BEAUX-ARTS
L’embarras de bien définir l’essence de la liberté, fuit (|u‘il est difficile de déterminer son influence sur les beauxarts ; cependant il est permis de croire qu'elle a fait peu de chose pour lus noiirrissous des muses. Les grandes richesses d’Athènes, plus que sou orageuse liberté, furent la source de sa splendeur monumentale. L’amour de la gloire, produit par l’éducation liomériue des citoyens, engendra les chefs- ’œuvre de godt et de siinpiieité qu’on vit éclore au sein de la Ilellode. Alors la nation entière, électrisée par un feu divin, prit part aux succès de ses artistes. Les peuples les honoraient à l’envi , par l’empressement qu’ils mettaient il acquérir leurs ouvrages et à les conserier religieusement. Ainsi la ville de Pergame acheta un palais tombant en ruine, afin d’empteber quelques ouvrages d’Apeile dont il était orné, d’étre voiles par des toiles d’araignée ou salies par In fiente des oiseaux. On ne permettait ni restauration, ni embellissements dans les œuvres d’un chef d’ecole, et on aurait lapide te magistrat qui aurait voulu clianger la disposition architecturale de quelque édifice public. Enfin , tel était renthousiasme pour le génie, que iea Athéniens élevèrent à Mioias , peintre d’animaux , un tombeau pareil à oeux de Mlltiade et de Giinon.
Aux honneurs et à l’émulation se joignait l’intérêt, l’un des mobiles les plus puissants de l’esprit humain. Pamphile , maître de Timanthe et d’Apeile,
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n’admettait pas d’^àve dans son école à moins de Jis talents pour dix années d’études. Attale , roi de Pergame , paya cent talents (550,000 fr.) un tableau peint par Aristide de Thèbes. Un autre tableau de BalarcliOs fut vendu son pesant d’or; entin, Pline dit que les richesses d’une ville auraient à peine suffi pour acheter un elief-d’œuvre de quelque grand peintre.
ARCBITECTÜRB (*).
Origine. — La voix du besoin, dit le savant ûuatremère de Quincy, se fait entendre partout et à peu près d’une manière uniforme; aussi rien de plus ressemblant en tous pays et à toutes les époques que ce au’on appelle les préludes des arts. Dès lors, rien de moins propre à constater les rapports de communication entre les differents peuples de la terre que certaines similitudes de formes ou de dimensions, produits nécessaires d’idées comniunea àtous les esprits , ou de besoins uniformes imposes par la nécessite.
Ainsi il y a dans l’art de bâtir une multitude de conformités générales qui n’ont d’abtre principe que les inspirations d’un instinct général.
Sans nous perdre dans runiversalité de l’architecture grecque , nous indiquerons sommairement comment les Hellènes durent procéder et par jjiiel.s tâtonnements ils arrivèrent a là perfection; car, n’ayant personne à imiter, ilsfurent leurs guides et leurs instituteurs. Enfin , en adoptant dans les arts du dessin, pour modèle fixe et réel , la nature et la forme du corps humain , ils réalisèrent, sans la connaître alors, cette maxime d’Aristote:
La beauté n’est autre chose que l’ordre dans la grandeur.
Cabane, phototype. L’archi-
(*) y Vf. fl. 100. N“ I , » , 3 nous donnent les construotioBs pélasgiques ou cyclopéonnes des anciennes époques de la Grèce ; n® 4 offre le type de fa ronstriictiun helléniqiie ; a°* 5 , 6 , y présenleiit les modèles des colonnes et les entablements d’ordre dorique , ionique et corinthien.
ditt
tectiire ne dey|ft<un âtt ^*âtl téttips où la société fut parvenue a lib certain degré de richesse et de Civilisation; jiisque-lii il n’y eut que ce qu’on doit appeler de la hdlissé. L’enqiloi de l’artisan se réduisait ii élet'cr Un ahri capable de mettre l’IioiYimé à Couvert des iiyures de Patmospltéfe etdè l'inteinperie des saisons. POilf COnsttUire ces repaires, le bois dut s’OnVit naturellement aux .sociétés naisââHtes et à celles ui eurent besoin de .Se procurer à peu e frais des asiles durables.
Ce fut donc de pieux et de branrliages que se formèrent les premières demeures des hommes. Bientôt on coupa des troncs d’arbres pour en faire des étais et des solives, afin de supporter les toitâ.
lia cabane , de quelque façon qu'on la considère , à quelque usage qu'elle serve , dans quelque Icinp.s qu’on s'en ligure l'emploi, fut réhauchc (les con.structions architecturales , quoique Vitruve ait prétendu qu’en bien des lieux, ce premier rudiment de fa (ifltlsse soit reste stérile pour Part. Il n’en fut pas ainsi dans la Grèce.
I.a labane primitive du territoire classique ne tarda pas .à s’améliorer avec les progrès du bien-être ptinlie.
Les arbres et les poutres, mi’on enfonçait en terre, donoèreiit l'Idée des colonnes. Comme les arbres vont en diminuant de bas en haut, llsfournirent le modèje de l'ordre prlroitif (le dorique), où cette dimifllltioii est le plus sensible. Riais lorsqli'on s’aperçut que ce procédé exposait le bois a pourrir par ses extrémités, on établit sous chaque poutre des massifs ou plateaux plus ou moins épais, qui servaient à lui donner une as.siette. Une durée et une solidité plus grandes. De ces plateaux J sortirent les soubassements, les plinthes , les dés, les tofes et les profils qui accompagnent le bas des colonnes. On ne tarda pas à couronner leur extrémité supérieure par un ou plusieurs plateaux propres a donner un appui aux poutres transversales ; de là vint le chapiteau , d’abord avec un simple tailloir, puis avec tore. Qui ne voit dans la dénomina-
L’UNIVERS
tion même de l’épistyle ou architrave , que l’emploi du bois et le travail de la charpenterie en furent encore les principes générateurs? Les solives des planchers vinrent nécessairement se placer sur l'architrave, et voilà que leurs bouts saillants et les intervalles qui les séparent donnent naissance aux triglyphes et aux métopes.
En continuant l’énumération de toutes les parties de la cabane, un voit les chevrons inclinés du comble, reposant sur le bout des soliveaux du plancher , produire cette avance qui compose la corniche saillante hors de l’édilice, pour mettre les murs àcouvert des eaux pluviales; le pignon,
Eartiedu comble, indioue la forme du 'onton. Ainsi , par l’analyse de la cabane , on possède l’analyse du temple grec.
Sculpture. — Comme il y a une sympathie nécessaire entre la sculpture et l’architecture , elles durent tendre ii s’embellir mutuellement, afin de sortir des termes d’une pratique grossière.
Ainsi, dès que le sculpteur se fut élevé par degrés de l'indication des (lignes les plus informes, en partant i.îeshermès, pour arriver aux simulacres des hommes et des dieux, il devint naturel que le contact habituel <ies ouvrages de la sculpture et de l’architecture reçût un concours nouveau d’idées et de procédés. On avait observé, par exemple, que la nature a tellement disposé le corps humain , qu’il n’y arien d'inutile, rien dont on ne pui^e connaître le but et la raison dans son ensemble ; dès lors on ne voulut admettre dans le système architectural que ce dont on pourrait, comme dans la nature, justilier un emploi nécessaire et dépendant d’un ordre général.
Mabche de l’architecture.— On a prétendu que l’architecture prit naissance en Egypte; mais ce ne fut que dans la Grèce où elle parvint à son plus haut degré de perfection. Sans parler de Déciale, à qui on attribue tous les arts dont on ignore l’origine, la tradition rapporte qu’Eurialos et Hvperbios employèrent les premiers
les briques , dont ils furent les inventeurs ; et il est •historiquement positif qu’Eupatimos de Mérare bâtit une des trois merveilles de Samos, le temple de Junon, fondé sur l’emplacement de celui qu’on attribuait aux -\.rgonautes. Ctésiphon de Crète jeta les fondements du temple de Diane à Éphèse ; il était d’ordre dorique et en marbre blanc de Paros ; il ne fut achevé qu’au bout de deux cents ans. Brûlé par Érostrate , il fut rétabli plus magnifique qu’auparavant, sous la direction de Dinocrate. Callimaque de Corinthe inventa le chapiteau corinthien, qui désigne un ordre dont la symétrie est attribuée à Tarchélios et à Argélios. Au siècle de Deucalion, on avait élevé un temple à Jupiter dans Athènes; Pisistrate le voyant tomber en ruine, en flt bâtir un autre sous l’invocation de Jupiter Olympien. Ce travail si grand et si pompeux devint l’ouvrage des siècles suivants, et ne fut terminé qu’au bout de quatre cents ans , sous la direction de Cossutis , architecte romain : ce vaste édifice en marbre blanc devint un des plus beaux de la Grèce.