé IjOtiédémoM. ' o
RbeilB D’AO») béfommb db sfabtb,
Ce prince , à peine âgé de vingt ans, disait publiquement q»V/ üe se soiscieràUpas d’étre roi, fit H’espéralt de faire teeivré les rota et la disciptthe antique (le Lycierqwe p,. mais la corruption datait de trop loin pour qu’une réforme aussi grande pdt s’exécuter Sans une profonde commotion.
On ne comptait dans la cité qu'environ sept cents Spartiates d’extraction historique; et sur ce nombre, Il n’y en avait à peu prés que cent qui eussent oohserve leur patrimoine. Le restant était une caste en proie à la pauvreté, sans revenus, sans participation aux honneurs , et soutenant à contre-cDBur les guerres étrangères, où il n’y avait tien è gagner que pour les riches. Mais comme cette oligarchie nécessiteuse était nécessairement envieuse et dépourvue de tout sentiment d’honneur, eue épiait l’occasion d’un changement politique pour sortir de l’honiiMation.
StttJATlOlV DES EBPSits. --- Agis trouva la jeunesse disposée à seconder soif enti'epriSe; mais les vieillards, dit Plutar^e , tremblants au seul nom dé Lycurqwi, comme des esclaves fuglHfs qu'on ramène devant leurs maîtres, étaient entièrement opposés à toute espèce d’innovation. Afin de vaincre leur opposition , le Jeune monarque cOMrtiéhça pér gagner Agésilas, sou ohcle, homme dévoré de la soif des richesses et accàblé de dettes, qui voyait un moyen dé leS payer dans une révolution ; il travailla, par son entremise, à gagner sa propre mère, qui était sféur de cet avare obéré.
OépOsltlOÏ» DtS DAMES SPAB- ■rtitES. — Agis éyètit Communiqué sdh dessein il sa mère , elle fut effrayée, et tâcha de l’cft dissuader, Càr elle était richè en biens-fonds et en e.SClaves. Mais quand Agésilas , joi- ^ant ses raisons à celles de son neveu , lui eut représenté les avantages dé cefre haute conception pour Sparte, et la gloire qui en rejaillirait sur sa famille , cette daine et ses parentes
L’UNIVERS
en parlèrent aux Lacédémoniennes. De tout temps les Spartiates avaient témoigné la plus grande déférence pour leurs femmes. La majeure partie des richesses de la Laconie appartenant alors aux dames nobles oui avaient hérité des immeubles à défaut de mâles, elles s’opposèrent toutes à une réforme dont le résultat tendait à les priver des commodités de la vie et des prérogatives dont elles jouissaient à cause de leurs richesses.
Agis diffamé. — Dans leur effroi, elle s’adressèrent à Léonidas III , qui tenait pour le parti des riches ; mais comme il craignait la faction populaire, il se contenta de traverser le projet d’Agis. C’est pourquoi il fit répandre sous main que le roi populaire offrait aux pauvres les propriétés, des tenanciers , l’aholition des dettes; que c’était le prix anticipé de la tyrannie à laquelle il aspirait, et qu’il cherdiait à fàire non des citoyens pour Sparte, mais des satellites, dont il se proposait d’entourer sa personne.
Plan de béfobme. — Cependant Agis ayant réussi à faire nommer pouréphore, Lysandre, déclara son projet dans l’assemhlée du peuple; il renfermait : « l’abolition des dettes, le O partage des terres comprises entre « la vallée de Pellène. le mont Taygète, « le cap Malée et Sellasie, m’on devait • diviser en 4,500 lots. Il était ques- « tion de faire 15,000 autres lots des « terrains situés ai dehors des limites « qu’on vient d’indiquer , pour être « distribués aux habitants du voisinage « capables de porter les armes. Les « nouveaux Spartiates devaient être « distribués pour les repas en quinze « salles , appelées Phkutie*, dont la « moindre serait de deux, cents com- « mensaux, et la plus forte de qua- « tre cents. » La discipline ancienne devait être rétablie.
Agitations popdlaibes. — Cette [iroposition, appuyée par Mandroclide, éprouvant la plus vive résistance dans l’assemblée. Agis se leva etdéclaraqu’il mettait en commun tous ses biens, évalués à la somme de sixeents talents ; que sa mère, sa grand’mère , ses amis et ses
parents en disaient autant. Le peuple applaudit : alors Léonidas, interpelHuat Agis , lui demanda s’il ne pensait pas que Lycurgue fût un homme juste.
Agis répondit qu’il le tenait pour td.
«Où avez -vous donc vu, répliqua « Léonidas , qu’il ait jamais oraoûaé « i’atolition aes dettes, ou qu'il ^ « conféré le droit de cité aux étrao- « gers, lui qui les expulsait de la li- « publique? > Agis repartit : « Qu’il ne
< s’étonnait pas qu’un homme comme « lui, né en pays étranger, marié à b « fille d’un satrape , ne connût pas les « lois de Lycurgue; que, par le Ut « seul de la proscription de l’argod, « ce grand législateur avait rendu ia- « possible toute dette active et pat> « sive. Quant aux étrangers, il otta
< Terpaimre , Thalès le Crétois, Phé*
< récideet plusieurs autres personnagli « qui avaient été accueillis et bonoiéi « à Sparte. » Après différentes réfiques, on alla aux suffrages, et le»
cret fatal passa à une sente voixlie mmorité.
Déposition de Léonidas UL~ Lysandre , qui était encore en cbaffe, se bâta d’intenter un procès à Léoaidas .fondé sur une ancienne loi, pariaquelle il était défendu à tout Spartiate de s’eUUer avec des étrangères. On it une enquête, et on persuada en mAw temps a Cléombrote d’intervenir- a> procès, et de demander la courome comme étant de la dynastie d’Herarie et gendre de Léonidas , dont il se partait l’héritier.
Expulsion des épbohbs. — |ÿsandre étant sorti de charge à D»
piration de son temps , les soaveaux éphores lui firent son proeès, ainsi qirà Mandroclide, fauteur de la loi agraire. Ces perturbateoif, bravant le décret qui les mettait ta accusation , persuadèrent aux dok rois d’en finir avec des magistrats posants à leur autorité. Les rois,ae présentent à l’assemblée, font deso»
dre les épborœ de loirs sièges, Ja nomment d’autres, au nombre olBquels ils font prendre place à Agésilas. Us appellent en même temps la jeunesse à leur aide, dâivront les prisonnieHÎi
GRÈCE
qu’ils arment , et font trembler leurs adversaires; cependant, il n’y eut pas de sang répandu , et Agis sauva Léonidas , auquel il donna une escorte qui le conduisit à Tégée.
Abolition des dettes. — Agésilas , riche en biens- fonds , mais obéré , représenta à Agis que sa réforme serait trop dangereuse s’il entrqirenait en meme temps l’abolition des créances et le partage des terres.
Si au lieu de cela on commençait d’a- TOrd à gagner les propriétaires en les déchargeant de leurs dettes , ils supporteraient ensuite plus facilement l’expropriation. Ce raisonnement était spé- <^x ; Agis et Lysandre en furent éblouis. Les contrats et les obligations ayant été apportés , on les fit assemMer en un monceau sur la place ^ l^iiique de Sparte pour y être brûlés, it Dés que la flamme s’éleva, les prêteurs e et les banquiers s’en allèrent désolés ,
* et Agésilas dit, en se moquant d’eux ,
» « que de sa vie il n’avait vu un feu
^ « si beau et si clair. »
J‘ Ruse d’Agésilas. — Alors le peui- pie demanda qu’on procédât au partage
I' des ferres, et les rois ordonnèrent que x cela fût exAiuté. Agésilas, qui était » contraire à cette mesure , suscita des 'i difficultés pour gagner du temps; il y 8 réussit , jusqu’au moment où Agis dut entrer en campagne pour secourir les » Adi^ns , alliés de Lacédémone , dont ■ les Étoliens menaçaient le territoire.
La marche du roi fit l’admiration des Péloponésiens , à cause de l’ordre et de la discipline des soldats. Il était le plus jeune de son armée.
t COKDDITE ÉTRANGE d’AhATOS. — Agis, aussi simple dans son élévation i militaire que modeste dans sa vie prit vée, joignit Aratos aux environs de Connihe; il proposa de passer l’isthme pow aller à la rencontre des Étoliens 8 qui s’avançaient du côté de Mégare;
I m^'Ie général achéen s’y refusa, et i congédia même ses alliés , en les comt blant d’éloges. Les Étoliens entrèrent t ainsi librement dans la presqu’île , et se saisirent dePellène,qirils pillèrent; Aratos , sortant de sa léthargie, tomba sur eux , leur tua sept cents hommes , 21* Livraison. (Grèce.)
et les dispersa. Quelque temps après, il conclut un traité de paix qui fut suivi d’une ligue offensive et défensive entre l’Etolie et l’Achaïe.
HESTADEATION de LÉONIDAS III ,
»44 iTant J.-C.
Agis, de retour à Lacédémone, v trouva un grand changement. Agésflas , qui était éphore , dominé par l’avarice, commettait les injustices les plus révoltantes. Abhorré de tout le moude, il prit des gardes lorsqu’il allait au sénat, et fit courir le bruit qu’il serait prorogé dans ses fonctions l’année suivante. Ce fut pour cette cause que ses ennemis rappelèrent Léonidas de Tégée et le rétablirent sur le trône, à la satisfaction du peuple, irrité d’avoir été abusé par l’espérance du partage des terres qu’on n’avait point exécuté.
CONTHE-BÉVOLUTION. — AgéSÜaS se sauva par le crédit de son ffls, qui était généralement aimé ; Agis se réfugia dans le temple de Minerve Chalcicecos, et Cléomorote , qui avait accepté la couronne, dans celui de Neptune.
Léonidas , accompagné de soldats , s’étant d’abord rendu au temple de Neptune , accabla de reproches Cléombrote , assis dans une contenance qui décélait sa frayeur. Son épouse Cnilonide était auprès de lui avec ses deux enfants : fille et femme infortunée, elle avait accompagné dans l’exil Léonidas , son père , et maintenant elle était auprès de son mari , qu’elle tenait tendrement embrassé.
Ceux qui étaient présents fondaient en larmes. Léonidas, après avoir conféré un moment avec ses amis, ordonna à Cléombrote de se lever et de sortir promptement de Sparte. En même temps il pria instamment sa fille de demeurer. Mais il ne put la persuader; et dès que son mari fut prêt à partir, elle lui remit un de ses enfants entre les bras, prit l’autre, et, après avoir adressé sa prière à Neptune , dont elle embrassa l’autel , elle partit pour aller en exil avec son époux.
'852 L’UNIVERS
Fin tbagique d’Aois. — Agis , réfugié (i.nns le temple de Minerve, ne tarda pas à être circonvenu par la police de Léonidas. L’histoire a conservé, pour les flétrir, les noms de ces méprisables mouchards. Ampharès, Démocharès et Arcésilâs rendaient des soins au roi proscrit. Ils le conduisaient quelquefois du temple aux bains d’étuves et le ramenaient en sdreté à son asile ; ils se glorifiaient tous trois d’étre ses amis.
Ahhestation. — Ce faux dévouement fut de courte durée. Ampharès avait emprunté d’Agistrata , mère d’.Agis , de la vaisselle d’argent et de belles tapisseries. Ces richessés lui firent naître l’envie de trahir le roi , sa mère et son aïeule, dans l’espérance que ces objets précieux lui resteraient; il s’ouvrit de ce dessein à Léonidas , qui l’approuva. Ayantépié Agis unjourqu'il re* venaitdu bain,cardepuisquelquetemps il y allait seul , les traîtres vinrent à sa rencontre. Après l’avoir embrassé , ils le suivirent en causant jusqu’au détour d’une rue qui menait au tribunal.
Alors Ampharès, qui était éphore, le saisissant, lui dit : .-fgis ,je vous mène aux éphores, afin que vous leur rendiez compte de votre conduite.
Démocharès, qui était robuste, lui
1 "étant son manteau autour du cou , 'entraîna , et leur complice Arcésilas le poussant , le malheureux prince ftit ainsi conduit en prison.
Procès, condamnation. — Léonidas , les éphore* et quelques autres sénateurs étant survenus, Agis ftit interrogé comme dans un procès légal.
Un des éphores, feignant de lui suggérer un moyen de justification , lui demanda s’il n’avait pas été influencé dans ses actions par Lysandre et par Agésilas. Il répondit « que, plein » d’admiration pour Lycurgue, et • voulant l’imiter, il avait entrepris « de remettre la république dans l’é- « tat où ce grand législateur l’avait « laissée. » Interrogé s’il n’était pas fâché de ce qu’il avait fait, il répondit « qu'il ne se repentirait jamais d’une « entreprise si belle, si noble et si « vertueuse... » Alors ils le condam-
nèrent à mort, et, dans la crainte qu’il ne fût sauvé par le peuple, ils ordonnèrent de l’emmener dans la chambre des exécutions.
Sa mort. — Démocharès, voyant que les sergents de ville et les soldats feangers refusaient de mettre la main sur le roi, les accabla d’imures. et saisissant Agis, il le traîna lui-meme au supplice. Dans ce moment le prince vit un des bourreaux qui pleurait :
Mon ami, lui dit-il, cesse tes larmes; car, mourant contre tes lois et la justice, je suis plus heureux ef plus digne d'envie que ceux qui m'ont condamné. En achevant ces paroles , il livra sa tète au bourreau.
Assassinat d’Agbsistrata a d’Arcuidamie. — Ampharès rencontra en sortant du cachot Agésistnte, mère d’Agis, qui se jeta à ses genoux. Il la releva , en lui disât « que son fils n’avait à craindre SB- « cune violence , et la pressa , à Æe « voulait, d’entrer dans la prison pour « le voir. » Et comme elle demaaib que sa mère pût l’accompagner, «Volontiers, » dit Ampharès ; et Tes prenait l’une et l’autre, il les y introduisit Ayant commandé de fermer la porte, il livra à l’dtécuteur l’aïeule d^Agia, Archidamle, dame très-avancée en âge et d’une haute renommée. Quand efie eut été mise à mort , il dit à Agésistrata de passer dans le cachot.
En y entrant , elle vit son fils étendu par terre et sa mère encore suspendus au fatal cordon. Elle aida aux ex^ cuteurs à la détacher, et. l’ayant çoachée auprès du corps de son ^' de la manière la plus décente qu’elle put, elle la couvrit de son voile. Ce pieia devoir rendu , elle se jeta sur le corps de son fils , en disant : Mon cm Jgis , c’est t excès de ta douceur fi de ton humanité, c'est le trop de mnagements pour tes ennemis qm font perdu et qui nous ont perdues mK toi.
> Ampharès, placé à la porte, d’oitil entendait et voyait tout ce qui se passait , entra et dit avec emportement à Agésistrata : Puisque vous avez n»
et approuvé les desseins de votre fils,
GRiîCK.
tous souffrirez aussi la même peine.
A ces mots , Agésistrata courant audevant du cordon : Âu moins, dit-elle, que ceci puisse (tre utile à Sparte.
Malgré la diligence de Léonidas, il ne put saisir Archidamos , frère d’Agis; mais il réussit à faire arrêter Agiatis , femme d’Agis , qui avait un tres-jeune enfant. Comme elle était riche et dans la fleur de l’âge , il la força d’épouser son propre fils , Cléomène , dont les égards et l’affection tirent la consolation de cette princesse infortunée. Il partageait avec son épouse la tendre amitié qu’elle conservait pour Agis , dont elle lui expliquait les vues et les plans qu’il avait conçus pour le honneur de Sparte.
Léonidas , qui ne survécut pas longtemps à tant de forfaits, eut pour c akeesseur au trêne ce même Cléomin, qui crut ne trouver d’autre moyen de réforme qu’en suscitant ,
I cmâme on l'a dit précédemment , une runtam-- funeste entre les S[»rtiate8 ii et les Acbéens ; événement qui amena i Vètranfpir sur le territoire de la Hel- I lude, enyappelant Antigone, et bientôt % oprèu Inr RÔniairis , dont la politique 7 méditait déjà la conquête de la Grece ï et de i'Qrient.
jV
. KxécnnoN ns la KérosME ,
* ^ 1*1 avftiit J.«C.
Absassinat d’Aechidahos. — Oétmène, malgré sa sévérité plus qu’instère, eut assez de crédit pour engager Ajrchidamos , frère d’Agis, réfogié à Messène , à revenir à Lacédémone. Il voulait, disait-il, le faire monter iwi trône, persuadé que deux rois fSBÉiitement unis pourraient neutraMser l’autorité des éphores. Mal- /leoreasement les meurtriers d’Agis, qnâ («doutaient la présence d’Archidamss, le Qrent assassiner. Polybe prêtait que Ciéomène lui -même fut l’autanr-de ce crime, et la chose, n’est pas hors de vraisemblance.
Msubtbe des épuobbs. — I.ors de Km expédition dans le territoire de Mëgalo|K>lis, dont on a parlé précédemment , Ciéomène calcula sa reni*
trée â Sparte, de manière à y arriver au moment où les cinq éphores étaient à prendre leur repas. Des gens qu'il envoya , étant entrés dans la salle où ils mangeaient , tuèrent quatre de ces magistrats ; mais Agésilas , qu’on laissa pour mort , parvint à se sauver.
Liste de pboscbiption. — Le lendemain on afficha, par ordre de Ciéomène , une liste de quatre-vingts citoyens qui furent bannis. Il ordonna d’ôter de la salle d’audience les sièges des éphores, excepté un seul, où il devait s’asseoir pour rendre la justice. Il représenta au peuple la tyrannie des éphores , ennemis de toiife autorité légitime , devenus régicides et ennemis de ceux qui voulaient faire revivre les saintes lois de Lycurgue.
Il pboclame la bépobme. — Après ce préambule, il déclara qu’il mettait tout son bien en commun. Son beaupère, Mégistone, et ses principaux amis en firent de même. Dans la distribution des terres , il assigna même une portion aux bannis , en promettant de les rappeler dès que les circonstances le permettraient. Ensuite il tourna tous ses soins vers l’éducation publique; il nomma roi conjointement avec lui son frère Eucliaas :
ce fut la première fois que les Spartiates eurent deux rois de la même famille.
Vie pbivée. — Occupé à former les citoyens par son exemple , sa vie était simple, pleine de tempérance, et sa table véritablement laconique.
Il n’avait ni musique, ni concerts; sa conversation en tenait lieu. En effet , quand on sait çonverser , on se passe bien d’entendre chanter. Il trouvait peu de mérite pour un prince à ne s’attacher les hommes que par l’app.lt des richesses et de la tanle , plutôt que par la douceur d’un commerce où régnent la franchise et la bonne foi , ce qu’il jugeait être une qualité vraiment royale.
POL1T1QDE ÉTRANGÈRE.
Depuis l’invasion de Pyrrhus en Italie, la diplomatie romaine porta,
L’UNIVERS
comme on a pu le remarquer , son attention vers les affaires de l’Orient.
Pirates illybiens, 232 avant J. -G. — L’Illyrie était alors gouvernée par quelques petits princes , dont les plus remarquaules étaient Agron , fils de Pleuratos ; Scerdilaïdas et Démétrios de Pharos, qui infestaient l’Adriatique de leurs pirateries. Ces plagiaires ayant pénétré dans la mer Ionienne , on les vit attaquer Corcyre , désoler les côtes de l’Acamanie et taire des descentes jusque dans l’Élide. Les peuples vexés par ces brigands s’adressèrent aux Étoliens et aux Achéens, qui les assistèrent et furent payés d’ingratitude. Les Corcyréens , par exemple , firent alliance avec les lllyriens et reçurent dans leur ville Démétrios de Pharos avec la garnison qu’il y amena.
Châtiment des Illybiens, 226 AVANT J.-C. — Les Romains, indignés des pirateries des lllyriens et de l’assassinat d’un de leurs ambassadeurs par Teuta , qui régnait à Scodra , chargèrent les deux consuls L. Postbumius Albinus et Cn. Fulv. Centumalus de venger la république. Ils s’entendirent d^abord avec Démétrios, qui leur livra Corcyre, ainsi que la garnison illyrienne qui s’y trouvait.
On lui donna pour prix de sa trahison nie de Pharos, et les consuls ayant réduit Teuta aux abois, reçurent les lllyriens vaincus au nombre de leurs alliés. Ce fut par l’occupation de Corcyre que Rome prit position en face des terres de la Grèce (voy. pi. 83).
Ambassades des Romains. — Ce fut la première fois aussi que leur puissance s’y manifesta par les ambassades qu’ils envoyèrent aux Étoliens et aux Achéens , ^ur leur notifier l’alliance qu’ils venaient de conclure avec les lllyriens. Ils en adressèrent d’autres aux Corinthiens et aux Athéniens, pour leur témoigner l’amitié du peuple et du sénat. L’assemblée de Corinthe rendit un décret, portant que les Romains seraient admis aux jeux isthmiques, comme les Grecs ; les Athéniens leur accordèrent de leur côté le droit de cité avec h faculté d’étre initiés aux grands mystères.
INTERVENTION D’ANTIOCHE , ii5 avant J.*C.
Aratos , par ordre de la confédération, envoya son fils à Antigone, pour l’inviter à venir au secours des Achéens. Le principe de rinterventkm était accorde depuis long-temps , et de plus on était convenu oernièremeDt qu’a l’arrivée d’Antigone dans le Péloponèse , l’Acrocorintbe serait remise entre ses mains.
Le roi partit aussitôt à la tête de 20,000 hommes d’infanterie et de 1,400 cavaliers. Après avoir franchi l’istibime) trouvant la position do Cléomène trop forte pour rattaquer dans ses lignes, il fit passer son armée par mer, à Sicyone.,
Révolte d’Abgos. — Au moment de partir, Aratos qui se trouvait an carhp du roi, informé que les Arppns venaient de se révolter, prit aveclBi 1,500 hommes, et s’étant embarqué à Cenchrée , il gagna par mer Épidaure. Comme on ne Pattendait^ de ce côté, il arriva presque sans are aperçu à Argos, et il s’empara delà citadelle Larissa qui commande la ville. A cette nouvelle, Cléomène, craignant d’étre coupé , abandonna An camp retranché , marcha rapidemat vers Argos , éloignée de huit lieues, et rentra dans la Laconie.
Succès d’Antigone. — Le roi le serra de près dans sa retraite; mais dès qu’il le vit hors du défilé de Trelé, il tourna brusquement vers Corinthe, qui s’empressa de lui ouvrir ses portes. Tégée, Mantinée, Orchomene, Hérée et Telphusse, effrayées de l’approche des Macédoniens, suivirent oet exemple, ou ne résistèrent que pour la forme. Peu de temps après, le ni mit ses troupes en quartiers d’hiver.
Il se rendit ensuite à Égion pour assis- ■ ter à l’assemblée générale des Acbéos, , qui le proclamèrent général, et l’Acrocorinme lui fut remise par un décret des confédérés.
Cléomène s’empabe de Mégalopolis, 223 AVANT J.-C. — Informé que le roi , resté à Égion, avait ren-
GRECE
Toyé la majeure partie de son armée en Macédoine, Cléomène surprit Mégalopolis. Dans cette circonstance plusieurs de ses habitants se réfugièrent à Messène. Le vainqueur leur envoya un héraut chargé de les engager à revenir dans leurs demeures , pourvu qu’ils se séparassent de la ligue. Mais ils refusèrent de manquer à leurs engagements. Pbilopémen , dont nous anrons occasion de parler , contribua puissamment à leuriaire adopter cette résolution. Mégalopolis fut saccagée, et Cléomène envoya à Lacédémone les statues ainsi que les tableaux qui faisaient l’ornement de ses édifices publics.
Chagbins de Cléoiùnb. — La mort venait de lui ravir Agiatis, son épouse chérie. Il avait été obligé de livrer comme otages à Ptolémée , roi d’Égypte , qui lui promettait des secours, Cnitésilée, sa mère , ainsi que ses enfants. La fortune l’avait abandonné.
InentENT de Plutabqde sue Aha- TOS. — Cest un crime , dit-il , qu’on ne peut podonner à sa mémoire, d'avoir mis son pavs dans les fers , par jalousie contre Cléomène ; car, me demandait Je roi de Sparte aux Acnéens?
ittre élu leur général. Or , puisqu’il n*y avait à choisir qu’entre un Grec et un barbare , maître pour maître le dernier citoyen de Sparte valait mieux ^ le premier des Macédoniens, ici, Aratos préfère à un descendant d’Hercule, à un roi de Sparte, mi venait de remettre en vigueur les lois de Lycurgue, un prince étranger, dont il s’était déclaré l’ennemi mortel. Il a de |d«s la bassesse d’offrir des sacrifices A Antigone . de paraître couronné de fleurs , en tête d’une théorie , de cfianter des hymnes en son honneur , et d’appeler DIEU un mortel atteint depht nisie , qui portait la mort dans son sein.
BATAILLE DE SELLASIE , ai3 av. J.'C.
' Au commencement de l’été, Antigone ri* étant mis à la tête des Macédoniens
et des Adiéens, entra dans la Laconie. Son armée montait à 38,000 hommes de pied et à 1,300 chevaux ; celle de Cléomène n’était en fout que de 30,000 combattants. Dans l’attente d’une invasion , Cléomène avait fortifié les défilés par des fossés et des abattis d’arbres.
Anti^gone trouvant les passages retranches, et le roi de Sparte en état de refuser le combat on d’attaquer, campa à peu de distance d’une petite rivière, appelée la Gorgyle. Il y passa quelques jours, tâtant l’ennemi sur tous les points, jusou’au moment où l’on en vint à une bataille décisive.
On ne comprend pas comment Cléomène , avantageusement posté, inférieur d’un tiers en forces à son ennemi, want ses communications libres avec Sparte, accepta le combat. Polybe semble résoudre la question : c’^est qu’il n’avait pas d’argent pour payer les étrangers qui étaient à sa solde, et qu’il avait beaucoup de peine à faire subsister ses troupes. L'action fut vive. L’avantage avait passé d’une armée à l’autre , lorsqunine charge de cavalerie , exécutée par Philopémen , qui faisait ses premières armes dans cette journée , détermina la victoire en faveur d’Antigone. Plutarque rapporte que la plupart des troupes étrangères au service de Cléomène périrent dans cette bataille : de six mille Lacédémoniens, il n’en échappa que deux cents.
HéboTsme des Lacédémoniens. — Sparte fit paraître dans ce désastre son antique fermeté. Aucune femme ne pleura la perte de son époux; les vieillards louaient le trépas des jeunes gens ; les enfants chantaient la valeur de leurs pères morts dans le combat :
tous regrettaient de n’avoir pas versé leur sang pour la patrie. Ils ouvraient leurs maisons à ceux qui revenaient blessés. Il n’y eut nulle confusion dans la ville, on n’était occupé que des malheurs publics.
Cléomène s’enfuit en Égypte. — Arrivé à Sparte, il conseilla aux citoyens de recevoir Antigone. Étant ensuite entré dans sa maison, il re-
L’UNIVKRS.
fusa (le boire, quoiqu’il eât une soif extrême, et il ne voulut pas s’asseoir malgré sa fatigue ; mais , s'appuyant tout armé contre une colonne, après avoir réfléchi sur le parti qu’il devait prendre, il sortit tout à coup, et se rendit avec ses amis à Gythion , où il s’embarqua pour l’Égypte.
Pbise de Spabte. — Cléomène venait à peine de quitter l’embouchure de l’Kurotasqu'Antigone arriva devant Lacédémone, qui lui ouvrit ses portes.
Il s’y comporta en ami, et déclara qu’il ' serait glorieux pour son nom qu’on dît dans la postérité que Sparte avait été aaiwêe par son vainqueur.
Il appelait l’avoir sauvée^ l’abolition des lois de Lycurgue , événement qui causa sa ruine.
Retoue d’Artioone b?c Macédoine , SA MOBT. — Trois jours après son entrée dans Lacédémone , Antionc en partit sur la nouvelle que les arbares ravageaient la Macédoine.
En passant .à Tégée, il déclara cette ville! libre ; il fut complimenté à Argos par les députés de chaque état de la ligue , et déclare protecteur de l’Achaïe.
Malgré l’état déplorable de sa santé, Antigone fournit une nouvelle carrière de gloire. On dit qu’après une bataille gagnée contre les lllyriens , transporté de joie, il s'écria a plusieurs reprises: O /a belle, û l’hevreuae journée ! Un vais.seau se rompit dans sa poitrine; il perdit beaucoup de sang, et la fièvre qui survint le conduisit au tombeau.
Avant de mourir, il avait nommé pour son successeur Philippe V, fils de Oémétrios , figé de quatorze ans : c’était lui remettre un sceptre dont il n’avait été que le dépositaire.
iMoet de Cléomè.ve; ses sdcces- SEUBS, 222 AVANT J.4Î. — A SOn .'urivée à Alexandrie, Cléomène fût assez froidement accueilli par Ptol^ mée. Mais ce prince l’ayant mieux connu , se repentit d’avoir n^ligé un si grand homme, que son indifférence avait sacrifié à Antigone. Ib tâcha de le consoler par toiiWs .sortes d’honneurs, en lui promettant de le renvoyer en Grèce, et de le rétablirsur le trône.
Il lui assigna enattendant une pension de vingt-quatre talents ( 132,000 fr. ).
Ptolemee étant mort, son fils Philopator ne se trouvant pas dans les mêmes dispositions que son père , persécuta son hôte royal. Cléomène , réduit au désespoir, ayant voulu se venger, périt dans une sédition; son corps empaillé fut attaché aux fourches patibulaires d’Alexandrie. Sa mère et ses enfants passèrent par la main du bourreau. 11 avait régné treize ans à Sparte.
Après sa mort, les Lacédémoniens nommèrent deux rois : Agésipolis encore enfant, auquel on donna pour tuteur Cléomène, son'oncle; le second roi fut Lycurgue, qui, pour arriver à cette dignité , corrompit les épbores en donnant un talent à chacun d’eux.
OUERHE DES CONFÉDÉBÉS CONTRE LES BTOUENS.
233— xai avant Jésua-Christ.
Dobimaqub. — Les Étoliens, étrangers à toute espèce d’alliance et d’amitié, s’imaginant avoir droit sur tout ce qu’ils pouvaient enlever, étaient demeurés tranquilles tant qu’Antfgone avait vécu. Mais à peine eut-il fèrlaé les yeax , comme Philippe, fils de Démétrios , parvenu au trône de Mac^ doine, était fort jeune, iis firent des incursions sur les terres des Mess^ niens. On s'en plaignit en vain à leurs magistrats. Le [irincipal auteur des désordres était un certain Dorimaque de Trichonion ( aujourd’hui Angelo-tîtstron près du lac Soudi?)' Véritable Étolien , c’est-à-dire hkphte ( voleur ), dit Polybe, il s’était fixe à Phigalie, ville alliée des Étoliens, où il avait établi le siège de ses briaandages. Uorimaquefiit d’abord cite de> vant le conseil des Éîtoiiens , etdèscpi’fl y parut, on s’assura de sa personne, comme assassin et voleur. On aurait dû le punir , mais , sur la promesse solennelle qu'il lit d’indemniser les plaignants, on le relâcha.
PiBATKSET KLEPHTES. — Dès qu’il fut élargi. Dorimaque conseilla aax
GRÈGE. tt7
Étolten* de déclarer la goerre aux habitants de la Meaaénie; ce qui fot exécuté. Les plagiaires ou pirates mirent auisitdt en mer; et dans leur audace, ili capturèrent un vaisseau macédonien , qu’ils vendirent, carraison et écmipage, dans l'ile de C^bere.
Ils désolèrent les côtes de l'Épire, attaquèrent Thyréon, place de l’Acarnanie, et, débarqués dans le Péloponèse , ils s’emparèrent de Clarion , fort voisin de Mégalopolis; enOn iis établirent leur r^ire à Pbigalie.
Bataille de Caphyes, 991 avant J.-C. — 1.63 Acbéens, réunis à Égion, résolurent de secourir les Messéniens.
Abatos pbbnd le comuande- MEirr. — Aratos, irrité contre les Éto- Hens , rassembla la jeunesse achéenne sous ses drapeaux, et envoya sommer les Étoliens d’évacuer la Messénie.
Ceux-ci, ne se croyant pas en mesure de lésister , feignirent de se conformer à cette injonction. Aratos crut akrs pouvoir licencier son armée , à l’exception de 8,000 fantassins et de 300 cnevaux, qu’il garda pour observer les mouvements de l’ennemi. Comme il en appradiait, il vit que les Etoliens se retiraient avec un butin con<sidénble. Quoique inférieur en forces, iLles attaqua ; le eombat fut opiniâtre, « finit |mr la défaite des Acbéens , qai s’estimèrent heureux de pouvoir is réfugier dans les villes d’Orchomèoe et de Caphyes. Les Mégalopolitains arrivèrent le lendemain de la bataille pour enterrer les morts, tandis que les Étoliens , après avoir traverM le Péioponèse. vinrent camper à l’isthme de Corinthe. '
Abatos accusé. — On rendit plainte contre Aratos ; mais il se justifit avec tant de modestie devant le PmaebaTcon; il demanda si honorablement pardon , en rappelant ses services passés, qu’il fut absous tout d’obévoix. Ses accusateurs firent même prudemment de se retirer. On le remit à la tête de l’armée; mais l’imflresslon de son dernier échec affai- Hit son courage , et il se conduisit pintôt en sage magistrat qu’en grand capitaine.
HÉWATION ARMÉS UK l•HU.IPPB,
880 avant J.-C.
Les Acbéens durent encore une fois recourir au roi de Macédoine. Plâlippe ayant donné audience à leurs députés , apprit comment les Étoliens avaient violé je traité de paix conclu sous la garantie d’Antigone; il promit d’employer ses forces pour en tirer raison , et prit peu de temps après le chemin de la Grèce.
A son arrivée à Corinthe , les députés des républiques confédérées d^ clarèrent la guerre aux Étoliens. Il fut en même temps résolu que les états qui avaient à se plaindre de l’ennemi commun, seraient admis dans l’alliance, et que les pays qu'il avait rendus tributaires, étaient par le fait affranchis et autonomes.
ÉTOI.IENS ,
B80 avant iéBua-Chritt.
Au temps dont on parle, les Étoliens étaient devenus un peuple puissant dans la Grèce. Leurs principaux magistrats se composaient du préteur, du général de cavalerie , des épbores et d’un secrétaire d’état , faisant fonctionsde premier et unique ministre. A l’exempte de la ligue acliéenne , la république se composait de plusieurs cités, unies par un lien fédéral, mais entièrement Indépendantes les unes des autres pour leur administration particulière.
Mgeubs. — Uniquement attentifs au gain , tes Étoliens n’en trouvaient point d’illicite, ni de honteux. .Endurcis aux fatigues, intrépides dans les combats , ils s’étalent particulièrement signalés contre tes Qaalois, lorsqu’ils menacèrent Delphes, et contre tes Macédoniens, chaque fols qu’ils avaient menacé la liberté publique. L’accroissement de leur puissance les avait rendus superbes et hautains. Aussi distingués par leur origine que par leur bravoure , fiers de leur qualité de k/ephtes ou brigands , ils n’avaient redouté ni Philippe, ni Alexandre.
Lorsque ce dernier faisait trembler
toutes les nations , ils avaient osé rejeter ses édits et ses ordonnances. On peut juger par ces traits du caractère des Etoliens, que Philippe V et les Âchéens voulaient soumettre. Menacés par ces deux puissances , le Panétolicon (assemblM des états de l’Étolie ) venait de mettre à la tête de son gouvernement , Scopas , auteur principal des violences qui étaient la cause de la merre.
Philippe avait ramené son armée en Macédoine , après la tenue de l’assemblé de la confédération à Corinthe.
Il engagea sans peine dans son alliance &erdilaïdas, roitelet d’Illyrie, qui était mécontent des Etoliens. Les Acarnaniens, peuple loyal et généreux, déclarèrent sans hésiter la guerre à leurs voisins; les Épirotes ne voulurent pas imiter cet exemple , à moins que Philippe ne prît l'initiative. Les Messéniens , pour qui on avait pris les armes , refusèrent de participer à la guerre, tant que Phigalie ne serait pas détachée de l’alliance étolienne. Les Lacédémoniens, qui s’étaient d’abord prononcés pour les Achéens , se tournCTent du coté de leurs ennemis , de façon que la ligue achéenne se trouvait dans une grande perplexité.
Philippe enthe en cahplgne. — Le roi, informé de la situation critique de ses alliés , vint à leur secours avec 15,000 hommes d’infanterie et 800 chevaux. Après avoir traversé la Thessalie, il arriva en Épire, où il se laissa persuader de faire le siège d’ Ambracie , qui le retint quarante jours ; ce répit donna le temps aux Étohens de se melÿe en défense , tandis qu’en marchant droit à eux , il aurait probablement terminé rapidement la campagne.
Événements militaibes. — pas, suivi d’un corps nombreux d’Étotiens, entra en Thessalie et pénétra jusque dans la Macédoine , d’ou il revint avec un butin considérable. Philippe de son côté fit une invasion dans l’Étolie, où il prit plusieurs places importantes; il l’aurait entièrement soumise, sans la nouvelle que les Dardaniens menaçaient son royaume d’une irruption. Sa marche rapide effraya
tellement ces barbares , qu-'ils ctmgédièrent leur armée et se retirèrent dans leur pays. Alors le roi revint en Thessalie et'passa le reste de Tété à Larisse. Pendant ce temps , Dorimaue, élu général des Étoliens, entra ans l’Épire qu’il ravagea, sans épargner l’oracle de Dodone , ni son temple qu’il fit brûler, après s’en éhx approprié les offrandes et les richesses.
Campagne d’hiveb de Philippe.
— A cette nouvelle le roi quitta Larisse au fort de l’hiver, menant à sa suite 3,000 chalcaspides ( porteurs de boucliers d’airain), 2,000 cuirassiers, environ 400 chevaux , et arriva à Corinthe sans qu’on eût avis de sa marche. Il manda aussitôt à son quartier Aratos le père, et il écrivit à son fils , qui portait le même nom , de conduire a Caphyes les troupes qu’il commandait cette année.
Pbise dePsophis. — Le roi suivit de près le messager porteur de ses ordres. Il rencontra sur sa route Earipidas avec un corps de 2,000 Éléeas, envoyés pour piller le territoire de Sicyone; il les dispersa et fit prisonniers 1,200 de ces fourrageurs. Peu de jours après il arriva à Caphyes ( anj.
Cayapha ) , et après avoir donné trcœ jours de repos à ses troupes, il se rendit avec Aratos, qui avait réusi 10,000 hommes , devant Psophis ( anj.
Tripotamos ). La garnison âolienne, commandée par Euripidas, ^happé au dernier combat , ne put résister i la valeur impétueuse des confiMérés.
La place fut enlevée d’assaut , et le général obtint une capitulation honorable de la générosité de Philippe, qui fit présent de cette belle forteresse aux Achéens. Après s’être emparé de Teiphusse , qu’il leur remit paiement, il vint à Olympie, où il fit reposer son armée. ,i
nmuCDES D'APBLLE, HIMISTRB DE , PHILIPPE V.
Tandis que le roi employait ses armes à la délivrance des Achéens , Apelle , son ministre dirigeant , s’était mis en tête de les asservir : il en
GRÈCE
roalait particulièrement à Aratos. Il s’attaqua d’abord aux soldats, qu’il chagrinait en les faisant à tous moments changer de quartiers, en les privant de leur part dans le butin , et les faisant incarcérer , quand ils osaient réclamer. Aratos s’en plaignit au roi , en lui révélant les arrierepensées de son ministre, dont le but était de régner sous son nom, et peutêtre indépendamment de son autorité. Philippe lui répondit qu’il n’aurait plus sujet de se plaindre. Cette réponse combla de Joie les soldats acnéens. Le roi méritait d’étre cru sur parole ; bon , ^irituel, son affabflité , les grâces de sa personne le rendaient cher à tous ceux qui l’approdiaient ; mais hélas ! il devait finir eomme tous les tyrans.
Conquête de la Tbiphyllie. — Imrœ avoir donné ces espérances, Fnffippe partit d’OIympie, et ayant fint jeter un pont sur l’AIphée , il entra sur les terres des Triphylliens , dont les villes principales étaient Samioon, Lepréon, Hjpane , Typanee, PpgOB, JSpyion , Bolex, Slrllagion et Ph^a. R sWipara d’Aliphéra, et s’en retourna, diargé de gloire et de butin, passer l’mver a Argos.
Entbepbise de Chilon. — Ce fut alors oue le Lacédémonien Chilon, prétenoant que le trône lui apparteaait à plus juste titre qu’à Lycurgue, entieprit de l’en chasser. Après avoir engagé dans son parti environ deux oants citoyens , il entra à main armée dns la ville, tua les éphores, et le rai n’échappa à la mort que par une espèce de prodige. Chilon se rendit ensuite à V agora (place publique) pour exhorter les Spartiates à recouvrer la fiberté, en leur faisant de magnifiques promesses. Voyant que ses discours ment superflus , et qué son entreprise était manquée , il se condamna nd-méme à l’exil , et TAdiaîe.
se retira dans
ABATOS PODKSinVI PAB APELLE,
119 àt. J.-C.
Ce ministre perfide , qui avait ré-
sblu la perte d’Aratos , ne cessait de répéter au roi qu’il ne posséderait jamais l’Achaïe tant que ce chef y conserverait son influence. Il fallait Véloigner pour parvenir à l’autorité absolue , qui fut toujours la grande et criminelle tentation des princes.
Philippe, plein de cette pensée, se rendit à rassemblée d’Égion , où il agit tant par ses promesses et par ses menaces , qu’il fit exclure Phifoxène, candidat d’Aratos , et nommer général Epérate , créature d’Apelle, homme sans moyens et universellement méprisé.
Dès ce moment, Aratos cessa de se mêler des affaires ; et comme il ne se faisait rien de convenable , le roi , sur qui retombait tout le blâme, ne tarda pas à sentir qu’on l’avait trompé. Il se rapprocha d’Aratosi, et ne voulut plus prendre conseil que de lui, comme au seul homme de qui venaient sa grandeur et sa gloire ; mais il ne fut pas détrompé sur le compte de son ministre.
Infidélité d’Apklle.— Les Éléens, avec qui Philippe était en négociation par l’entremise d’un certain Amphidamos , semblaient intraitables ; cette résistance servit de prétexte à Apelle pour calomnier Aratos. Le roi exigea alora de son ministre de répéter ce qu’il avançait en présence de celui qu’il dénonçait ; il le fit de manière à déconcerter le plus honnête homme de bien. Mais, sans se troubler, Aratos somma le délateur de produire ses témoins. Le roi approuva cette demande ; et - un événement imprévu ayant amené Amphidamos à Dymé , où se trouvait Philippe, on examina l’accusation. Aratos lüt déclaré innocent , mais sans que le calomniateur fût recherché ni puni.
Complot d’Apelle. — Devenu plus audacieux par cette espèce de nn de non, recevoir, Apelle reprit le cours de ses intrigues. Quatre personnes partageaient les principales charges de la couronne; Antigone les avait nommées dans son testament, afin d’éviter les brigues pendant la minorité d’un prince adolescent. C’é-
L’UNIVERS
taient Léontios et Méf^léas , dévoués à Apelle, Taurion et Alexandre, dont le ministre dirigeant ne disposait pas suivant ses caprices. Taurion avait dans ses attributions les affaires du Péloponèse ; Alexandre était chargé du commandement des gardes ; il s’agissait de mettre ces deux chefs à Pécîirt. B Les gens de cour, dit « Polybe, savent se retourner; les B louanges et la calomnie sont leurs « armes familières. » Quand il était question de Taurion , Apelle relevait son mérite , et disait que le roi devrait l’attacher à sa personne, voulant ainsi le retenir à la cour et disposer de sa charge en faveur d’une de ses créatures. S’agissait-ild’Alexandre?
il ne manquait pas de le décrier, afin de faire donner sa place à quelqu’un u’il pQt dominer; mais ce ministre ’iniquité fut enveloppé dans ses propres filets.
Assemblée du PanachaTcon, 318 ANS AV. J.-C. — Philipiw avait rendu ses bonnes grâces et sa confiance à Aratos, lorsque les états-généraux de l’Achaïe s’ouvrirent à Sicyone. D’après une note relative à l’état des dépenses de son armée , on alloua au roi 60 talents comptant ( 275,000 tir. ) , trois mois de solde pour ses troupes, et dix mille mesures de froment : on décréta qu’à l'avenir, et autant de temps qu’il ferait la guerre dans le Péloponese , on lui paierait chaque mois 17 talents ( 93,500 fr.)
Félonie d’Apeli.b. — Le roi, qui avait résolu d’agir par mer contre les ennemis, étant de retour à Corinthe fit exercer les Macédoniens à la manœuvre des vaisseaux, et cessa |ieu à peu de consulter son ministre dirigeant.
Apelle, irrité de voir décliner son crédit, prit des mesures secrètes pour entraver les entreprises de son manre.
Il engagea I>éontios et Mégaléas à s’acquitter négligemment de leurs fonctions dans toutes les clioses qui leur seraient commandées : pour lui , sous prétexte de quelques affaires, il se rendit à Chnicis afin de se mettre sur le passage des convois d'argent, qu’il arrêta. Cette manoeuvre odieuse causa
un tel embarras au roi , qu'il dut mettre en gage sa vaisselle d’argent.
CAMPAGNE D'érOUB, az8 avant J.*r.
Philippe s’étant embarqué au Lesché, vint à Fatras , de là se rendit à Céphallénie,etfit le siège de Palée, sa capitale, dont il ne tarda pas à s’emparer. Comme les Acarnaniens le pressaient de venir à leur secours, il quitta aussitôt Céphallénie et aborda le second jour à Leucade (yoy.pl. 84); U entra immédiatement dans le golfe Ambracique, et arriva a Limnée ( aujourd’hui Loutraki) avant le lever au soleil.
Après midi, Philippe, laissant ses bagages , partit de Limnée et fit halte au bout de 60 stades pour laisser prendre de la nourriture à ses soldats; nuis, après avoir marché pendant toute la nuit, il arriva vers le point du jow au bord de l’Achéloos. Léontios U proposa de s’y ‘arrêter, sous prétexte que la troupe était fatiguée, mais, dent le fait, pour laisser aux Ktoliens le temps de se mettre en défense. Autos , qui comprit cette intention, pressa le roi de marcher sans délai.
Pbise de Thebmos. — Philippe passe aussitôt l’Acbéloos et arrive à Thermos ( aujourd’hui Vrachori). C’était la capitale de l’Étolie , le lieu ordinaire de la réunion des états et du puiiégyries , ou foires de la république. Comme ceÙe ville passait pour imprenable, les Étoliens y laissaient en d^ pôt leurs richesses : leur surprise fiit extrême , vers la fin du jour , lorsqu’ils virent le roi y entrer avec soir armée. .n
Dévastation. — Le pillage commença aussitôt; et après avoir fait pendant la nuit un butin considérabU, | on résolut d’emporter les objets les , plus précieux. On prit les armes suspendues aux galeries des temples : lès ( meilleures furent choisies pour b’«b > servir ; le surplus , montant à plus de ] 15,000, avec une teule de meuoles et ^ de marchandises , fut mis en tas et ^ brûlé sur la place publique.
Jusque-là il n’y avait rien que de
conforme anx loii de la guerre ; mais les Macédoniens ne s’en tinrent pas à ces tristes représailles. Transportés de fureur au souvenir des profanations commises à Dion et à Dodone par Dorimaque, ils mirent le feu au temple principal , mutilèrentles dons {ex-voto) qui s’y trouvaient, au nombre desquels il y en avait d’une beauté extraordinaire. Les statues , dont le nombre se montait à plus de deux mille , furent renversées : on en brisa plusieurs, et on n’éparena presque que celles que les Inscriptions ou le type, firent connaître pour être les simulacres des dieux.
Philippe ÀBAivuormE l’Étolie.— La retraite du roi ne fut pas moins savante que son attaque inopinée contre Thermos. Arrivé a Limnee , il offrit aux dieux des sacrifices en actions de grâces des bons succès qu’il avait obtenus; il donna un grand repas et des fêtes à ses officiers et è son armée.
InSOLHSCE de LÉOrSTIOS ET DE MÉ- GXLÉAs.— Léontios et Mégaléas, qui ne participaient qu’à regret à la joie publique, répandirent tant que diira le banquet , leur bile contre Aratos.
.'lu sortir de table, comme ils avaient la tête échauffée de colère et de vin , ils Je poursuivirent à coups de pierres jusque dans sa tente.
Tout le camp fut en émoi ; Philip^, informé de ce qui se passait, condamua Mégaléas à une amende de 10 talents ( tl0,000 fr. ) et le fit mettre en prison.
Averti de ce qui venait d’arriver à son ami , Léontios , suivi de plusieurs soldais., se présenta à la tente du roi. Arrivé en sa présence, il s’écria : « Qui • a été assez nardi pour porter la main I sur Mégaléas et le mettre en prison?
» — C’est moi , » répondit fièrement I?failippe. Léontios effrayé se retira en soupirant ; quelques jours après il ^e rendit caution de l’amende infligée a Mégaléas , qui fut élargi.
Châtiment de Lycubgüe. — De retour à Corinthe, le roi fit tirer ses vaisseaux à sec sur la plage du Lesché, débarqua ses troupes, et, passant par
<Argos, il arriva à Tégée le douzième jour depuis son départ de Leucade. Il voulait châtier Lycurgue, qui avait attaqué les Messéniens en son absence.
Sparte Ait frayée lorsqu’elle vit le vainqueur des Étoliens sur son territoire. Il y eut plusieurs rencontres toutes à ravantage des Macédoniens ; et Philippe, charge de butin, retourna à Corinthe. Il y trouva des ambassadeurs de Rhodes et de Chios qui venaient lui offrir leur médiation pour conclure la paix entre les Aebéens et les Étoliens ; il feignit de l’accepter , mais il songea , avant fout , à faire une invasion dans la Phocide.
SÉDITION BÉPBIMÉB. — LéontioS , Mégaléas, et Ptolémée, leur complice, voyant leurs intrigues déjouées, essayèrent de se rendre redoutâmes à leur maître; ils choisirent pour cela le moment où le roi venait de s’établir au Lesché , portéloignéd’untiersdelieuede la ville, afin de surveiller son expédition contre les Phocidîens. Une partie de l’armée macédonienne se trouvait 5 Corinthe :
les conjurés essaient de la corrompre; ils représentent aux pelta.ste* et aux soldats de la garde, qu’exposés aux plus grands périls , on n'observe pas à leur egard Pancien usage dans la distribution du butin. Échauffés par res discours, les jeunes gens pillent les logements des courtisans les plus distingués, brisent les toits et forcent les portes du palais du roi. Philippe, averti de cette sédition , accourt du Lesché , rassemble les Macédoniens dans le théâtre, et, par un discours mêlé de douceur et de sévérité , il fait rentrer l’armée dans le devoir. Le temps de punir n’était pas encore arrivé : ce soulèvement le força de renoncer à son entreprise contre les Phocidiens.
Complot de LÉoNtios et b’A- FELLE. — L’impunité àqgmenta l’orgueil de Léontios, qui envoyait courriers sur courriers à Apelfe pour le prier de venir se concerter avec lui.
Ce ministre, pendant son séjour à Clialcis, s’y était rendu odieux par sa jactance. A l’entendre , « le jeune «roi n’était maître de rien; lui
L’UNIVERS
« seul dirigeait et réglait tout : les « magistrats de la Macédoine , de la « Thessalie , les gabelles et les finances « relevaient de son autorité. » Philippe connaissait cette arrogance de son ministre, et il la supportait avec peine.
Aratos l'engageait a s’affranchir de ce joug honteux ; le roi ne s’expliquait pas.
Punition des conjubés. — Apelle, qui ignorait les dispositions de son maître, persuadé de son puissant crédit, accourut à l’invitation de Léontios. Lorsqu’il approcha de Corinthe , Léontios , Mégaléas et Ptolémée engagèrent la jeunesse à aller à la rencontre du ministre dirigeant. Reçu avec pompe, Apelle, accompagné d’une foule d’oniciers et de soldats , se rend au logis du roi , où il prétend entrer comme autrefois. L’huissier, qui avait le mot, l’arrête brusquement, en lui
Jisant que le prince est occupé.
tonné de cette réponse, le ministre balbutie, hésite, et se retireconfus....
Lehrillantcortégequile suivait se disperse, et il arrive à son logement avec sas seuls domestiques.
Mégaléas, averti par cet exemple de ce ou’il avait à craindre , se retira à Thèbes, laissant Léontios engagé pour les vingt talents dont il s’était rendu caution. Peu de temps après, Apelle sevitexclu du conseil eidu nombre des convives que le roi invitait à souper. Ltontios mt dépouillé du commandement de l’infanterie, et emprisonné sous prétexte de son cautionnement pour Mégaléas ; et bientôt convaincu du crime de haute trahison, il se donna la mort ; Apelle et son fils , également coupables, furent étranglés.
Quabtieb d’hiveb de Philippe.
— Les ambassadeurs de Rhodes et de Chios déterminèrent Philippe à conclure une trêve de trente jours avec les Étoliens. Elle devait être suivie d’un traité de paix; mais, informés de la conjuration d’ Apelle, les députés de l’ÉtoIie différèrent de se rendre à Fatras, et le roi engagea les Achéens à continuer la guerre ; il prmit toutefois aux Macédoniens d'aller passer l’hiver dans leur pays. S’étant embar-
^é lui-méme à Cenchrée, il aborda à Démétriade, où il fit saisir et condamner à mort Ptolémée , le seul des conjurés échappé à sa vengeance. Pendant son séjour en Macédoine , il s’empara de Bylazora ( aujourd’hui Bitoglia?), grande ville de la Péonie; ce qui mit son royaume à couvert des incursions des Ûardaniens.
HETOUJI DE PHILIPPE DANS LA HELLAÜE , ai8*~ai7 ar. J.-C.
Pbise de Thèbes de Phtiotib.— En revenant dans la Grèce, le roi s’empara de Thèbes-Phtiotique , dont la possession mettait en sûreté la Magnésie et la Thessalie contre les incursion des Étoliens. Il donna encore une fbis audience aux ambassadeurs de Chios , de Rhodes , de Byzance et d’Égypte, au sujet de la paix qu’ils lui avaient déjà proposée, mais il évita de déclarer sa pensée.
Ses desseins ambitieux. — Arrivé à Argos, le roi se rendit de là aux jeux Néméens. Pendant qu’il assistait a ces solennités , un courrier lui donna avis que les Romains avaient perdu une grande bataille auprès du lac Ttasimène , et qu’Hanniral était maître de la campagne. Philippe ne fit paît de cette nouvelle qu’à Démétrios de Pharos , en lui recommandant le secret. Ce prince ne manqua pas de profiter d’une pareille confidence pour faire fermenter dans la tête d'un roi jeune et ambitieux l’idée de se rendre maître de l’Italie et du monde entier, projet qui avait été une manie de tradition dans la fàmille royale depuis Alexandre-le-Grand jusqu’à l^rrhus.
Tbaité de Naupactb, 218 ANS AV. J.-C. — Comme Philippe se possédait admirablement , il se coDtmta de faire dire aux plénipotentiaires de se rendre à Naupacte, où la paix avec les Étoliens fut conclue et ratifiée la troisième année de la 140° olympiade.
Vues politiques d’Agélas. — Ce sage négociateur manifesta, en présence de Philippe, des vérités capables de sauver la Grèce si elles eussent été comprises. Il dit : « qu’il serait
^GhACE. 333
« à souhaiter que les Grecs, éritant ger les ratifications de l’acte qui ve- « tout démélé entre eux, pussent réu- nait d’étre conclu; ils partirent avec « nir leurs forces pour s’opposer aux les Macédoniens, mais ils furent ar- « ^rbares ; afin de sentir la néces- rétés par les Romains. Le mensonge B site d’un pareil accord, il ne fallait de Xénophane ne lui réussit pas comme « que jeter les );eux sur les deux peu- la première fois ; on le trouva muni « pies qui se faisaient actuellement la d’une copie du traité et des lettres « guerre. Il .était évident que jamais d’Hannibal au roi Philippe. Cette dé- « les vainqueurs , soit Cartha^nois', couverte d’un nouvel ennemi , loin « soit Romains , ne se borneraient à d’accabler les Romains , augmenta « l’erripire de l’Italie et de ja Sicile, leur énergie et leur fit prendre les « qu’ils pousseraient leurs prmets beau- mesures nécessaires pour parer à tous « coup plus loin. » Puis s’adressant à les événements. Le traité reçut sa rati- Pbilippe, il lui dit respectueusement fication au moyeu d’une autre ambas- « qu’au lieu de frayer la route aux Bar- sade de Philippe envoyée au générai
• bares en affaiblissant ses compatrio- carthaginois.
• tes , son intérêt était de veiller à la Pbépabattfs de Philippe, 215 « prospérité de la Hellade comme si ans avant J.-C. — Le roi , excité par « c’étaitson propre royaume; mais si le Démétrios de Pbaros, n’était plus oc- « repos le fatiguait, il n’avaitqu’à tour- cupé que du grand dessein de porter « ner ses regards du côté de l'occident la guerre en Italie. Il ne rêvait que « et se rendre attentif aux événements combats ; et dans l’erreur du sommeil, « de la guerre d’Italie. S’il saisissait il se réveillait souvent couvert de « la première occasion qui ne man- sueur, en se croyant déjà maître de « querait pas de se présenter , tout Rome. Après avoir fait construire « semblait devoir lui ouvrir le chemin cent vingt bâtiments de transport
< à la monarchie universelle ; mais s’il ou’il réunit à Oricon (aujourd’hui 'Val « attendait que l’orage qui se formait a’Orco), ville située à Textrémité de « dans le lointain vint fondre sur le l’Acrocéraune, Philippe s’y rendit avec > Hellade , il était à craindre pour les la ferme résolution d’opérer un dé-
< Grecs qu’il ne fût plus en leur pou- barquement en Italie.
« voir de prendre les armes , ni de se Sa défaite. — Valérius , amiral « conduire d’une manière libre et sou- de la flotte romaine qui se trouvait à « veraine. » Brindes, traversa sur-ioKÉiampI’ Adria-
Tbaité d’alliance entbe Phi- tique, s’empara d’Oricon, et envoya lippe et Hannibal, 216 ans avant une partie de son armée au secours J.-C. — Trois victoires remportées de d’Apollonie , dont Philippe faisait le suite par Hannibai ne laissèrent plus siège. Névius, qui commandait lestrouhésiter le roi de Macédoine : il en- pes de terre, ayant débarqué à l’embouvoya au général carthaginois des am- chure de l’Aoos , entra de nuit dans la bassadeurs, qui furent interceptés par place assiégée, surprit le camp du roi, les 'Romains. Conduits devant le pré- qui se sauva avec peine à bora de ses teurValériusLévinus, campéàValeria, vaisseaux: celui-ci ne pouvant gagner Xénopbane, chef de la légation macé- la mer et privé de toute issue, mit le donienne, déclara que Philippe l’avait feu à sa flotte et retourna par terre en envoyé pour faire alliance avec le sé- Macédoine avec les débris de son oat : Lévinus lui fournit une escorte armée.
pour l’accompagner jusqu’à Rome. Ar- Changement de son cabactbbb.
rivés en Campanie , les députés réussi- — Corrompu par les flatteurs , au lieu rent à s’évader et à se rendre auprès des conseils de la sagesse et de la d’Hannibal, avec qui ils stipulèrent un raison qu’il avait suivis jusqu’alors, traité offensif et défensif. on vit le roi de Macédoine traiter les
Hannibal envoya à son tour des peuples alliés et les. républiques avec ambassadeurs à Philippe , afin d’échan- nauteur et dureté. L’échec éprouvé
OOgIf
L’UNIVERS
devant Apollonie aigrit son humeur , et il seniola qu’il voulait se venger sur tout le inonde de l'ailront qu’il avait reçu des Romains.
DISOEACS ET MORT O’ARATO.Î , ai3 avAul J.*C.
Philippe reparut peu de temps après sa défaite dans le Péloponèse; il vou^ lait surprendre les Messéniens, dont il ravagea le territoire. Aratos, en homme d’honneur et de probité, révolté d’une injustice aussi criante envers des hommes qui vivaient en paix sur la foi des traités , se plaignit hautement : il avait déjà commencé à se retirer de la cour, à cause des liaisons scandaleuses du roi avec sa belle-tille ; il crut alors devoir rompre ouvertement.
Philippe, à qui les crimes devenaient familiers, voulut se défaire d’un homme dont l’absence seule accusait sa conduite. La grande réputation d’Aratos et le respect qu’on avait pour ses vertus empmhèrent cependant le tyren de recourir à la violence ; il chargea Taurion, un de ses confidents, de l’en débarraster : ce qui eut lieu au moyen d’un poison lent qu’il sut lui donner en l’attirant à sa table.
Aratos ne tarda pas à connaître la cause de son mal, qu’il supporta sans se plaindre, comme une chose ordinaire.
Un jour, seulement, ayant craclié du sang en présence d’un de ses amis, comme il le vit étonné ; u Voilà, mon «cher Uéphalon, dit-il, le fruit de « l’amitié des rois. » Il mourut ainsi à Égion , étant capitaine-général de la république pour la dix-septième fois.
Ses FUNERAILLES. — Les Achéens demandaient qu’il fût enterré au lieu où il avait (ini ses jours; mais les Sicyoniens obtinrent cet honneur pour leur ville , où il était né. Le lieu de sa sépulture prit le nom d’Aratéion. Au temps de Plutarque , c’est-à-dire environ trois siècles après cet événement, on lui offrait encore chaque année deux sacrilices solennels. Pendant l’oflice, des chœurs de musique chantaient des cantiques avec accompagnement de la
lyre ; et le maître des cérémonies , à la tête de la jeunesse, faisait autour de l’autel une litanie ou procession , qui était suivie par les sénateurs couronnés de chapeaux de fleurs.
Mort du fils d’Aratos. — Elle fut beaucoup plus déplorable et tragique que celle de son père. Philippe, deveiKU par/aitemmt mmweds, pour nous servir des expressions de Plutarque , lui fit donner un de ces poisons qui altèrent la raison. Dès qu’il eut avalé le funeste breuvage, il te livra à des excès qui l’auraient déshonoré s’ils n’avaient été la suite d’une aliénation mentale; de façon que sa mort fiit regardée, non comme un malheur , mais comme le remède et la fin de sa dégradation morale.