‹ Grèce par m. PouquevilleChapitre 95 sur 115 · VIE PRIVÉE DES FEMMES · texte numérisé non relu

VIE PRIVÉE DES FEMMES

A6* ttÉfiolQOi. •*“ Dans lea siècles

L’UNIVERS

d’innocence, l«i femmes riches et pauvres étaient vouées aux travaux domestiques; elles allaient puiser de l’eau aux fontaines, veillaient au soin des troupeaux et pansaient les chevaux de leurs nobles maris. C’étaient elles qui lavaient les pieds de leurs hôtes , les conduisaient au bain , leur offraient des parfums , et faisaient les ouvrages les plus fatigants de l’intérieur de la maison. Leurs délassements étaient le rouet et la broderie.

Réclusion. — Les femmes vivaient dans la partie la plus reculée de leur maison, qu’on appelait gynecée. Cet appartement était sépare par la cour de Vandron ou lieu habité par les hommes : aux siècles héroïques, le beau sexe logeait au grenier. L’existence des fifles et des femmes était extrêmement solitaire; les nouvelles mariées étaient tenues avec une grande sévérité. Se présenter à la porte extérieure du logis, edt été une tache à la réputation dra femmes. Elles osaient à peine franchir le seuil qui séparait l’endroit où elles étaient parquées, de la cour de l’andron.

La clôture des nouvelles mariées devenait moins rigoureuse lorsqu’elles avaient donné un enfant à leur époux.

Elles acquéraient alors le titre de mère et le priviltee de n’être plus cloîtrées; mais ce n’mit pas un droit formel , car il dépendait toiqours du mari de le révoquer. Dans tous les cas, la modestie ^rtait les femmes à n’user de cette concession qu’avec la plus grande réserve. Elles ne paraissaient jamais en public ^ue la tête couverte d'un voile, entourées de servantes non mariées,, wi avaient dépassé l’âge de la jeunesse : des vieillards partageaient welquefois cet emploi; la garde des femmes de qualité était confiée à des eunuques.

Délaissement des enfants. — Exposer les enfants et renoncer aux devoirs de la paternité , fut un usage toléré par quelques législateurs, et expressément commandé par {dusieurs d’entre eux. La cause ordinaire était la pauvreté. L’abandon frappait plus rarticulièrement sur les filles, dont l’éducation etl’établissement paraissaient

un trop pesant frrdeau aux familles peu aisées.

Institutions philanthbopiques.

— Les Thébains portèrent remède à ce d^rdre par une loi qui enjoignait aux parents incapables de nourrirleurs enfants de les remettre aux mains des magistrats. Ceux-ci étaient chargés de pourvoir à leur entretien , et ces enfants, devenus grands, devaient payer par leurs services les soins qu^ils avaient reçus de l’état.

Enfants tbouvés. — Enveloppés de langes, les enfants étaient ordinairement exposés dans un vase , avec quelques ornements précieux. Une bague , un collier, propres à les faire reconnaître par la suite, si les dieux conservaient leurs jours, pouvaient encore intéresser ceux qui s'en chargeaient par l’appât d’une récompense a venir, et les Mrter à accorder à la dépouille mortelle de la victime le triste devoir de la sépulture.

Pbemièbe noubbitubb. — Les enfants étaient élevés dans la maison éternelle. Les mères les nourrissaient de leur lait : celles de la plus haute qualité ne se défendaient pas de ce devoir: dans ce cas elles se faisaient assister par une nourrice. Celles-ci, pour apaiser les cris des enfants, leur frottaient les lèvres avec une éponge imbibée d’eau miellée. Elles se servaient d’un chant triste et monotone pour les endormir; enfin elles employaient un masque représentant une figure hideuse , afin de leur faire peur.

Condition des enfants. — Les lois les partageaient en quatre classes, savoir : 1* en enfants légitimes nés de l’épouse; 2* illégitimes sans bâtardise, issus d’une concubine ; 3<> enfants nés de père inconnu; 4* et enfants adoptifr. Dans les temps de haute civilisation, la loi ne reconnaissait comme légitimes que les individus dont les pères et mère^ étaient citoyens d’une même république. Les naturalisés , que l’état épuisé par de longues guerres avait fait admettre dans son sein, ne jouissaient pas d’une considération égalé à celle des citoyens indigènes. Dans certaines républiques . à

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défaut de descendants légitimes, les enfants illégitimes étaient appelés à hériter de leur père. La fille ou les filles dont le père était déeédé sans enfants mâles, entraient en possession de ses biens , à la charge d'épouser ses plus proches parents. Cette union pouvait etre mutuellement réclamée ; dans le cas de refus, on intentait un procès. Une héritière en puissance de mari devait divorcer pour être admise à partager l’héritage de son père, ou en jouir en totalité si elle était seule usufruitière; alors elle contractait un second mariage avec un des plus proches parents.

Adoptions. — Elles avaient lieu parmi les enfants naturels du père, ou toute autre personne de conaition libre. Le nom des adoptés était inscrit sur les registres de fa tribu de celui qui les adoptait : les Lacédémoniens soumettaient cet acte à la censure des archagètes.

Testaments. — Les lois qui régissaient cette matière imposaient au testateur : 1* d’être citoyen d’Athènes et non étranger ou esclave; l’héritage, dans ces deux derniers cas , était dévolu au fisc ; 2“ de n’être point enfant adoptif , parce qu’à défaut d’hoirie en ligne directe, les biens retournaient à la famille du père par voie d’adoption ; 3° de n’avoir point d’enfants mâles, car la loijeur assurait la succession de leurs parents. Si le défunt ne laissait que des filles, on leur nommait des curateurs, chargés de désigner leurs héritiers dans le cas où elles viendraient à mourir avant l’âge de quarante ans; 4° le testateur devait jouir de ses facultés intellectuelles et de sa liberté; la captation était une cause de nullité.

Respect filial. — Ce sentiment portait les enfants à remplir auprès de leurs parents les fonctions domestiwes les plus ordinaires, telles que a’oindre leurs pieds et de les laver ; ils pourvoyaient à leurs besoins, et sacrifient tout pour que leur dépouille mortelle reçût les honneurs funèbres.

Les lois de Solon déclaraient infâmes ceux qui maltraitaient les auteurs

de leurs jours. Le même législateur dispensait les enfants de pourvoir à l’entretien de leurs parents, lorsque ceux-ci avaient négligé de leur faire apprendre une profession propre à les nourrir, de leur travail. Les enfants prostitués par leurs parents se trouvaient dans le même cas , ainsi que les bâtards , qui ne devaient à leur père qu’une naissance honteuse.

Instbuction PBiMAiBE. — Les jeunes garçons appartenant à des familles opulentes avaient chez eux des maîtres particuliers. Dans la Grèce entière, excepté à Lacédémone, la première Mucation sc composait de l’étude des belles - lettres , qui ne comprenait d’ahord que l’art de lire et d’écrire correctement. Cette dénomination prit dans la suite une extension

Î|ui embrassa la philologie, science dans aquelle on comprit l’histoire , la poésie , l’éloquence et la littérature en générai, enseignées par des maîtres sans pitié (c’est presque toujours le caractère du pédagogue.) On leur apprenait à prier Dieu soir et matin , au moyen de la phUélie en l’honneur d’Apollon u’on chantait au lever du soleil, et de upinge adressée à Diane attx beaux veux, à la première apparition de la lune.

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