‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 87 sur 115 · ARRIVÉE D* ANTIOCHOS DANS LA GRECE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE D* ANTIOCHOS DANS LA GRECE

Thoas, qui s’étaitrenduauprès d’ Antiochos, le remplit d’un tel enthousiasme, que ce prince inconsidéré

Sassa sur-le-champ en Europe, avec ix raille fantassins et cinq cents chevaux. Dès qu’il fut débaitjué à Démétriade, on lui remit le décret du Panc-

L’UNIVERS

tolicon, et il se rendit à Latnia, où l’asseinbltie des Etoliens était réunie.

Sa beception. — 11 y fut accueilli avec de grandes démonstrations de joie. 11 coinmeiuÿ! par s’excuser de se présenter avec beaucoup moins de troupes qu’on ne devait s’y attendre , parce ciu’au premier signm qu’on lui avait donné , et maigre la mauvaise saison , il s’était mis çn route. Il annomjait que dès que le temps serait

reà la navigation, on verrait ice couverte de troupes , les cotes bordées de galères, les ports remplis de bûtiments chargés de provisions ; il demandait en attendant des vivres pour son armée. Après avoir ainsi parlé, il se retira.

Il est NOMUÊ GÉMiBALISSIME. — Les plus sensés de l’assemblée ne voyaient, au lieu d'un secours effectif, que des espérances vagues. Ils auraient désiré qu’on se contentât de donner le titre A'arbitre à Antiochos; mais Thoas emporta les suffrages et le lit nommer généralissime.

On désigna trente notables avec qui il devait délibérer, quand bon lui senkblerail.

Te.ntatives d’Antiochos. — On décida en conseil de s’emparer de Ciialcis par ruse. Cette entreprise échoua et tut regardée comme étant de mauvais augure pour l’avenir. On résolut ensuite d’envoyer une ambassade aux Achéens, qui tenaient leur assemblée a Kgion, en préseuce de Flamininus. L’envoyé d’Antiochos, qui faisait artie de cette mission , parla en omnie vain et présomptueux ; Archidamos , député des Étoliens , appuyant les forfanteries de cet orateur emphatique, se répandit en injures contre les Romains, et personnellement contre Q. Flamininus, qui n’opposa à leurs discours qu’une froide modération. Aussi les Achéens, d’une commune voix, déclarèrent la guerre à Antiochos et aux Étoliens. Les liéotiens, de leur côté, répondirent au roi : f/u’ils délibéreraient lorsqu’il serait arrivé sur leur territoire.

Conquête de l’Eubéb. — Aatia-

chos s’étant une seconde fois approché de Chalcis, la faction contraire aux Romains l’emporta, et la ville lui ouvrit ses portes. Les autres plaça suivirent cet exemple, et il se rendit maître de toute l'Eubée.

Déclabation de glehhe des Romains. — Le sénat, après avoir consulté la volonté des dieux par l’entremise des augures et des anispices, déclara la guerre à Antioclios et à sa allife. Il ordonna des processions publiques pendantdeux jours. On décréta de célébrer des grands jeux pendant dix jours , si le succès de la guerre était favorable , et d’offrir des présents dans tous les temples des dieux. Défense fut faite aux ^res conscrits d aux magistrats de s'éloigner de Rome, à une distance d’où ils ne pourraient pas revenir dans un jour , et on ne permit pas que cinq sénateurs s’absentassent en même temps.

Le consul Acilius , à qui la Grtee échut par le sort , fixa le rendez-vous de son armée à Brindes , pour le 15 mai , et il partit de Rome quinze jours auparavant.

Df.liuéhation d’Antiochos. — Dans le même temps , Antiochos tenait un conseil à Démétriade, au^ il avait appelé llannibal. « Le vKui « capitaine insista sur la nécessité de « détacher Philippe de l’alliance des n Romains. Si ce parti n’était p» - O suivi , il était d’avis que le roi expé- « diât son fils Séleucos, avec l’armée « qu’il commandait eu Thrace , pour X ravager la Macédoine et la me^

X hors d’état de secourir l’ennemi. •

Il remit en avant son axiome politique : X d’attaquer les Romains en X Italie; mais puisqu’on avait choisi X le terrain de la G rece, Antiochos de- X vait appeler toutes ses troupes, de X l’Asie, sans compter, ni sur les Elo- X liens, ni sur tes alliés, qui pourraient X lui manquer tout (i un coup. > Il conseilla ensuite d’aller camper en face de l’Italie, et de la menacer de là d'un débarquement, afin de retenir les Romains dans leur pays, x Cette mesure X peut vous donner la victoire , ,sei- X gneuri au reste, je prie les dieux

GRÈCE. Sâ.'i

■ succès le parti que

« -JMW. aurez adopte. »

XsoGrs b’Antiochos. — Ce conseil âtt applaudi , et rejeté par rinfluence des courtisans jaloux d' lliuinilial . Alors Antioctaos s’étant rendu à Chalcis, y devint éperddinent amoureux de la fiUede son hôte. Quoique âgé. de près de Claquante ans, sa passion était si forte qu’il épousa la jeune Chalcidienne. Oubliant alors la cuerre , les RMaiiiset la délivrance de lu Grèce, U passa l’hiver en fêtes et en divertissements ' ses officiers partageront ses plaisirs, et la discipline militaire fut entièrement négligée. „

■Abrivée d’Aciuus. — Àntiorhos ne fut réveillé de son assoupissement que par la nouvelle de l’entree des Romains dans la Thessalie. Il marcha à leur rencontre; mais n’ayant trouvé

3ue peu de troupes pour le seconder,

; reconnut la tromperie de Tlioas, et ^Bannibal avait eu raison de lui aire de ne pas compter sur le concours de ees allies. Il opéra sa retraite du oèté des Xhermopyles; ce fut de cet endroït qu’il envoya demander des renforts aux Étoliens , parce que les vents contraires avaient empêché l’arrïvée de Potyxénide , cliargé de lui amener son armée d’Asie.

Position d’Antiochos. — Retranché au pas des Theriimpyies par tous les moyens que le génie militaire pouvait ajouter à la force de cette position, te roi résolut d'attendre l’ennemi de pied ferme. Il ne pariait à ses soldats que de Léooidas. Mais ooHvql époux, aiBoili (lor les festins, il Sursit dd sentir qu’on ne fait pas la guerre oooune on célèbre des noces.

BATA1U.E DSS ThKHMOFVLES. ItU AVANT J.-C. — Acilius, arrivé en présence de l’ennemi, détaciia Caton, qui commandait sous ses ordres en qualité de lieutenant, pour chercher le moyen de tourner la position d’Antioebos. 1.1 retrouva le sentier par lequel Xersès et Brennus s’étalent ouvert un passage, et tombant brusquement sur ufi poste avancé, il le mit en fuite. Faisant aussitôt sonner les trompettes, il débusque uns avant-garde

de six cents Étoliens , placés sur les hauteurs, qui vont porter l’épouvante dans l’armée du roi. Au uiême instant Acilius attaque avec toutes ses troupes le retrancliement d’Antiochos.

Celui-ci, blessé à la bouche d’un coup de pierre qui lui fracassa les dents , se vit contraint par la douleur d’abandonner le lieu du combat, et la déroute de son armée devint tede qu’il ne rallia que cinq cents hommes, avec lesquels il se retira à Chalds.

^’AL£UB DE Caton. — Au sortir de faction, .Acilius tint long-temps Caton embrassé, et s’écria dans les transports de sa Joie , que : ni hd , ni te peuple romeUn , ne pourraient jamais assez récompenser ses services.

11 le chargea de porter au sénat la nouvelle de la victoire des Thermopyles , marquant dans ses dépêches la part qu’il y avait prise. L’arrivée de Caton à Rome remplit la ville d’une allégresse générale; on ordonna des prières publiques , et des sacrilices qui durèrent pendant trois jours.

Prise de I.ahia et d’Héraclée.

— La bataille des Thermopyles fut suivie de la soumission de Chalds et de toute l’Eubée ; mais le consul essaya inutilement de ramener les Étoliens par la douceur : il leur demandait la remise d’Héradée, leur eopitale. Sur leur refus il en forma le siège, en employant balistes, catapultes , et toutes lès machines de guerre dont il était abondamment pourvu.

Les assiégés se défendirent avec une fureur inexprimable ; fattaque fut continuée sans interruption pendant vingtquatre jours.

Le consul , changeant de manœuvre, lit aborder le corps de la place, qu’il emporta d’assaut, et la citadelle se rendit bientôt après. On trouva parmi les prisonniers, Damocrite , qui avait répondu à Flainininus qu’il lui porterait Je trop fameux traité avec Antioebos , sur les bords du Tibre. Peu de temps aiirès, Lamia se rendit au roi Philippe, qui la tenait assiégée, et les chefs étoliens songèrent à mettre fin à une guerre désastreuse.

SiBSB DB JSaufacte. — Cependant

L’UNIVERS

ils rejetèrent encore les conditions de paix qu’on leur offrait, et Acilius dut attaquer Naupacte, où ils s’étaient renfermés avec les débris de leur armée. Le siège durait depuis deux mois , lorsque Flaïuininus rejoignit le consul. Quoique lûécontent des Étoliens , le généreux restaurateur de la Grèce se laissa toucher de compssion à la vue de leur ruine prochaine. Il s’approcha des remparts de la ville réduite aux abois. Le bruit s’y répandit que Flamininus paraissait; les habitants se présentèrent aussitôt sur les murailles , l’appelant par son nom , et le conjurant de prendre pitié de leurs misères.

Flamininus, touché jusqu'aux larmes, leur marqua par un geste qu’il ne pouvait rien pour eux, et s’en alla trouver le consul. Il était impossible à Acilius de lever le siège avec nonneur; cependant il laissa son ami maître de mire ce que bon lui semblerait.

Tbèvk. — Q. Flamininus s’étant approché une seconde fois de Naupacte , lit signe de la main qu’on lui envoyât quelqu’un. Pliénéas et plusieurs des principaux habitants sortirent et vinrent SP jeter à ses pieds. oVous voyez, « leur dit-il , l’accomplissement de ce « que je vous avais prédit; mais, des- « tiné comme je le suis à sauver la « Grèce, l’ingratitude n’arrêtera point « mon penchant à faire le bien. En- « voyez des députés au consul pour « demander une trêve qui vous donnera « le temps d’envoyer une ambassade « à Rome , pour y faire vos soumis- « sions au sénat; je vous servirai d’in- « terprète et d’avocat auprès d’Aci- « lius. >■ Ce conseil fut suivi, et le consul , après leur avoir accordé une suspension d’armes , se retira avec son armée dans la Phocide.

Ambassadeurs étoliens chassés DK HOME. — Arrivés aux portes du sénat, ils pressaient leur audience, parce que la trêve qui leur avait été accordée par le consul touchait à son terme. Flamininus, de retour de la Grèce, intercédait en leur faveur; mais les esprits étaient indisposés contre eux :

on les regardait comme des hommes intraitables, auxqn^ il était impossi-

ble d’accorder confiance. Cependant on leur fit deux propositions sur lesquelles on leur laissa le choix : c'étmt de s’en remettre au sénat, ou de paver miUe tefen/s (3,000,000 die fr.); et de reconnaître pour amis et pour ennemis, les amis et les ennemis du pe%q>le romain. Comme ils demandèrent sur

nit il faUait s’en remettre à la voté du sénat, on ne leur donna point de réponse; mais on leur intima l’ordre de sortir de Rome avant le coucher du soleil , et de l’Italie dans le délai de quinze jours au plus tard.

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