ANTI0CH08- LB-GEAND
196 tT. S
Causes PBBviiiRBs de guebre AVEC Rome. — Antiochos était destiné à rallumer les torches de la guerre. Rome marchait à l’asservissement des peuples , en feignant de défendre leurs libertés. I.es franchises qu’elle leur octroyait ne servaient qu’à les conduire à l’esclavage. Elle dissimulait ainsi , jusqu’à ce que, déclarant qu’il n’y aurait de liberté dans le monde que pour elle seule, elle cxvndamna les rois à être entre ses mains des instrument, pour tenir les nations sous son joug.
Antiochos n'avait plus à l'onquénr dans l’Asie-Mineure que quelques villes grecques, dont les principales étaient Smyrne et Lampsague. Comme elles étaient par elles-mêmes trop faibles pour résister à un aussi puissant ennemi, elles Implorèrent la protection des Romains, qui leur fut accordée sans peine.
Ambassade des Romains a Antiochos. — Le sénat lui envoya des ambassadeurs qui le trouvèrent à Sélymbria en Europe. Laissant à ses lieutenants le soin de conduire le siège de Lampsaque et de Smyrne, il avait traversé l’HeHespont, et envahi la
L’UNIVERS
Chersonèse de Thrace; il faisait rebft* tir Lysimachie, ville située sur le col de la presqu’île , dont il se proposait de faire la capitale d’un royaume qu^il destinait à son second fils Séleucos.
Dans la première entrevue tout se assa en civilités (jui semblèrent être e bon augure; mais les choses ne tardèrent pas à prendre un autre aspect.
L. Cornélius, qui était l’orateur chargé de porter la parole, ayant demandé u’Antiochos restituât à Ptolémée, ont Rome avait la tutelle, les villes d’Asie qu’il avait enlevées au mineur; l’évacuation des places appartenant au roi Philippe leur allié, et l’émancipation des villes libres de i’Asie-Mineure, Antiochos s’emporta violemment. Il s’écria que les Romains n’avaient rien à voir dans ces affaires ; rassemblée se sépara en désordre, et on put présumer que la guerre en serait la conséouence.
Fausse dehabche d’ Antiochos.
— Sur ces entrefaites, le bruit de la mort de Ptolémée Épiphane s’étant répandu , Antiochos se crut aussitôt maître de l’Égypte. Laissant son fils Séleucos à Lysimachie, il monte sur M flotte, et après avoir touché à Éphèse , il aborae à Patare en Lycie, ou il apprend que la nouvelle qu’on lui avait donnée était controuvee. 11 tourne aussitôt vers l’ile de Cypre , dans le dessein de s’en emparer, mais un orage disperse et submerge une partie de ses vaisseaux. Échappé à la tempête , il entre au port de Seleucie, d’où il revient passer l’hiver à Antioche.
Conjuration de l’Étolien Sco- PAs. — La cause qui avait entraîné Antiochos dans une démarche inconsidérée , avait été occasionée par une étrange conspiration. Scopas, général d*une troupe de mercenaires qui étaient presque tous comme lui Étoliens , avait formé le projet de s’emparer du trône de Ptolémée. Il avait organisé un mouvement révolutionnaire et il aurait réussi dans sa criminelle résolution, sans Aristomène, premier ministre du roi j qui daoua ce complot. Le traître, pris en flagrant
délit, arrêté, juridiquement condamné, fut exécuté avec ses complices.
Après cet événement on proclama la mmorité de Ptolémée Épiphane.
Retour des dix couhissaires a Rome, 195 avant J.-C. — Dans le compte qu’ils rendirent au sénat, ils le prévinrent de Se préparer à une nouvelle guerre. Lès desseins hostiles d’Aatiochos étaient évidents ; les Étoliens, peuple mal intentionné, n’attendaient qu’un signal pour se déclarer contre Rome; la Grece nounianù^ dans son sein un tyran , Nal^ qui n’aspirait qu’à asservir le Péloponèse, et il y devait parvenir, si on le laissait en possession d’Argos. On charges Flamininus de surveiller Nabis, et de as rendre attentif aux démarches d’Aotiochos , qui venait de recevoir Hannibal à sa cour.
guerre contre nabis.
Congrès de Corinthe. — La Grèce jouissait des douceurs de la paix, lorsque Q. Flamininus reçut un décret du sénat, qui l’autorisait à déclarer la guerre à Nabis. Sur cela fl convoqua l’assemblée des confiêdérét à Corinthe, et demanda si ^rgos, ville libre et ancienne, devait jeat comme les autres cités des droits cmmuns accordés à la Grèce, ou resta entre les mains du tyran de Sparte.
La réponse n’était pas douteuse ; les Étoliens seuls s’op|K>sèrent à son affranchissement. Cette mauvaise volonté irrita tellement les confMér^, u’ils demandèrent à être délivrés du ri^andage des Étoliens, qtd n'étaient Grecs que par le langage.
Comme la dispute s’envenimait, le proconsul ordonna à l’assemblée de ne parler que sur l’affaire qui était en délibération.
Déclaration de guerre. — Nabis fut mis au ban de la ligue d’une voix unanime. Aristène, général des Achéens , joignit Flamininus auprèsÀ Cléones avec dix mille hommes de et mille chevaux ; Philippe envoya quinze cents fantassins , et les Thessaliens quatre cents chevaux. Ludus arriva de son côté avec une flotte de
GRÈCE
Quarante galères, à laquelle lesRhoaiens et le roi Eumène joignirent leurs escadres. Enfin un bon nombre d’exilés de Sparte , commandés par Agésipo- Hs, se réunirent sous les aigles du général romain.
Mesdses atroces de Nabis. — Prévenu de la marche deFlamininus , le tyran avait eu soin de fortifier Sparte et d’y faire entrer une garnison , composée de deux mille Crétois, trois mille étrangers, et dix mille hommes du pays, sans compter les Hiiotes. Il fit arrêter en même temps, pv mesure de sûreté, une foule de citoyens qui étaient suspects, avec
r messe de les relâcher aussitôt que danger serait éloigné. Il désigna IHurticuIièrement quatre-vingts individus , l’élite de la jeunesse , qu’on enferma en un lieu sur , et dès que la nuit fut venue, il ordonna de les étrander. Il fit en même temps égorger dans les villages un grand nombre d’Hilotes , soupçonnée de vouloir passer à l’ennemi.”
Attaque de Sparte. — Q. Flamininus ne tarda pas à paraître sur les bords de l’Eurotas. Il s’occupait à y étaUir son camp, quand Nabis détacha ses soldats étrangers contre les Romains. Il y eut un moment de confusion , mais les troupes de Nabis ftarent repoussées; le lendemain elles le furent de nouveau , et le proconsul vint prendre position près d^Amyclée.
Dans le même temps Lucius s’empara de Gabion , place forte située à remboucnure de l’Eurotas.
Propositions deNabis.— Laprisc de cette ville alarma le tyran, qui envoya un héraut à Flamininus pour demander une entrevue qu’on lui accorda. Entre plusieurs raisons qu’il fit valoir , il insista sur l’alliance récemment conclue avec les Romains :
m’y avait-il de changé depuis ce temps ? raniment était sans réplique. Aussi le général romain en lui répondant , n’wégua que des plaintes vagues d’avaifoe , de cruauté et de tyrannie. Mais Nabis avait tous ces vices quand il fut reçu dans la confédération. On ne conclut rien dans cette entrevue.
Concessions. — Le lendemain Nabis consentit à abandonner Argos, ' puisque les Romains l’exigeaient, ainsi qu’à rendre les prisonniers et les transfuges. Cependant la plupart des alliés insistaient pour continuer la guerre, qfin , disaient-ils , d exterminer le ty- ■ ran et la tyrannie, Flamininus , qui voyait l’imminence d’une rupture avec Antiochos , inclinait pour la paix. Ne pouvant amener les alliés à son avis, il feignit d’accéder à leurs désirs : A la bonne heure, dit-il, assiégeons Sparte! Il leur exposa que l’entreprise serait longue ; qu’il faudrait passer l’hiver dans la tranchée; se pourvoir de béliers et de catapultes; se procurer des vivres et de l’argent, parce qu’il serait honteux d’abandonner le siège après l’avoir entrepris.
Chacun alors fit ses réflexions, et on laissa au général romain le soin d’agir comme il croirait le plus utile pour les intérêts communs de sa patrie et de la Grèce.
Contre-propositions de Q. Flamininus. — Elles étaient de la teneur suivante : « 1“ Qu’avant dix jours Na- « bis évacuerait Argos et PArgolide « entière ; 3* qu’il resntuerait aux villes
< maritimes les galères qu’il leur « avait enlevées , et ne conserverait « que deux felouques armées de seize « rames; 3° qu’il remettrait aux villes « alliées du peuple romain leurs pri-
< sonniers , transfuges et esclaves ; a 4° qu’il renverrait aux Spartiates « bannis , leurs femmes et leurs en-
< fants qui voudraient les suivre, sans « cepenaant les y obliger; 5* qu’il li-
< vrerait son fils et cinq autres ota- « ges au choix du général romain; « 6° qu’il paierait actuellement cent « talents ( 550,000 fr. ), et dans la « suite cinquante chaque année, pen- « dant le cours de huit ans. On ac- « cordait une trêve de huit mois pour « envoyer des ambassadeurs au sénat, « afin de ratifier cette convention. »
Reprise des hostilités. — Nabis ayant rejeté ces conditions , le proconsul, qui avait une armée de plus de cinquante mille hommes , attaqua Sparte sur plusieurs points a la fois. L’en-
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L’UNIVERS
nemi ne pouvant faire face à plusieurs assauts, les Romains avaient réussi à pénétrer dans quelques quartiers de la ville, lorsqu’ils se sentirent tout à coup accablés de pierres et de tuiles qu’on leur Jetait du haut des toits.
Alors ayant mis leurs boucliers sur leurs têtes , ils s’avancèrent en faisant ainsi la tortue , Jusque dans les rues larges , où les Lacédémoniens se débandèrent. Nabis lui-mêine ne pensait qu’à trouver une issue pour s’échapper, lorsqu’un de ses officiers chassa les Romains, en faisant mettre le feu aux édilloes voisins des renijiarts. Dans un moment la fumée sépara ceux qui attaquaient la muraille (le leurs camarades entrés dans la place, et le proconsul dut faire sonner la letraite après s’étre vu presque maître de Sparte.
Prières de Nabis. — Le général romain continuant ses attaques , le tvran lui députa l’orateur Pythagore.
J^lamininus refusa de.l’entendre; mais le suppliant, s’étant Jeté à genoux, obtint à force de larme.8, pour son maître, les mêmes conditions qu’il avait rejetées : Pargent fut payé et les otages remis <mx mains du vainqueur.
Argos délivrée. — Les Argiens avaient chassé la garnison de Nabis , pendant que les Romains le tenaient assiégédans Lacédémone. Le proconsul se rendit à Argos, qu’il trouva dans des transports de Joie inexprimables.
On avait différé Jusqu’à son retour la célébration des Jeux néméens ; il en fit les honneurs , y distribua les couronnes et en fut lui-même le«plus beau spectacle. Néanmoins Sparte, laissée en servitude au milieu de la Grèce rendue à la Ijberté, altérait la joie publique. Les Étoliens toujours perfides blâmaient Flamininus d'^avoir saprifié le roi légitime Agésipolis et une foule de citoyens exilés à un tyran sans foi. Ces clameurs prévues et répétées Jusqu’à Rome n’emjpéchèrent pas le sénat de ratifier le traité accordé à Nabis.
F.TATS-GÉNÉnADX DE LA GRÈCE,