‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 77 sur 115 · SUCCÈS DIVERS DE PHIUPPB · texte numérisé non relu

SUCCÈS DIVERS DE PHIUPPB

Le roi ne tarda pat à entreprendre une expédition contre les lllyriens:

elle eut un heureux succès. Il voulait depuis long-temps s’emparer de Lissos ( aujourd’hui Alessio ), ville située à l’emboucliure du Drin, et il réussit dans cette entreprise. A qudque temps de là, il porta ses armes dévastatnees dans la Thrace : la Chersonèse éprouva les rigueurs de sa cruauté ; il s’empara dAbydos , où il ne trouva que des décombres : les habitants s’étant entre-tués , il n’y fit pas un seul esclave.

Ravaok de l’Attiqub. — Ivre des succès dont une fortune aveugle l’avait couronné , il redescendit vers la Hei- ’ade méridionale; il prétendait punir les Athéniens de leur alliance avec Attale, roi de Perganie, et avec les Rhodiens. Dans la bataille qu’il livra aux Athéniens , il adressa ces pondes mémorables à ses soldats : « Ne me « perdez pas de vue , et faites comme « moi. » Battu et obligé de se retirer, il déchargea sa colère sur les maisons de plaisance, le lycée, les temples et les tombeaux , ordonnant à ses Macédoniens de briser jusqu’aux pierres, afin qu’elles ne pussent servir à rétablir les édifices démolis.

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GRÈCE

fflTEItVENTION ARMÉE DES ROMAINS ,

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Valérius Lévinus , préteur chargé de ce qui coucernait la Grèce et la Macédoine J comprit de quelle importance il était, pour diminuer les forces de Philippe, de débaucher quelquesuns de ses alliés. Il s'adressa en conséquence aux chefs principaux des Ètoliens, auxquels il donna connaissance de l’état prospère des affaires de Rome, de la prise de Syracuse . et des défaites successives d’Hanuibal. S'étant rendu dans i'Étolie , Scupas, qui en était le premier magistrat, et Dorimaque , géuéral de la cavalerie , conclurent un traité d’alliance avec les Romains, en laissant la faculté d’y accéder aux Éléens , aux Lacédémoniens, à Attale; à Pleurâtes et à Scerdilaidas, rois d'Ulyrie. Les actes d’hostilité commencèrent immédiatement ; après quoi Lévinus se retira à Gorcyre , persuadé que Philippe avait assez d’affaires et a’eaotinis sur les bras pour n’étre plus eo étet de s’occuper de l’Italie et d’Hannihal. Le traité conclu à cette époque ne fut ratiüé et échange que deux m après à Olympie et à Rome.

XÉOUmOH HÉROÏQUE DES ACARNANIENS.

Philippe , qui se trouvait en quartier d’hiver à Pella , n’eut pas plus tôt connjissance du traité des Romains et des Eteliens , qu’il s’occupa d’assurer la tranquillité de la Macédoine. Les Acarnaniens, menacés directement par coururent aux armes, résolus de naître leur pays à toute extrémité. Gooime ils s'attendaient à succonihff dans la lutte, ils transportèrent en Epire leurs enfants, leurs femmes et les vieillards au-dessus de soixante a#«t le surplus de la population se leva en masse. Alors la gérousie (séimt ) et le peuple s'adressèrent aux tpirotes pour les prier de se char- BMde leur rendre les devoirs fu- •wes. Leur testament portait que restes mortels seraient enjermés “®as un, même tombeau, avec çette

épitaphe : Ci-oisent les Acabna-

NIENS , MORTS EN COMBATTANT POUB LEUB PATBIB CONTBE LA VIOLENCE

BT l’injustice DES Étoliens. Pleins de courage , ils partent au même instant, et vont au-devant de l’ennemi jusqu’aux frontières de l’Acarnanie.

une pareille résolution effraya les Étoliens, informés d’ailleurs des mouvements de Philippe ; ils rebroussèrent cliemin , et le roi de Macédoine en lit autant de son côté.

ÉVÉNEMENTS PRUVCIPADX , aïo— ao9 avant J.-C.

Au commencement du printemps , Lévinus as»égea et prit Anticyre, qu’il remit aux Étoliens. Attale , roi de Bitliynie. Pleurâtes et Scerdilaidas adhérèrent au traité conclu entre les Roniains et les Étoliens. Les Lacédémoniens demandèrent à rester neutres, mais ils ne tardèrent pas à y souscrire ; Machanidas , qui devint bientôt roi de Sparte, détermina ses compatriotes à prendre ce parti. Les Atliéniens, dégénérés, renversèrent les statues qu’ils avaient élevées à Philippe, en le chargearit de malédictions , ainsi que sa postérité et ses années.

Philippe secourt lbs Achbens.

— P. Sulpitius et Attale étant arrivés avec leur Botte au secours des Étoliens, la terreur se répandit dans l’Achaïe, qui était attaquée d’un autre côté par Machanidas , tyran de Sparte.

Aussitôt Philippe fut appelé par ses alliés, et il ne se fit pas attendre. Vainqueur des Étoliens dans deux renconftes, il les contraignit de se renfermer dans les murs de leurs villes.

Il ajourna les ambassadeurs de Rhodes, d’Athènes et deChios, chargés de négocier la paix, à la tenue de la diète acliéenne. Les Etoliens y firent des propositions tellement déraisonnables, qu’il rompit les négociations pour se rendre à la célébration des jeux Méméens.

Invasion de la Sicyonib manques. — Sur ces entrefaites, Sulpitius, parti de IN'aupacte, étant débarqué entre Sicyone et Corinthe, ravagea tout

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le plat pay8(auj.Vddia). Philippe, sur cette nouvelle , auitta les fêtes , battit les ennemis, qu’il força d’abandonner leur butin , et les poursuivit jusqu’à leurs vaisseaux. De retour à Némée , il fut reçu avec des applaudissements d’autant plus unanimes, qu’ajrant quitté le diadème et la pourpre, il se confondait avec les spectateurs ; mais autant ses manières populaires le faisaient aimer , autant ses débauches le rendirent odieux. Il allait de nuit chez les rarticuliers , où il se permettait des licences auxquelles il n’était pas prudent de s’opposer ,'car on courait risque de la vie.

Il est bspoussé devant Élis. — Au sortir des jeux , Philippe se mit en marche avec les Acheens, commandés par Cycliade. Après avoir passé le fleuve Larissos ( aujourd’hui Mana ) , il s’avança Jusqu’à Élis, qui avait reçu

Îjarnison étolienne. Arrivé en vue de a ville, il déploya quelques escadrons de cavalerie , afin d’attirer l’ennemi au combat. Il se présenta ; mais le roi fut très-étonné de voir des troupes romaines mêlées aux Ètoliens : Sulpitius les avait envoyées de Nàupacte.

L’affaire fut rude. Damophante, gêhéral de la cavalerie éléenne, apercevant Philopémen qui commandait celle des Achéens , le chargea impétueusement : celui-ci l’attendit avec calme et le renversa d’un coup de lance , ce ui mit sa cavalerie en fuite. Le roi e son côté voyant les siens plier, se précipita au milieu de l’infanterie romaine. Son cheval , percé d’un javelot, le jeta par terre, et ce ne fut qu’après une lutte sanglante qu’on parvint à le dégager. Il alla camper à cinq milles de là ; et le lendemain il attaqua une place fortifiée (aujourd’hui Kounopolis) , dans laquelle il prit quatre mille paysans et vingt mille têtes tant de gros que de menu bétail.

Fin de la campagne. — Dans ce moment , Philippe apprit que les barbares avaient mit une irruption dans son royaume; il partit aussitôt, en laissant deux mille cinq cents Macédoniens aux alliés. Sulpitius, avec sa flotte , se retira à Ëgine , où il trouva

le roi Attale, avec lequd il passa l’hiver.

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