MUSIQUE
Ohioinb céleste. — Diodore de Sicile raconte que les dieux assistèrent aux noces de Cadmus et d'Harmonie , avec les attributs propres à leur dignité olympienne. Minerve y parut avec la trompette; Électre, niere de l’épouse, y célébra les my.stères de Cybèle en dansant au bruit des tambours et des cymbales; Apollon y joua du luth que les Muses accompagnèrent de leurs fldtes.
Impobtakce de la musique. - Les Pythagoriciens , dit Plutarque , et Homere avant eux, ont témoigné la plus haute estime pour la musique j c'est une harmonie qui a la vertu de réprimer, par le chant et le rhythme, les mouvements déréglés de lespril, auxquels elle donne de Pexpression et de Pâme. Platon recommande la musiqna comme principe d’une bonne éducation; il veut que les enfants, après avoir été formés a la lecture, soient remis entre les mains d’un maître de lyre; il exige que la cité s'applique à maintenir fa musique dans sa splendeur, et il déclare sans culture quiconque n’y est pas initié. 11 recommande cet art aux personnes de tout âge, et même aux vieillards, auxquels il conseille de chanter dans les festins et de faire usage du vin pour s’animer.
Temps heboïques. — Les premiers musiciens furent mis au rang des dieux et révérés comme les protecteurs de l’art qu’ils avaient inventé.
Les ambassadeurs envoyés vers les ennemis marchaient en jouant de la lyre ou du luth , afin d’auoucir les esprits de ceux avec qui ils devaient traiter.
Les leçons de morale et les consoia-
(*) Voy . 8g. N® I , lyre i trou cordes ;
n® », lynox ; n® 3, lyre à cinq cordes ; n® 4, trompette ; n°* 5 et 6, umbuct ; n® 7, flûte ; n® 8, cymbales ; n® 9, danseuse jouant de tympanon (peintures antiques d’Urrciilanum);n* 10, sonnette; n°i i, crotale du faune Farnèse (collection du roi de Naples) ; n® i a, espèces de castagnettes.
L’UUrVERS.
lions étaient souvent mêlées à la musique. Agamemnon, partant pour le si^e de Troie, laisse auprès de Clytemnestrc un chanteur, afin delà maintenir dans le sentier de la vertu ; et Égisthe ne parvint à séduire l’épouse de l’aîné des Atridcs qu’après avoir assassiné ce surveillant. U n autre musicien avait été donné à Pénélope pour être le gardien de sa chasteté. Ailleurs on voit üemodocos assis sur un trône brillant, recédé par un héraut, prendre placeau anquet d’Alcinoos, roi des Phéaciens.
Un air d’OIympe chanté par Antigénide enflamme Alexandre - le-Grand d’une ardeur telle, qu’il saisit ses armes. Dans les temps héroïques, le même personnage était porte, musicien et chantre. Cet usage exista longtemps après Cliiron et Orphée, car Homère, le front ceint de lauriers, chantait de ville en ville ses Immortelles rapsodies.
Instiu'ments de musique, — On ne connut primitivement que les instruments (le percussion. Diodore dit que Mercure donna trois cordes à la lyre , par analogie aux trois saisons dont fannée se composait alors. Telle dut être lu lyre d’Olvmpe. qui fut augmentée jusqu’à neu^ et a douze cordes :
Therpandre réduisit ce nombre aux proportions de l’heptacorde.
Tbompettes, ELUTES.— Les trompettes étaient la tibia , la syiinga et le pandorion. Le nombre des liâtes est incalculable ; celles employées dans le genre grave étaient la péane , la recourbée, la spondaique, la virile i pour le médium , on se servait de la flûte droite, de la gauche, de la rfouble, de la gamélie ou nuptiale, et de la conviviale. Lucien dit que l’art de fabriquer ces instruments mt porté si loin qu’il y eqt des fiâtes vendues Jusqu'à sept talents (87,800 fr.). On faisait entendre dans les sacrifices et dans les libations ta flûte dortenne ou grave ; la lydienne qu oisKié' dans Iss solennû tésv dans les mapuges, la monnaie et la nygie, ou flûte aouble, dont on accompagnait le chant d'hymenée. On employait la paroéniè dans les processions püMiques ; dans les repr^enta-
tions théâtrales on se servait de la pytauHque', de |a péane et de la choraulique; les sjaonoai^es -étaient employées à accompagner les hymnes ; les phrygiennes ainsi (|ue les obliques figuraient dans les pompes funèbres , et les ioniennes dans les sujets élégiaques. De toutes ees espèces cPlnstruments à vent, le plus usité était la flûte double.
Les sons de la flûte animaient les festins . Les différents airs avaient leure noms œnnus. Le eomos était l’air propre au prejnier service ; le tUcomos au second service; le tricomos et le tétracomos aux autres services. Uhédicomos servait à exprimer l’agrément du repas ; le glngras peignait les applaudissements des convives. Le chant eallinlque était destiné à célébrer les triomphes des buveurs. Il y avait aussi des concertos de (lûtes <jui imitaient les différentes professions utiles à la société et le bruit de leurs exercic6S<
Ohsue. — On doit regarfer l’orgue hydraulique dont parlent Pline, Vitruve et Suétone, comme une invention des Romains ; il ftit usité dans ies théâtres au temps de Néron. Quant à l’orgue pneumatKjue, qui rend des sons au moyen de soufflets. Il n’en est fait aucune mention certaine avant le règne de l'empereur Julien.
MATIÈBE de QUEL()UES INSTKU- MENTS. — On lit au chapitre X* des Nombres, que l’Éternel commanda à Moïse de labriquer deux trompettes en argent , afin ne servir à régler , par leurs sons , les mouvements des chefs et du peuple. Il est probable que ces Instruments étaient imités de ceux des jçgyptiens , que les Hébreux avaient vus avant de quitter les bonis du Nl|. Les trompettes étaient ordinairement en bronze ou en fer , avec yne anche en ps , pour en tirer des sons. Le buccin rappelle les conques marines qu’on donne aux Tritons dans les monnmepts; on modela sur sa forme la trompette ayonistique, dont on se servait dans les jeux publics.
Les roseaux du lac d’Orchomène, qn Béotie, qui étalent sans nceuds , furent prinütrvement employés à la f^-
i. a i;. ail; .«v
GRECE
brication des flûtes; on en faisait aussi avec les os des janibes de cerf et d’autres animaux. Mais depuis l’intro.
ductjon du luxe , on eu fabriqua en bois précieux 1 en airain, en or, en ar.
geut et eu ivoire.
VÈTBsiEST DES AutÈTBS. — Dans les orgies de ISaccbus , les auiéles, ou jotieurs de Jlûle, étaient déguisés en baccbantes. Dans toutes les autres circonstances ils s’habillaient de robes très-amples et à franges , qui leur descendaient Jusqu’aux talons, et se ceignaient souvent sur lu poitrine , à lu manière des dames; ils portaient sur la scène des cliaussures de femmes. Ils figuraient, dans les cérémonies religieuses, avec la couronne en têtu :
Î[ueiques-uns poussèrent l’ostentation usqu'à se parer de boucles d’oreilles , dejo)aux et de garnitures de pierres pracieuses.
PBUGHÈS Ü4»s 1.4 UUSiqUE (*}, — Vers la CVlll* olympiade, Sunonide et Tiinolliée de Milet üiiaginèrent la lyre à trois tétracordes, qui donna la quinte au-dessus de l’octave. Anacréon se vante de clianter sur la mégade , qui avait, au rapport d’Atliénée, vingt et une c<irdes. Disposée, suivant le rite de trois beptacorues, la mégade embrassait la chromaUque , ('eiJwrmonique et la diatonique. Il est fait mention par les anciens de la «imi.
âue, qui avait trentocinq cordes; et e l'épigone, qui en comptait quarante : on présumé que les cordes étaient doubles , montées a runisson ou bien à l'octave.
Costume DESciTnaBÈDEs.-.'Iamr habillement se composait d'une robe longue, appelée orthontade; du uaplum , tunique courte, et de U cnlamyde. Lucien raconte qu’Kvungeloi de Turente se présenta aux Jeux pyUiiques, portant en tête une couronna a’or , qui imitait les rameaux du laurier, dont les baies étaient formées d'émeraudes; il tenait entre ses bras une lyre d’or , enricliie d’anneaux , de
ï*) ‘ydf. pl. <|0. N* I , joueur de doupl* léte( peinture d’une coupe en terre cuite); B* 1 , eenesH ( peiatuM de Pompéi).
pierreries et de sculptures représentant les Muses, Apollon et Orpliée. Le citharède joignait le chant au son de la lyre , tandis que le citliariste ii’exer- ^it que la partie instrumentale. Dans rapotliéuse d'Uomère,ce grand poete y paraît vêtu comme le prêtre des Muses, le front ceint de lauriers.
INSTIIUMENTS DE PKBCUSSION.
On les voit employés par les curètes et par les corybantes , dans la danse armée , qu’ils exécutaient en l’Iiunneur de la mère des dieux , au son des tambours de basque et des cymbales. L’usage des crotales , castagnettes , des codons ou clochettes , remonte au temps de Moïse, ^ops mettrons encore au nombre des instruments de percussion la kroupèze, espèce de pédale propre aux bacchantes et aux mésochores , qui s'en servaient pour marquer la mesure dans les sympltonies et pour le récit au théâtre.
Pbix i)b MUSIQUE. Dans les jeux pytliiques, on décernait au vainqueur une couronne de laurier. On ajoutait quelquefois à ce don une corbeille et un bassin remplis de pommes, fruit consacrésà Apollon. Périclés introduisit des concours de musique dans les fêtes des Panatliénées ; il en lixa les luis et lit construire l’Odéou pour celehrer ces jeux inconriug jusqu'alors aux Athéniens. On éleva une colonne dans l’aitis à Pythocrite de Sicyone, qui avait remporté six lois le prix de la lliHe aux fêtes d’OIympie. L'histoire parle d’Agelaos de Tégée , joueur fameux de la lyre sans chant, et de Midasd'Agrieente, chanté par Pindare, qui olrtinl le prix de cet instrument , à Olynipie •t aux Panathénées ; on lui décerna l'hiidria ou cruche remplie d'hiiile Inaé|)cndamment des jeux pour la lldte et pour la lyre, il y avait des prix pour le oor «t pour U trompette. Timée et Cratès, Éléens, obtinrent les couronnes sur ces instruments, dans la XCVPolyuipiade; Archias,d’Hybla, gagna par trois fois la même couronne aux jeux olympiques ; Eudore , de ,Mégare, reçut dix fois de suite un semblable prix; Agiaïde, ülle de Mégaclès, se signala sur la trompette , agjis la
Dia" f.c:^ i'
L’UNIVERS
première pompe <pii eut lieu à Alexendrie d’Égypte.
BAMSS (•).
Lucien dit que la danse est contemporaine de l’Amour , qui était le plus ancien des dieux. Elle puise son origine dans !a nature, car il n’y a pas de mouvements suivis dans 1 homme qui ne soient réglés par une cadence. Le paysan remue sa houe à des intervalles à peu près égaux ; le voyageur porte un pied devant l’autre avec une certaine r^ularité ; le forgeron frappe l’enclume de son marteau avec une mesure naturelle qu’on pourrait appeler rhythme.
Dâinseubs anciens. — Les mythologues attribuent les règles de la danse à Érato et à Terpsichore. Hoiiicre parle du Crétois Mérion , célè- (h't danseur. Les Lacédémoniens se vantaient d’avoir appris la danse de Castor et de Pollux ; ils alliaient son étude à celle des armes; un musicien assis au milieu d’eux jouait de la flûte Pt marquait la mesuré qu’ils devaient suivre en frappant du pied. Théophraste, cité par Athénée, prétend qn’Andros, natif de Catane, en Sicile,
. accompagna le premier , du son de la flûte , les divers mouvements du corps.
Après Andros , le même auteur nomme r.léophante de Tlièbes et le poète Eschyle, qui enrichit la danse de diverses figures et l’introduisit dans les chœurs de ses tragédies.
Apoi.ogik de la danse. — Lucien a composé un dialogue qui justifie la passion des Grecs pour la danse. On dit que les Thessaliens donnaient à leurs magistrats le titre de directeurs des danses. Orphée et Musée furent les plus fameux clanseurs de leur temps; ils voulurent que les initiations aux
(•) Voy pL 88. N® i, deux funambules ( peintures antiques) ; u® a, ascVie , ou danse sur l'outre; n“ 3, jeu d’osselets (peinture antique) ; n° 4, femme sautant entre deux épées (vase grec du musée de Naples) ; n® 5, femme, grecque puisant avec les pieds dans un vase (vase grec de la collection d'Hamilton).
mystères, qu’ils inventèrent, fussent mêlées de aanses. Pindare met l’art chorégique au nombre des attributs d’Apollon; Anacréon dansait dans sa vieillesse; Cornélius Nepos vante ce talent dans la personne d’Epaminondas. Les philosophes , déposant leur gravité, dansaient avec les courtisanes. « Voyez, dit Socrate, témoin . d’une danse, voyez cet enfant ch»;
« mant ! combien ces mouvements lui « donnent plus de grâces que lorsqu’il « est en repos ! — U me semble , dit . Charmide, que tu loues le maître « qui enseigne ces sauts? — Oui, sans . doute , repartit Socrate , car re-
« marquez quand quelque enfant danse,
« toutes les parties de son corps sont ■ en action... Vraiment, Syracusain ,
. ajouta-t-il , en s’adressant au ma^
€ de danse , j’apprendrais volontiers « de toi l’art que tu professes. —Et à « quoi cela te servirait-il ?— A sauter !
« Ici tout le monde se mit à rire.
. Alors Socrate, d’un air sérieux :
O Ririez-vous, par hasard, si je meli- « vrais à cet exercice pour me ren- « dre plus dispos, pour me donner . plus d’appétit et me procurer un « sommeil plus doux? Je serais ridi- « cule si je sautais pour avoir les « jambes grosses et les épaules min- « ces, comme les athlètes qui courent « dans le stade.... Peut-être riez-vous « de ce qu’ayant le ventre gros , je « cherche à lediminuer par ce moyen.»
Platon fait l’éloge de la danse; et les femmes qui remportaient le prix dans ces brillants exercices obtenaient des statues et des monuments publics.
Ces danses devaient avoir un grand caractère , lorsqu’on voit le docte Scaliger , après avoir écrit une dissertation sur la Pyrrhique , porter la passion pour l’antiquité, jusqu’à vouloir exécuter cette danse en public. Que Tberpsichore Taglioni, q-ii a l’art de tout embellir, eût conçu une pareille idée, son talent peut tout ennoblir; mais qu’attendre d’un vieillard qui parut sur la scène , le casque en tête , le glaive à la main , pour danser devant l’empereur Maximilien , entouré de sa üour? U fut cependant couvert
GRÈCE
d’applaudissements et demandé plusieurs fois.
Qualités des dansbubs. — Polyclète avait exécuté une statue si parfaite du danseur, qu’elle était appelé le tme ou modèle par excellence. Il ne faut pas , suivant Lucien , que « le « danseur soit trop ^and , ni qu’il ait
• la stature d’un nain ; son corps doit « avoir de justes proportions , n^étre ni
• taop gros , parce qu’il choquerait la « vue, ni trop maigre, pour n’avoir « pas l’air d’un squelette. >• Il ajoute que le danseur doit être doué d’une extrême soujilesse, et tout à la fois robuste et délicat , de manière à se plier à son gré et à retomber d’aplomb.
Danses sacbébs. — Les danses ne Rirent jamais séparées de la musique; elles s’exécutaient dans les sacrifices , autour des autels , devant les images des dieux j et constituaient une partie essentielle des fêtes : elles avaient lieu en formant d<» choeurs qui se balançaient circulairement ou par groupes.
Dédalienne. — Le nouclier d’Achille représente « des adolescents des
■ deux sexes , qui dansent en se tenant
■ par la main. Les filles sont vêtues « d’une étoffe de lin douce et légère ; « les hommes portent des tuniques > d’un tissu plus fort, dont la couleur « dorée ressemble à celle de l’huile.
« Pliant leurs pieds dociles , tantôt ils « voltigent en rond , aussi rapides que < la roue mise en mouvement par la « main du potier; tantôt ils se mêlent, « et tantôt ils courent former divers « labyrinthes : deux sauteurs se dis- « tinguent au milieu du cercle , ils en- « tonnent le chant sacré, et s’élèvent « d’un saut rapide.
Délienke. — La Grèce entière accourait aux fêtes de Délos. Les jeunes filles des plus .brillantes théories formaient des danses accompagnées des sons de la lyre et de la flûte. Dans un acte particulier de cette panégyrie , les vierges de la Hellade allaient , en valsant légèrement , tandis qu’on chantait l’hymne de Diane , suspendre des guirlandes à la statue de Vénus qu’Ariane avait apportée de Crète; celles qui s’étaient distinguées par leur agi-
lité , leur légèreté et la modestie de leur maintien , recevaient pour prix des couronnes d’olivier , de fleurs , et des trépieds précieux. Cette danse était ordinairement terminée par une espece de tir à la cible, où les jeunes gens s’exerçaient à percer de leurs flèches une timide colombe attachée au haut d’un mât. Le Dominiquin a représenté une de ces scènes dans son tableau de la chasse de Diane.
GYMNOPÉniQUB ET BACHILIQUE.
— I.a première était consacrée a Apollon ; elle se composait de deux chœurs , l’un de jeunes gens et l’autre de personnes d’un âge mûr ; elle formait toujours le prélude de la pyrrhi-
gue. La bachilique s’eiéculaît au mit des sistres , des cymbales et des tambours; on y chantait de.s dithyrambes, ainsi que des chansons libres et quelquefois obscènes.
Danses de théatbe. — tbaoique.
— On la surnommait Émélienne , pour signifier que la bienséance et la dignité formaient son véritable caractère. Les danseurs accompagnaient de gestes et de mouvements analogues Ik sentiments que le chœur devait exprimer en adressant des prières aux dieux, en manifestant des passions douces , terribles et menaçantes. On exécutait des marches militaires et ce qu’on appelait le chœur cyclique.
Comique. — Son genre était calqué sur les mouvements indécents et le caractère licencieux des poètes comiques, et il n’y avait guère que des personnes abjectes qui consentissent à remplir ces chœurs. C’est pourquoi ’Théophraste met la danse comique au nombre des actions qui font connaître un homme déhonté.
Satybique. — Elle avait lieu sur la scène après la tragédie. C’était une espèce de pastorale propre à récréer les spectateurs et à les distraire des sentiments pénibles qu’ils venaient d’éprouver. Cette danse était ordinairement exécutée par des acteurs déguisés en satyres , en faunes , en silènes, en pans, en égypans eten ménades.
La pantomime était mise au nombre des danses , avant que les ' Romains
L’ÜNIVEKS.
l'eussent élerée mi rang du drame
théâtral.
Danses des rhaCes. — L’Amour agitant des easlagnettcs y figurait avec le.> Grâces véUies de rohes légères.
Ce costume indiquait qu'elles ne pouvaient se cacher, et que partout où elles étaient présentes on le.s avait bientôt reconnues : leurs ceintures étaient lâches et flottantes.
Sauteubs. — Les tours de forcB et de souplesse qu’ils faisaient , servaient de prélude à quelques spectacles pareils a ceux de nos boulevards. Les Grecs avaient leurs acrobates ou danseurs de corde , leurs bateleurs qui amu- •saient le public en marebant sur les mains, leurs prestîglateurs (jui s’élancaient sur lu pointe des cpees, ainsi que les grotesques dont les bondissenicuts faisaient l'adniiration des oisifs du Cynosarge . quartier fréquenté pat les cyniques d’^Athènes.
^Danses pbivées, danse ciiampÊtbe. — Le roman de Daphnis et Chloé retrace ainsi cette danse. « On « prêtait l’oreille à l’air que jouait " Wiilotas, lorsque Drva.s se dressa en « pied. Puis s’étant agité de tous ses « membres, il fil une cabriole, se mit « a sauter et à représenter une scene " des vendangeurs. Ses pas marquaient » jusqu'au moindre son de l'instru- “ nient, et ses gestes exprimaient tour X à tour les différents travaux de la X vendange. Il Unit par imiter un bu- « veur qui cbancelle et tombe ; ce X qu'ii fit aux applaudissements des « spectateurs. «
Danse des noces. — C’était une espèce de pentomime suivant le récit de Xénophon. « Dès qu'on eut levé les « tables, on vit paraître un Syraeusain « ( maitre de danse ), suivi d’une X femme accompagnée d’un enfant)
• c'était une danseuse qui jouait de la
• fldte. On lui apporta douze cercles;
• les ayant pris, elle se mit à danser, « en lès jetant en l’air pour voir à < quelle hauteur elle devait les lancer, ■ afin de pouvoir les ressaisir adroite* « ment. On lui apporta ensuite un « cercle garni d’épées droites qti’ellé X franchit de dehors en dedans et de
« dedans en dehors par un saut péril- X leux; après cela l’enfant se mit à X danser comme pour faire un inter- « inède. » Ou introduisit ensuite dans les testins, des ballets de nymphes et de néréides , et des scènes bouffonnes tellement lubriques, que. la danse était devenue plus que Scandaleuse dès le siècle de Plutarque. Elle fut alors abandonnée à dés personnes abjectes qui s’en servirent sur le théâtre pour exciter et pour fomenter les passions les plus dangereuses.