CAMPAGNE DE VILUDS EN MACEDOINE
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r.es tyrans au déclin de leur puissance font ordinairement des concessions inutiles. Philippe rendit quelques villes aux Acbeens qu’il avait mécontentés. Il travailla ensuite à reconquérir l’affection des Macé^iens
aux dépens d’Héraclide de Tarent», l’un de ses ministres , qui était haï à cause de ses concussions et du dérèglement de ses mœurs ; il fiit arrêté, mis en prison, mais on ignore s’il reçut le châtiment de ses crimes. La joie devint générale dans le peuple, pour qui les rois absolus tiennent toujours en réserve quelque ministre prêt A jeter à la multitude. Il ne se passa d’ailleurs rien de considérable pendant cette campagne , parce que les consuls n’entraient en Macédoine que vers l’arrière-saison, et qu’ils perdaient le temps en escarmouches.
cAMPAonB DE T. qünrnus flamihincs,
19! avant
défilés de Pybbhus. — Dès que Flamininus fut nommé consul, il partit avec Lucius , son frère , qui commandait la flotte. Quand il fut arrivé en Kpire, il trouva Villius. campé devant l’armé de Philippe, qui occupait le grand défilé voisin de I^Voos ( aujourd’hui Cléïsoura de Tébelen , forraé par les monts Asnaos et Ærops, Mertchika et Trébéchina). Il était impossible d’emporter ce passage de front; tous les jours on venait aux mains, et la nuit seule séparait les combattants.
Révélation d’ün Les
choses étaient dans cet état, lorsqu’un berger, qui avait long -temps conduit des troupeaux sur ces montagnes , fht envoyé par Charops, prince d’Épire, au consul Flamininus ; il s’offrait de aider , sans grandes fatigues , un étachement qu’il conduirait , dans trois jours de temps , jusqu’à un endroit d’où on plongerait sur les Macédoniens , qui se trouveraient ainsi tournés dans leurs positions. .
Pbise du défilé. — Flamininus ayant tenté l’entreprise qu’on lui proposait, continua à amuser les Macédoniens par des escarmouches jusqu’au moment où il aperçut sur le mont Asnaos une grande fumée , qui était le signal convenu avec le cher de son détamment. Il comprit que le tribun , auquel il avait confie 4,000 hommes de pied et
SOO chevaux, était en mesure d’agir.
Il attaque de front les Macédoniens , en même temps que la troupe mattresse des bautenrs fond sur eux en poussant de grands cris. Philippe perd courage ; ses soldats prennent la fuite : cependant il les rallie à l’extrémité du défilé (sur les tmrds de la Desnitza), et après avoir franchi le Pinde , il vient camper à l’entrée du Tempé.
Suite ue hk vicxoibe de T. Q.
Flàmininus. — Le consul traversa l’Épire sans y causer aucun dommage, en considération de Champs. Il entra ensuite dans la Tliessalie par le défilé du Pénée (aujourd'hui Zygoslj il attaqua Atrax, dont il fut obligé de lever le sié^ : la Phocide , à l’exception d'Élatée , se soumit à ses armes ; enfin il ouvrit des négociations avec les Achéens,
cosoftàs DES achéens.
Embabbas. — Les états de l’Achaïe, réunis en assemblée générale, demeuroient indécis sur le parti qu'ils devaient embrasser. Les Lacédémoniens les tenaient en échec j ils craignaient les Romains; ils avaient des obligations à Philippe , mais ils redoutaient sa perfidie et sa cruauté. L’ambassadeur de Flaroininus porta le premier la parole; on entendit ensuite ceux d’Attale, des Rhodiens et de Philippe ; les Athéniens parlèrent les derniers.
Cesdjscours occupèrent toute la séance, et rassemblée fut ajournée au lendemain.
Ibbésolution. ^ Lorsque tous les membres du congrès furent réunis, le hénut invita ceux qui avaient quelque proposition à faire à prendre la parole ; peraonne ne se présenta. Alors Ahstène, pour ne pas lever la séance sans avoir délibéré, leur reprocha la vioaeité et la chaleur qtd les faisaient naguère disjnUer pour et contre Philippe et les Romains , jusqu'à se battre; il les conjura, au nom du bien public, de s’expliquer, cf n de prendre une décision quelconque.
Malné ces remontrances prononcées d^un ton menaçant , l’assemblée
resta muette et immobile. Alors Artstène reprenant ta parole, dit : « Je « vois oien , Achéens , que ce n’est « pas tant le eonseil qui vous manque « que le courage. Simple particulier , « j’agirais peut-être comme vous; maie « comme premier magistrat je dois « vous représenter qu’il ne fallait pas « accorder d’audience aux ambiissa- «deurs, si on voulait les congédier « sans réponse. Il faut donc s’expli- « quer; car comment donner une so- « hition sans y être autorisé par iiii dé- « cret? Croyez-moi , il n’y a pas de mi- « lieu , nous aurons les Romains pour « amis ou pour ennemis. Ils sont à nos « portes avec une flotte; ils nous of- « frent leur amitié : la refuser .serait » le comble de l’aveuglement et vou- « loir nous perdre sans retour. »
Tumulte. — Ce discours fut suivi d’un violent orage dans l’assemblée , les uns applaudissant avec transjiort , et les autres criant avec fureur. I a même opposition se manifesta parmi les démiurges, ou magistrats; la séance se passa en disputes et en vociférations. Cependant il ne restait plus qu’un jour pour délibérer , car |a loi ordonnait la clôture de la diète quand ce temps serait expiré. Les discussions devinrent tellement animées, que Mcmnon de Pallène, l’un des cinq démiurges, qui refusait de faire le rapport , fut sommé par son père de eliangcr d’avis, ou d’être tué de sa propre main au milieu de l’assemblée.
Decbet. — Le lendemain , la majorité ayant décidé' que l’affaire serait mise aux voix, les byméens, les Mégalopoiitains et quelques Argieiis quitterentl’assemblée sans qu’on leuren sût mauvais gré , parce qu’ils avaient des obligations particulières à Piiiiippe.
Les autres peuples de la ligue étant allés au scrutin, confirmèrent l’alliance avec Attale et les Rhodiens, en remeltant l’entière conclusion de ce qui regardait les Romains au temps op l’on enverrait des députés au sénat pour obtenir sa ratification.
Fin de la campagne. — En attendant, on députa trois ambassadeurs à Fiamininus, et l’armée acbéeiine se
L’UNIVERS
rendit devant Corinthe, que Lucius assiégeait. Les attaques se succédèrent; mais comme il y avait dans la place un grand nombre de transfuges italiens qui n’avaient pM de quartier à espérer , et que Philoclès , lieutenant de Philippe, parvint à y introduire des secours, les assiégeants durent lever le siège. Les Achéens furent licenciés; Attale et les Romains remontèrent sur leurs vaisseaux ; le gouvernement d’ Argus échut à Philoclès, de façon que Philippe demeura en possession des deux places les plus importantes du Péloponèse.
SECONDE CAMPAGNE DE Q. FLAMININÜS, 197 avant Jé6U5*Clinst4
Le sénat continua Flamininus dans son commandement avec le titre de proconsul , et on lui envoya des renforts. Comme la saison était avancée, il avait établi ses quartiers d’hiver dans la Phocide, après s’étre rendu maître d’Élatée.
Entbevue de Flamininus et de Philippe. — Sur ces entrefaites , le roi envoya un héraut au consul pour lui demander une entrevue. Il accéda à cette proposition, dans l’idée qu’une conférence lui laissait la faculté de continuer la guerre s’il était prorogé , ou de porter les choses à la paix si on lui donnait un successeur.
Pbemièbe confébence. — Le lieu et le jour pris, on fut exact au rendez-vous. Flamininus émit ses propositions, et chacun de ses alliés exposa ses demandes. Philippe répondit à tout; mais comme il commençait à s’emporter contre les Étoliens , *Phénéas , leur préteur , l’interrompit , en disant : « Il ne s’agit pas ici de pa- <> rôles ; mais de vaincre les armes a la « main , ou de céder au plus fort. — La « chose est claire, même pour un « aveugle, » repartit le roi en se raillant de Phénéas qui était incommodé de la vue.
Seconde confébence. — La première entrevue s’étant passée en altercations, on convint de se réunir le lendemain. Philippe arriva fort tard.
et s’aboucha d’abord en particulier avec Flamininus. Celui-ci ayant rapporté aux alliés les propositions qu’on venait de lui faire, la conférence allait être rompue, lorsque le roi demanda un répit jusqu’au lendemain.
Tboisièhe confébence. — Philippe pria instamment Flamininus et les alliés d’adopter des idées pacifiques , demandant du temps pour envoyer des ambassadeurs à Rome , avec promesse de conclure aux conditions qu’il proposait, ou d’accepter celles qu’il plairait au sénat de lui imposer. On ne put lui refuser une demande aussi raisonnable, et on convint d’une trêve, à condition qu’il évacuerait la Phocide et la Locride.
Abbivée des ahbassadeubs a Rome. — La Grèce , qui avait appelé l’étranger dans ses tristes débats, allait se donner des chaînes. Ses députés , arrivés devant le sénat , montrèrent, par la situation des lieux, qu’aussi long-temps que Philmpe serait en possession de Cnalcis, de Démétriade et de Corinthe , la Hellade ne pourrait jamais être indépendante. On admit ensuite les ambassadeurs du roi; et comme ils déclarèrent n’avoir aucune instruction relative à la cession de ces places, ils furent congédiés. Le sénat donna ensuite carte blanche à Flamininus, qui fit sommet Philippe d’abandonner toute la Grèce.
REPKISE DES HOSTILITÉS.
Abgos bemise a Nabis. — Le roi ne pouvant conserver Argos à cause de sa position excentrique , la cMa à titre de dépôt à Nabis, roi de Sparte.
Introduit (Te nuit dans cette place, le tyran livra au pillage les maisons les plus opulentes ; il rançonna les particulim, et les habitants furent soumis à des taxes forcées : ceux qui s’exécutèrent en furent imittes pour leur argent, mais on déchira à coups de verges les citoyens insolvables et les récalcitrants. Nabis ayant ensuite convoqué l'asseDblée, fit rendre un décret pour abolir les dettes etipartager les terres : moyeu de gagner la populace et de l’animer contre les propriétaires.