ÉPOQUE DE PHILOPÉMEN DE HÉGALOPOUS
Cassandre de Mantiuée fut son tuteur ; Ecdémos et Démophane , de l’école d’Arcésilas, fondateur de la nouvelle académie , devinrent st« maîtres : il fut appelé, dans la suite, le dernier des Grecs.
Éducation. — Son premier apprentissage fut celui des armes ; et, libre de ces études, il entra dans les baodes que Mégalopolis envoyait faire des courses dans la Laconie. Il était toujours le premier à marcher et le dernier quand on revenait de quelque expiMition. Dans les intervalles de œtte espèce de guerre, il s’occupait à di^ serou à cultiver ses champs, car il avait une belle propriété à une lieue de la ville ; le soir , il couchait sur la terre comme le dernier de ses esclaves. Tout ce qu’il gagnait dans ses incursions , il le dépensait en armes , en chevaux, et à payer la rançon de ses compatriotes quand ils tombaient au pouvoir de l’ennemi.
Sebvices militaibes. — Il dait dans sa trente et unième année lorsque Cléoinène attaqua Mégalopolis ; il K distingua dans cette circonstance. Il se signala , peu de mois après , à la bataille de Sellasie. Après cene affaire, il passa en Crète , où il y avait guerre : ce fut pour lui une excellente école, dans laquelle il acheva de se former.
Après avoir complété son éducation militaire , Philopémen revint dans sa patrie, où il réussit à opérer une réforme importante parmi la jeuneœe, et des changements notables dans la discipline militaire. Dans le combat près de la ville d’Élis, il acquit un grand honneur ; et chacun convint qu’il était également propre à combattre et à commander. Enfin , quand B eut accoutumé les jeunes gens à chercher leur parure dans les armes , il parut tel quil l’était, un de ces homatts appelés par la Providence à la profession des armes pour relever et régénérer une nation.
GRÈCE
CAHPiOHE DE L'AMirÉB •07 RT. J.'C.
Le proconsul Sulpitius et Attale, mi avaient passé rhiver à Égine , nrent voile au printemps suivant pour Lemnos. Philippe de son côté établit ses quartiers à Larisse , afin d’être en mesure de faire face aux agressions par terre et par mer : des sémaphores ,
Kacés sur les montagnes, devaient ivertir de l’apparition de l’ennemi.
Attaque de l’Eubke. — Le proconsul et Attale ayant débarque en Eubée, investirent Orée : elle pouvait faire une longue résistance ; mais Platon, qui y commandait, la livra à Attale, en donnant trop tard les signaux pour être secouru. Il n’en fat pas de même à Chalcis, attaquée pv Sulpitius; elle fut secourue au premier signal, et le proconsul eut la sagesse de renoncer a son entreprise.
Attale, fier de son succès , se présenta devsmt Opunte : Philipile fit une diligence taie, qu’il parcourut plus de vingt lienes dans un seul jour , surprit les assiégeants , et les poursuivit jusqu’au bord de la mer.
Attale, réfugié à Orée, informé que Prusias, roi de Bithynie, était entré dans ses états , reprit le chemin de l’Asie-Mineure, et Sulpitius retourna à rUe d’Égine. Philippe , après avoir soumis quelques villes et fait échouer les dessmns de Machanidas contre les Éléens , qu’il voulait attaquer pendant la célébration des jeux olympiques , se rendit à l’assemblée des Achéens réunie à Égion.
11 comptait trouver la flotte cartha- {pnoise et la joindre à la sienne ; mais elle s’était retirée sur la nouvelle du départ des escadres d’Attale et de Sul-
SiUus. Il éprouva une vraie douleur e ce que, quelque diligence qu’il pût faire , il n’arrivait jamais à temps pour exécuter les projets qu’il avait conçus. Bientôt il dut retourner en macédoine , afin de se défendre contre lesDardaniens,qui semblaient suscités à point nommé pour entraverses opérations. ,
32* lÀvraison. (Ghèce.)
prbmièhe victoiee de philoi^ee,
>06 avant J**C.
Élu général de la ligue, Philopémen, au bout de huit mois employés en préaratifs, rassembla ses troupes auprès e Mantinée , dans une position qu’il fit entourer d’un fossé. Machanidas , qui voulait asservir le Péloponèse, diarcha aussitôt de ce côté pour livrer bataille aux Achécns. L’heure du combat étant venue, Philopémen encouragea ses soldats en peu de paroles, qui ne furent pas toutes entendues , tant ils étaient transportés d’ardeur. L’infanterie lacédémonienne s’avança en colonne ; mais arrivée à une certaine distance , elle changea son mouvement d’attaque, qui découvrit un grand nombre de chariots Templis de catapultes.
Philopémen comprit qu’on voumit accabler de traits son infanterie , et jeter ainsi le désordre dans ses rangs.
Il fit alors commencer l’action par la cavalerie de Tarente, qui se trouva aux prises avec les auxiliaires de la même nation employés dans l’armée lacédémonienne : les stipendiés des Achéens furent entièrement rompus , et s’enfuirent vers Mantinée, qui n’était éloignée que d’un quart de lieue.
Tout semblait compromis du côté de Philopémen ; il ne songea plus qu’à observer l’ennemi , afin de profiter de la première faute qu’il commettrait.
Ce calme lui réussit. Machanidas, au lieu d’agir contre le centre des Achéens, se laissa emporter à la poursuite des fuyards : alors Philopémen se saisit de la position que le tyTan occupait , et prit les mesures convenables pour l’empêcher de rejoindre le corps de son armée.
Cette manœuvre ne fut probablement pas aperçue de l’infanterie lacédémonienne. Aveuglée par son premier succès , elle charge les Achéens piques baissées jusqu’au bord du fossé, qui était sans eau et dépourvu de palissades. Comptant pour rien un fossé sec, et d’ailleurs ne pouvant plus reculer à cause que les premiers rangs étaient poussés par ceux qui suivaient, tous se précipitent dans la tranchée ;
L’ UNI VERS
c’était le moment quePhilopémen attendait; il fait sonner la charge, ses troupes s'élancent en poussantdescris épouvantables. I.es Lai édérnoniens , qui avaient rompu leurs railgs , essaient en vain de les rétablir; une partie tombe sous les onups des Achéens , et l’autre est étouffée par ses propres gens.
MoRt DB Machahidas. — Le tyran s’aperçut du désordre de son armée; et sentant sa faute, il essaya inutilement de se frayer un passage à travers les Achéens. Ses troupes voyant les ennemis maîtres du pont jeté sur le fossé, perdent courage ; chacun cherche .à se sauver; Maenanidas lui-métne court le long de la tranchée pour trouver un passage. Philopémen, qui le reconnaît à son manteau de pourpre et aux harnais de son cheval. Saisit le moment où il franchit le fossé , et le perce de sa javeline. La tête du tyran, portée dans les rangs des Achéens, redouble leur ardeur; ils poursuivent les Spartiates jusqu’à Tégee ( éloignée de quatre lieues), s’emparent de cette ville , et, maîtres de la campagne, ils vont dès le lendemain camper sur les bords de l'Eurotas.
THiOMPHE DE PHILOPÙHBH,
L’année d’après cette bataille mémorable , Philopémen , élu pour la seconde ibis général de la ligue , parut aux jeux néme’ens. Il y fit faire rexercice à sa phalange ; et étant entré dans le théâtre au moment où le musicien Pylade, qui chantait sur sa lyre les Perses de Timothée , fit entendre ce distique : Cest moi qui couronne vos têtes des fleurons de la liberté! la majesté de ces vers , admirablement soutenue par la beauté de la voix de celui qui les chantait , frappa les spectateurs : alors les Grecs saluèrent Philopémen avec des battements de mains et des cris de joie qui rappelèrent les beaux jours de la Grèce fibre et victorieuse.