INSTITUTIONS DES TEMPS HÉROÏQUES
Age d’ob ou barbarie. — Plutarque dit, au sujet des siècles mythologiques, que les hommes ne faisaient alors usage de leurs facultés qu’afin de commettre « des actes de violence « et de cruauté , regardant la justice et n les droits de l’humanité comme des n choses de nulle considération , pour « quiconque pouvait impunément les « fouler aux pieds. »
Genèse. — Cependant c’est dans cette période fabuleuse fondée sur de
filus anciennes traditions , qu’on place 'origine des sociétés. L’homme existait, lorsque Vulcain forma la femme, de terre délayée avec de l’eau, à l’image des déesses "immortelles. Minerve la vêtit et lui apprit les arts qui conviennent à son sexe. Vénus répandit l’agrément autour de sa tête , avec le désir inquiet et les soins fatigants. Les Graceset Pytho, déesse de la persuasion, ornèrent son sein de colliers d’or; les Heures mirent sur sa tête des couronnes de fleurs. Mercure lui donna la parole avec l’art des mensonges et celui de captiver les cœurs par des discours insidieux : telle fiit Pandore au jour de sa création.
Les hommes étaient déjà nombreux lorsque Prométhée et Ëpiméthée ayant déroné à Minerve et à Vulcain le feu et les arts, leur en firent don. Pourvus de ces dons célestes , qui les rapprochaient des dieux, ils eurent seuls, entre tous les êtres animés, l'avantage de connaître les immortels. Ils
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leur érigèrent des autels et articulèrent des sons pour chanter leurs louanges. Ils bâtirent en même temps des maisons; ils se firent des vêtements . des lits , des chaussures , et apprirent à tirer leur nourriture du sein de la terre. Malgré ces prérogatives, les hommes vivaient isolés, en proie aux bêtes féroces beaucoup plus robustes qu’eux, êtres faibles et désarmés, qui ignoraient la politique ou science dp vivre en société : ils étaient ainsi destinés à périr misérablement.
Jupiter, craignant que l’espèce humaiiie ne vint a se perdre , < ordonne « à Mercure de porter aux hommes « la pudeur et la justice, destinées à « être le soutien dfes sociétés. Le fils « de Maïa lui demande de quelle ma- « nière il faut procéder dans cette dis-
• tribution; s'il doit partager la pu-
• deur et la justice comme Te sont les « arts, ou s’il convient d’en étendre « les bienfaits à tous les humains.’ — « A tous ! répondit le maître des dieux. < Proclame cette loi de ma part : Qw « t'ü se trouve un mortel qui ait ah- « sokment renoncé à la pudeur et à « la justice , Ü soit exterminé comme « le fléau de la société. » Dès lors l’homme, qui avait compris que la solitude n’était pour lui qu’un état de danger et de guerre , chercha la sûreté et la paix dans la société. Il y porta ses forces et ses lumières pour les augmenter en les réunissant à celles des autres. Il fit ainsi de sa raison l’usage le plus convenable, car il n’cst fort et grand , il ne commande à l’univers que parce qu’il a su se commander à lui-même, se dompter, se soumettre et s’imposer des lois ; l’homme, en un mot, ne devint homme que parce qu’il sut se réunir à l’homme.
ÉPOQUE HÉHOIQUB OU FÉODAtS.
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Les Grecs, parvenus à l’état de société, se donnèrent une législation nationale. Alors les héros de l’âge précédent furent placés dans l’Olympe par leurs neveux, comme conseillers du souverain des dieux, chargés de veiller sur
les actions des hommes d’une façon invisible, et de protéger leur conMrvation. Alors commença une espèce de culte public, et la faiblesse eut des appuis dans le ciel et sur la terre. On connut quelques-unes des Jouissances de la vie; et les vertus soaales, étouffées par l’intérêt privé, produisirent cet esprit dievaleresque destiné à prendre un élan plus généreux et plus noble , en proportion des progrès de la civilisation.
Fbatebnité d’abmes.— L’amour de la patrie devint l’esprit dominant dans la Grèce dès que ses peuples eurent formé une confédération. La guerre perdit alors le caractère de brigandage qui lui était particulier, et ses r^les devinrent soumises à des principes précédés de préliminaires solennels. On demandait, par l’intermédiaire des ambassadeurs, la réparation des torts dont on avait à se plaindre, avant de recourir à la force des armes. Polynice envoie Tydée à son frère Étéocle; Ulysse et Ménélas sont député à Troie ; et c’est quand toute justice leur est déniée, gueles hostilités commencent. Les alliances , les trêves , les traités, ont pour inviolable garantie la- bonne foi et l’invocation des dieux.
CONSCBIPTIOA HILITAIBE. — Le
nouveau système politique fit que les citoyens , en s’organisant et n’étant plus indistinctement appelés à la profession des armes , on commença à prendre , par la voie du sort, dans les familles nombreuses, l’individu qu’elles devaient fournir à l’armée, car on ne marchait pas volontairement. Les Hellènes préféraient les jouissances de la paix sous la tutèle de leurs dieux domestiques , aux travaux et aux lauriers de Bellone. Ulysse avait joué le rôle d’insensé pour se soustraire à la réquisition, et le fils de Pélée , Achille aux pieds légers, déguisé sous les vêtements d’une jeune fille, s’était caché à la cour du roi Lycomède : les deux héros cherchaient ainsi à se soustraire au service militaire. On voit encore dans Homère Échepole offrir à Agamemnon un superbe coursier , afin de lui permettre de Jouir tranquillement dans Sicyone
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des grandes richesses qu'il possédait ; enfin on ne regardait pas nonune honteux de se farre exempter du service militaire. C’est peut-être de ce principe que vint l'usage de terminer les guerres par des combats singuliers, au moyen desquels les rois épargnaient le sang de leurs peuples, forràue les querelles n’avaient pas pour objet le bien public, mais des intérêts de dynastie ! il y avait en cela justice et raison.
Condition des vaincus. — Les vainqueurs , en s’emparant des déiwuilles des ennemis , consacraient aux dieux leur butin, en tout ou en partie. Les droits de la guerre étaient beaucoup plus rigoureux ; les villes, incendiées et détruites jusqu’aux fondements, demeuraient comme frappéesde malédiction; les peuples, traînés en esclavage ou massacrés, perdaient toute espèce d’existence; les rois étaient égorgés, leurs cadavres privés de sépulture , et les reines, rrauites en esclavage, se trouvaient condamnées aux plus vils emplois.
Entretien des qbebbiebs.— Les Grecs de cette époque faisaient la guerre à leurs frais , n’ayant pour indemnité que le butin qui se partageait équitablement par leurs chefs. Dans certaines circonstances, les soldats qui s’étaient distingués par quelque action d’éclat, recevaient dans les banquets publics, une portion de viande meilleure et plus considérable que celle des autres convives. Les esclaves faits à la guerre pouvaient obtenir leur rachat avec de l’or ou d’autres objets précieux.
Conseils de oiiebbe. — Le roi des rois, Agameinnon , avait le droit de vie et de mort : « S’il arrive », faiWI dire à l’armée par le ministère de ses hérauts , « que quelqu’un reste à bord « des Vaisseaux , pour se tenir loin du « combat, rien ne 'pourra le sauver « des oiseaux et des chiens, auxquels « son corps servira de pâture; » mais hors de l’action, le roi fie pouvait rien sans l’avis du conseil. Homère en distingue de trois sortes : le premier était formé de tous les principaux
guerriem de l'année; la personne du roi n’y était pas toujours respectée, et les princes pasteurs des peuple* s’y batteient quelquefois à coups de sceptre. On ne traitait dans le second conseil me des choses relatives aux besoins ae l’armée; enfin le troisième était le conseil privé, qui se rtonissait dans la tente du généralissime.
PoLiOBCBTiQUE. -^Aristote et Diodore de Sicile nous apprennent que les anciennes villes n’eôiient pas entourées de murs , et que les rues, sinueuses et étroites, suffisaient ^ur arrêter l’ennemi , sur lequel on ftisait lenvoir des dards et des pierres du aut des toits.
Les premiers fondateurs des places murées eurent lo précaution de les construire sur des positions escarpées. On prétend qu’Amphion et ZétM, qui ruinaient é Thèoes vers l’an 2390 avant notre ère, donnèrent le premier modèle des fortifications.
Les acropoles ou citadelles sont d’une seconde époque ; c’était là qu’on renfermait les choses précieuses et sacrées , et que se retiraient les prêtres et les magistrats au moment du plus grand danger.
Fobtipication. — EH* dut être connue dès les temps héroïques, pour pouvoir élever des murs pareils à ceux de Tirynthe. Mais l’usage des machines de guerre ne fut introduit dans la Hellade qu’au temps de la guerre du Pélopon^. Homère n’en fait aucune mention ; il ne parle pas même d’échelles dont on aurait pu se servir pour escalader les murs de Troie. De la, la longueur des sièges, qui se réduisaient à des escarmouches dans lesquelles un petit nombre de guerriers impétueux répandaient In terreur devant eux et jetaient l’armée ennemie dans le désordre.
Disposition des cakps. — Le camp des Grecs devant Troie était divisé en quartiers séparés par rues; celui d’Ulysse était voisin de l'agora (marché), où se trouvaient les autels des dieux , les magasins des vivres , et des espaces libres où se célébraient les cérémonies et les jeux funèbres.
GRÈCE.’
Les vaisseaux, tirés 8 aec sur la plage , faisaient partie de l’enceinte. A partir de ce point, on avait construit un mur flanqué de distance en distance de tours crénelées. La hauteur de ce retranchement n’excédait pas celle d’un homme, car pn voit Sor|>edon en arracher le couronnement avec ses mains. 11 n’y avait qu’une porte pour le camp, dont la sdreté était coiiGée pendant la nuit à quelques patrouilles.
Les soldats étaient logés sous des cabanes ou baraques construites en lanches , ou avec des pieux entrelacés e branchages qui étaient parfois revêtus de terre; leurs couvertures se composaient de ioncs. Les tentes des princes étaient plus spacieuses , parce qu’elles servaient à loger plusieurs personnes, et notamment les femmes de service. La demeure d’Achille était précédé d’une cour entourée d’une palissade avec des portes solides en sapin; au-delà se trouvaient les hal)itatioDs des domestiques , le portique et le vestibule.
Troupes, chars. — La principale force d’une armée consistait dans ses chars et dans ses guerriers pesamment armés : ces derniers étalent peu nombreux ; une longue pique , un bouclier, une cuirasse , un casque et des cuissards composaient leur armure ; le reste de l’infanterie ne faisait usage que de la lance et de projectiles. Les Mymidons se servaient d’arcs et de flèches, les Locriens y ajoutaient la fronde.
Les chars étaient è deux roues , légers et bas : on y montait par derri^e. Tantôt les camllers qui s’en servaient , s’élançaient au milieu des ennemis, tantôt ils en descendaient pour combattre à pied sans s’en éloigner, afin d’v remonter dès qu’ils se sentaient trop vivement pressés.
Le char avait un timon au bout duquel se trouvait un jong pareil à celui dont on se sert pour atteier les bœufs à la charrue; il se terminait au moven d’une espèce de volute qui imitait le cou d’un cygne.
Batailles , commahdemeht. — On n’observait anciennement aucun
ordre dans les combats, et on n’en venait jamais à une aflhire générale.
Rester changea cet état de choses , en conseillant à Agameinnoii de distribuer les troupes par nations et par tribus, afin des’ff^pttyermutuellemcnt et qu’on pôt distinguer les braves des lâches. Le roi de Pylos plaçait dans son nouvel ordre de bataille les cliars sur le front de l’armée , les meilleurs fantassins fi l’arrière-garde, et les soldats d’une valeur suspecte au centre.
Le signal de marche , d’attaque et de retraite, ne se donnait point au son d’un instrument, c’est pourquoi une voix forte et .sonore était regardée comme une qualité essentielle dans un commandant : jlomère donne 5 Ménélas répitlièle de beau crieitr. Il parle des clameurs des Troyens, qui pouvaient se faire entendre d'autant plus facilement que les Hellènes gardaient un profond silencç en marchant au combat.
ASMES DÉFENSIVES ET OFFEKSIVFA.
Les mythologues prétendaient qu’un nommé Mars avait acquis le titre de dieu de la. guerre , en se couvrant le premier d’une armure. Il était redevable de ce présent à Vulcain, forgeron de nie (le I.cninos.
Casques. — I.a conservation de la tête fut une des principales parties du corps qui attirait l’attention des armuriers, et le casque fut inventé.
L’airain fut employé dans sa confection , mais les casqiies étaient pre.sque toujours recouverts de peaux de chiens, de taureaux, de renards, de lions, et de chats. On avait soin d’employer la tête de ces animaux , et les dents étaient arrangées de manière à leur donner un aspect menaçant. Tel était le casque d’Ulysse : la peau rude qui le couvrait Hait renforcée en dedans par un tissu composé de cordons serrés, et parsem ée en dehors et une quantité de dents de sanglier, déposées en forme de guirlande; le haut était garni d'un feutre solide.
Le devant du casque était ouvert , deux courroies passées sur les côtés se
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nouaient soua le menton du guerrier; la partie qui couvrait les sourcils s’a^
pelait ophrye, et celle au dessus front g^on auvent. On attribuait aux Cariens l’invention du cimier, regardé comme l’ornement du casque; l’aigrette étincelait de couleurs éclatantes ; le cimier était garni de plumes ou de crinières de chevaux : un panache élevé était un des signes du commandement. On appelait tryphalée l’armet surmonté d’une figure de Chimère ; cet ornement et plusieurs autres avaient été imaginés pour jeter la terreur au cœur de l’ennemi. Cest dans cette intention qu’on voit Pyrrhus joindre sur son casque deux cornes de chèvre à un plumet menaçant. Les Béotiens se distinguèrent entre tous les Grecs par les plus beaux casques. Ceux des jeunes gens n’avaient pas toute la crinière. Le casque que Diomède avait reçu de Trasimède était de cuir de taureau sans frontal et sans cimier ; ceux des simples soldats, dépourvus de tout ornement , se terminaient par un bouton; tous étaient garnis en dedans d’une doublure en éponge; quelquefois, pour se garantir )a tête, on mettait en dessous du casque un bonnet de laine qui descendait jusqu’aux oreilles.
CuiBAsss. — Elle se composait de deux parties, l’une appelée zôma, cotte de maiUes , et l’autre thorax. La pre^ mière descendait de la ceinture aux genoux. La seconde, composée de deux parties, abritait la poitrine et les épaules, au moyen Aeptéryges ou ailes. On se servait de cuirasses de lin et de chanvre pour la chasse, parce que leur tissu serré suffisait pour se préserver de la morsure des animaux féroces ; d’autres étaient faites de peaux de bétes recouvert^ de plaques de métal de diverses formes. L’usage des lino -thorax rembourrées était particulier aux archers. Les guerriers portaient des caleçons qui se nouaient au-dessous du mollet; les cuissards et les brassards étaient en airain.
Bodclibh. — Dans les premiers temps, U était en osier ou en bois de
i^ier, de saule, de hêtre, de peuprier et de sureau. On le couvrit eqsuite de peaux superposées et renforcées par des lames de métal. Ses différentes parties étaient l’orbite et l’omphalos relevé au centre. Une courroie placée en travers donnait au soldat la facilité de placer son bouclier sur ses épaules : on y ajouta comme perfectionnement une poignée afin de s’en servir. Lorsqu’on appendoit les boucliers aux murs des temples , on avait soin de les dégarnir de cette poignée , afin d’empêcher de s’en servir dans le cas de quelque émeute populaire. Dans le dessein a’inspirer la terreur, on garnissait quelquefois les boucliers de clochettes ; on peignait à leur surface quelque animal redouté , ou une comète : Âgamemnon portait l’image d’une Gorgone sur son bouclier; Ulysse un dauphin, emblème de la navigation. Mais de toutes ces armes défensives , la plus célèbre était le bouclier d’Achille décrit par Homère. Celui d’Alcibiade représentait l’Amour étouffant la foudre de Jupiter entre ses bras.
ASMBS OFFENSIVES.
Piques , daeds , glaives. — Les hommes n’employèrent primitivement pour se battre que les pierres, les massues , le feu , les cornes des animaux , les ongles et les dents que la nature nous a donnés. A ces moyens de destruction , succéda la pique ainsi que la hache simple ou à deux tranchants; les dards et les javelots remplacèrent les pierres; répieu donna l’idée de la pique, qui précéda le glaive, dont on se servait d’estoc et de taille , quoiqu’il n’excédât pas la longueur du bras d’un homme : il était suspendu à un baudrier qui descendait de l’épaule jusque sur la cuisse ; les fantassins le portaient à gauche, et les cavaliers a droite. On attachait au fourreau un poignard ou couteau droit qui servait particulièrement à découper les viandes.
AECS, FLÈCHES, FBORDES.— L’afC fut, dit-on, inventé par Apollon qui
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en ai^Hrit l’osage aox Grétois , regardés dans tous les temps comme les meil* leurs archers de la Grèce. Les cordes , mi n’étaient primitivement qgie des lanières de cu:r, hirent tressées dans la suite avec des crins de cheval
Les flèches étaient de roseau, on d’un bois léger, armé d’une pointe de cuivre dentelée, quelquefois double, triple et quadruple ; des plumes attaché à la hampe leur donnaient plus de vélocité, en les empêchant de dé> vier dans l’espace qu’elles devaient par* courir. On tenait les flèches renfermées dans un carquois çrai se portait ainsi que l’arc sur l’épaule.
Homère fait mention des frondes , qui étaient en laine et assez semblables aux nôtres. On en attribuait l’invention aux habitants des Iles Baléares.
L’adresse des habitants de l’Achaie surpassa celle de tous les peuples à manier ta fronde, et c’était encore, du temps de l’auteur de cette histoire, une arme redoutable entre les mains de la jeunesse de Fatras. Les projectiles lancés par ce moyen étaient des pierres ou des balles de plomb du poids quelquefôis de cent drachmes? Nulle armure, soit casque ou bouclier, n’était à l’épr«ive des projectiles lanc^ avec la fronde, et Sénâ]ue dit qu’elle l«ir communiquait une impulsion assez violente pour mettre les balles de métal en fusion?
ScYTALisES. — Les Grecs se servaient encore de traits enflammés. Le bois employé à leur confection avait en longueur depuis un pied jusqu’à une coudée. L’extrémité, armée de pointes de fer, portait des torches ardentes , ou bien du chanvre, de la poix et d’autres matières combustibles auxquelles on mettait le feu avant de les lancer.
mues DES SIÈCLES HISTORIQUES.
Les rois furent primitivement les cbefe de leurs armé^; mais lorsqu’un d'eux, soit par feiblesse ou par lâimeté, était jugé incapable de defendre son peuple, on lui substituait quelqu’un propre à mieux remplir ses fonctions.
Dans certaines occasions le roi nommait un polémarque pour servir et commander sous ses ordres Après l’expédition de Troie, la royauté ayant été abolie dans toute la Grèce, lÀ trjbus de l’Attique eurent la nomination des poiémarques. Personne ne pouvait être promu à ce grade, s’il n’avait des biens-fonds ou des enfants.
Le pouvoir des généraux était temporaire, et, à son expiration, ils étaient tenus de rendre compte de leur gestion : dans les cas extraordinaires , on élisait des autocrates sans responsabilité.
VÊTEMEirr KILITAIBE.— Nous n’avons presque pas de renseignements sur le costume militaire antique, si ce n’est la loi de I.ycurgue qui prescrivait la couleur rouge aux soloats de Sparte, parce que c’était la moins sujette à s’altérer, qu’elle donnait un air martial et dérobait l’aspect du sang qui coulait des blessures. Les soldats grecs sans exception portaient leurs provisions, qui consistaient en viande salée, fromage, olives, oignons et ail.
Infantebie spabtiate. — Elle constituait la force principale de la république. Lycurgue l’avait partagée en sixpolémarchia, divisées en quatre locagies, dont chacune comprenait quatre énomothies de trente hommes rune, qui formaient quatre phyle».
Nous avons parié ailleurs de Poivre, de la marche et des campements des Lacédémoniens.
Abxée ATHÉBiBiraE — Hérodote ' dit qu’à labatailledeMaratbon,les Athéniens n’avaient ni cavaliers réguliers , ni archers; on ne voit même figurer ces troupes dans leurs rangs qu’après la défaite de Xerx^, et seulement au nombre de trois cents pour chaque arme. Les Athéniens pouvaient seuls ri valiser de courage avec les Spartiates ; mais après diverses vicissitudes, ils se contentèrent de la supériorité maritime, sans négliger la science militaire. Ils avaient compris de bonne heure la nécessité de la discipline, et ils en furent convaincus, lorsque les dix mille hommes commandés par Miltiade eurent battu cent mille fantassins et dix mille
C'igil;70d oy ijOOgle
S08 L’UNIVFV.a.
cavaliars mèdiM. Dis lors on étwiia systématiquement les rèsles de la stratégie, et on parvint a créer la phalange) dont l’invention est due à Miltia^, les progrès à Xénopbon, le perfectionnement à Épaminondas , et non à Philippe, roi deMacédoine, qui y ajouta seulement quelques améliorations.
Paie des soldats. ■— Lee défenseurs de la patrie firent d’abord la guerre à leurs dépens; mais lorsque la soif des conquêtes eut entraîné les Grecs au-delà de leurs frontières, l’état dut pourvoir à leur entretien. A Sparte, Lycurgue fit augmenter la solde des troupes destinées a marcher avec lui dans l’Asie mineure. La paie des soldats fut d’autant plus indispensable .à Athènes, que ses citoyens étaient presque tous des artisans qui n’avaient d'autres moyens d’existence que leur industrie. Le fantassin recevait par jour deux oboles (30 c.), et le cavalier une drachme (90 c.).
Enbôlbmenx. — Quand la guerre était déclarée, on érigeait sur Tagora ( place du marché ) un tribunal ou les taxiarques ( colonels ) , hipparques ( chefs de cavalerie ) , présentaient aux stratèges ( généraux ) ou au polémarque (généralissime) , le rôle des citoyens qui avaient atteint l’âge de la réquisition, D’après l’ordre des levées, personne ne pouvait se plaindre d’être appelé plus souvent qu’à son tour. A Sparte, où tout citoyen était soldat, les épboree désignaient les jeunes gens destinés à l’activité. Ils choisissaient en même temps les artisans attachés au service de l’armée, car les Lacédémoniens établissaient dans leurs camps des ateliers pour tout ce qui leur était nécessaire i les Atiiéniens et les autres peuples avaient des trains et des bagages.
Hymnes, saobificbs. — Le péan, chanté en l’honneur de Mars tst d’A* pollon, précédait la bataille ét accompagnait la victoire. Les Spartiates ne se mettaient jamais en marche avant la pleine lune. Le roi immolait alors un grand nombre de viotimea à Jupiter eonducteur. Si les auspices étaient
favorables, le pyr<H;dKm>(i>ort»4'eu) prenait sur l’aufel un tison allumé «t marcliait à la tête de l’armée msqu’à la frontière. Là, on offrait de nouveaux aacrifioes à Jupiter et à Minerve :
Suis le pyrofdiore reprenait la tête e l’armée. Arrivée en présence de l’ennemi, ou immolait une chèvre, les flûtes ou fifres commençaient à jouer, et chaque combattant mettait une couronne sur sa tête, lies jeunes gens chargés de l’attaque poussaient un cri d’allégresse , le restant de l’armée gardait le silence.
Instbuments de musique.-— L’usage des signaux fut remplacé par les trompettes , dont l’invention était attribuée à Minerve. Le cor qui était., disait-on , l’œuvre d’Osiris , servait k appeler le peuple aux sacrifices; le carnyx , connu plus tard , avait été apporté des Gaules : son orifice représentait la tête d'un animai ; on se servait d’une anche pour l’emboucher.
Le boënos rendait un son grave, comme celui de nos bassons ; la trompette thyrrénienne était propre i animer les combattants.
Le syrinx ou flûte de PSn et ies pipeaux étaient employés par les Areadiens. Les Crétoia marchaient au son des flûtes ; d'autres peuples aux accords du luth et de la lyre. La plupart des Grecs fondaient sur l’ennemi en poussant un cri affireux ai^lé yilaiagmoê. Las mêmes instruments employés à la ciiarge servaient à sonner la retraite avec des airs moins vifs, exécutés sur un mode différent.
SléUB DBS VaLBS.
L’art des siégee était inoonnu des premiers Grecs, et les âges suivants n’avancèrent que faiblement la seienoe de la poliorcétique: les Lacédémoniens regardaient comme un tr^s sans gloire, celui que les guerriers y trouvaient, On doiHineuçait par s'approcher de la place qu’on voulait prendre , et on lui donnait l’assaut sur plusieurs points à la fois; si ou écliouait, l’at-
ae était convertie en blocus. On urait alors la ville d’une palissadq
pour ie prémutiir contre les sorties des assiégés , et pour les empêcher de recevoir du secours; on élevait des terrasses sur lesquelles on dressait dea tours de bois ; on allumait des feux au pied des remparts , ta moyen de tas de charbon dont l’activité était entretenue par l’action des soufflets , pour en calciner les pierres ; enfin on employait l’art du mineur, afin de les renverser par la sape.
Machines ob ooebiib. Les pro>.
mières échelles dont on fit Usage étaient faites en laine , en corde , et en bois. L’origine du bélier est d’une haute antiquité, ainsi que les tarières , fers longs armés de dents qu’on introduisait entre les pierres des murs pour faire brèche. Les mantelets ou , claies en osier, les tours mobiles , les catapultes furent plus tard les principales machines employées pour l’attaque et la défense des forteresses.
CSVALERIB.
On peut croire que la célébrité de la cavalerie thessalienne donna lieu à la fable des Centaures. Homère qualifie de dompteurs de chevaux les Tyndarides Castor et Pollux; mais ce titre était commun aux guerriers de ce temps qui combattaient montés sur des chars. Le premier exemple dea courses à cheval remonte à la XXXIII' olympiade (648ansav. J.<1.) Il n’v avait point de cavalerie grecque aux batailles de Marathon et de Platée; dans la guerre du Péloponèse, elle ne formait tout au plus que la quarantième partie de l’armée des Hellènes. Cette cavalerie était tirée en grande partie de la Tliessalie, et sa solde était si considérable, que les républiques les plus considérables ne pouvaient en entretenir que des corps peu nombreux.
Habrais. — L’usage de ferrer les chevaux fut inconnu des Grecs, qui étaient cependant dans l’usage d’enlèrmer les pieds de leurs mulets dans une espèce de sabot. On ignorait également l’emploi de la selle, dont il n’est fait mention que vers l’an 340 de notre
ère. Il ne commence à être question des étriers que dans le traité de tactique composé par l’empereur Maurice , à la fin du VI* siècle de J.-C.
CHATIMENTS ET RÉCOMPENSE.S MU.tTAIlU:.S.
PrivmoNs. — Tout était livré a la discrétion des chefs , les lois n’ayant prévu et déterminé que quelqlies' cas de discipline militaire. Les d/serteurs étaient punis de mort. I.es citoyens qui reflisaient le .service, ou abandonnaient leur poste, étaient condamnés à rester pendant trois jours assis sur l’agora , en habits de femme ; l'entrée des temples leur était interdite; ils ne pouvaient se couronner de fleurs; ils étaient soumis à une amende , et ils restaient en prison jusqu’à l’acquittement de la somme qu’ils devaient payer. Le Spartiate qui perdait son bouclier, perdait son litre de citoyen, et ne pouvait aspirer à la main dAucune Lacédémonienne. On pouvait le frapper sans qu’il lui filt permis de se défendre; il ne devait porter que des vêtements sales , des chaussures de différentes couleurs , et il avait la barbe rasée d’un côté. Une loi d’Athènes déclarait criminels les soldats qui mettaient leurs arcs en gage.
RÉCOMPENSES. — Le prix du courage était un grade supérieur, une couronne , la permission d’élever des colonnes ou des statues aux dieux , de consacrer ses armes , en les déposant dans l’acropole, et de recevoif ainsi le titre de Gécropide ; les éloges funèbres mettaient le comble à la gloire des guerriers. Quand ils mouraient pauvres, leurs enfants étaient entretenus aux dépens dü trésor public , à raison de deux oboles (30 centimes) par jour. Parvenus à l’âge de puberté, on leà présentait à l^ssertiblée du peuple, et un magistrat adressait à chacun d’eux l’allocution suivante : Kn mémoire des services de ton père, la patrie Va adopté et fait élever, jeune citoyen; atyourtChui elle te Confie cette armure pour la servir à ton tour. Enfin poiur dernière récompense, les plus braves occupaient les pre-
L’UNIVERS
mières places au tiiéâtre et dans les assembiMs publiques.
MARinn (•).
■ Matbbiaux.— Minerve inventa les vaisseaux. Les premiers peuples naviateurs furent les Phéniciens et les haitants de l’île d’Égine. Les objets capables de flotter sur l’eau furent les matériaux employés dans les constructions navales. Les Égyptiens se servaient quelquefois du papyrus ; les Grecs choisissaient ordinairement les bois légers , tels que l’aune , le peuplier et le sapin.
Natigatedbs. — Les vaisseaux grecs frappaient de surprise et de terreur les peuplades barbares qui les voyaient pour la première fois; elles prenaient la fuite a l’aspect de ces citadelles ailées remplies de soldats qui glissaient sur les flots. Les habitants d’Égine s’adonnèrent de bonne heure à la navigation; ceux de Salamine y excellaient dès les siècles héroïques; les Athéniens organisèrent les premiers une marine. Les Crétois eurent l’em-
fiire de la mer, dont ils râlèrent la poice; les Lacédémoniens mrent arrêtés dans leur essor maritime par les lois de Lycurgue; la puissance navale des Corinthiens appartient à une époque plus rapprocha de nous.
DIVBBSITB DBS NAVIBES. — On distinguait les bâtiments en vaisseaux de guerre , de transport et de passage : ces derniers ne recevaient que des soldats ou de la cavalerie. Lm olcades étaient des barques rondes d’une grande portée ; les navires de guerre , appelés par opposition vaUseemx longs , ne se gouvernaient guère qu’à la voile ; quant aux transports, on les traînait ordinairement à la remorque.
Galèbes. — Elles se distinguaient de tous les autres navires par le nombre des rameurs. Les premiers bâtiments de cette espèce n'eurent mi’un seul banc ; l’ Argo , construit par Jason 1353 ans avant J.-C. , ne portait que 50 ra-
Ç*) Voyez j>l. gS. i° Galère i rames , basrelief du musée de Naples; a° galère à rames et à voiles , bas-relief do musée de Naples.
meurs, et la galère à bord de laqudle Danaos fit la traversée d’Égypte en Grèce , étaitdu même échantillon . Dans les siècles suivants, la portée des galères augmenta, et la galère Monstre de Ptolémée Philopator fut portée jusqu’à 40 rangs de rameurs. Un vaisseau de cette proportion ressemblait à une montagne ou à une île flottante. Les auteurs qui en parlent disent qu’elle portait, indépendamment de 400 matelots et de 4000 rameurs, une garnison de 3000 soldats : on lui donnait le surnom de Cyclade ou A'Ethna.
Apparaux , orubments. — La quille, la fausse quille, la poupe, la sentine , la proue, quelquefois la double proue, étaient connues des constructeurs anciens. Cette dernière partie du vaisseau était peinte d’une couleur combinée avec un mélange de cire qui résistait également à l’action du soleil , deà vents et des flots; les ornements qu’on y figurait représentaient l’image a’un dieu, d’un animal, tel que les Pégases , les scyles , les taureaux , les béliers, les tigres, ou bien des plantes; l’oie était regardée par les matelots comme un oiseau de bon augure. Le
ilote s’asseyait à la poupe ; à ses côtés
ottait le pénon, composé d’un petit ruban servant à indiquer de quel côté soufflait le' vent. Le pavillon destiné à faire connaître la nationalité du vaisseau se plaçait à la proue au-dessous du stolos, mâtde beaupré. Un pavillon de sauve garde portait les images des dieux sous la protection desquels le vaisseau était placé. Il devenait un asile inviolable pour ceux qui se réfugiaient sous son abri ; on y frisait les prières et les sacrifices. On attribuait aux Phéaciens (Corfiotes) l’invention du calfatage.
Consécration. — Lorsqu’on lançait un vaisseau à la mer, on le décorait de guirlandes et les matelots se paraient de couronnes : la cérémonie se passait aux acclamations d’un peuple nombreux. Un prêtre purifiait ensuite le vaisseau avec une tordie, en brûlant des coquilles d’œufs et du soufre, et il le consacrait à la divinité dont son pavillon portait l’image.
y yjooglc
G,RÈCE. 40t
ÉqDIPEVKNT d’un TAI8SKAD. — Le
ÇouverDail; l’ancre, inventée par les 'oscans, fut primitivement en pierre:
quelquefois elle était composée de caisses remplies de galets, ou de sacs pleins de sable. Les vaisseaux en avaient plusieurs ; mais une d’entre elles surpassait les autres en force: on lui donnait le nom de sacrie; c’était l’ancre de miséricorde. La sonde , les crocs (gaffes ) pour larguer ou pour accoster ; les onts destines à l’abordage; les drisses ont on se servait pour donner la remormie et pour tirer le vaisseau à sec; les rames, dont on attribuait l’invention à Copos, dont elles conservent encore le nom chez les Grecs modernes; les voiles, ouvrage de Dédale, étaient choses connues des anciens, auxquels nous avons emprunté le nom à'artimon; les voiles, pareilles à l’aile d’une hirondelle, étaient en toile de lin et plus anciennement en peaux de bétes. Les antennes, les cordages étaient disposés tels qu’ils le sont sur les bâtiments à voiles latines de la mer Égée. Les galères étaient armées d’un éperon auquel on donnait la forme ae quelque tête d’animal : ces éperons servaient à entr’ouvrir les flancs des vaisseaux ennemis. Dans l’enfance de la marine, les soldats combattaient sur les gaillards ou demi-ponts , à l’abri de quelques bastingages; c’est aux Thasiens qu’on dut l’usage des ponts entiers, qui servent à recouvrir les vaisseaux.
Équipages.— Les matelots servaient de rameurs : cet emploi était regardé comme vil. On leur adjoignit parfois des malfaiteurs. Tous n’avaient pour reposer que leurs bancs. Les nauies se partageaient le reste de la manœuvre. Les marins jouissaient dès les temps les plus anciens d’une réputation de rudesse et de grossièreté qui était devenue proverbiale. Les soldats de bord, plus considérés, étaientarmésde lances marines dont la longueur excédait souvent vingt coudées; ils étaient munis de faux pour couper les cordages , et ils manœuvraient une espèce de bélier destiné à battre les bordages des galères ; Périclès inventa les grappins.
GhADES dans la MABINE. — Le
ro* lÀoraUon. (Grèce.)
stolarque était ce que nous appelons l’amiral, et les navarques représentaient nos capitaines de haut-bord. Les pilotes , les conlre-maitres , les céleustes ( cambusiers ) avaient leurs fonctions particulières. Chaque vaisseau portait un chanteur ou trompette, dont la voix ou l'instrument soutenait les forces des marins, et réglait le mouvement des rames. On comptait sur les rôles d’équipage , les charpentiers; Vescharevs, préposé à la garde du feu , chargé de la cuisine et du soin des sacrilices; l’écrivain qui réglait la comptabilité : Homère le surnomme la mémoire de la cargaison; c’était notre subrécargue.
Appareillage. — Au moment de mettre en mer, le stolarque donnait le signal de lancer les vaisseaux, ce qui se pratiquait au mo}'en de cylindres sur lesquels on les faisait rculer. Archimède perfectionna cette partie de la manœuvre en inventant l’hélice. Les vaisseaux se pavoisaient alors de guirlandes de fleurs ; on offrait des sacrifices à Neptune , et pour l’ordinaire on rendait la liberté a une colombe :
c’était le présage d’un heureux retour.
La flotte se mettait en mouvement au commandement donné par la trompette; la nuit, on se servait de torches allumées sur le vaisseau amiral, afin de transmettre ses ordres.
Débarquement.— Le premier soin, lorsqu’on prenait terre, était de remercier les immortels. Après avoir offert un sacriGce à Jupiter, on adressait des hommagesà Nerée, a Glaucos, à Ino, à Mélicerte, aux Cabires, et principalement à Neptune. Les naufragés échappés à la tempête Joignaient aux dons votifs qu’ils présentaient, leurs vêtements encore numides des flots de la mer, avec une tablette contenant le récit de leur délivrance. A défaut d’offrande, quelques-uns coupaient leur chevelure qu’ils consacraient à la divinité qui les avait sauvés.
Ports. — Les premiers ports furent l’embouchure des rivières, ou une baie qui s’enfonçait dans les terres . plus tarci, on éleva des môles sur le modèle des pattes de homard. On construisit des tours et des phares à l’en-
L’UNIVERS
trée des pincipaux mouîlla^et ; on flt autour, des darses, des quais où lesba^ tiinents pouvaient s’amarrer; on y bâtit des chantiers de construction et de radoub , on v érigea des autels et des temples où l'on pouvait sacriûer aux dieux. On y lit des magasins, des arsenaux, des théâtres, des leschés, ou bourses, et des lieux de plaisir où les étrangers pouvaient traflquer et se réjouir avec des courtisanes qui s’entendaient merveilleusement à pren»
dre part aux profits de la navigation.
1.68 boutiques de barbiers étaient vouées à la débauche la plus effrénée.
Batailles navales. — Avant le combat, on distribuait 6 chaque galère les objets dont elle allait avoir besoin. On ployait les voiles , on baissait les mâts et on ne faisait usage que des rames. Chacun invoquait rassistance divine par de.s prières et des sacrifices. Le signal se donnait de la galère ami* raie au moyen d’une bannière rouge qu’on élevait en l’air. Le stolarque engageait l’action; les galères s’attaquaient avec fureur en se heurtant de la proue et même quelquefois de la poupe. Les soldats lançaient des dards, des javelots, et , parvenus à portée, ils se battaient à coups de jiique et d’épée. On cherchait à s^accrocher , et quand les grappins avaient pris, on se servait des rames afin de former un pont pour s’élancer à l’abordage; l’usage des brûlots était connu.
VlCTOIBES, DÉPOUILLES, BÉCOM- PENSES, CHATIMENTS. — Lcs Vainqueurs, clieft, soldats, matelots, se couronnaient, et les vaisseaux étalent ornés de festons. L’air retentissait du son des instruments et du bruit des acclamations qui s’élevaientde la flotte. A leur retour, les équipages , conduits par leurs officiers , se rendaient aux temples des dieux pour y consacrer les dépouilles conquises sur l’ennemi. C’étaient quelquefois des vaisseaux entiers , comme le firent les Grecs après la journée de Salamine, lorsqu’ils offrirent aux immortels trois vaisseaux phéniciens. Les autres dépouilles étaient disposées sous les portiques ; on en formaient des trophées composés
des proues des bâtiments gapturds et des armes arrachées aux vaincus. On érigeait des statues aux vainqueurs.
Telles étaient les récompenses.Quant aux punitions disciplinaires, la plus usitée était les coups de corde. Les supplices étaient la cale mouillée, qui consistait à traîner le coupable à la remorque juaqu’àce qu’il fût noyé. Les lâches étaient notés d’infamie, et les déserteurs avaient les moins coupées après avoir été fustigés.
Fêtes. .— L'esprit religieux des Grecs, surtout des Athéniens, accrut tellement le nombre de leurs dieux , que les fêtes qu’ils célébraient en leur mnneur devinrent excessives. C’était aussi par des fêtes qu’ils honoraient la mémoire del’ami qu’ils avaient perdu, ou du citoyen qui avait rendu de grands services a la patrie. Ils célébraient aussi par des fâfes les événements les plus glorieux de la république.
Tantôt on fêtait l’union du peuple de l’Attique par Thésée , tantôt le retour de ce prince dans ses états , l'abolition des dettes , ou la bataille de Marathon , de Salamine, de Platée , etc.
I.e trésor public fournissait aux frais de ces pan^yries où l’on déployait souvent la plus grande magnincence; les pompes d'Éleusit et les grandes Panathénées étaient les deux principales.
Jeux solennels bt ixebcices pU' BLIC8. — Les principaux étaient les yeux olympiques, isthmiques, pythiens et nunMns. Les plus grands honneurs étaient décernés aux vainqueurs, surtout dans les yeux olympiques, qui avaient lieu tous les quatre ans. A leur retour dans leur patrie , on conduisait les vainqueurs dans un char de triomphe, et on faisait une brèehe aux remparts pour rendre leur entrée plus imposante : ils étaient entretenus eux frais de l’état.
Indépendamment des prix pour la course , le saut , le disque , le pugilat et la lutte , d’autres prix attendaient les musiciens , les jpoètes et les artistes. Les femmes Dirent long-temps exclues des Jeux publics. La sévérité des lois éléennesà œt égard était telle, que celle qui aurait osé passer le fleuve
GRÈCE
AlpMe pendant la duréedaces fétea, auraitété précipitée du haut d’un rocher.
Cette loi cependant perdit peu à peu de sa force, et les femmes non seulement assistèrent aux jeux comme S{>ectatrices, mais prirent place parmi les concurrents, et quelquefois même remportèrent la victoire.
«OKÜMBNIS.
Tbmpleb. — Dans la haute antiquité, les temples étaient construits en bois; on n’avait alors aucune connaissance dM arcs, des frises, des bases et des chapiteaux ^ur les colonnes, qui n’étaient considérées que comme de simples supports servant à attacher ou à suspendre quelque objet. Mais lorsque l’architecture sortit de la barbarie primitive, elle ne tarda pas à déployer toute sa magnificence dans les édifices consacrés aux immortels. Alors chaque temple eut son caractère particulier.
Les édifices consacrés à Jupiter, au soleil et à la lune , devaient être doriqu^ et sans toit , parce que ces divinités se montrent a découvert aux regards des hommes. Dans ceux élevés a Vénus, à Flore, à Pro.serpine et aux nymphes , on employait l’prdre corinthien, comme le plus gracieux et le plus analogue aux charmes de ces divinités. Pour Junon, Diane et Bacchus, on faisait usage de l’ordre ioniue, qui participe de là gravité du style orique etde la majesté 4u corinthien.
Enceinte sacbée. — Cet espace entouré de murs renfermait des cours, un bocage, des fontaines, et souvent meme les habitations des prêtres. Pausanias rapporte que dans l’enceinte sacrée d’Esculape a Epidaurc, on voyait un tliédtre qui J’emportait sur tous ceux de la Grèce et de nome par l’étendue de ses proportions ; les restes de ce monument subsistent encore de nos jours. On arrivait aux teniples par des gradins qui n’avaient guère nioins de trois palmes d’élévation, Ces degrés étaient incommodes quand il s’agissait de nmnter; mais comme le.«i temples n’étaient pas assez grands pour contenir lafouJe, ils servaientde sièges àceux qui ne pouvaient pénétrer dans la nef.
Avrang. — Le nom A'mttel eliez les Romains venait du mot hauteur, altare; on appelait ara? ceux qui étaient moins élevés, où l’on sacrifiait aux divinités terrestres, et foyers, les autels dédiés aux dieux infernaux. Les Grecs les nommaient indistinctement Biuj«i, autels. Ils variaient dans leurs formes , mais ils n’excédaient pas . à partir audessus du sol, la hauteur fa ceinture du victimaire. Ceux des divinités céleste.s faisaient une exception , car l’autel de Jupiter olympien avait vingt-deux pied.s d’élévation. Porphyre dit qu’on sacrifiait à la Terre, aïix néréides et aux autres divinités de cette classe,dans des antres qui leur tenaient lieu de temples et d’autels (*).
CoNsÉCBATiON. — La plus ancienne cérémonie de cette espece consistait dans l’offrande d’une marmite renqilie de légumes liouilljs, portée par une femme vêtue de diverses couleurs. Eu parlant de la consécration d’une statue de Jupiter, Athénée dit qq’on s’y servait d un vase neuf a deux anses, a chacune desquelles étaient attachées deux petites couronnes, l’une de laine blanche et l’autre de laine jaune ; le vase était rempli d’une libation d’ambroisie, ui était un mélange d’eau de mie) et U suc de plusieurs fruits. Les prêtres faisaient des onctions, avec une huile odorante, aux statues et aux autels.
La consécration des arbres se faisait au moyen de guirlandes et d'inscriptions , comme on le voit (Jans Théocrite : M C’est nous, viçrges de Sparte, «qui les premières, iressant en cou- « ronne |a Heijr du lotos, irpns la sus- « pendre au platane ; et sur son ctxirce , «afin que le voyageur le lise, nous « frirons : fie^peçte-ingi, je sujs l’a/ - « pre d’Hélène, *
Ustensiles sapahi (**)•— Les trépieds étaient particniiereinent eonsar
(♦) Voy. pt. 94. Bfo 1 rapréseiile un ucrifioe (d’après un vaiCErer); u 3-4, aiiteU; n« I nioiilre une |tarüs d« la grande procession des Panathénées.
(**) Voy.pA 109. N* I, flambeau; n° a, lampe trouves à Pompéi ; n»> 3 , 4 , î , 6 , candélabres découverts au même endroit.
.oogle
L’UMVERS.
crés à Apollon, parce que ce dieu était appelé Soleil dans les deux , Bacchm sur la terre et ApoUon aux enfers. Les candélabres se terminaient par un vase destiné à recevoir de l’huile, de l’encens, du bitume ou des matières odorantes et inOammables : on voit dans les monuments des chandeliers d’où s’élève une large flamme. Parmi les lampes il y en avait de domestiques, de sacrées et de funéraires: quelquesunes avaientjusqu’à sept becs. Le vase donton se servait poury verser l’huile , ressemblait à une petite nacelle ronde dont le couvercle est à moitié fermé; elle se terminait en pointe creuse. Les Grecs connurent l'usage des lanternes, qui étaient en corne, et faites de façon à ce que la lumière qu’elles renfermaient ne s'éteignit pas à l’air libre.
Les dames athéniennes se servaient de ce qu’on appelle aujourd’hui des Augustines, espece de foyers entretenus par la chaleur douce et uniforme d’une lampe : le lin et l’amiante étaient la matière des mèdies; il y avait des pincettes et des mouchettes attachées aux lampes , et cet usage s’est perpétué dans la Grèce.
Patébes. — La plupart sont de forme circulaire et presque plates, n’ayant qu’un petit creux pour contenir la libation. Le calice et les burettes étaient usités à Delphes dans les libations. Celles qui avaient lieu dans les sacrifices se faisaient avec du vin épuré par la fermentation. Les libations au soleil, à l’aurore, à la lune, à Mnémosyne, aux nymphes, se composaient d’eaü miellée; celles des dieux infernaux , de vin, de miel , de lait et parfois d’huile; il y avait des formules en l’honneur des dieux.
Emcensoibs, cassolettes, CISB '
GES, INSTBUMENTS DES SACBIFICES.
— Il y avait des cassolettes pour briller les parfums; des encensoirs qu’ou portait dans les pompes solennelles.
Les cierges étaient usités dans les cérémonies religieuses, même en plein jour : ils étaient de bois résineux et doubles de la hauteur des personnes qui les portaient. Ou a retrouvé des instruments pour saisir les bœufs par les
cornes, des massues etdes haches pour les abattre , des couteaux servant a les égorger, et des couperets pour les dépecef.
MINISTBBS DBS DIEUX.
Les cérémonies et les sacrifices , dit Platon, soit qu’ils viennent des anciens habitants du pays , ou qu’ils aient été établis par ceux qui consultèrent les oracles de Dodone , d’Ammon et de Delphes, doivent rester ce qu’ils sont.
C’est pourquoi Solon , qui réforma la républiqued’Athènes, n’a pas touché un seul motau sujetdela religion. Cette remarque sert à résoudre la question tant de fois reproduite , de savoir pourquoi on trouve chez plusieurs peuples de l’antiquité des religions si extravagantes et des lois si sages. C’est que la plus grande partie des cultes fut imaginée dans des temps où les hommes étaient encore sauvages , tandis que les lois furent instituées quand la barbarie eut cessé.
Les fonctions sacerdotales étaient anciennement réunies dans la main des rois. En prenant les rênes du pouvoir, les deux rois de Sparte étaient revêtus de la dignité de pontifes de Jupiter.
Quand le sacerdoce fut séparé de l’autorité royale , les ministres des dieux conservèrent une grande autorité sur le peuple. On les vit souvent encourager les soldats , le front ceint de lauriers, tenant un flambeau dans la main droite, ou suspendre les hostilités et apaiser les séditions. Le caractère aes prêtres ne les empêchait pas d’embrasser la profession des armes : Caillas, ministre de Cérès, se distingua à la bataille de Platée; Xéno-
hon, historien et philosophe, était
la fois prêtre et grand capitaine.
ÉMOLUMENTS. — Les prêtres jouissaient de rétributions attachées à leurs fonctions ; ils avaient une portion dans le partage des victimes, et un logement ou presbytere , dans l’enceinte des temples qu’ils desservaient. On leur allouait une certaine quotité sur les amendes qui revenaient aux dieux ; ils avaient en partie l’usufruit des immeubles affectés aux temples, des
dtmes, des oblations des dévots, des dépouilles des ennemis , des sommes que l'état votait pour les besoins de relise et pour l’entretien des édifices sacrés. Aristote parle d'une espèce de marguilliers qu’il appelle te$ gardiens de Vargent sacré.
HiÉRABCHiE.— La dignité de grandprétre ou pontife n’existait pas à Atl)enes; VarchiMerevs n’était que le chef du culte spécial d’une divinité, ou d’un temple. Le sacerdoce ne forma jamais un corps visible dans l’état :
ainsi les prêtres n’étaient pas juges en matière de religion ; ils n’avaient pas le droit de rechercher, encore moins celui de punir les coupables de sacrilège, de profanation et de blasphème ; ils ne pouvaient même lancer une excommunication, sans un décret du peuple et du sénat. Il fallut remplir cette formalité afin de maudire Alcibiade et Philippe père de Persée.
Familles sacesdotales. — Indépendamment des prêtres élus par le suffrage du Muple, il y avait des familles sacerdotales, telles que celles des Eumolpides et des Eutnéobades.
Dans tous les cas on ne pouvait exercer les fonctions sacrées qu’à certaines conditions. Le néophyte devait être inscrit dans la tribu à laquelle il appartenait. Il était obligé de justifier qu’il n’avait jamais exercé aucune fonction serom ou ignoble, qu’il était exempt de défauts corporels et que sa conduite était irréprochable. Ces formalités remplies, les postulants, hommes et femmes, prononçaient leurs vœux devant l’archonte roi, et les vier-
?es sanctimoniales en présence de a reine des sacrifices : .tous s’engageaient à mener une vie chaste et pure. Les prêtres n’étaient cependant as soumis au célibat , mais les secoues noces leur étaient défendues. Les
firêtresses cessaient leurs fonctions orsqu’elles venaient à se marier; les pythies de Delphes, après plusieurs essais, ne furent admises à monter sur le trépied prophétique qu’à l’âge de cinquante ans.
Habillements des PBéTRES. — Des vêtements amples, longs et de
couleur blandie, formaient le costume ordinaire des ministres des dieux.
Athénée compare les habits des prêtres d’Athènes aux costumes qu^Eschyle avait inventés pour les acteurs de ses tragédies. Tous portaient les cheveux longs, se ceignaient la tête d’un bandeau de laine surmonté d’une couronne de laurier, de peuplier ou de chêne ; ils se faisaient quelquefois un voile avec leur manteau î tous portaient des souliers blancs.
Rites. — La théologie païenne se réduisait à la connaissance du rituel. Chaoue particulier pouvait offrir des sacrinces sur un autel placé à la porte de sa maison , ou bien dans une chapelle domestique. Dans les bou1^ gades de la Grèce, un seul prêtre suffisait pour desservir un temple; dans les villes , les soins du ministère sacerdotal étaient partagés entre plusieurs personnes qui formaient une communauté. A la tête de cette confrérie, était placé le ministre particulier du dieu ; venait ensuite le néocore, chargé de veiller à la décoration et à la propreté des lieux saints, et d’asperger d’eau lustrale ceux qui entraient dans le temple ; enfin ily avait des victimaires destinés à égorger les animaux , des hérauts dont les fonctions étaient de régler les cérémonies et de congédier l’assemblée, en cliantant une espèce d'Jte, missa est. Dans certains lieux, on donnait le nom de père au chef de la communauté, et celui de mère à la supérieure des prêtresses. Le clergé ofliciait avec de riches vêtements sur lesquels on lisait, tracés en lettres d’or, les noms des particuliers qui en avaient fait don au temple. La prêtresse de Gérés officiait couronnée de pavots et d’épis; celle de Minerve avec l’égide, la cuirasse et un casque surmonté d’aigrettes.
Missionnaires ambulants. — Trois siècles avant notre ère , il parut dans la Grèce des hommes sans mission du gouvernement , qui , s’erigeaiil en interprètes des dieux, nourrissaient parmi le peuple une crédulité superstitieuse. Montés sur des chaires dressées en plein vent, ils menaçaient leurs
'oogic
L’UNIVERS
a uditeurs de la eolère céleste^ en établissant de nouvelles cérémonies pour l'apaiser; ils s’appliquaient à rendre I es hommes plus faibles et plus mai*' heureux par les craintes qu'ils leur inspiraient t iis exploitaient ainsi les terreurs du Tartore et de l’Acberoo à leur profit. Au nombre de ces prophètes de maliieurs, l'histoire nous a conservé les noms d'Abaris de Sicile et il’Empédocle d'Agrigente.
Au dire de ces prédioateurs vagabonds, on découvrait la volonté des dieuxüans les éclipses, dans le bruit du tonnerre, dans les grands phénomènes de la nature, et dans les accidents les plus fortuits. Les songes, l'aspect imprévu de certains animaux, le mouve* ment convulsif des paupières, le tiO'* tement des oreilles, l'éternument, quelques mots prononcés au hasard, étaient des présages heureux ou sinistères. k Trouvez-vous un serpent dans « votre maison ? élevez Un autel au " lieu même où on l’a découvert.
« Voyez-vous un milan planer dans les « airs.’ tombez à genoux. Votre ima- « gination estrclle woublée pat le clia- « grin, ou par quelque maladie? c’est « Empéduse , c’est Hécate , ou un fan- « tôme envoyé bar elle , qui prend « toutes sortes uC formes pour tout- « menter les mortels. » Les expiations et les prières étaient consignées dans de vieux sacramentaires attribués à Orphée et à Musée.
Deviks. — L’impatience si naturelle de connaître l’aVenir a toujours été l’origine d'inventions ridicules, exercées par les hommes les plus vils et les plus fourbes. Alciphron dit (jue les tableaux ou enseignes de ces charlatans étaient exposés auprès du temple de Bacchus à Athènes; leurs oracles se payaient d’une à deux drachmes. « Je ne fais aucun cas , disait « Eiinius, des devins du coin des rues, « des astrologues du cirque, des pro- « nostiqueurs d’Isis , ni des interprè- « tes des songes ; ils n'ont ni art , ni « connaissance qui les éclaire sur l’a- « venir; ce sont des suppùts de la su- « perstition , des menteurs impudents, B (les iauorants, des paresseux, des
« fous que la misère fiiit agir. » Ils prétendaient me jamais les songes n’étaient plus illusoires qu’au moment de la cliute des feuilles , parce que l’automne étant la vieillesse die l’année, rend la vertu divinatoire pareille à un miroir exposé à l’aotion du brouillard, qui ne renvoie aucune image bien déterminée.
Ges imposteurs étaient connus sous le nom d’Orphiques, frappaient à la porte des grands pour leur offrir de les purifier de leurs crimes ou de ceux de leurs ancêtres, nu moyen de quelques pratiques religieuses; ils saJuisaient non-seulement quelques particuliers, mais des villes et des républiques entières.
Théophraste, disciple d’Aristote, parle de ees charlatans dans le caractère du superstitieux, * qui ne manque Jamais, diMI, d’aller toM tes mois se faire exorciser chez la orphéotelestes , rf’y conduire sa femme et jusqu’à ses enfaots portés par leurs nourrices. > Plutarque raconte qu’un de ces orphiques voulant exciter la libéralité u’un Spartiate, lui vantait le bonheur destiné dans l’autre vie aux prêtres et aux initiés de sa secte; celuî-ci lui répondit : Que ne te hâtes-tu de mourir t
VIË PMVËE DES OHBCS.
Lorsqu’une personne était dangereusement malade, on attachait à la porte de sa demeure des rameaux de nerprun et de laurier , afin d’éloigner les génies malfaisants et de se rendre favorable Apollon, dieu de la médecine.
La mort subite des hommes était attribuée à cette divinité, et celle des femmes à sa soeur Diane.
Le malade qui sentait approcher sa fin invoquait son ange gardien, se recommandait à Minerve et à Mercure conducteur des aines. Un cercle nombreux de parents et d’amis entourait le lit de l’agonisant pour recueillir ses dernières paroles , qu’ils conservaient avec un saint respect.
C’était en le serrant dans leurs bras . en essayant d’aspirer son ame , qu’ils lui disaient le dernier adieu. Dans ce
oioment fatal, oq frappait à coups redoublé* *ur des vases d'airaia, afin d'éloigner les mauvais esprits.
DÉCÈS. — Le premier devoir qu’on rendait aux morts était de leur fermer les yeux et la bouche, en ayant soin que leurs membres fussentoonvenablement rangés. On lavait le cadavre qu’on oignait ensuite avec de l’huile et des parfums. Cela étant fait , on l’enveloppait d’un manteau ou d’une chemise en laine qu’on recouvrait d’une belle chlamyde blanche, emblème de l’innooence. C’est pourquoi Socrate, avant de boire la ciguë , se ût apporter par Apollodore une tunique et un mant^u précieux, aGn de mourir eu habit de funérailles. On pla^it sur la tête du défunt un voile de lin et une couronne de fleurs ( on mettait dans ses mains un gâteau composé de farine et de miel pour apaiser Cerbère, et on déposait dans sa bouche une obole destinée à payer Caron pour le nohs de sa barque. Le législateur de Sparte avait Ordonné que' les personnes distinguées par leurs vertus flissent revêtues d’une tunique rouge ; les autres citoyens étaient enterrâ nus.
Le corps restait exposé pendant une journée entière sous le vestibule de la maison. Cette partie du cérémonial avait pour objet de fournir au public l’occasion d’examiner si le cadavre ne
firésentait pas de signes de mort vioente. Les pieds étaient tournés Vers la porte , è laquelle on suspendait une touffe des cheveux du défunt, pour annoncer que le deuil r^nait dans cette demaire. Un vase d’eau lustrale était placé à côté du catafalque.
FONÉHAII.LIS. Platon passait pour être l’instituteur des cérémonies funèbres. Mal parler de celui qui avait payé sa dette à la nature , et poursuivre la vengeance contre ss mémoire , entraînait la peine de l’inâimie. On devait aux morts la sépulture, d’après l’opinion que sans cela les âmes de ceux
âui en étaMnt privés , erraient sur les ords du Stvx, où elles subissaient un purgatoire de cent ans.
Périr sur un vaisseau était regardé comme la mort la plus affreuse, parce
Sue ie oedavre disparaissait dans les ots. Au moment du naufrage, diacun se parait de ce qu’il avait de plus précieux , dans l’espérance que si le corps était poussé sur quelque plage, il défraierait ceux qui le recueilleraient, des dépenses qu’occasioneraieiit ses obsèques. Les cadavres dépourvus de ces sortesdedoDsavaient droit aux mêmes égards, et les lois d'AÜiènes punissaient les contrevenants d’une sorte d’excommunication, comme une expiation de cet acte de barbarie. I.es voyageurs pressés par leurs affaires étaient dispensés de la règle commune:
il suflisait qu’ils Jetassent sur le cadavre qu’ils rencontraient, trois poignées de sable ou de terre, dont l’une devait être répandue sur la tête; cette lustration suflisait pour l’adiiiission des âmes dans le séjour de Pluton.
Les honneurs du bûcher étaient le partage des citoyens riches et distingués. Les cendres des personnes mortes en pays étranger devaient être rapportées avec soin dans leur pays natal) le sol de la patrie présentait seul un lieu de repos ossuré. A Athènes, les démarques veillaient uu soin de faire rendre les devoirs funèbres aux esclaves, aGn qu'ils ne restassent pas privés d’une sépulture convenable.
Refus de sepultuhe. — Les corps des héros tombés sous les coups d’Achille sont livrés en pâture aux chiens et aux vautours) Lysandre, vainqueur de la flotte athénienne, fait égorger Philoclès et quatre mille prisonniers auxquels il refuse les honneurs du tombeau *, les traîtres , les conspirateurs, ceux qui ne prenaient pas les armes dans un danger imminent, subissaient la même peine; les t^ans leur étaient assimilés. Les suicides étaient enterrés sans aucune cérémonie : néanmoins lu mort volontaire était regardée, dans oertoines occasions, comme un acte de courage et de vertu. Les sacrilèges étaient réprouvés. Les personnes frappées de la foudre étaient enterrées sur la place où elles étaient mortes. Quiconque avait dissipé follement son patrimoine perdait le droit d’étre enseveli dans le tom-
.oogle
L’UNIVERS
beau d« famine; tes corps de ceox qui Ubwbs, toicbbaüx (*). On renmouraient insolvables appartenaient fermait les mânes et les cendres des aux créanciers, et n'étaient enterrés morts dansdes urnes de bois, de terre,
qu’après l'acquittement complet de de marbre, ou de quelque métal préleurs dettes. Les criminels condamnés deux. Si le cadavre devait être enterré au supplice de la croix et du pal étaient en entier, on l’étendait dans la fosse abandonnés aux oiseaux carnassiers : le visage tourné vers le del et la tête
leurs cadavres restaient attachés aux à l’occident. Chez les anciens Grecs gibets jusqu’à une décomposition corn- chaque famille avait sa sépulture dans plète. Quand on accordait la sépulture l’enceinte de son domicile; on élevait a ceux qui avaient encouru la haine des cippes auprès des tombes. On
publique , tels que les ministres des enterrait quelquefois les personnages
rois , il était d’usage de fouler leurs illustres dans les temples. Les progrès tombes aux pieds et d’y jeter des du luxe et le goût de la magnificence
pierres en signe de mépris. firent qu’on éleva des monuments qui
CONVOTS. — Les grands et les riches contenaient des caveaux où les parents
étaient portés au bûcher le huitième pouvaient entrer pour pleurer loin des
jour après leur décès; les pauvres regards du public ; on élevait quelque- i
étaient inhumés dès le lendemain de fois des temples sur ces souterrains. ;
leur mort. nuit était en général Les guerriers qu’on peignait sur les
regardée comme un temps défavorable parois de ces édifices étaient représen- i
aux pompes funèbres ; il n’y avait que tés avec leurs attributs ; les femmes
celles des jeunes gens qui se faisaient avec des miroirs et d’autres objets par-
avant l’aurore, afin de ne pas exposer ticuliers à leur sexe. On avait sculpté
à la lumière du soleil le spectacle un chien sur le tombeau de Diogène,
d’une perte qui causait les plus vifs Vases sbpiilcsadx. — Les uns regrets à la patrie. Les Athéniens, servaient à renfermer les mânes, les
par un usage contraire à celui des autres à figurer comme décoration
autres peuples de la Hellade, célébraient dans les tombeaux. Ceux en terre et
toutes les funérailles avant le jour. On sans ornements contenaient les restes
portait le cerceuil à bras ou sur un des gens du commun ; les autres pote- j
char; à Lacédémone on le plaçait sur ries avaient servi à mettre le vin, ,
un bouclier. Dans les temps héroïques le lait , l’huile et les parfums propres
il n’y avait pas de bière : Patrocle est aux libations, à l’eau lustrale, aux
transporté sur les bras des Myrmidons, suffumigations et au banquet funèbre. ]
et Achille soutient sa tête. Les per- Lampes. — On portait des cierges '
sonnes qui formaientun convoi étaient en moelle de jonc enduite de cire, dans
vêtues d’habits de deuil. Lès hommes les enterrements. On plauit des lam- ,
marchaient en avant; ils étaient suivis pes dans les caveaux, quon ornait de j
des femmes, dont quelques-unes avaient lestons, de fleurs, de guirlandes, j
la tête rasée. Tous tenaient les yeux d’acbe et de myrte.
baissés. Us étaient précédés d’un Banquets funèbbes. — Athénée i chœur de musiciens qui faisaient en- nous apprend que les convives qui se i
tendre des chants lugubres. Dans les rendaient à ces sortes de repas devaient
pompes militaires, telles que les obsè- être vêtus d’une tunique blanche. Ces
ques de Timoléon et d^Aratos, les festins avaient lieu le neuvième ou
hommes et les femmes étaient vêtus le trentième jour après les obsèques,
de blanc, en signe d’allégresse de ce On célébrait aussi des anniversaires
que ces héros avaient d^a pris leur
place au rang des dieux ; dans les au- (.) voy.«/. tia. rr« i.a, tumuli ; n-» 3,
^es circonstances , les guerriers pqr- 5,6, stèl» fanéraira ; n» 4 , hiéron ; n» 7 ,
raient leurs armes renversées, ils tombeau d*un Grec italûte de U Campanie;
étaient suivis de cavaliers et de chars n“ 8 , vases qui se trouvent dans ces tom-
décorés en grand deuil. beaux.
GRECE
du bout de l’an. 11 y eut des apothéoses, car on ne peut appeler autrement les honneurs rendus à Brasidas, à Miltiade , à Timoléon , à Ephestion.
L’apothéose d'Homère, sculptée par Arcneiaos de Prienne, nous fait connaître la spendeur de ces cérémonies.