‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 88 sur 115 · CAMPAGNE DE L'ANNÉE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE L'ANNÉE

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Les Romains donnèrent cette i le commandement de l’armée d’.

à L. Ck)rnélius Scipion, consul,xî qui Scipion l’Africain , son frèr sentit a servir. On conféra à 1 lius Régillus la direction de la I à la place de Levinus.

Entrevue de Scipion et d| LIPPE. — Après s’étre emparé ( sieurs places de l’Étolie, Scipk] corda une trêve de six mois aux

riur envoyer une nouvelle amfa Rome, f^mme son projet conduire son armée à travers la'1 salie, la Macédoine et la Thrac la faire passer de là en Asie , il i

Œs de s’assurer des disposit~

,ipe. Ce prince accuefliit le mains comme méritaient de l’ét Sections; il les traita avec une 1 ficence convenable à leur dignitfS 1 la sienne , et il eut des attentio ticulières pour tout ce qui pouv agréable à ses hôtes. Il leur môÉba une politesse et des manières cieuses, et il eut tant de soin dt iv mée , que le consul lui remit, au’ 1 du peuple romain, le reste de la • qu’il devait verser au trésor république.

Eumene sauvé par les Roi — Cependant la flotte romain vançait du côté de la Thrace pc voriser le passage de Scipion en' .

Elle devait se joindre à celle de 1 des; mais celfeHii fut battue dm

port de Samos par Polnénide, amiral (f Antiochos. Les Rnodiens, sans se décourager, éçjuipèrent une autre escadre, qui rallia celle d’Émilius, et la flotte combinée entra à Ëlée, port de Pergame. Ainsi flit délivré Eumene, que Seleucos tenait assiégé dans sa camtale.

Echbc d’Haitoibal. — Les Rhodiens remirent aussitôt en mer pour aller à la rencontre d’Hannibal, qui amenait à Antiochos les flottes de Syrie et de Phénicie. Ils le rencontrèrent aux attérages de la Pamphile , où ils lui livrèrent bataille. Us eurent la gloire de battre ce grand capitaine, oui se réfugia à Mégiste , port voisin de Patate , où ils le bloquèrent si étroitement , qu’il lui fut impossible de rendre aucun service au roi.

Ai.AiiifM d’ Antiochos. — Sans alliés, réduit à ses propres forces, Antioaos ne songea pins qu’à empêcher le débarauement des Romains en AsW; mais il fallait pour cela recouvrer Fempire de la mer. Il résolut donc de courir les chances d’une bataille navale. Il se rendit dans ce but il Milet, où se trouvait sa flotte, dont il confia le commandement à Polyxénide. L’amiral appareilla sans délai pour aller chercher l’ennemi , qu’il rencontra à la hauteur de Myonèse, ville de l’Ionie. Émilius obtint la victoire; et Polyxénide , après avoir vu détruire vingt-neuf de ses vaisseaux et treize autres traînés à la remorque par les Romains, fut obligé de se retirer à Éphèse.

Dkbahqcehsnt des Romains en Asn. — Antiochos, atterré par cet événement, prit des mesures opposées à ses intérêts, en retirant la garnison de Lysima^ie, dont le siège aurait retenu long-temps les Romains , qui débargumnt alors sans coup férir en Asie.

S(^on s’arrêta pendant quelque temps à InoB pour y offrir des sacrifices à Minerve : il se trouvait dans sa patrie primitive. Les habitants, voyant leurs descendants, vainqueurs de f Occident et de l’Afrique, revendiquer la Troade comme un territoire qui avait appartenu à leurs aïeux, s’imaginèrent

voir Troie renaître de ses cendres plus illustre que jamais. Les Romains de leur côté éprouvaient la plus grande joie de se retrouver dans le pays de leurs ancêtres.

Ambassade d’ Antiochos a SciriON. — Héraclide de Byzance , qui portait la parole dans cette ambassaae, commença par déclarer que les difficultés qui avaient entravé les négociations étaient levées. « Le roi avait « abandonné Lysimachie ; il était prêt « de livrer aux Romains Smyrne , « Lampsaque , Alexandria, Tro.âs , et « à payer la moitié des frais de la « guerre ; enfin , si on exigeait de lui «d’autres sacrifices, il consentait ;i « y souscrire. » Héraclide s’imaginait que de pareilles concessions devaient suffire pour obtenir la paix.

Réponse du consul. — Comme le roi était le principal auteur de la guerre, Scipion demanda qu’il en payât tous les frais. Il devait, indépendamment de la cession de l’Ionie et de l’Éolie, abandonner toute la partie de l’Asie-Mineure située en-deçà du mont Taurus.

Action généeeuse d’ Antiochos.

— Les négociations furent rompues. Le roi, campé à Tbyatire, informé que P. Scipion l’Africain était tombé malade à Élée, se hâta de lui renvoyer son fils , qui était prisonnier à sa cour. Cette généreuse attention fut un remède salutaire pour le malade, qui tint long-temps son fils chéri embrassé. « Allez, dit-il aux envoyés d’Antio- « chos qui lui avaient ramené l’objet « de son affection, porter mes actions « de grâces à votre maître, et dites- « lui que je ne saurais lui donner d’au- « tre marque plus grande de ma re- « connaissance qu’en lui conseillant de « ne pas combattre avant d’être in- « formé de mon arrivée au camp. »

Bataille de Magnésie. — La supériorité numérique de l'armée d’ Antiochos était un motif de hasarder .sans délai les chances d'un combat. Cependant, le conseil que lui avait faitdonner Scipion le détermina à éviter toute espece d’engagement ; il passa l’Hermos, et transporta son camp, qu’il

L’UNIVERS

fbrtifla , préside Magnésie, an pied du

mont Sypile.

Le consul l’ayant suivi de près, les armées se trouvèrent en présence pendant plusieurs jours sans que le roi fît sortir la sienne de ses retranchements. Il comptait sous ses drapeaux 70,000 hommes de pied, 12,000 chevaux et 54 éléphants ; l’efrectif des Romains se composait en tout àe 30,000 hommes et de IC éléphants. L’hiver approchait; le frère du consul, Scipion rA/ricain, était absent ; le conseil se prononça

Kur la bataille. Dès nue l'ordre du jr fut publié, les soldats s’écrièrent « qu’il fallait forcer les retranchements « et attaquer Antiochos dans soncamp, <i s’il s’obstinait à s’y tenir renfermé. » Le lendemain, Antiochos ayant accepté la bataille, un brouillard épais empêcha ses troupes d’agir de concert à cause de l’obscurité; et l’humidité ramollissant les cordes des arcs et des frondes, ainsi que les courroies dont on se servait pour lancer certains projectiles, les troupes légères se trouvèrent comme désarmées. Les Romains souffrirent beaucoup moins des effets de la brume, parce qu’ils ne faisaient guère usage que d’armes pesantes, telles qu’ép^s, dards et javelots; et comme le iront de leur armée avait moins d’étendue que celui de l’ennemi, ils distinguaient mieux les signaux deleurs chefs et s’entrevOTaient plus facilement.

L’action fut terrible : les troupes du consul eurent d’abord le dessous; mais s’étant ralliées, elles revinrent à la charge, et l’armée d’Antioebos fut mise en déroute. l.e.s historiens , qui adoptent trop souvent les relations mensongères des vainqueurs , portent le nombre des morts de l’année royale à cinquante mille fantassins et à quatre mille cavaliers ; on fit quatorze cents prisonniers , et quinze éléphants furent pris avec leurs conducteurs. I.£s Romains ne perdirent pas plus de trois cents hommes d’infanterie et vingtquatre cavaliers. Le fruit de cette incroyable victoire fut la reddition de toutes les villes de l’Asie-Mineure, qui se soumirent aux Romaias.

Paix accohséb a Antiochos. —

Dès que le toi fut de retour a Ai^ tioche, il envoya demander la paix au consul : ses ambassadeurs , Antipater et Zeuxis, le trouvèrent à Sardes; ils ne songèrent aucunement à excuser leur maître, mais ils se bomèreot à demander la paix en son nom.

Tbaité de paix. — Les Romaiiu n’exigèrent qué ce qu’iis avaient demandé avant la bataille : « gû’Antio- « chos évacuerait l’Asie en-deçà do <• mont Taurus ; qu’il paiergS les ftafs « de la guerre, montant à qu^fft mille « talents euboïques (82,50d^i^ £r.), O en plusieurs termes. On demano)

» en outre qu’Hannibal et PRtoü»

n Thoas fussent livrés au consul.»

Toutes c.es conditions furent acceptées ; mais avant la conclusiondu tnn^ Uannibal et T’huas avaient pourvu è leur sflreté.

L’ambassadb ÉTOLIENNÉ CTASSdx DE Rome. — Les envoyés des Étofiens n’avaient été occupés à Rome, pendant le cours de cette campagne, qu’à répandre des nouvelles alarmantes.

Par une indigné fourberie , ils persuadèrent an peuple que les deuxfepions, battus par Antiochos, avaiaif été faits prisonniers et leur armée ifi(persée. Ils prirent alors un ton ïaodace tel, qu’ils semblaient moins demander la paix que l’exiger. Ils curent ordre du sénat de sortir surle-champ de Rome et de l’Italie dans le délai de quinze jours. ^

CAMPAGNE EN ÉTOUB ,

L’arrivée de Cotta à Rome avec la nouvelle de la victoire de Magnésie et du traité de paix dont on a parlé, causa une joie universelle. On venait de nommer les consuls : <kns la distribution des provinces , J’Etolie était échue par le sort à Fiilvius, et TAse à Manlius. Le sénat régla epsuito, à la satisfaction des deux parties , la différends survenus entre les Rhoaiçns et le roi Eumène.

Aeiuvee de Fulviüs en Ghèce.— La première opération du consul eut pour objet le siège d’Ambracie, qu’il

entreprit de concert avec les Ëpirotes. bassadeurs i Rome. Il paraK q«« la Les Etolîens, qui y avaient une nom- réponse du sénat fut ambiguë ; l’his'breuse garnisop , succombèrent après toire ne l’a pas recueillie , mais elle de généreux efforts : alors les chefs était susceptible d'interprétation, de la république envoyèrent des plé- Veîsoeance DESB.v^^'ISDESpARTF. nipotentiaires à Fulviùs, afin de con- — Philopémen , qui avait été contiiuié dure, à tout prix, un traité de paix, dans la première magistrature, mar- CoNDiTiONS, — Le vainqueur exigea cha contre l.aeédémone, en demandant des Étoiiens de livrer aux Romains qu’on lui livrüt les dévastateurs de « leurs armes et leurs chevaux; de Laas, promettant qu’ils seraient jugé.s « payermilletalents(3,000,000defr.), avec équité. Sur cette assurance, les « avec la faculté, d’après leur demande, individus uoinmément désignés paiti- « de s’acquitter en or, de façon qu’une rent, accompagnés des citoyens les « pièce de ce métal devait être reçue plus recommandables de .Sparte. Alors « pour dix du même poids en argent “(ce les baunts qui se trouvaient au camp « qui montre quelle était alors la pro- de Pbilopéinen sortirent à leur ren- « portion de ror cà l’argent); de ren- contre d'un air insultant, les cbar- « dre les transfuges et les prisonniers; gèrent d'injures et les maltraitereut. « d’avoir , comme ennemis et comme Vainement les prévenus imploraient « amis, ceux du peuple romain; enfin, les dieux et le droit des gens ; les «de livrer quarante otages au choix Aebéens, excités par les clameurs des « du consul. » bannis, fondirent sur ces inallieureux :

Actions divebses de Fulvius. — dix-sept furent lapidés, et soixaute- 'Étant passé Cépliallénie , les villes trois réservés pour être mis en jugerévoltées de cette île se soumirent sur ment. Traduits dès le ieudemaiu dasa première sommation, excepté Samé, vant une multitude furieuse, ils fiireut dont il ne vint à bout quAprès un condamnés à mort sans être entendus, siège dequatre mois. De tà il tourna et aussitôt exécutés, vers b Péloponèse, où il entendit lc.s Punitioh infmoée a Spahtb. — ■ plaintes des habitants d’Fgion , qui Pliilopémeu lui imposa des conditions revendiquaient la jirérogative d’être le comme à une plaça emportée d'assaut, lieu OÙ se tenaient les états de l'A- Il ordonna de démanteler la ville, de diaîe. Philopémen avait cliangé cette chasser de la Laconie tous les soldats disposition en décidant que la réunion étrangers que les bannis avaient pris des états aurait lieu .successivement à leur service. Il voulut que ses esdapstoutes les villesde la ligue : il avait elaves émancipés sortissent du paj's, désigpé Argps pour cette année. Le sous peine d’etre vendus; ^e les .los consul refusa ae se prononcer dans de Lycurgue fussent abolies et 1rs cette question. Spartiates réunis à la ligue aeliéenne.

Affaires de Spabte. — Pendant Cette conduite barbare ne Philopémen son séjour à Céphallénie, le consul fut dénoncée au sénat , l'an 188 avant avmt entendu parler de différends gra- notre ère, sous le consulat de M. Vaves survenus entre les Spartiates et les lérius Messula et de C. Livius Saii- Aebéens, au sujet du pillage de la nator. bourgade de Laas par les exilés de

Nabis , que Philopeinen soutenait se- ÉvtoKMBNTs db l'anhée

crètement. Usant de représailles , les «*? «v- *--c-

lacédémoniens avaient fait mourir

trente partisans de Philopémen, ainsi Mobt d’Antiochos.— Le roi , pour que plusieurs bannis, et la guerre subvenir au paiement des sommes qu’il avait éclaté entre les deux répu- devait aux Romains, résolut de faire bliques. Après avoir entendu les par- une tournée dans les provinces orientes, le consul leur ordonna de dé- taies de son royaume, afin de se proposer les armes et d’envoyer des am- curer de l’argent. Avant de partir , il

MtO

L’UNIVERS

laissa la régence de la Swie à son fils Séleucos. Arrivé dons (’Klvmaide ■!

entra de nuit dans le temple de Jupiter-Bélos et en lit enlever les trésors. Informe de ce sacrilège , le peuple se souleva et assassina son roi , qui périt ainsi dans la 52° année de son âge, après un règne de 36 ans. On rapporte de lui un décret par lequel il permettait et commandait à ses sujets de ne point obéir à ses ordonnances si elles se trouvaient contraires à la disposition des lois.

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