‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 86 sur 115 · RT · texte numérisé non relu

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Évacuation de la Grèce par LES Romains. — Au commencemeut du printemps, Q. Flamininus réunit à Corinthe une assemblée générale des députés de la Hellade. Dans son discours d’ouverture, il énuméra succinctement les événements de la dernière campagne ; mais lorsqu’il nomma Nabis , les assistants , par un murmure modeste, exprimèrent le r^get qu’ils éprouvaient de ce que le libérateur de la Hellade eût laissé dans le sein de Sparte un tyrau insupportable à su patrie et redoutable à toutes les républiques du Péloponèse. Q. Flaraininus convint que la |>aix accordée à Nabis était un acte politique con^ dans le but de conserver Sparte, parce que le tyran avait résolu de s’ensevelir sous ses ruines. 11 ajouta, ce qu’il avait déjà annoncé, çu’u se préparait à retourner en Italie avec toute t armée; qu’avant dix jours, ü anerail retiré les garnisons romaine» tk Chalcis, de Démétriade, et qu’il allait devant eux livrer aux Achietu P Aorocorinthe ; qu'on verrait par b lesquels étalent plus dignes de jii, des Romains ou des ÈtoUens. Il exhorta ensuite les républiques confédérées à user modérément de leur liberté ; à rester unies, parce que la discorde et la sédition ouvraient la porte à toutes les calamités. 11 termina son discours en conjurant les députés avec bonté et tendresse d’entretenir et de conserver par leur sage conduite l’indépendance dont ils étaient redevables a des armes étrangères, et de promer au peuple romain qu’en les affranchissaini Ü n’avait pas mat placé sa confiance et ses bieryaits.

Rachat des esclavei. — • Ces avis furent requs comme les avie d’ui père. Les députés en l’entendant ^ 1er ainsi pleuraient de Joie, et iiùméme il ne put retenir ses la^ mes. Ayant ensuite obtenu silence, il demauda au congrès de faire rc

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chercher ce^’Ü y avait de citoyens nièrent le sénat qu’ Antiochos , excité romains esclaves dans la Grèce, eide par Hannibal, se préparait à attaquer les lui envoyer en Thessalie, dans le les Romains. Il devait porter le théàdélai de deux mots. Tous se récrié- tre de la guerre en Italie; c’était la rent avec applaudissements , et lui grande pensée militaire du Carthagirendirent grâces de ce qu’il avait bien nois , que F Italie ne pouvait être voulu les avertir d’un devoir si juste . vaincue qu'en Italie. Il ne demandait et si honorable. que cent galères , dix mille hommes

Le nombre des captifs était consi- de pied et mille chevaux. Avec ces dérable. La plupart avaient été pris par moyens il devait se rendre en Afrique, Hannibal, qui les avait vendus aux et s'il ne réussissait pas à entraîner Grecs. L’Achaïe seule pour leur ra- Carthage dans son parti, il irait droit chat, à raison de cinq cents deniers en Italie. Pendant ce temps, Antiopar tête (409 fr.)^déboursa une somme chos devait passer en Europe, s’arrêde cent talents ( 550,000 fr. ) , afin ter dans quelque partie de la terre d’indemniser les particuliers qui les ferme voisine de l’Adriatique, et sans avaient achetés. La séance durait en- se transporter en Italie, faire toujours core , lorsqu’on vit la garnison ro- mine de vouloir y débarquer. Les Carmaine descendre de l’Acrocorinthe , thaginois tenaient ces renseigneineuts pois sortir de la ville. Flamininus la d’un Tyrien , envoyé par leur vieux suivit de près , et se retira au milieu capitaine afin de sonder leurs intendes acclamations. Il fit évacuer de tions.

suite Chalcis et Démétriade; de là Intbigues des Étoliens , 172 il se rendit en Thessalie , où il trouva avant J.-C. — Devenus les implacatoüt à réformer , tant le désordre était blés ennemis de Rome, excites par général. leur général Thoa§ , ils résolurent de

Tuomphe de <L Flamininus , former une ligue. Ils députèrent en 194 AVANT J.-C. ^ Enfin le procon- conséquence Damocrite auprès de Nasul s’etlâlarqua pour l’Italie, et étant bis; Nicandre à Philippe, et Dicéararrfvé à Rome, il y entra en triom- que, frère de Thoas, a Antiochos. Le pbe. La pompe dura trois jours, pen- premier de ces agents réussit laciledant lesquels Q. Flamininus Ht passer ment à séduire Piabis, qui convoitait en revue devant le peuple les depouil- Gythion, en lui persuadant que cette les qu’il avait recueillies dans la infraction au traité ne paraîtrait pas guerre contre Philippe et contre Na- une cause suflisante au sénat pour bis. Démétrios , fils du premier , et faire repasser les légions romaines Armène, fils du second, placés parmi dans la Grèce. Nicandre avait un moles otages , décoraient le cortège du tif plus puissant pour déterminer Phivainqueuf. Mais le plus bel ornement lip^ , c’était l'ancienne renommée de sa pompe triomphale étaient les de la Macédoine. D’ailleurs, la propocitoyens romains délivrés d’esclavage, sition qu’on lui faisait était sans inqul marchaient rangés à la suite du convénient, puisqu’il ne ..devait se char, la tête rasée en signe de la li- déclarer qu’au temps où Antiochos bertc qui venait de leur être rendue, arriverait avec son armée sur le continent ; alors les Étoliens lui donne- OOElu»* bNTIUîrome ET ANTiOCBos, raient la main contre l’ennemi coin- ■93 »*. J.-C. mun.DlcéarquereprésentaàAntiochos

que les Étoliens avaient été cause de la PxOJBTS 6’ Antiochos. — Sulpi- lortunedeFlamininus, enluiprocurant tius , VilHus et itlius n’avaient pu s’ac- la victoire à la journée des Cynocéphacorder avec Antiochos. Ils avaient les. Il lit un dénombrement pompeux rendu compte de l’inutilité de leur des forces de l’Étoiie , et il n’hésita mission , lorsque des ambassadeurs pas à aflirmer que Philippe et Nabis carthaginois arrivés à Rome Infor- étalent résolus a faire cause commune

L’ÜNIVERS.

contre les Romains. En effet, Nabis venait d’attaquer G}1;hion, que les Âchéens avaient sauvée de sa fureur; le sénat fut aussitôt informé de cette infraction aux traités.

Phbcautions d’Antiochos. — Occupé à se fortifier par des alliances, le roi se rendit à Raphia , ville frontière de la Palestine , où il célébra les noces de sa fille Cléopâtre avec Ptolémée Épiphane , en lui donnant pour dot la Celésyrie et la Palestine. A son retour à Antioche, il maria sa seconde fille Antiochide à Ariarthe, roi de Cappadoce ; il aurait voulu faire épouser sa troisième fille à Eumène, roi de Pergame, qui se défendit sagement de cette union; il revint à Ephèse au fort de rhiver.

Aubassadeubs bohains a PehgaiiE. — Sulpitius, Élius et Villius trouvèrent Eumene disposé à se déclarer contre Antiochos. Villius se rendit ensuite à Éphèse pour y conférer avec Antiochos, qui taisait laguerreauxPisidiens.

Là il rencontra Hannibal, qu’il rendit suspect par les égards qu’il témoigna à ce ^rand capitaine. Ennuyé d’attendre , il passa a Apamée , où il s’aboucha avec Antiochos, qui feignait d’étre très-afiligé de la mort de son fils ainé, qu’il avait, disait-on, fait empoisonner; enfin, sans avoir pu rien terminer, les trois ambassadeurs retournèrent à Rome.

Disgbace d’Hannibal. — Dans un conseil qu’ Antiochos tint après leur départ, on eut soin d’écarter Hannibal , qui demanda une audience au roi. Elle lui fut accordée. Rappelant les premières années de sa jeunesse , lorsqu’il avait juré sur l’autel de Moloch d’étre le constant ennemi de Rome : « C’est ce serment, dit-il, « qui m’a mis pendant trente-six ans • les armes à la main, et m’a fait cher- « cher un asile dans vos états. Si « vous me frustrez de l’espérance de « satisfaire une haine qui ne mourra « qu’avec moi, j’irai partout où je « saurai qu'il y a des armes et des « soldats , susciter des ennemis aux « Romains. Si quelque considération « vous fait incliner vers la paix , prenez

« d’autres conseils que les miens. > Le roi, touché de ce discours, parut lui rendre sa confiance et son amitié.

GuEHBE CONTEE NaBIS, 191 AVANT J.-C. — Au retour des ambassadeurs le sénat jugea qu’il n’était pas encore temps de se prononcer contre Antiochos. Il en agit tout autrement avec le tyran de Sparte , en expédiant dans la Grèce le préteur Acilius avec une flotte.

Génébalat de Philopémen. — Les Achéens l’avaient élu pour cette année à la charge de polémarque.

Quoique étranger à la marine, i\ prit le commandement de l’escadre achéenne; mais Nabis, qui avait réuni quelques vaisseaux, le Wtit , et peu s^en fallut qu’il ne le fît prisonmer.

La joie du tyran fut de courte durée.

Peu de jours après , Philopémen l’attaqua par terre et brûla son camp; mais il ne put l’empécher de prenm Gythion. Pour se venger de cet écfaec, il livra bataille à Nabis, aux enviroiu de Sparte ; les trois quarts de l’armée lacédémonienne y périrent, et leur chef, forcé de se renfermer dans les murs de Sparte, fut témoin de la désolation de la Laconie, que les Achéens ravagèrent pendant un mois entier.

AFFA1BES DE L’éTOUE ,

Les Étoliens ne cessaient d’engager Antiochos de passer dans la Grè«, et les Romains, informés de ce qui se tramait, envoyèrent Flamininus comme ambassadeur dans la Hellade. Il trouva les peuples disposés à l’écouter , rassura les Magnètes effrayés par un certain Euryloque , qu’il confondit et força de se retirer chez les Étoliens , où Ménippe, ambassadeur d’Antiochos, venait d’arriver.

Panétolicon. — La Grèce n’avait pas épuisé la coupe des douleurs, les Étoliens creusaient l’abîme destàé à engloutir ses libertés et ses institutions nationales. On exagérait avec emphase les forces de terre et de met d’Antiochos ; on ne parlait que de la quantité d’éléphants qu’il avait fait

GRÈCE. JS»

venir de l’Inde , et de ses trésors qui étaient suffisants pour acheter Rome et Us Romains. Flamininus chargea les Athéniens de se rendre au congrès pour rappeler l’alliance récemment conclue, et répondre à ce que pourrait £re l’ambassadeur d’Annochos , qui obtint le premier la parole. Ménippe commença par dire qu’il aurait été à souhaiter que son maître fût intervenu plus tôt dans les affaires de la Grèce; Philippe n’aurait pas succombé devant la puissance romaine. « Mais < malgré tout , > dit-il à Thoas, qui présidait l’assemblée, « si vous per-

• eistez dans votre résolution, An- « tiochos pourra encore , avec l’aide «’ des dieux et votre assistance, répa- « rer les malheurs publics. » Les J^éniens, auxquels on permit ensuite de parler, se contentèrent de rappeler toaernier traité de paix; les services oeQ. Flamininus avait rendus à la Grèce, et ils conjurèrent les Étoliens de

I ne rien précipiter dans une affaire aussi importante que celle qui était sounrise a leur délibération. Ils leur I dirent que les ambassadeurs de Rome i et Flamininus n'étaient pas loin , qu’il i ooflveiiait de les entendre avant d’en- ; gager l’Europe et l’Asie dans une guerre dont les conséquences seraient inévitablement funestes à la Hellade.

Modébation de Q. Flauimnxjs.

— La multitude était pour la guerre, et ce fut à grand'peine qu’on put obtenir audience pour les ambassadeurs de Rome. Flamininus se présenta devant l’assemblée, moins dans l’espérance de réussir que pour constater la fatalité qui entraînait les Étoliens dans une guerre que Rome acceptait à regret. Il proposa l’intervention du sénat |K>ur réformer les abus ; ce qui, disait-il, valait mieux que de recourir à Antiochos , et d’agiter l’univers par le tumulte des combats et des convulsions politiques.

Lb fabti de la goebbb l’eu- POBTE. — Thoas et ceux de sa faction obtinrent , en présence même des Ron^s , un décret par lequel « Antio- « dbos était appelé à délivrer la Grèce,

• et à se rendre arbitre des différends

as* Livraison. (Grèce.)

« survenus entre les Étoliens et les Ro- « mains. «Flamininus ayant demandé copie de cet acte, le préteur Damocrite s’oublia au point de lui répondre : « qu’il avait bien d’autres affaires , et O que dans peu il irait lui-même por- « ter ce décret sur les txirds du « Tibre. • Flamininus et les ambassadeurs romains se retirèrent à Corinthe.

Les Étoliens prirent trois résolutions étonnantes dans un même jour ; c’était de s’emparer de Démétriade , de Chalcis et de Lacédémone. Trois des principaux citoyens de la république se chargèrent dfe l’exécution de ce projet. Dioclès, au moyen de la faction d’Eury loque, surprit Démétriade; Thoas échoua devant Chalcis.

Mobt de Nabis. — Alaxamène, feignant de venir au secours de Nabis, parut comme ami aux portes de Lacédémone, avec mille hommes d’infanterie et trente cavaliers d’élite. Accueilli avec une joie extrême , il sortait fréquemment avec les Étoliens pour s’exercer sur les bords de l’Eurotas. Un jour Alaxamène, ayant donné le mot à ses cavaliers , attire Nabisà l’écart, et le renverse decheval ; aussitôt les cavaliers accourent et le percent decoups. Sans perdre de temps Alaxamène regagne la ville et s’empare du palais du tyran. S’il eût convoqué l’assemblée du peuple , Sparte se serait déclarée pour les Étoliens; mais il ne s’occupa qu’à fouiller le trésor de Nabis. De leur côté ses soldats s’étant mis à piller la ville, les habitants coururent aux armes, et les massacrèrent. Tel fut le résultat de l’entreprise d’ Alaxamène contre Sparte, qui entra aussitôt dans la ligue achéenne.

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